Les écorchés

Fabien Miras · Chapitre 34 sur 46

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Les écorchés

32 - Les différents personnages

 

 

« L’amour ne donne aucun droit sur l’autre,

seulement le droit de le respecter »

Jacques Salomé

 

- Voilà ce qui va se passer : je vais faire plusieurs personnages et tu vas essayer de deviner lequel je suis. Ensuite, sans réfléchir, tu vas me donner la première impression que tu as eue en face de ce personnage. Ne cherche pas à analyser. Laisse juste s’exprimer ton premier ressenti. D’accord ?

- D’accord.

Zougou se leva. Sautillant un peu, il se tourna vers Léon, et lui fit une grimace venue d’un autre monde, taquine et désinvolte. Puis il se mit à faire la roue, à ramasser un bâton et à jouer avec. Dans le même temps, il prononçait des onomatopées, s’exprimant dans un vrai charabia, chantant et mélodieux. Puis il aperçut une fleur, s’allongea près d’elle et écarquilla les yeux.

- Un enfant dit Léon. Tu es un enfant.

- Très bien. Et que t’es-tu dit quand tu as vu cet enfant ?

- Tu es innocent et plein de vie. Enthousiaste. Je t’envie.

Zougou hocha la tête.

- Oow. Et pourquoi tu n’es pas venu jouer avec moi ? Si tu avais laissé s’exprimer ton enfant intérieur, c’est ce qui se serait passé… Nouvel exemple.

Zougou se tortilla sur place cette fois, exprimant la douleur.

- J’ai mal, je suis malheureux. Tout est difficile dans ma vie, je me sens seul…

- Le déprimé.

- Plus ou moins. Un patient plutôt. Et que t’es-tu dit ?

- Comme je te comprends !

- Oow. Quel a été ton personnage ?

Léon réfléchit un instant…

- Le même, le patient.

- C’est ça. Et tu crois qu’un patient a besoin d’un autre patient ? Un enfant m’aurait vu dans cet état, il serait tout de suite venu vers moi pour me réconforter et me faire un gros câlin. Pourquoi n’es-tu pas venu m’aider, pourquoi ne t’es-tu pas transformé en thérapeute ?

- Je n’en sais rien.

- Parce que c’est comme cela que l’on t’a éduqué, et que le monde fonctionne malheureusement de cette façon. Tous ces malheureux dans la rue, les gens passent à côté sans les voir, sans éprouver la moindre compassion pour eux. Alors qu’il suffirait de les aider, pour que chacun se sente infiniment mieux. Mais cela se passe ainsi parce que les gens n’arrivent déjà pas à être de bons thérapeutes pour eux-mêmes… Nouvel exemple.

Zougou prit une posture formelle, se déplaçant de manière linéaire, effectuant des allés et retours tandis qu’il parlait.

- La lumière n’existe pas, ce ne sont que des idioties de la philosophie New Age. Seul le noir existe, la méchanceté et l’individualisme. Toutes ces idées selon lesquelles une énergie puissante nous entoure ne sont que pures sottises !

Léon ne put retenir un sourire.

- Le gourou, ou un sorcier.

Zougou sauta sur place, ravi.

- Ahah ! Je t’ai bien eu n’est-ce pas ? Tu t’es trop focalisé sur le discours et pas assez sur mon expression. J’étais dans le rôle de… Facile, j’ai le même depuis tout à l’heure, ou presque.

- Humm, de l’enseignant ?

- Exactement ! Et que disais-tu à cet enseignant ?

- Ça me saoule !

- Eh oui, bien entendu… Crois-tu avoir été dans le rôle de l’élève dans ce cas ?

- Ben… j’ai écouté.

- Comme un mauvais élève ! Le véritable élève se serait accordé à l’enseignant, il aurait pris des yeux émerveillés. « Ho, comment faites-vous pour connaître autant de choses ? ». Au lieu de cela, toi, comme toute la population occidentale, tu as voulu casser cet enseignant, lui donnant une leçon. Tu étais un enseignant caché derrière un élève. Comme à beaucoup de moments avec moi, en ce moment même. C’est pour cela qu’il me faut de si longues phrases parfois pour t’expliquer. L’enseignant est un donneur de leçon qui n’écoute pas. Regarde la majorité des gens, ils se croient tous enseignants. Ils attendent que l’autre ait fini de parler et, sans même avoir écouté, donne leur avis. Cela ne veut pas dire tout gober n’importe comment, mais simplement savoir écouter en véritable élève. C’est de là que naissent les conflits. Tout le monde veut donner son avis, se heurte pour avoir raison, mais personne ne s’accorde. Un dernier exemple.

Zougou, se cambra, se passa les mains sur le torse pour le caresser. Il regarda Léon dans les yeux, souriant, lui fit un clin d’œil. D’une voix extrêmement suave, il s’exclama « quel auditoire ! » Léon éclata de rire.

- Le séducteur.

- Et qu’en as-tu pensé ?

- Tu en fais trop !

- Et voilà, tu l’as encore cassé ! Enseignant ! Dans le monde occidental, c’est le personnage qui a été le plus cassé. Combien d’hommes et de femmes ont abandonné leur rôle de séducteur passé un certain âge ? Bizarrement les cancers les plus répandus sont ceux de la prostate et du sein. Étrange non ? Pourtant, le séducteur est INDISPENSABLE ! Cela ne veut pas dire vouloir coucher avec tout le monde ! Par exemple, l’enseignant a besoin de se combiner au séducteur pour capter l’attention de ses élèves, le commerçant envers ses clients. Toi tu as été meurtri dans ton rôle de séducteur par Aurélie. Les « blablabla » qu’elle te lançait, te tournant à la dérision lorsque tu étais romantique. Ou ce fameux, « j’ai arrêté d’avoir de la fascination pour toi » quand tu lui racontais la musique ou la séduisais en jouant un morceau de guitare, tout cela, tu l’as laissé le casser. Comme toi-même tu l’as cassée en lui faisant des remarques sur son physique. C’est pour cela qu’elle a arrêté de te séduire, et qu’elle est allée chercher la séduction chez d’autres. Pour cela et parce que tu es un vrai patient et un enseignant tyrannique !

- Ouais, je sais, tout est de ma faute…

- Non, là par exemple tu es trop dans le rôle du patient, un patient qui meurt parce qu’il n’a pas de thérapeute. Vous êtes tous les deux fautifs, car ignorants. Trop souvent vos personnages ont été en conflits, c’est tout. Comme lorsque vous vous disputiez pour savoir où placer un meuble, comment faire la bibliothèque, vous étiez comme deux tyrans qui s’affrontent, ou deux gendarmes. Le personnage du gendarme, on en a besoin, il sert à réguler le trafic sur la route, à être vigilant, pour éviter les excès et les accidents. Mais donne trop d’importance au gendarme, place en mille sur une portion de route, et plus rien n’avance, et tout l’organisme stresse et se sent oppressé. Et ainsi le personnage du rebelle prend alors des proportions inouïes. C’est ce qui vous est arrivé. Au lieu de cela, vous auriez dû à tour de rôle être de bons civils, observer et obéir aux règles, sans avoir l’impression de céder.

- Surtout moi.

- Et allez, en remettre une couche est vraiment plus fort que toi ! C’est vrai que ton gendarme est très puissant, trop même. Mais le sien aussi. Vos Bouboules se sont trop cassés. Jamais vous n’avez su devenir partenaires, un vrai binôme unique et solidaire.

- Comme j’aimerais qu’elle sache tout ça, qu’elle veuille l’entendre…

- Tu ne peux enseigner à quelqu’un qui se ferme. Et crois-moi, tu n’as rien à lui envier.

- Ça j’en doute…

- Même si tu as tes torts, une femme qui trompe son mari, qui veut partir de votre maison trois mois après y être entré, tu ne vois pas le problème ? Dès que ça devient sérieux, ou un peu trop compliqué, elle part en courant. Pourquoi ? Son père n’a-t-il pas trompé sa mère ? Alors, inconsciemment, comme elle a essuyé les pleurnicheries de sa mère, c’est elle qui fuit, morte de trouille à l’idée qu’il lui arrive la même chose. La fuite n’a rien d’enviable Léon, tout comme le mépris, ce n’est en rien un gage de sagesse. Crois-tu vraiment qu’elle soit enviable ? Une fille qui a tellement mal vécu le fait que son père trahisse sa mère que dans ses propres histoires elle a fait la même chose, préférant fuir et trahir au lieu de vouloir construire et avancer. Une femme qui a passé environ huit années de sa vie avec deux hommes, dont chacun a fini par cracher sur son histoire avec elle, est-elle enviable ? Je trouve cela bien triste au contraire. Te rends-tu compte de la dualité qu’il y a en elle ? D’un côté elle te demandait de lui faire un enfant et d’un autre elle construisait des meubles pour votre maison sachant pertinemment au fond d’elle qu’elle n’y resterait pas. Car cette fille a tellement été déracinée, à tellement vu les dégâts de la vie de couple qu’elle était incapable de continuer. Construire pour elle, avancer dans la difficulté lui est complètement impossible, et même insupportable sur le plan sentimental. Quand tu t’en es pris à elle, elle a fait exactement la même chose qu’avec son ex, comme toi d’ailleurs tu l’as harcelé comme tu as harcelé la mère de ton enfant. Elle, elle a fui. Elle t’a raccroché au nez, elle a laissé monter cette tension, au lieu de tenter de la désamorcer, ce qui lui permettait notamment de ne pas se remettre profondément en cause. « C’est lui qui pète les plombs, c’est sa faute et son problème, je n’ai rien à voir avec ça, SURTOUT cela ne me regarde pas ! ». Chez elle, le guerrier, prêt à se défendre, qui combat et qui assume – sans pour autant devoir couper des têtes – est très peu développé. Comme avec son ancien mari, elle a préféré subir, comme elle a subi son père, en victime impuissante, pour mieux pouvoir se plaindre de son incompréhension dans les bras d’un autre. Et ça continuera, pour elle comme pour toi, si vous ne changez pas, les mêmes choses se reproduiront de plus en plus gravement. Et elle ne t’a jamais été fidèle, elle a été fidèle à SES besoins envers toi ! Une fois que ses besoins avaient changé, sa loyauté aussi a changé.

- J’ai pourtant si honte de tout ça Zougou. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que je suis responsable, que je n’ai pas su faire attention à elle.

- Vous étiez deux. Vous étiez deux opposés qui se sont confrontés au lieu de s’enrichir. Son bouboule et son enseignant ont énormément tourné en dérision tes côtés spirituels et romantiques, « Granola » comme elle disait. Elle qui n’est pas du tout ancrée dans la spiritualité aurait dû chercher à apprendre de toi. De même, tu aurais dû davantage écouter ton côté aventurier et d’homme en couple, en lui proposant de partir en week-end tous les deux à la montagne par exemple, juste elle et toi. Aurélie avait le personnage de l’aventurière en elle, ce qui te plaisait beaucoup vu que tu l’avais complètement étouffé depuis la naissance de ton enfant, mais ce personnage trop développé chez elle, c’est ce qui la rend instable aussi et incapable de se fixer. Là, elle aurait dû apprendre de ton côté « pantouflard » comme tu aurais dû te nourrir de son envie d’évasion. De même pour les côtés artistes, elle l’était de façon matérielle, en construisant ses meubles ou ses bijoux et toi de façon plus intellectuelle, avec tes chansons et tes poèmes. Comme il aurait été merveilleux de vous voir à ce point vous accorder !

- Merci Zougou, je me sens beaucoup mieux d’un coup !

- Ne sois pas triste. Dis-toi que c’est une chance d’avoir ces réponses-là. Pour la prochaine ce sera tellement merveilleux de s’accorder à elle. Mais il te faut d’abord arrêter avec cette culpabilité qui te ronge ! Tu sais, lorsqu’elle te disait, après vos disputes, qu’il aurait juste fallu que tu la prennes dans tes bras pour tout désamorcer, c’était vrai. Elle était juste une enfant qui cherchait un papa. Mais comme toi tu étais aussi dans tes rôles d’enfant blessé, de gendarme et avec un Bouboule omniprésent, tu t’es défendu de le faire. Combien de fois as-tu pensé un mot ou un geste d’affection et as-tu dit autre chose, pour ne pas faire plaisir à l’autre parce qu’il t’avait mis en colère ? Au lieu de lâcher vos émotions négatives de façon saine, elles vous ont mangés. Il y a une phrase du Bouddha qui illustre très bien ceci : « Rester en colère, c’est saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un ; c’est vous qui vous brûlez ». Elle lâchait ses peurs et ses colères sur toi, et toi, dans ta peur et ta colère, soit tu explosais, soit tu gardais tout en toi, dans ta carapace. Et à force de vouloir te convaincre que tu avais la sensibilité d’un char d’assaut, tu as vu ce qu’était vraiment un char d’assaut. Et, dans ce rôle de victime, tu t’es complètement éteint à la vie.

- Ouais, je suis devenu le genre de gars que je détestais.

- Tu as reçu ce que tu as créé, et elle aussi. Un autre exemple, quand elle te disait qu’elle aurait adoré rencontrer tes amis paysans. Ça t’a fait culpabiliser, pourquoi ? Tu n’étais pas son placenta, tu ne pouvais pas deviner, elle n’avait qu’à le formuler clairement, comme son envie de réconfort. Elle a toujours été dans l’attente que tu la devines. Comment ne pas te faire culpabiliser après ? C’est normal, elle rejetait la faute sur toi. Elle n’avait qu’à le formuler clairement à ce moment-là. Une fille qui te dit que tu as peur de la solitude et qui se prend un chien dès votre séparation, pour avoir quelqu’un à aimer et de qui s’occuper, c’était juste le moyen pour elle d’assouvir les besoins de son personnage de mère. De même, vous n’étiez pas bienveillant l’un envers l’autre. La fois où elle t’a dit que tous ses proches pensaient du mal de toi, pourquoi dire cela si ce n’est pour blesser, même si elle ne pensait pas à mal, où est la bienveillance dans le fait de dire cela ?

- Mouais, bref, nous ne nous sommes jamais aimés quoi !

- Bien sûr que si vous vous êtes aimés ! Mais trop rarement, et mal parfois, mais vous vous êtes aimés ! Au début, ne vous sentiez-vous pas complètement en phase, comme reliés, corps, cœur et esprit ? Juste à adorer passer du temps ensemble et apprendre l’un de l’autre ? Vos discussions inlassables sur tout et rien, vos repas raclette dans la tente directement dans ton appartement, votre complicité, la façon dont vous vous regardiez… Là était le vrai partage, le vrai amour inconditionnel, intense et authentique. Et vous étiez beaux ! Mais vos Bouboule ont fini par y mettre des conditions et à tuer votre amour. Maintenant tu dois avancer sur tout cela, ne plus ressentir ni trahison, ni jalousie, ni culpabilité, ni peine.

- Possible, je devrais peut-être aller voir un psy…

- Peut-être devrais-tu arrêter avec les psys, et surtout cesser de mettre le sien sur un piédestal ! Comme s’il avait la science infuse… Crois-tu réellement qu’il soit si bon thérapeute que cela ? Si c’était le cas, lorsqu’elle est venue lui demander de sauver votre couple, il serait allé dans cette démarche. Au lieu de cela, comme elle te l’a dit, il a cassé toutes ses structures, toutes ses croyances et l’a envoyé sur les sites de rencontres. En bon thérapeute, il aurait dû lui apprendre à accepter et laisser s’exprimer chacun de ses personnages, à être dans l’amour, à évacuer ses émotions négatives et tout cela dans la douceur plutôt que dans la difficulté, la déstructuration. Elle a dû s’adapter à lui et ce n’est pas lui qui s’est adapté à elle. Il a juste appliqué ce qui avait marché pour lui à une autre. Tu crois qu’un être bienveillant t’aurait dit qu’il pourrait t’aider, te balancer comme ça d’essayer la tranquillité et te rejeter le lendemain alors qu’il avait bien vu que tu étais complètement aux abois ? Et sans même te conseiller quelqu’un d’autre ? Où se trouve la bienveillance chez cet homme-là ? La notion d’aider son prochain ? Chercher à se comprendre et à voir son ego n’est ni long, ni difficile, ni onéreux. Quand à ce côté « avoir La méthode », ça n’existe pas. Tous ceux qui te le diront ou te le feront croire cherchent juste à avoir du pouvoir sur toi. Chaque patient est différent, chaque thérapie doit l’être aussi. Tu dois apprendre à ne plus être en colère contre lui aussi Léon. Le jour où tu pourras, ainsi qu’à Aurélie, la mère de ton fils et son compagnon, et aux autres personnes qui t’ont meurtri, leur souhaiter du plus profond de ton cœur paix amour et bienveillance, là, tu seras sur le bon chemin. Tous les autres mènent inévitablement à la maladie et à la mort.

- Il y en a du boulot !

- Oui, mais ça ira vite si tu apprends à lâcher tes émotions au lieu de chercher un coupable sur lequel les jeter, ou perdre un temps fou et beaucoup d’argent à trouver les raisons pour lesquelles ces émotions sont là, comme le font les psychanalystes. Les émotions sont là tout simplement parce que depuis que nous avons quatre ans nos parents nous ont interdit de les lâcher.

- C’est TA méthode du coup ?

Zougou partit d’un gros élan de rire.

- C’est exact, c’est une de mes méthodes. Tu as le droit de l’essayer, ou pas, ce choix t’appartient. Mais méfie-toi de ceux qui disent obtenir LE savoir. Pose-toi la question. Tu me vois bon dans mes personnages de sorcier, ou de chaman, de thérapeute et d’enseignant. Je te parle d’amour, de connexion avec l’univers, de lâcher prise, te donne des réponses parce que je suis connecté. Mais qui te dit que je suis un bon père, un bon mari, un bon élève, que je laisse s’exprimer mon enfant intérieur, que je suis un bon homme d’affaire qui sait bien gérer les choses matérielles et qui n’est point dans la pénurie, donc dans le déséquilibre ? Qui te dit que je suis un bon amant, un bon séducteur, que je sais maîtriser mon Bouboule ? Rien ! Absolument rien ! Tu sais, j’ai connu de très bons thérapeutes, comme ce cancérologue, vraiment une pointure dans son domaine. Mais il donnait tellement de place à ce personnage et à son homme d’affaires qu’il en arrivait à délaisser complètement sa femme. Un jour, pour le punir de ne pas avoir fait assez attention à elle, qu’a-t-elle fait tu crois ? Elle a développé un cancer ! Ironique non ? Le but, pour parvenir vraiment à la réalisation, est de savoir laisser s’exprimer au moment adapté chacune des facettes de ta personnalité. L’aventurier, mais pas trop, sinon il devient instable et ne se fixe dans rien, l’artiste mais pas trop, sinon il n’est pas assez connecté au monde matériel, l’homme d’affaires, mais pas trop, sinon sa vie sera trop sérieuse et l’enfant ne jouera pas assez, etc, tu as compris. Pas trop d’un seul personnage, sinon les autres se sentiront enfermés dans la cave et te rendront malades. À ce propos, nous ferons des exercices pour ta tumeur ensuite.

Léon sursauta d’effroi !

- Ma tumeur ?

- Oui, sur le poumon gauche, dans ta gorge et ton estomac. Cette brûlure constante dans ton ventre, ces rots venus de la gorge. Que croyais-tu ? Depuis des années tu t’empêches d’exprimer tes émotions et tu fumes plus souvent que ce que tu ne respires, il fallait bien qu’à un moment cela se répercute sur ton corps non ? Mais laisse ceci de côté, lâche cette peur. Vas-y, c’est le moment.

De nouveau, Léon se leva et fit les exercices. Il bougea, grimaça et hurla sa peur. Puis, au bout d’un moment, il se sentit bloqué, plus rien ne passait.

- Pourquoi tout d’un coup je me sens comme verrouillé Zougou ?

- C’est ton Bouboule qui te dit que tu es ridicule.

- Parle-moi de lui s’il te plaît.

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