Introduction À LA Psychopathologie Phénoménologique. Tome 1: Fondements et principes généreaux. Corporéité et mienneté. Névroses et personnalités pathologiques. ... (Phénoménologie) (French Edition)

B) La spatialité vécue

notions comme celles d’immaturité ou d’idéal du moi vont intervenir.

Le lieu de l’expérience névrotique se situe donc à l’intérieur du travail

d’élaboration des rôles et non pas exactement dans celui de la relation

ipseidem où la question est d’assumer le rôle. Le lieu névrotique est

davantage celui d’une élaboration des contenus de ce rôle, en relation avec

les représentations et images idéales de ces rôles qui sont surdéterminées ou

refusées. Très concrètement, c’est la relation affective aux représentations

collectives des rôles (aux figuralisations et aux idéalisations) qui se joue

chez le phobique, l’hystérique et l’obsessionnel. Dans chacune de ces

névroses, le sujet ne parvient pas à se dégager de certaines typifications

figurales positives ou négatives ou à accepter de rentrer dans certaines

typifications appréhendées comme négatives.

L’immaturité affective appartient à la question de ces relations de rôle,

que nous examinerons en détail plus bas.

À ce pôle idem de l’identité humaine, la constitution du sens se confronte

avec les exigences pulsionnelles, le travail de représentation pour autrui, les

différentes formes de limitations et de censures propres à tous ces rôles.

 

B) La spatialité vécue

 

La voie de la spatialité vécue est toute aussi féconde. Il est possible de

caractériser spatialement les principales pathologies psychiatriques que

nous rencontrons. Il s’agit d’une spatialité vécue, mais elle est tout autant

temporelle si, avec G. Bachelard, on sait convertir spatialité et temporalité

(le haut-devant se trouvant différencié du bas-arrière). Deux analyses

majeures proposées par L. Binswanger vont fonder cette méthode:

La première est son analyse de la présomption. Elle est

transnosographique. La perte dans la hauteur (présomption) caractérise

diverses expériences qui vont jusqu’à la coupure du monde de certains

autistes, l’orgueil hystérique et aussi les postures rigides de certains débiles,

marqués par les attitudes de prestance, à tel point qu’ils sont dits

présomptueux. Elle caractérise également le comportement du paranoïaque

tellement perdu vers les hauteurs de son rôle qu’il ne peut plus redescendre.

La seconde analyse, qui fixe la méthode des directions de sens, est celle

de la compréhension de la mélancolie définie par L. Binswanger comme