Le Papillon de Jade: livre 3 (French Edition)
Chapitre 1
Le chant du vent dans les feuilles me poussa à lever les yeux de la lettre. Devant moi, les rangées d’arbres qui bordaient la demeure avaient commencé à se parer d’or avec l’arrivée de l’automne. Déstabilisée par la douceur de ce mois de septembre, c’était comme si je ne m’en rendais compte qu’en cet instant.
Le temps était passé si vite.
Deux saisons complètes s’étaient écoulées depuis que j’avais réussi à m’échapper de la Cité Interdite afin de mener ma grossesse à terme loin des rumeurs. Près de huit mois, désormais, que je n’avais pas remis les pieds dans la capitale. La chose n’avait pas été facile. À la fois mon protecteur, mon employeur et mon geôlier, l’Empereur Tianqi haïssait l’idée même de me voir soustraite à son regard. Pourtant, partir avait été d’une importance vitale. À Shuntian, il était interdit à toute femme enceinte d’un autre homme que le Fils du Ciel de pénétrer entre les murs du plus sacré des palais.
J’avais donc menti, feint des malaises que je ne ressentais pas vraiment et exagéré des nausées bien existantes jusqu’à ce que l’empereur m’envoie son médecin attitré. Comme il était d’usage pour les femmes de la cour, je m’étais réfugiée derrière un épais rideau afin d’accueillir l’illustre personnage. La séparation entre les hommes et les femmes n’était pas un sujet pris à la légère dans l’empire Ming. Xiaoli avait même insisté pour m’y rejoindre et tendre son propre poignet au travers du tissu en prétendant qu’il s’agissait du mien. Nous avions déjà vu des docteurs confirmer une grossesse rien qu’en écoutant le pouls de leurs patientes et je ne pouvais pas me permettre le moindre risque.
En fin de compte, incapable d’établir une origine précise à ma maladie, l’homme avait recommandé à son souverain de m’envoyer à la campagne pour un séjour prolongé loin de l’excitation de la cour. Youxiao n’avait pas été ravi de cette nouvelle. Son visage s’était même dangereusement assombri en apprenant ce verdict. Toutefois, préoccupé par ses propres soucis de santé, il n’avait pas opposé une véritable résistance.
Je m’étais donc retrouvée dans un domaine secondaire du palais, en bordure d’une magnifique forêt à deux jours de Shuntian. Mais ce bref intermède approchait de son échéance. J’avais promis à l’empereur de revenir avant l’hiver et pendant que je passais mes journées à contempler le visage de mon fils, entièrement aveugle au reste du monde, l’été s’était envolé.
Avec un soupir, je tournai la tête vers l’arbre centenaire qui se dressait dans la cour. Yexi était assis contre le tronc, penché sur la petite forme endormie de Taiyang, lové entre ses bras. Je pouvais distinguer ses lèvres bouger au rythme de mots que j’étais trop loin pour entendre. Une berceuse, peut-être. Ou bien des récits épiques d’un autre temps. Il n’en fallait pas moins pour calmer les braillements incessants de notre fils. Sous le soleil de cette fin d’après-midi qui les nimbait d’une lueur dorée, la simple vue de ces deux êtres me remplissait d’une tendresse et d’un amour plus fort que tout ce que j’avais connu.
— Tu t’endors ? m’appela une voix douce.
Arrachée à mes réflexions, je sursautai en battant des paupières. Xiaoli s’était approchée à pas de loup, vêtue d’une robe de soie aux tons rosés et les cheveux tressés en chignon dans le creux de sa nuque. En la voyant, mon visage se fendit aussitôt d’un sourire. Mes nuits étaient courtes ces derniers temps et il m’arrivait en effet souvent de m’assoupir à des heures étranges sans même m’en rendre compte.
— Non, répondis-je en me décalant pour lui faire de la place sur le banc. Enfin, je ne crois pas… Où étais-tu ? Je ne t’ai pas vue de tout l’après-midi.
— Oh, rien de particulier, j’étais juste partie ramasser des fleurs. J’ai trouvé un bosquet sur la route du village. Elles sentent bon.
Comme pour illustrer son propos, elle agita le bouquet de fleurs violettes qu’elle tenait entre les mains, les lèvres étirées en un sourire mutin.
Huit mois que je vivais dans cette maison et je n’avais pas encore pris le temps de me rendre au village de Zhongxin, pourtant situé à moins d’une heure de marche du domaine. Les terres que nous avait confiées le palais avaient autrefois appartenu à un certain Matteo Ricci, le premier jésuite à avoir obtenu l’autorisation de s’installer dans la capitale de l’empire Ming et un favori de l’Empereur Wanli, grand-père de l’homme qui siégeait aujourd’hui sur le trône. Matteo Ricci avait entretenu une véritable cour entre ces murs, mais après sa mort, une quinzaine d’années plus tôt, ses disciples avaient été déplacés dans une province plus lointaine par des conseillers qui souhaitaient limiter leur influence sur le Fils du Ciel.
La maison luxueuse avait malgré tout gardé une trace de leur passage, depuis les crucifix sur les cloisons aux traductions de textes ecclésiastiques que j’avais envoyées à Youjian le mois précédent, après avoir reçu une lettre où le jeune prince se lamentait d’avoir lu tous les ouvrages de sa bibliothèque au moins deux fois.
— Il est anormalement calme, aujourd’hui… fit Xiaoli en jetant un coup d’œil suspicieux vers Taiyang.
— Tu t’en plains ?
— Absolument pas ! rétorqua-t-elle dans un éclat de rire. Parfois, quand il se met à hurler, j’ai l’impression qu’on peut l’entendre jusqu’à Shuntian.
— Prions pour que cette habitude lui passe vite. Je pense que l’heure est venue d’envoyer quelqu’un préparer un logement pour nous dans la capitale… Je ne veux pas être obligée de vivre au palais quand nous quitterons cet endroit.
— Si tôt ? Je croyais que tu souhaitais attendre l’hiver, s’enquit ma petite Li en fronçant les sourcils.
— C’est toujours le cas. Mais j’ignore combien de temps il nous faudra pour trouver une maison qui répond exactement à nos besoins et je préfère être prévoyante. Je me suis dit que tu connaissais peut-être quelqu’un, au village, en qui nous pourrions avoir confiance. Yexi n’acceptera jamais de s’éloigner de Taiyang.
Il était possible que je sois en train de faire preuve d’une prudence excessive. Mais après avoir été témoin des violentes crises de colère de l’Empereur Tianqi lorsqu’il n’obtenait pas ce qu’il souhaitait, je tenais à présenter mon offre sous le meilleur jour. Il fallait à tout prix que notre demeure soit assez proche du palais pour ne pas lui donner l’impression que je cherchais à le fuir, tout en restant suffisamment isolée et discrète pour protéger mon fils des rumeurs qui ne manqueraient pas de suivre notre retour dans la capitale.
La situation aurait sans doute été différente si l’empereur avait un successeur. Personne n’aurait alors prêté attention à l’enfant d’une étrangère, quand bien même on aimait à lui attribuer le rôle de maîtresse du Fils du Ciel. Mais l’unique héritier de Youxiao, Zhu Cijong, était mort l’année précédente au cours d’une terrible explosion de poudre à canon qui avait détruit une partie de la ville. Une autre raison pour laquelle je souhaitais prendre de l’avance avec mes recherches. Les propriétés libres se faisaient rares dans la capitale, tout particulièrement aux abords du palais où les courtisans dépensaient des fortunes pour demeurer à proximité de leur souverain.
Malgré le temps qui s’était écoulé, penser à Youxiao suffisait à faire remonter en moi une fureur qui ne s’éteindrait jamais vraiment. C’était lui qui avait ordonné la mort de mon époux lorsque nous avions tenté de quitter Shuntian quelques années plus tôt et, derrière mes sourires factices, je le haïssais plus que tout. Pourtant, quand l’heure était venue de prendre ma décision, j’avais choisi de rester. Pas de rester auprès de lui, bien sûr. Mais de rester au palais. C’était le seul endroit où je pouvais personnellement subvenir aux besoins de mon petit clan, le seul endroit où j’avais encore une chance de m’élever dans la société pour devenir une personne à part entière, une femme qui ne dépendrait ni d’un père, ni d’un mari, ni même d’un fils pour survivre.
Avais-je douté du bien-fondé de cette décision au cours des mois qui avaient suivi ? Tous les jours. Avais-je pour autant regretté mes actions ? Pas un seul instant.
— Quand tu fermes les paupières, comme ça, me lança Xiaoli en agitant la main devant mon visage, je ne sais jamais si tu es en train de réfléchir ou de t’assoupir…
— Je réfléchis ! me défendis-je en riant. Tu allais faire quelque chose de ces fleurs ?
— Pas particulièrement, non… Elles ont éclos tardivement cette année, je voulais juste les cueillir avant qu’elles meurent. Pourquoi ?
— Approche.
Ma petite Li me tendit le bouquet sans la moindre hésitation. Je sélectionnai aussitôt les cinq fleurs les plus colorées pour les piquer dans son chignon avec un air satisfait. Les pétales violacés et les cœurs d’or étaient du plus bel effet sur ses cheveux noirs. Xiaoli était sur le point de fêter ses dix-huit ans, mais à mes yeux elle était toujours la petite fille qui avait fait irruption dans ma vie à une époque où tout me semblait perdu. Aujourd’hui encore, elle était l’une des rares personnes qui avaient toute ma confiance.
— Que racontait la lettre ? demanda Xiaoli en désignant respectueusement le document oublié sur le banc à côté de nous. L’empereur ordonne ton retour dans la capitale ?
— Non, elle vient de son frère.
— Youjian ? Mais elle est arrivée avec un messager du palais.
— Il a été rappelé à Shuntian il y a peu de temps, expliquai-je en lui tendant le courrier. Il m’a dit que le Fils du Ciel était malade et que les ministres préféraient qu’un prince soit présent pour s’occuper des affaires d’État.
— Je vois, fit-elle, perdue dans sa lecture. Des attaques des Jurchens ? Encore ? Je croyais que leur chef était mort l’année dernière.
— C’est le cas, oui. L’un de ses fils a été nommé Khan à son tour, et c’est de lui que Youjian parle. Mais ne t’inquiète donc pas de ce qui se passe à la frontière, Xiaoli, nous avons déjà bien assez de problèmes ici-bas.
La jeune femme éclata de rire en me rendant la lettre, puis elle jeta un regard en coin dans la direction de Yexi et Taiyang, comme pour signifier qu’elle était également de cet avis.
※
Quelques jours plus tard, assise sur le fauteuil de mes appartements privés, je contemplais d’un air attendri les yeux lumineux de Taiyang suivre la poupée de chiffon que je remuais doucement devant lui. Son nez retroussé se plissait chaque fois qu’il essayait maladroitement de s’en saisir et que ses doigts se refermaient sur le vide. Sa bouche s’entrouvait alors, comme s’il était sur le point de crier de frustration, avant de laisser échapper un rire sonore.
Je savais qu’une vie entière ne suffirait pas à me lasser de cette musique.
— Viens là, soufflai-je en reposant la poupée pour le prendre dans mes bras.
Taiyang émit un grognement indigné quand le jouet disparut de son champ de vision, mais il se laissa faire sans protester. Une fois installé sur mes cuisses, une main contre son dos, il pouvait presque rester assis sans assistance. Le temps passait si vite. Chaque matin, j’avais l’impression de le trouver changé, grandi. Chaque fois qu’il se mettait à crier, c’était un peu plus fort, comme si sa voix s’affirmait d’heure en heure. Et chaque fois que je posais les yeux sur lui, la vue de ce petit être né de mes chairs me remplissait d’un amour si brut et si pur qu’il en était douloureux.
Tout à ma contemplation, je ne me rendis pas compte que je n’étais plus seule dans la pièce. Ce n’est que lorsqu’une main toucha délicatement mon épaule que je sursautai, serrant instinctivement mon fils contre moi.
— Tu n’as pas faim ?
La voix de Yexi apaisa immédiatement les battements désordonnés de mon cœur.
— Je n’ai pas faim, répondis-je en laissant ma tête retomber tendrement contre son bras.
Je n’avais pas pris soin de vérifier qui se trouvait dans le salon avant d’agir ainsi, pour la bonne raison que je nous savais en parfaite sécurité. Les quelques serviteurs rattachés à la demeure n’avaient pas accès à nos quartiers privés où seule Ahma pouvait aller et venir en toute liberté. Une mesure qui avait semblé nécessaire pour protéger l’identité de Taiyang le plus longtemps possible.
— Je me doutais que tu allais dire ça. Mais tu dois manger, Jade. Ahma m’a dit que tu n’avais rien avalé depuis hier soir.
— Ahma exagère…
Yexi contourna le fauteuil et me tendit la main, les sourcils haussés en une invitation muette. Plus amusée qu’exaspérée, je glissai mes doigts entre les siens pour me redresser. Taiyang laissa échapper un concert de gazouillements en réponse au mouvement soudain.
— Il peut venir avec nous, décréta Yexi.
— Venir ? Où ?
— J’ai demandé aux domestiques de repartir au village pour la journée… Suis-moi.
Il cueillit notre fils à même mes bras et tourna les talons en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule pour s’assurer que je le suivais bel et bien. Nous traversâmes les couloirs sans un mot jusqu’à une série de pavillons au nord de la propriété. Je ne m’étais jamais aventurée aussi loin auparavant. La pièce dans laquelle il s’arrêta finalement était un boudoir aux dimensions modestes, entièrement vide à l’exception d’une table basse débordant de nourriture. Quatre des six murs étaient ouverts sur les jardins et les fenêtres aux cadres sculptés ressemblaient à des tableaux vivants dont les peintures s’animaient au gré des vents et du passage des oiseaux. Ce détail d’architecture, typique des maisons du sud, amena un sourire mélancolique sur mes lèvres.
— J’ignorais qu’on en faisait des pareilles dans la région, soufflai-je d’une voix admirative avec un regard en coin vers mon compagnon.
— J’ai surpris les serviteurs en train de les sceller pour la saison froide et je les ai convaincus d’attendre quelques jours de plus… Je savais que cela te ferait plaisir. Asseyons-nous. Tu n’as peut-être pas l’impression d’avoir faim, mais je pense que tu devrais tout de même manger quelque chose.
Tournant les yeux vers le festin concocté à mon attention, je laissai échapper un petit rire. Yexi n’avait pas tort. Mon appétit était des plus étranges depuis la naissance de Taiyang, quatre mois plus tôt. Je pouvais engloutir l’équivalent de trois repas en quelques minutes avant de perdre l’envie d’avaler quoi que ce soit pendant des jours. J’avais à peine touché à la collation que Xiaoli avait amenée, ce matin-là, mais la vue des gâteaux préparés par notre cuisinière, Ahma, suffit à me faire saliver.
Ma bonne humeur s’intensifia lorsque Yexi s’installa à mes côtés sans faire de cérémonie. Deux années s’étaient écoulées depuis que nous avions succombé à l’attirance qui ne faisait que grandir entre nous. Deux années depuis qu’il avait cessé d’être mon maître d’armes, mon garde du corps, pour devenir mon amant. Pourtant, parce que nous n’étions jamais vraiment seuls dans le palais, je n’étais pas encore tout à fait habituée à le voir agir ainsi en plein jour. J’avais presque du mal à croire qu’il était là, à mes côtés, avec cette expression sereine sur le visage et cette attitude décontractée qui ne ressemblait pas à l’homme que j’avais appris à connaître dans l’enceinte de la Cité Interdite.
Il était ce jour-là vêtu d’un ensemble sombre richement brodé que j’avais fait faire pour lui quelques semaines plus tôt, ainsi que de bottes de cuir salies par les exercices auxquels il s’adonnait quotidiennement devant notre demeure. Ses cheveux avaient assez poussé pour être noués derrière sa nuque. Si je n’avais pas déjà été certaine de son état d’esprit, ce détail aurait achevé de me convaincre. Yexi avait toujours coupé ses cheveux dès qu’ils devenaient assez longs pour le gêner au combat, sans jamais prêter attention à son apparence ou aux remarques de ses pairs. Je n’étais pas la seule à avoir relâché ma vigilance depuis que nous vivions hors des pièges du palais impérial. Et j’étais assez lucide pour réaliser que ce n’était pas une bonne chose.
— À quoi penses-tu ? demanda-t-il soudain.
— Oh, à rien… Juste… Le temps passe si vite. J’ai l’impression que nous sommes arrivés ici hier.
— Moi aussi. Mais quand je regarde la façon dont Taiyang change… C’est comme si les mois avaient filé sans que j’y prête attention.
— Je comprends ce que tu veux dire, acquiesçai-je en tendant la main vers une pile de galettes. On dirait qu’il grandit chaque fois que je tourne la tête.
Yexi m’observa porter la friandise à ma bouche, les lèvres pincées comme pour se retenir d’ajouter une quelconque remarque. Le goût était plus âcre que ce à quoi Ahma m’avait habituée.
— Qu’y a-t-il ? demandai-je finalement en voyant que mon compagnon poursuivait son étude silencieuse.
— Elles sont réussies ?
— Oh… les galettes ?
Les joues empourprées, il baissa les yeux et je devinai ce qu’il n’avait pas osé me dire.
— C’est toi qui les as faites ?
— Ahma m’a dit que c’était une très mauvaise idée… J’en préparais souvent au temple, quand j’étais petit, mais c’était il y a longtemps et… Elles sont ratées, n’est-ce pas ?
— Bien sûr que non, elles sont délicieuses !
Sans attendre, je mordis la galette à pleines dents et entrepris de mâcher ostensiblement sans le quitter des yeux.
— Menteuse, soupira-t-il d’un ton amusé avant de se servir à son tour.
Lorsque Taiyang s’agita entre ses bras, je fis un geste pour le prendre, mais Yexi secoua la tête et se mit à le bercer tendrement. Portée par un doux sentiment de plénitude, je me laissai aller contre son épaule pour l’observer jouer avec notre fils. Ahma m’avait affirmé qu’il était parfaitement normal pour un enfant de cet âge de pleurer si fort et si souvent. C’était la seule façon qu’il avait de communiquer. Je n’avais que peu de souvenirs des bébés qui étaient nés à Beaulieu, au cours de ma jeunesse, et la villa Shen n’avait pas connu la moindre naissance pendant mon séjour entre ses murs. Je n’avais donc que les conseils de ma cuisinière, l’unique personne avec Xiaoli à savoir la véritable relation qui m’unissait à Yexi, pour me rassurer chaque fois que je me tordais d’inquiétude devant les hurlements de mon fils.
— Jade ! m’appela une voix dans les jardins. Jade, où es-tu passée ?
Alerté par le ton urgent, Yexi sauta sur ses pieds et me tendit Taiyang afin de faciliter l’accès à la dague qu’il portait tous les jours à la ceinture. Quelques instants à peine plus tard, Xiaoli poussa les doubles portes du petit pavillon d’un air essoufflé.
— Je revenais du village quand j’ai vu… commença-t-elle sans me laisser le temps de lui demander ce qui n’allait pas. Un convoi, sur la route ! Un convoi est en train d’approcher… Escorté par des soldats du palais !
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