Le Papillon de Jade: livre 3 (French Edition)

Ellie Ariny · Chapitre 46 sur 49

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Le Papillon de Jade: livre 3 (French Edition)

Remerciements

 

Nous y voilà. La dernière page du dernier tome. J’ai du mal à réaliser que

nous y sommes bel et bien. J’ai terminé d’écrire l’histoire de Jade.

Et je n’y serais jamais arrivée sans vous.

Il y a peu de temps, en fouillant les cartons dans la cave de mes parents, je

suis tombée sur ces quelques mots griffonnés dans la marge d’un carnet

datant de 2007, l’année où je suis partie dans le nord de la Chine apprendre

le mandarin.

Idée de roman. 16 ou 17e siècle. Une jeune fille voyage avec sa

sœur qui va se marier en Chine et vit une série d’aventures.

Mesdames, messieurs… la naissance de Jade.

L’année de mon départ en Chine marque une véritable scission dans mon

parcours, un avant et un après si distincts qu’on pourrait presque croire

qu’ils appartiennent à deux personnes. La vie est faite de ces moments,

vous me direz. Des instants qui ne représentent peut-être pas grand-chose

lorsque vous les vivez, mais qui se révèlent d’une importance capitale après

coup. Je n’irais pas jusqu’à dire que partir en Chine était une décision

insignifiante. J’avais 19 ans. Je n’avais jamais vécu seule, encore moins

loin de la France ou loin de ma famille. Je savais que l’expérience serait

difficile, mais qu’elle m’apporterait des choses que je n’avais aucun moyen

de vivre autrement.

Je n’avais simplement aucune idée de l’ampleur des changements

que je m’apprêtais à connaître.

On me demande souvent si l’histoire de Jade est inspirée de mon propre

vécu. Et ma réponse est toujours la même. Ce récit n’est en AUCUN cas

autobiographique. Contrairement à mon héroïne, je suis partie en Chine de

mon plein gré et la rencontre avec l’homme qui partage désormais mes

jours n’a rien du parcours chaotique de mes personnages. En revanche, la

façon dont Jade tombe peu à peu amoureuse de l’histoire de ce pays, de sa

langue, la façon dont elle s’adapte et se heurte parfois à cette culture si

différente de la sienne, tout cela vient bien de quelque part. Les thèmes de

la solitude et du déracinement sont des sujets qui me sont chers, tout

comme le tourment de chercher à se créer un foyer dans un endroit qui ne

pourra jamais vous accepter pleinement. Ce sont, à dire la vérité, des

questions que je me pose aujourd’hui encore, après avoir passé la grande

majorité de ma vie d’adulte de ce côté de la planète.

Lorsque j’ai commencé à rédiger l’Empire de Jade, quelques années après

avoir planté la graine dans un de mes cahiers d’université, j’avais déjà en

tête la fin que je souhaitais donner au roman. Je voulais que les lecteurs

passent de “Oh, on dirait presque que c’est Jade elle-même qui nous raconte

son histoire” à “Oh, il s’agit réellement du journal intime dans lequel Jade

écrivait son histoire”. Une histoire qu’elle n’a jamais eu le temps de finir.

A-t-elle péri dans la fuite du palais ou bien a-t-elle rejoint Yexi dans le sud,

sans jamais pouvoir être réunie avec ses carnets une fois la capitale tombée

aux mains des Qing ? C’est à vous de décider.

Pendant les huit années qui ont suivi, je me suis interrogée un nombre

incalculable de fois. Devais-je revenir sur ma décision et écrire une fin plus

traditionnelle ? Ne pas utiliser cette coupure brutale pour illustrer la façon

dont la guerre peut ruiner des vies en quelques instants à peine ? J’ai hésité. Longtemps. Mais au bout du compte, j’ai décidé de conserver la trame que

j’avais imaginée en m’engageant dans ce projet.

J’espère seulement que vous ne m’en voulez pas.

Ou pas trop.

Que vous ayez découvert cette trilogie en 2020, à la sortie du premier tome

ou il y a quelques jours à peine, votre soutien et vos encouragements

comptent plus que tout pour moi. Je n’aurais jamais imaginé que tant de

lecteurs feraient le choix d’embarquer aux côtés de Jade ni qu’ils seraient

prêts à suivre ses aventures jusqu’au bout.

Je souhaitais également remercier les personnes qui m’ont accompagnée

tout au long de ce projet. Mon alpha-lectrice, Aurore, la première personne

à avoir posé les yeux sur cette fin (je garde un screenshot de sa réaction

indignée dans mon téléphone). Élodie, dont l’influence sur la politique et

les motivations des personnages est si grande que je me sens obligée de lui

donner le titre de consultante en stratégie. Ma sensitivity reader, Chongling,

pour ses remarques pertinentes sur la culture chinoise. Mais aussi Sarah et

sa tante qui ne liront sans doute pas ces mots, car elles ne parlent pas

français, mais qui se sont montrées d’une patience infinie en discutant avec

moi des rites funéraires et du rôle des nourrices dans la Chine des

empereurs. Enfin, toi. Oui, toi qui es en train de lire cette phrase (j’espère

que le tutoiement ne te dérange pas). Qui que tu sois, si tu es encore ici

après trois livres complets, à parcourir cette page que si peu de gens

prennent le temps de regarder, merci.

Du fond du cœur, merci.

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