Les Mohicans de Paris 2
Représentation au bénéfice de la signora Rosenha Engel.
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Représentation au bénéfice de la signora
Rosenha Engel.
Le mardi gras de l’année 1827, vers six heures du soir, la ville de Vienne présentait un aspect inaccoutumé.
Un étranger, en voyant la foule qui se pressait dans ses rues, eût été bien embarrassé de dire à quelle fin la population sortait si précipitamment de Stuben-Thor, de Léopoldstadt, de Schotten-Thor et de Mariahilf, en un mot de tous les faubourgs de la ville, et convergeait pour ainsi dire des quatre points cardinaux vers un même centre qui semblait être la place du Palais.
Et, pourtant, ce n’était point vers le palais que se dirigeait cette foule ; et, si mille équipages aux armes de toutes les grandes maisons d’Allemagne stationnaient dans les rues avoisinant le palais
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impérial, ce n’était ni pour la fête de l’empereur, ni pour un mariage, ni pour une naissance, ni pour une mort, ni pour un deuil, ni pour une défaite, ni pour une victoire, que la ville était en rumeur.
Non ; toute cette foule se rendait simplement au théâtre impérial, où la célèbre danseuse Rosenha Engel donnait, par extraordinaire, sa représentation à bénéfice, le théâtre de la porte de Carinthie étant alors en réparation.
Or, la réputation européenne de beauté, de vertu, de talent de la célèbre danseuse justifiait l’empressement de la population viennoise ; d’autant plus qu’on disait vaguement que cette présentation était la dernière que donnerait Rosenha dans la capitale de l’Autriche, attendu qu’elle se disposait à partir pour la Russie, qui, dès cette époque, commençait à enlever à l’Europe occidentale ses meilleurs artistes.
Quelques-uns soutenaient même qu’elle se retirait sérieusement et définitivement du théâtre ; si sérieusement, qu’elle était sur le point d’épouser un prince de Hesse.
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D’autres, enfin – mais c’était le plus petit nombre, il faut le dire –, affirmaient qu’elle allait entrer dans un couvent.
Il y avait donc mille raisons qui expliquaient l’empressement de cette foule, et la preuve, c’est qu’elle accourait du pas dont on va voir un spectacle qu’on ne reverra plus jamais.
Toutefois, elle accourait vainement ; depuis huit jours, la salle entière était louée, et la salle eût pu contenir trente mille personnes de plus, qu’elle eût été louée de même. Le désappointement fut donc grand pour ceux qui, venus, en toilette et sans avoir dîné, de Meidling, de Hietzing, de Baumgarten, de Brigittenau, de Stadiau et de tout le pays à cinq lieues à la ronde, trouvèrent l’entrée interdite à quiconque n’avait pas sa place louée d’avance.
Ce fut un hourra de dépit, d’indignation et de colère qui, parti de la place de la Parade, retentit jusqu’au Prater, lorsque se répandit cette nouvelle, que la salle était complètement louée ; et nul doute que la foule furibonde ne se fût livrée à quelque bruyante représaille, si les équipages de
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la cour, venant tout à coup à passer et à s’arrêter devant le théâtre, n’eussent, comme une digue, fait rentrer cette marée dans son lit.
La foule – nous parlons de la foule autrichienne surtout –, la foule, qui jamais n’a de rancune, mais qui toujours a besoin de crier, se dédommagea des malédictions que l’empêchait de pousser la présence de la famille impériale en criant : « Vive l’empereur ! » et, comme Ruy Blas de pittoresque et poétique mémoire, se contenta, pour tout spectacle, de regarder descendre des équipages, après Sa Majesté, toutes les princesses, archiduchesses et comtesses de la cour.
Bien que ce spectacle soit, sans doute, fort intéressant, nous préférons aller attendre l’arrivée des illustres personnages qui en font l’objet, commodément assis dans une stalle du théâtre, où notre titre d’auteur dramatique, que nous déclinons au contrôle, nous donne le droit d’entrer librement, et à la porte duquel un immense bassin d’argent reçoit les offrandes destinées par ce public d’élite à la bénéficiaire.
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La salle du théâtre impérial de Vienne est, dans les temps ordinaires, médiocrement élégante ; mais parée comme elle l’était ce soir-là, elle offrait un coup d’œil vraiment féerique. À la voir dans son ensemble, on eût dit l’intérieur d’un palais arabe où chatoyaient, étincelaient, chantaient, respiraient, des diamants, des perles, des dentelles, des femmes et des fleurs ; de quelque côté que l’on tournât les yeux, on n’apercevait que blancs visages et fraîches épaules, au milieu desquels ne faisaient tache ni la figure morose, ni le vêtement sombre de l’homme ; c’étaient des masses de fleurs qui s’épanouissaient sans que, par aucun endroit, perçât le tronc noir de l’arbre, et il semblait que quelque divinité reproductrice eût été chargée de rassembler là tout ce qu’il y avait de beau dans le vieux monde, afin d’en composer un nouveau.
Dans la loge impériale – placée à l’avant-scène de droite, et formée de la réunion de trois loges qui se séparent ou se confondent à volonté –, étaient d’abord dix femmes, toutes jeunes, toutes belles, toutes blondes, toutes vêtues uniformément de robes de dentelles, la poitrine et
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la tête couvertes de fleurs entre lesquelles, comme des gouttes de rosée, scintillaient des diamants ; dix femmes – ou plutôt dix jeunes filles, car la plus âgée n’avait pas vingt-cinq ans – dix jeunes filles qu’on eût prises pour dix sœurs, tant elles se ressemblaient en grâce, en jeunesse, en beauté ; tant elles figuraient les dix premières journées du mois de mai !
En face de la loge impériale, c’est-à-dire dans l’avant-scène de gauche, comme dans une seconde corbeille destinée à faire pendant à la première, s’étageaient les sept fleurs fraîchement écloses de la nouvelle branche de Bavière ; les princesses Joséphine, Eugénie, Amélie, Elisabeth, Frédérique, Louise et Marie.
Les loges attenantes à la loge impériale d’Autriche et à la loge royale de Bavière, semblaient une forêt héraldique où s’entrecroisaient les rameaux généalogiques des arbres princiers de toutes les Hesses : Hesse-Darmstadt, Hesse-Hombourg, Hesse-Rheinfeld, Hesse-Rothenbourg, Hesse-Cassel, Hesse-Creutzberg, Hesse-Philipsthal, Hesse-Barchfeld ;
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les princesses de Nidda, de Hohenlohe, Wilhelmine de Bade, et les petites princesses Berthe et Amélie, imperceptibles boutons de ce riche bouquet de fleurs.
Puis venaient les loges des maisons de Wittenberg, de Stuttgart, de Neustadt, de Montbéliard, de Saxe, de Brandebourg, de Bade, de Brunswick, de Mecklembourg, de Schwerin, d’Anhalt ; des princesses Marianne et Henriette, et de la petite princesse Thérèse, du rameau royal de Nassau.
Mais ce qui attirait particulièrement l’attention des spectateurs, ce n’était ni la loge impériale d’Autriche, ni la loge royale de Bavière, ni toutes ces autres loges déployant au-dessus du parterre le blason vivant de l’Allemagne ; ce n’étaient ni les aigrettes de diamants qui envoyaient leurs rayons, ni les couronnes de fleurs qui envoyaient leurs parfums, ni les lèvres roses, doublées d’émail, qui envoyaient leurs sourires ; – non.
Ce qui attirait tous les regards ; ce qui éveillait un sentiment d’admiration, presque d’enthousiasme ; ce qui, enfin, comme nous
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l’avons dit tout à l’heure, donnait à cette salle l’aspect d’un palais d’Orient, et eût pu faire croire à un rêve des Mille et une Nuits, c’étaient les étranges et beaux personnages qui occupaient la loge de face, d’habitude destinée aux aides de camp de l’empereur, et correspondant à celle qui, chez nous, tient le milieu de la galerie.
Qu’on imagine, en effet – l’éventail à la main, vêtu de cachemire blanc tramé de perles et d’or, le cou enveloppé d’une écharpe de gaze où, comme scintillent les étoiles à travers un nuage, scintillaient de splendides pierreries, la tête couverte d’un turban de brocart d’où s’échappaient les plumes d’émeraude d’un paon fixées au-dessus du front par un diamant gros comme un œuf de colombe –, qu’on imagine un bel Indien de quarante-cinq à quarante-huit ans, aux moustaches et à la barbe parfaitement noires, qu’à la fierté de ses yeux on eût pris pour un des radjahs indépendants du Boghilkund ou du Bundelkund, et, à la richesse de ses vêtements, pour le génie des mines de diamants de Pannah.
Autour de lui – puisque nous sommes en face
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d’un tableau de Delhi ou de Lahore, qu’on nous permette d’employer une comparaison indienne – autour de lui, comme des étoiles autour de la lune, quatre jeunes filles aux paupières noircies, aux joues safranées, aux yeux étincelants sous la lumière des mille bougies de la salle, comme au milieu des ténèbres les yeux des animaux de la nuit, quatre jeunes Indiennes dont l’aînée n’avait pas quinze ans, enveloppées de gaze et vêtues de cachemire blanc de Boukhara.
Derrière le radjah – c’était le titre que l’on donnait à l’étranger –, six jeunes Indiens vêtus de robes de soie brochée vert, bleu et orange, de ces tons vifs et chauds nuancés par le soleil lui-même sur cette gigantesque palette de l’Inde où Véronèse semble avoir trempé son pinceau.
Enfin, tout au fond de l’immense loge, dans une espèce de salon de service, se tenant debout, immobiles, huit valets à grande barbe, en longue robe de percale blanche, en turban d’or et d’écarlate.
L’un d’eux, qui occupait près du radjah l’emploi de héraut, était le tchouparassi, ainsi
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appelé de la longue écharpe rouge qu’il portait de l’épaule droite au côté gauche, et à laquelle pendait une grande plaque d’or où étaient tracés, en langue persane, les noms, titres et qualités du maître.
Les autres étaient des harkaras de Delhi, un tamoul de Madras, et un pundi de Bénarès, titres qui correspondent chez nous à ceux de chambellan et de janissaire.
Au milieu de cette salle, où la blancheur des dentelles et des robes rayonnait aux lumières comme la neige au soleil, cette loge indienne, éclatante, colorée, ressemblait à une verdoyante oasis assise sur un des plateaux neigeux de l’Himalaya ; et, en fermant, sous les rayons qu’elle projetait, leurs yeux éblouis, les spectateurs voyaient en imagination se dérouler devant eux comme un panorama toutes ces villes de l’Inde dont le nom seul, murmuré à nos oreilles, nous fait l’effet d’un conte ou d’une chanson : Saseram, Bénarès, Mirzapour, Kallinger, Kalpy, Agra, Bindrabund, Muthra, Delhi, Lahore, Cachemire. On voyait défiler les
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palais, les tombeaux, les mosquées, les pagodes, les kiosques, les cascades, toutes les féeries de l’antique architecture hindoue ; il vous arrivait comme des parfums de fraisiers et d’abricotiers sauvages, comme des bouffées odoriférantes de branches de cèdre brûlées par les montagnards sur les rampes de Djavahir ; et, des cimes neigeuses, des sommets vaporeux de cette rêverie, on voyait luire les verts gazons des vallées tibétaines, où, disent les poètes, la pluie n’est jamais tombée ; on oubliait enfin le lieu où l’on était, l’heure, le théâtre, l’empereur, la ville, l’Europe, et l’on se sentait prêt à ouvrir les ailes et à s’envoler vers les terres bénies d’où venaient ces splendides visions !
Au milieu de cette ville de l’Inde en miniature, au premier rang de cette loge, à la droite de celui qui semblait un prince indien, tant autour de lui tout était royal et asiatique, se tenait un homme dont nous n’avons pas encore parlé et qui, par son costume européen, par son habit noir fermé, et à la boutonnière duquel était attaché le ruban d’officier de la Légion d’honneur, faisait un singulier contraste avec l’étranger.
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Pourtant, en examinant soigneusement le costume du radjah, le contraste n’eût point paru si grand ; car on eût aperçu, attachée dans un pli de sa robe blanche, une rosette semblable à celle qui décorait la poitrine de l’Européen.
Nul ne savait précisément ce qu’étaient ces deux hommes arrivant du pays des rêves, et qui, partout, au théâtre ou à la promenade, dans la même loge ou la même voiture, se présentaient sur le pied de l’égalité.
Voici les bruits qui couraient à leur endroit :
Le radjah des Mille et une Nuits, cet étranger dont le cortège ressemblait à celui du roi Salomon venant recevoir la reine de Saba, ce nabab sur lequel étaient braquées les lorgnettes de tous les spectateurs et surtout de toutes les spectatrices, était, ainsi que nous l’avons dit, un homme de quarante-cinq à quarante-huit ans, aux yeux d’un bleu d’émail, à la figure loyale, ouverte, franche, communicative comme celle des Indiens des montagnes, à la tournure facile et dégagée, aux manières élégantes des Indiens de la plaine.
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On disait de lui que, disgracié par l’empereur Napoléon, en 1812, à propos de l’opposition qu’il s’était permis de faire tout haut contre la campagne de Russie, ne voulant point rester inactif au commencement de sa carrière, et répugnant à servir, comme Moreau ou Jomini, dans les rangs des ennemis de la France, il était parti pour l’Inde et avait été offrir ses services à Rundjet-Sing, qui lui-même, de simple officier, était devenu radjah ou maharadjah, autrement dit roi absolu de Lahore, du Pendjab, de Cachemire et de toute la partie inconnue de l’Himalaya que bornent l’Indus et le Setledje.
Présenté au général Allard, qui commandait la cavalerie du radjah, par le général Ventura, qui commandait l’infanterie, le nouvel émigré, que l’on disait Maltais, et dont on ignorait le nom, avait été bientôt appelé par Rundjet-Sing au commandement de l’artillerie avec un traitement annuel de cent mille francs.
Mais de là ne lui venait point la fortune immense dont il jouissait ; une légende tout orientale lui attribuait une autre source. On
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racontait qu’un jour, le roi de Lahore étant venu passer, dans le Pendjab, la revue des troupes que commandait le général maltais, celui-ci lui avait fait dresser un trône du haut duquel le roi avait pu suivre les merveilleuses évolutions auxquelles, en moins de trois ans, le commandant de l’artillerie avait dressé les troupes et le matériel placés sous ses ordres.
La revue terminée, Rundjet-Sing, tout étourdi de ce qu’il venait de voir, avait voulu doubler les appointements de son général d’artillerie ; mais lui, en souriant, avait demandé si, en échange de cette riche augmentation, qui, peut-être, éveillerait la jalousie de ses collègues, il ne serait point égal au radjah de lui accorder un autre don.
Rundjet-Sing avait incliné la tête en signe d’assentiment.
Alors le Maltais avait demandé au roi de lui donner, en toute propriété, le sol recouvert par le tapis qui supportait son trône, c’est-à-dire un espace de terrain de vingt-cinq pieds carrés, à peu près.
Le radjah lui avait, bien entendu, accordé cette
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demande.
Or, le tapis recouvrait une mine de diamants ! de sorte que le général de Rundjet-Sing était devenu si riche, disait-on, qu’il eût pu payer, pour son compte, l’armée du radjah, qui était de trente à trente-cinq mille hommes.
Depuis sept ou huit ans – ajoutait la légende indo-germanique –, il était au service du roi de Lahore, lorsqu’un Corse, ancien officier de l’empereur napoléon, était arrivé à son tour près de Rundjet-Sing. Le radjah accueillait avec ardeur tout ce qui venait d’Europe, et il n’avait point attendu que le nouveau venu lui demandât un emploi ; il lui avait fait offrir une place, soit dans l’armée, soit dans l’administration ; mais le nouveau venu était porteur d’une somme assez considérable qui, disait-on, lui avait été donnée à Sainte-Hélène par l’empereur lui-même, et il avait refusé toutes les offres du radjah.
Ce nouveau venu, ce Corse, c’était, disait-on encore, l’homme à l’habit noir, au ruban rouge, au visage pâle, aux moustaches noires et épaisses, aux yeux profonds et pénétrants, qui se tenait à la
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droite du magnifique Indien, et qui se faisait remarquer par son front soucieux comme un nuage chargé de foudre, et par cette attitude mâle et fière particulière aux hommes dont toute la vie a été une longue lutte pour la même idée.
Que venaient faire ces hommes en Europe ? Chercher, assurait-on, des ennemis à l’Angleterre, Rundjet-Sing ne demandant que l’appui d’une puissance européenne pour soulever l’Inde tout entière.
Ils s’étaient arrêtés à Vienne pour y attendre, disaient-ils, le fils du radjah, jeune prince de la plus haute espérance, resté convalescent à Alexandrie.
En arrivant dans la capitale de l’Autriche, ils avaient remis à M. de Metternich leurs lettres de recommandation, signées du maharadjah de Lahore, et l’empereur François les avait reçus avec la même cordialité et la même pompe qu’en 1819, il avait déployées pour recevoir Aboul-Hassan-Khan, ambassadeur de Perse.
Muni des présents que le radjah l’avait chargé de déposer aux pieds de l’empereur, et parmi
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lesquels étaient son portrait encadré d’une riche bordure en pierre de jade de la Chine, des tissus de soie et de cachemire, des colliers de perles et de rubis, le général indien avait fait à la cour une entrée triomphale ; et la porte du palais que l’empereur lui avait désigné pour habitation était assiégée, du matin au soir, par les courtisans que leurs femmes, leurs sœurs ou leurs filles envoyaient, avec recommandation de serrer assez tendrement les mains du nabab pour en faire tomber les diamants, les émeraudes et les saphirs dont elles ruisselaient.
Et maintenant, nous espérons que l’on comprendra pourquoi – le côté pittoresque à part – la loge de l’envoyé du maharadja de Lahore était le point de mire de tous les regards.
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