Le Papillon de Jade: livre 3 (French Edition)
Remerciements
Nous y voilà. La dernière page du dernier tome. J’ai du mal à réaliser que
nous y sommes bel et bien. J’ai terminé d’écrire l’histoire de Jade.
Et je n’y serais jamais arrivée sans vous.
Il y a peu de temps, en fouillant les cartons dans la cave de mes parents, je
suis tombée sur ces quelques mots griffonnés dans la marge d’un carnet
datant de 2007, l’année où je suis partie dans le nord de la Chine apprendre
le mandarin.
Idée de roman. 16 ou 17e siècle. Une jeune fille voyage avec sa
sœur qui va se marier en Chine et vit une série d’aventures.
Mesdames, messieurs… la naissance de Jade.
L’année de mon départ en Chine marque une véritable scission dans mon
parcours, un avant et un après si distincts qu’on pourrait presque croire
qu’ils appartiennent à deux personnes. La vie est faite de ces moments,
vous me direz. Des instants qui ne représentent peut-être pas grand-chose
lorsque vous les vivez, mais qui se révèlent d’une importance capitale après
coup. Je n’irais pas jusqu’à dire que partir en Chine était une décision
insignifiante. J’avais 19 ans. Je n’avais jamais vécu seule, encore moins
loin de la France ou loin de ma famille. Je savais que l’expérience serait
difficile, mais qu’elle m’apporterait des choses que je n’avais aucun moyen
de vivre autrement.
Je n’avais simplement aucune idée de l’ampleur des changements
que je m’apprêtais à connaître.
On me demande souvent si l’histoire de Jade est inspirée de mon propre
vécu. Et ma réponse est toujours la même. Ce récit n’est en AUCUN cas
autobiographique. Contrairement à mon héroïne, je suis partie en Chine de
mon plein gré et la rencontre avec l’homme qui partage désormais mes
jours n’a rien du parcours chaotique de mes personnages. En revanche, la
façon dont Jade tombe peu à peu amoureuse de l’histoire de ce pays, de sa
langue, la façon dont elle s’adapte et se heurte parfois à cette culture si
différente de la sienne, tout cela vient bien de quelque part. Les thèmes de
la solitude et du déracinement sont des sujets qui me sont chers, tout
comme le tourment de chercher à se créer un foyer dans un endroit qui ne
pourra jamais vous accepter pleinement. Ce sont, à dire la vérité, des
questions que je me pose aujourd’hui encore, après avoir passé la grande
majorité de ma vie d’adulte de ce côté de la planète.
Lorsque j’ai commencé à rédiger l’Empire de Jade, quelques années après
avoir planté la graine dans un de mes cahiers d’université, j’avais déjà en
tête la fin que je souhaitais donner au roman. Je voulais que les lecteurs
passent de “Oh, on dirait presque que c’est Jade elle-même qui nous raconte
son histoire” à “Oh, il s’agit réellement du journal intime dans lequel Jade
écrivait son histoire”. Une histoire qu’elle n’a jamais eu le temps de finir.
A-t-elle péri dans la fuite du palais ou bien a-t-elle rejoint Yexi dans le sud,
sans jamais pouvoir être réunie avec ses carnets une fois la capitale tombée
aux mains des Qing ? C’est à vous de décider.
Pendant les huit années qui ont suivi, je me suis interrogée un nombre
incalculable de fois. Devais-je revenir sur ma décision et écrire une fin plus
traditionnelle ? Ne pas utiliser cette coupure brutale pour illustrer la façon
dont la guerre peut ruiner des vies en quelques instants à peine ? J’ai hésité. Longtemps. Mais au bout du compte, j’ai décidé de conserver la trame que
j’avais imaginée en m’engageant dans ce projet.
J’espère seulement que vous ne m’en voulez pas.
Ou pas trop.
Que vous ayez découvert cette trilogie en 2020, à la sortie du premier tome
ou il y a quelques jours à peine, votre soutien et vos encouragements
comptent plus que tout pour moi. Je n’aurais jamais imaginé que tant de
lecteurs feraient le choix d’embarquer aux côtés de Jade ni qu’ils seraient
prêts à suivre ses aventures jusqu’au bout.
Je souhaitais également remercier les personnes qui m’ont accompagnée
tout au long de ce projet. Mon alpha-lectrice, Aurore, la première personne
à avoir posé les yeux sur cette fin (je garde un screenshot de sa réaction
indignée dans mon téléphone). Élodie, dont l’influence sur la politique et
les motivations des personnages est si grande que je me sens obligée de lui
donner le titre de consultante en stratégie. Ma sensitivity reader, Chongling,
pour ses remarques pertinentes sur la culture chinoise. Mais aussi Sarah et
sa tante qui ne liront sans doute pas ces mots, car elles ne parlent pas
français, mais qui se sont montrées d’une patience infinie en discutant avec
moi des rites funéraires et du rôle des nourrices dans la Chine des
empereurs. Enfin, toi. Oui, toi qui es en train de lire cette phrase (j’espère
que le tutoiement ne te dérange pas). Qui que tu sois, si tu es encore ici
après trois livres complets, à parcourir cette page que si peu de gens
prennent le temps de regarder, merci.
Du fond du cœur, merci.
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