Les Mohicans de Paris 2
La journée du 19 août 1820.
LXIX
« La journée du lendemain, poursuivit M. Gérard, s’écoula pour moi agitée de tressaillements terribles, et, tout étranger que j’étais à la politique, je faisais des vœux bien ardents pour que la conspiration réussît : il me semblait qu’Orsola n’avait parlé de crime que dans le cas où cette conspiration échouerait et où M. Sarranti serait obligé de fuir.
« Jusqu’à quatre heures de l’après-midi, je comptai toutes les vibrations de l’horloge, et chacune de ces vibrations retentit jusqu’au fond de mon cœur. Cent fois j’interrogeai ma montre. La journée avançait, et rien ne venait troubler la tranquillité ordinaire de la retraite dans laquelle nous vivions.
« Enfin, il était quatre heures de l’après-midi ;
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nous allions nous mettre à table – J’avais déjà remarqué que les couverts des enfants manquaient : Orsola avait décidé qu’ils dîneraient à part. – Tout à coup, j’entendis un bruit de galop ; je m’élançai hors du salon. Votre père, sur un cheval blanc d’écume, entrait dans la cour. En arrivant au perron, le cheval s’abattit.
« – Trahis ! dénoncés ! je n’ai plus qu’à fuir ! dit M. Sarranti. Tout est-il prêt ?
« – Tout ! dit Orsola.
« Quant à moi, je ne pouvais répondre : quelque chose comme un nuage sanglant flottait devant mes yeux.
« M. Sarranti se dégagea des étriers, vint à moi, me serra la main.
« – Trahis ! trahis ! répétait-il. Oh ! les misérables ! un complot si bien ourdi ! une conspiration si bien arrêtée !
« En ce moment, sur l’appel d’Orsola, Jean venait avec les deux chevaux frais. Je n’eus que la force de les montrer à Sarranti en lui disant :
« – Fuyez à l’instant même ! fuyez sans
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retard ! votre sûreté avant tout.
« Il me serra de nouveau la main, sauta sur l’un des deux chevaux, tandis que Jean montait sur l’autre, et, par des chemins de traverse, tous deux se dirigèrent vers Orléans.
« – Bien ! murmura Orsola à mon oreille ; tous les soirs, après huit heures, le jardinier va coucher chez son gendre, à Morsang : nous serons seuls !
« – Seuls, répétai-je machinalement, seuls...
« – Oui, dit Orsola, seuls, puisque, comme si nous avions pu deviner ce qui se passe, nous avons pris la précaution de nous débarrasser de Gertrude.
« Le mot nous me rappela le crime, en même temps qu’il m’en faisait le complice. Une sueur froide me passa sur le front ! Je compris que c’était le moment de rappeler toute ma force et de lutter ; mais il y avait longtemps que ma force était évanouie ! Il y avait longtemps que je me laissais entraîner et que je ne luttais plus !
« – Allons, allons, à table ! me dit Orsola ; il s’agit de ne pas laisser échapper l’occasion qui se
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présente ; prenons des forces, et profitons du moment !
« Je savais ce qu’Orsola appelait prendre ou plutôt me donner des forces : c’était me livrer à ces vertiges de l’ivresse pendant lesquels je cessais d’être maître de moi et où il me semblait que j’étais possédé par le démon de la violence et de la folie. Dans ces sortes de circonstances, Orsola mêlait à mon vin un aphrodisiaque qui me rendait presque insensé. Avait-elle lu, dans Suétone, que, quand la sœur de Caligula voulait, parricide et incestueuse maîtresse, lui faire commettre quelque crime, c’est ainsi qu’elle agissait ? ou cette femme, qui portait en elle la science et le principe du mal, avait-elle deviné que la cantharide était l’équivalent de
l’hippomane 1 ?
« J’avais déjà, la nuit de la mort de Gertrude, éprouvé cette ivresse furieuse que je ressentis, le soir du 19 août, après dîner. Je me levai de table à huit heures, au moment où commençaient à
1 Mucosité de la vulve de cavales en rut, employée dans la confection d’aphrodisiaques.
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tomber du ciel les premières ombres de la nuit. Tout ce dont je me souviens, c’est d’une voix qui répétait incessamment à mon oreille :
« – Charge-toi du petit garçon ; je me charge de la petite fille.
« Et moi, abruti, insensé, chancelant, je répondais :
« – Oui... oui.
« – Mais, auparavant, me dit la voix, préparons toutes choses pour que ce soit M. Sarranti qui ait l’air d’avoir fait le coup.
« – Oui, répétai-je, il faut que ce soit M. Sarranti qui ait fait le coup.
« – Alors, viens ! dit la voix.
« Je sentis que l’on m’entraînait dans le cabinet où était le bureau sur lequel j’écrivais d’habitude, et dans la caisse duquel j’avais déposé les trois cent mille francs rapportés de Corbeil et remis à M. Sarranti. Orsola ferma le tiroir à clef ; puis, avec une pince, elle fit sauter la serrure, de manière à ce que le tiroir eût l’air d’avoir été forcé.
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« – Tu comprends ? dit-elle.
« Je la regardai d’un œil hébété.
« – Il t’a volé la somme que ton notaire t’avait rendue ; pour la voler, il a forcé le tiroir et il est parti. Quant aux enfants, ils sont entrés pendant qu’il forçait le tiroir, et, de peur d’être dénoncé par eux, il s’en est débarrassé.
« – Oui, répétai-je, oui, il s’en est débarrassé...
« – Comprends-tu ? demanda Orsola, impatiente et joyeuse à la fois de voir à quel degré d’abrutissement elle m’avait amené.
« – Oui, je comprends... Mais, lui, il niera !
« – Reviendra-t-il pour nier ? ira-t-on le chercher dans l’Inde ? osera-t-il rentrer en France, quand il sera condamné à mort comme conspirateur, comme voleur et comme assassin ?
« – Non, il n’osera pas.
« – D’ailleurs, nous serons millionnaires, et l’on fait bien des choses avec des millions !
« – Comment serons-nous millionnaires ? demandai-je, la langue avinée, l’œil terne.
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« – Puisque tu te charges du petit garçon et moi de la petite fille, répéta Orsola.
« – C’est vrai.
« – Descendons, alors.
« Je me rappelle que je résistai, non par raison, mais par instinct. Elle m’entraîna et me fit descendre sur le perron. Les enfants étaient assis là, regardant le soleil, qui se couchait lentement.
« – Oh ! que c’est singulier ! dis-je ; il me semble que le ciel est tout en sang !
« En m’apercevant, les deux enfants se levèrent et vinrent à moi, se tenant par la main.
« – Faut-il rentrer, mon oncle Gérard ? demandèrent-ils ?
« Leur voix me fit un effet étrange : je ne pus répondre, j’étouffais.
« – Non, dit Orsola, jouez encore, mes chers petits !
« Oh ! cela, par exemple, poursuivit le moribond, je ne l’oublierai jamais !... Au milieu de mon ivresse, je les voyais tels que je les vois
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encore tous deux, beaux comme des anges du Seigneur ; le petit garçon, blond, frais, rose ; la petite fille, grave et brune, fixant sur moi son regard intelligent et semblant me demander pourquoi, l’œil inerte, les mains tremblantes, je trébuchais en marchant... En ce moment, huit heures sonnèrent. J’entendis fermer la grille du parc : c’était le jardinier qui s’en allait. Je regardai autour de moi ; je ne vis plus Orsola. Où était-elle ?... Je respirai, je me sentis soulagé, j’eus envie de prendre les deux enfants dans mes bras, et de me sauver avec eux ; je l’eusse fait, peut-être, si je n’eusse senti que, seul, j’avais déjà bien du mal à me tenir debout. D’ailleurs, au moment où je murmurais :
« – Mes enfants ! mes pauvres enfants !
« Orsola reparut.
« Elle tenait mon fusil à la main.
« – Tenez, dit-elle, voilà votre fusil, monsieur Gérard.
« Et elle me tendit l’arme ; mais mon bras se refusait à la recevoir.
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« – Oh ! mon oncle, s’écria le petit Victor, est-ce que tu vas à l’affût ?
« – Oui, dit Orsola, nous avons du monde demain, et il faut que votre oncle me tue deux ou trois lapins.
« – Oh ! emmène-moi avec toi, mon oncle ! dit l’enfant.
« Je frissonnai.
« – Mais prends dont ton fusil, lâche ! me dit tout bas Orsola.
« Je le pris.
« – Oh ! mon oncle, mon oncle, répéta le petit garçon, je me tiendrai derrière toi ; je ne ferai pas de bruit, sois tranquille !
« – Entendez-vous ce que cet enfant vous demande ? dit tout haut Orsola.
« Je regardai le petit garçon.
« – C’est toi qui veux venir ? lui dis-je.
« – Oui, mon oncle, je t’en prie ! tu m’as promis, si j’étais bien sage, de m’emmener un jour avec toi.
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« – C’est vrai ; mais as-tu été bien sage, Victor ? demanda Orsola.
« – Oh ! oui, madame, répondit consciencieusement l’enfant ; et, si M. Sarranti était là, il vous dirait qu’il est très content de moi.
« On avait laissé ignorer aux enfants que leur précepteur fût parti pour toujours.
« – Eh bien, alors, si véritablement il a été bien sage, emmenez-le, monsieur Gérard.
« – Si on emmène Victor, dit Léonie, je veux aller avec lui, moi.
« – Oh ! non, non, m’écriai-je vivement, c’est déjà assez, c’est déjà trop d’un !
« – Vous entendez, mademoiselle ? dit Orsola ; nous allons vous coucher.
« – Pourquoi me coucher ? dit la petite fille. J’aime mieux attendre le retour de mon frère, et que l’on me couche en même temps que lui.
« – Dites donc, une fois pour toutes, à cet enfant que vous désirez qu’elle obéisse, et qu’elle ne dise plus : “Je veux !”
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« – Allez avec Orsola, Léonie, dis-je à l’enfant.
« – Et moi, reprit Victor tout joyeux, et moi, je vais avec toi, n’est-ce pas, mon oncle ?
« – Oui, viens ! lui dis-je.
« Il me donna la main ; je n’eus pas la force de garder dans la mienne cette bonne petite main qui se confiait à moi : je la repoussai.
« – Marche à mes côtés, lui dis-je.
« – Devant ! devant ! cria Orsola en emmenant Léonie, qui, la tête tournée vers nous, disait avec un accent que je n’oublierai jamais : “Revenez bien vite, mon oncle !... Reviens bien vite, Victor !”
« – Moi aussi, je tournai la tête : je vis la petite fille rentrer et disparaître dans le château. Alors, longeant l’étang, je m’avançai à mon tour dans le parc. Victor marchait, comme le lui avait dit Orsola, à une dizaine de pas devant moi.
« La nuit était déjà sombre, et, sous les grands arbres du parc, les ténèbres étaient encore plus épaisses que partout ailleurs. Mon front ruisselait
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de sueur ; mon cœur battait au point que j’étais, de temps en temps, obligé de m’arrêter.
« Chaque canon de mon fusil était chargé d’une balle. Il avait fait très chaud pendant les quinze derniers jours qui venaient de s’écouler ; on avait parlé de chiens enragés errant aux environs, et, dans la crainte que quelque chien ne passât, soit, le jour, par la grille ouverte, soit, la nuit, par une brèche qui s’était faite au mur du parc, j’avais pris cette précaution de charger mon fusil à balles ; – Orsola le savait quand elle m’avait mis l’arme entre les mains. – L’enfant, comme je vous l’ai dit, marchait devant moi ; je n’avais donc qu’à porter le fusil à mon épaule, à presser la détente, à faire feu, et tout était dit !
« Mon Dieu ! vous m’aviez donné d’avance le remords de cette action infâme ; car deux ou trois fois je portai la crosse du fusil à mon épaule, deux ou trois fois je mis le doigt sur la détente de l’arme, et deux ou trois fois j’abaissai le canon en murmurant :
« – Impossible ! impossible !
« Pendant un de ces mouvements, le petit
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Victor se retourna ; si vite que j’eusse abaissé l’arme, il vit que je l’avais mis en joue...
« – Mon oncle, observa-t-il, je croyais que tu m’avais dit qu’il ne fallait jamais mettre en joue personne, même en plaisantant, et qu’il y avait un petit garçon qui avait tué sa sœur en plaisantant ainsi ?
« – Oui, oui, tu as raison, mon enfant ! m’écriai-je. C’était pour plaisanter, mais j’avais tort.
« – Je sais bien que c’était pour plaisanter, dit l’enfant ; pourquoi donc me tuerais-tu, toi qui aimais tant notre pauvre père ?
« Je jetai un cri. Il s’était fait dans mon esprit une lueur comme celle d’un éclair ; je crus que j’allais devenir fou.
« – Oh ! oui, Victor, dis-je en remettant mon fusil en bandoulière, oui, j’aimais bien ton père ! Reviens à la maison, Victor ! reviens ! nous ne chasserons pas ce soir.
« – Comme tu voudras, mon oncle, dit le petit garçon, effrayé de l’accent de ma voix.
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« J’allai à lui, je le pris par la main, et, à travers bois, je le ramenai vers le château. J’espérais arriver à temps pour m’opposer au meurtre de la petite fille. Par malheur, je me trouvai au bord de l’étang : pour revenir à la maison, il fallait contourner la pièce d’eau – ce qui nous retardait de plus de dix minutes – ou la traverser en bateau.
« Oh ! mon oncle, allons en bateau ! dit l’enfant : c’est si amusant, d’aller en bateau !
« Et il sauta le premier dans la petite barque. Je l’y suivis en chancelant.
« L’eau était profonde, calme comme un miroir, éclairée par la lune, qui venait de se lever. Je saisis les deux avirons, et je ramai rapidement. Je n’avais en ce moment qu’une idée : arriver à temps pour empêcher le crime, et, quelque chose qui dût en résulter, dire : “Non ! non ! je ne veux pas !”
« Nous étions au milieu de l’étang, à peu près, lorsque j’entendis un cri terrible. Je reconnus la voix de Léonie. En même temps, les aboiements de Brésil retentirent dans la nuit : lui aussi, sans
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doute, de sa niche, où il était retenu, il avait entendu comme moi et reconnu ce cri.
« Deux autres cris plus déchirants que le premier se firent entendre à quelques secondes l’un de l’autre.
« Je regardai le petit Victor ; il était très pâle.
« – Mon oncle, mon oncle, dit-il, on tue ma sœur !
« Puis il appela.
« – Léonie ! Léonie !
« – Veux-tu te taire, malheureux ! m’écriai-je.
« – Léonie ! Léonie ! continua de crier l’enfant.
« J’allai à lui, la main étendue, le regard flamboyant ; il fut tellement épouvanté de l’expression de mon visage, qu’il hésita s’il ne se jetterait pas à l’eau – il ne savait pas nager – ; il tomba à genoux en joignant les mains.
« – Oh ! mon bon oncle, dit-il, ne me fais pas mourir ! Je t’aime bien, je t’aime de tout mon cœur, mon oncle ! Je n’ai jamais fait de mal à
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personne !
« Je venais de le saisir par le collet de sa veste.
« – Mon oncle, mon oncle, ayez pitié de votre petit Victor !... À moi ! à l’aide ! au secours !
« La voix s’arrêta : ma main s’était, comme un anneau de fer, serrée autour du cou de l’enfant. J’étais pris de vertige ; j’avais perdu toute connaissance de moi-même.
« – Non, non, lui dis-je, tu es condamné ! il faut que tu meures !
« Il entendit, car il réunit toutes ses forces pour m’échapper.
« En cet instant, la lune se cacha derrière un nuage, et je me trouvai dans l’obscurité ; d’ailleurs, je fermais les yeux pour ne point voir.
« J’enlevai l’enfant jusqu’au-dessus de ma tête, et, comme si son poids ne devait pas suffire pour le faire disparaître sous l’eau, je le lançai de toute ma force dans l’étang !
« L’eau bouillonna, s’ouvrit comme un gouffre, et se referma...
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« Je me jetai sur les avirons pour regagner le bord ; mais, au moment où j’en saisissais un de chacune de mes mains, l’enfant reparut, se débattant... Que vous dirai-je, mon père ? s’écria le moribond en sanglotant ; j’étais ivre, j’étais furieux, j’étais fou !... Je levai l’aviron... »
– Oh ! misérable ! s’écria frère Dominique en se levant, comme s’il n’avait pas la force, lui, simple auditeur, d’en entendre davantage.
– Oui, oui, misérable ! infâme ! car le pauvre petit s’enfonça, cette fois, pour ne plus reparaître, et, quand la lune sortit du nuage, elle éclaira le front livide d’un assassin !
Le moine était tombé à genoux et priait, le front appuyé au marbre de la cheminée.
Il se fit, dans cette chambre funèbre, un silence terrible.
Ce silence fut un instant interrompu par une espèce de râle qui sortait de la gorge du malade.
– Je me meurs, saint prêtre ! je me meurs ! gémissait-il ; et, cependant, pour l’honneur de votre père dans ce monde, pour mon salut dans
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l’autre, j’ai encore bien des choses à vous dire !
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