Introduction À LA Psychopathologie Phénoménologique. Tome 1: Fondements et principes généreaux. Corporéité et mienneté. Névroses et personnalités pathologiques. ... (Phénoménologie) (French Edition)

Chapitre 6: – La Question des Névroses et des Personnalités Pathologiques

6. LA QUESTIONDES NÉVROSES ET DES

 

PERSONNALITÉS PATHOLOGIQUES

 

Il est de coutume d’affirmer qu’il n’y a pas de phénoménologie

fondamentale des névroses, au sens philosophique du terme, car l’unité-

continuité de l’expérience y est établie : la structure d’expérience qui

permet l’investissement des thèmes de vie n’est pas affectée dans ce type

d’organisations ou de manifestations psychopathologiques. Nous

conserverons ce repère théorique en lui adjoignant certaines réserves

importantes, désormais considérées comme classiques :

 

1) Les moments extrêmes de l’hystérie ou de l’angoisse névrotique

peuvent-ils toucher la forme de la présence ? Une crise paroxystique, une

transe, un état crépusculaire par exemple peuvent-ils affecter la relation de

réalité irréversiblement? Existe-t-il une véritable « dépersonnalisation »

hystérique ou un début de déréalisation dans les manifestations anxieuses

paroxystiques? À ces questions, on peut répondre par la négative. En effet,

certains sentiments d’irréalité peuvent se manifester mais la «

dépersonnalisation » hystérique n’atteint jamais la relation ultime de réalité.

Au plus fort des transes, extases, crises de nerfs, etc., des assentiments ou

consentements réfléchis à se laisser porter ainsi que de discrets «garde-

fous» sont toujours présents; devant un réel danger de réalité par exemple,

l’hystérie sait reprendre le chemin de la réalité.

 

2) Les confusions psychogènes, notamment celles des états post-critiques

dans la clinique des vécus traumatiques, sont des troubles de niveau

phénoménologique. Il peut exister des moments de sidération ou de

subjugation post-traumatiques qui peuvent appartenir transitoirement à une

phénoménologie des névroses, entendue dans un sens rigoureux. Le

psychologique, dans des événements de forte intensité, peut ainsi affecter

transitoirement la forme phénoménologique de la présence. Ensuite la présence recompose sa forme et une appréhension de la réalité se constitue,