Révélations (Surf on love) (French Edition)
Chapitre 13
La vision que j’ai, quand j’entre dans ma chambre, est à mourir de rire. Hayden est assis sur le fauteuil, les pieds sur le bord de mon lit et ma nouvelle coloc’ est recroquevillée sur elle-même, dans un coin à l’autre bout de la pièce. C’est le silence complet.
— Ah... Olivia, je te présente Hayden qui, j’espère, n’a pas été trop désagréable...
Tout en me tournant vers lui, je lui lance un regard torve.
— Non, il est même plutôt sympathique.
Curieux.
Hayden secoue la tête, l’air déprimé. Je m’adresse à lui.
— Qu’est-ce que tu fais ici ?
— Je venais te chercher pour aller au salon.
— Maintenant ? m’étonné-je.
— Ouais.
— Tu aurais pu me prévenir.
— Bah, je te préviens, t’es prête ?
— Non.
Je saisis ma trousse de toilette et une tenue dans la commode.
— Tu fais quoi, Cass ? me questionne-t-il, nerveux.
— Je vais me doucher, je n’en ai pas pour longtemps.
— Je veux te parler avant.
Sans me laisser le choix, il m’attrape par le bras et m’entraîne dans le couloir. Les filles qui rejoignent leurs chambres tournent la tête sur nous et s’attardent beaucoup trop sur lui à mon goût.
— On pourrait discuter ailleurs ? lui demandé-je, loin d’être tranquille. Tu n’as pas le droit d’être là.
— C’est la seule raison ?
Je me force à acquiescer.
— Tu ne serais pas plutôt, un peu, beaucoup jalouse ?
— Aussi, oui.
Je le pousse contre le mur et l’embrasse avec fougue, histoire de mettre tout le monde d’accord. Lorsque je me décolle de lui, il se lèche les lèvres, déstabilisé.
— Rentrez chez vous maintenant ! leur ordonne-t-il.
Avec ses mains, il leur fait signe de partir puis m’encercle les poignets et me plaque contre ma porte, dans un baiser brutal.
— C’est moi qui fais ce genre de chose normalement, sauvageonne.
Je le repousse en souriant.
— Bon, tu voulais me dire quoi ?
Il grimace en se frottant la nuque.
— De ne pas me laisser seul avec cette foldingue, elle s’est jetée sur moi.
Surprise, mes yeux s’écarquillent, puis je me souviens que c’est Hayden, et qu’on parle d’Olivia. La blague est assez bonne.
— Qu’est-ce que tu racontes ? Je n’ai pas le temps de jouer, lui fais-je remarquer en amorçant un pas.
— C’est la vérité ! me retient-il. Ne me laisse pas avec elle. Elle est capable de me sauter dessus encore !
— Très drôle, tu l’as bien regardée ? Ce n’est pas du tout son genre et je suis désolée de te dire ça, mais si elle était attirée par un garçon, je ne suis pas persuadée qu’elle te choisirait, toi. En plus, elle compte rester vierge, alors ne t’inquiète pas.
— Tu m’as bien choisi et pourtant... Relax, se reprend-il, c’est pas ce que je voulais dire, mais enfin, tu sais. Tu t’es fait berner, c’est une malade, cette nana, elle m’a touché la bite, bordel !
— Tu veux dire… comme ça...
Je plaque ma main sur son entrejambe en pouffant, ce qui le surprend vu qu’il se raidit d’un seul coup.
— Il t’arrive quoi, toi, aujourd’hui ? Si tu ne la retires pas vite, je vais bander. Et je suis désolé, mais pour une fois, je suis sérieux. Je ne suis pas d’humeur à faire autre chose que de régler le problème de ta tarée de colocataire.
Pourquoi je n’en crois pas un mot ? Parce qu’il est tellement du style à raconter n’importe quoi et Olivia à l’opposé de tout ce qu’il me débite, que cela me fait sourire. Sauf que lui n’a pas la moindre trace d’humour sur son visage.
— En temps normal, tu n’es pas du genre coincé, Hayden, si ? enchéris-je.
Ses sourcils se froncent.
— Pourquoi tu le prends bien ?
— Parce que je trouve que c’est absurde, c’est tout.
— Tu te fies trop aux apparences, Cass. Je te jure qu’elle aurait bien aimé que je la prenne sur son pieu ou même le tien.
— OK, je lui parlerai, si ça peut t’aider à te sentir mieux.
— J’espère bien, ouais.
— Je peux aller me doucher maintenant, ou tu penses qu’elle va se mettre nue devant toi, pour te chauffer ?
Je me retiens de rire et avance vers les douches tout en souhaitant qu’il me suive.
— Je t’attends en bas, je préfère, tranche-t-il.
— Tu me fais rire, c’est bien la première fois que tu repousses une fille.
— Non. Et elle, je vais l’encastrer si elle continue d’insister. Je serai dans ma caisse.
Nerveux, il s’éloigne vers la sortie. Étrange. Un instant, j’en reste interdite. Pour une fois, il ne plaisante pas. Olivia cache bien son jeu d’autant qu’elle est au courant que je suis avec lui. Préférant mettre les choses à plat de suite, j’abandonne l’idée d’aller me laver.
Elle n’a pas bougé de place lorsque je pousse la porte de la chambre. Je m’assois en tailleur sur mon lit et du pouce, frotte ma couverture l’air de rien.
— Ça a été avec Hayden tout à l’heure ?
— Oui, il a l’air gentil.
Peu convaincue, je me lance.
— Écoute... Euh... Tu sais qu’on sort ensemble tous les deux ?
— Bien sûr.
— Il t’attire ?
— Non, du tout, mais tu ferais bien de tenir ton petit ami. Je ne devrais pas te dire cela, mais il a essayé de...
— De quoi, Olivia ? la coupé-je, surprise.
— Il a voulu m’embrasser. J’ai refusé, mais il a insisté.
Maintenant, j’ai confiance en Hayden. Elle, je ne la connais pas et elle n’est pas cohérente sur ses propos.
— Pourquoi tu m’as sorti qu’il était sympa ?
Elle ne bronche pas, se contentant juste de fixer ses pieds en triturant ses doigts, peu sereine.
— En général, ce sont plutôt les filles qui se jettent sur lui, tu vois ? Il n’a pas vraiment besoin de chercher et il ne le fait pas.
— Tu ne me crois pas ?
— En effet, j’ai du mal, tu n’es pas le genre à faire une chose pareille et je te sens bizarre. Pourquoi tu agis de cette façon ?
— Je suis désolée, s’excuse-t-elle, penaude. Je ne désire pas te faire de peine, tu es très sympa avec moi depuis le début. Alors oui, c’est faux, c’est moi qui l’ai approché. Je ne voulais pas, pardon.
La tête maintenant dans ses mains, son corps est vite pris de tremblements.
— Hé, ce n’est pas grave, mais pourquoi, dis-moi pourquoi ? lui intimé-je en m’avançant vers elle.
— Quelqu’un m’a demandé de le faire. Comme ton copain était là, j’en ai profité, et si je refusais, on me l’aurait fait payer. Je n’ai pas d’amis ici et je ne me sens plus en sécurité désormais.
Ses yeux larmoyants ainsi que la détresse visible sur son visage, me font de la peine.
— Si, tu as moi, je ne te laisserai pas te faire embêter. Qui te l’a demandé Olivia ? Qui t’a menacé ?
— Aucune idée. On a déposé ce mot dans ma boîte à courrier, en bas.
Mon corps se fige.
— Tu l’as toujours ? Il disait quoi ? S’il te plaît, c’est important que je comprenne.
— Non, je l’ai jeté dans les toilettes. C’était noté qu’il ou elle savait que je vivais avec toi et qu’il fallait que je drague ton copain. Je crois que c’est toi que la personne a en ligne de mire. Je devais faire en sorte qu’il me mette dans son lit et que tu le découvres. Je n’aurais jamais couché avec lui, m’avoue-t-elle, j’en aurais été incapable, il me fait trop peur. Je suis désolée, Cassie. Pardon.
Les bras m’en tombent. C’est les mains tremblantes que j’envoie un SMS à Hayden.
[On a un problème, reviens]
[Tu vires cette fêlée avant]
[C’était du cinéma. Remonte, Hayden !]
Une fois dans ma chambre, et après qu’Olivia a déserté les lieux, je lui déballe toute l’histoire. Nous sommes à peu près d’accord tous les deux pour dire qu’il s’agit probablement d’Amber. On s’est retrouvés, tout allait mieux entre nous et il faut que l’on nous mette des bâtons dans les roues. Tout ça me déprime.
— Relax, bébé, je suis là, me rassure-t-il en m’embrassant le front. C’est des conneries d’intimidation, tout ça, plus personne ne se foutra en travers de notre chemin.
— Nous ne sommes pas toujours ensemble, Hayden, imagine qu’elle me coince encore dans les toilettes et fasse pire que la dernière fois. Je n’ai pas envie de me faire virer, je n’ai plus de crédit auprès de Davis, elle ne me loupera pas s’il se passe encore quoi que ce soit.
— OK. J’irai voir Amber demain. Allez, on y va maintenant et arrête de te prendre la tête, chaton.
***
Il gare la voiture devant le petit salon en briques rouges.
En attendant qu’il raccroche avec sa mère, je reste un instant devant la vitrine à entortiller mes cheveux, tout en détaillant la façade. « Black Ink Tattoo ». Joli nom. J’ai le temps d’apprendre par cœur les horaires d’ouvertures affichés sur la porte avant qu’Hayden ne me rejoigne.
— Tu stresses ? m’interroge-t-il en replaçant une mèche derrière mon oreille.
— Un peu. J’appréhende surtout le résultat.
— T’inquiète, il sera magnifique. Mon tatoueur est très pro et je te tiendrai la main, promis, m’annonce-t-il en retenant un sourire.
Il écope d’un coup d’épaule, je déteste cet air moqueur à la Calaann.
— Je faisais confiance au mien, déclaré-je en me mordant les joues.
Hayden relève les manches de son tee-shirt pour m’exposer ses bras.
— Tu trouves qu’ils sont mal faits ?
— Non, ils sont parfaits.
— En plus, tu vas juste faire un trait, me raille-t-il, tu prends pas beaucoup de risque.
— Une vague ! m’agacé-je. Et je n’ai pas envie de plaisanter.
En guise d’excuse, il lève les mains puis me contourne pour pousser la porte du salon. Je reconnais de suite la crinière de lionne et la voix qui nous salue derrière le minuscule comptoir. Tanya, ou Miss tic’, la graffeuse de Ti Hoax. Hayden s’avance vers elle et lui fait la bise.
— Damon est dispo ? lui demande-t-il.
— Il est sur la fin d’une grosse pièce, d’ici dix minutes, ça devrait être bon. Tu as la photo ?
Je la tire de mon sac et lui remets. Tanya l’examine brièvement.
— OK, ça va être rapide.
Elle me sourit puis le téléphone s’animant, elle s’excuse et décroche.
Impressionnée par l’endroit très sombre, je balaye les lieux du regard. Les murs sont peints en noir avec des clichés de tatouages dans tous les sens. C’est très propre, mais l’odeur entêtante d’antiseptique me ferait presque tourner de l’œil. Je parcours toutes les photos accrochées. Il y a des tatouages flippants, comme le dos de ce type recouvert d’une tête de mort, ou cette fille avec des taches léopards sur le visage. Hayden, très décontracté et qui semble comme chez lui, tapote le petit sofa rouge où il vient de s’allonger pour que je le rejoigne. Je secoue la tête en signe de dénégation, j’ai besoin de rester debout et de tourner en rond pour me détendre.
— Tu devrais faire « Hayden » sur une fesse et « Calaann » sur l’autre, énonce-t-il en regardant le plafond. Voilà qui aurait de la gueule. Ou alors, « propriété d’Hayden Calaann », qu’est-ce que tu en penses ?
Mes yeux se lèvent au ciel pendant que je continue de faire les cent pas.
— J’en pense que tu es ravagé et que je ne peux plus rien pour toi, sifflé-je entre mes dents.
— Peut-être, mais j’ai réussi à te faire sourire, c’est le but. Tu es trop stressée, Cassandra. On dirait que tu attends ton tour pour l’abattoir, là, déclare-t-il, toujours allongé, en mettant ses bras derrière la tête.
Face à ses mots, mes nerfs se crispent un peu plus.
— Je n’aurais jamais dû venir avec toi. Tu me mets dans une angoisse, c’est impressionnant.
— T’as raison, tu aurais dû demander à Ethan de t’accompagner, rétorque-t-il, moqueur, il aurait été d’une grande aide, lui. Passée la porte, il serait tombé dans les vapes.
— Au moins, il ne m’aurait pas embêtée. Et j’aurais pu me pointer seule, je te signale. Je n’ai besoin de personne.
— Tu dis ça parce que t’as pas encore vu la tronche de Damon...
Je cesse de tourner en rond pour lui jeter un regard noir.
— OK, j’arrête.
— Merci ! Ça pue grave ici ! avoué-je en espérant que Tanya ne m’a pas entendue.
— T’as qu’à venir mettre ton petit nez dans mon cou.
Malgré moi, je souris et m’exécute. Hayden se redresse et referme ses bras après que je me suis nichée contre lui.
— C’est mieux ?
— Mhh. Oui.
Je respire sa peau à pleins poumons et clos les paupières. Le grincement d’une porte qui s’ouvre refait monter mon angoisse. Un homme assez âgé en sort avec un gros pansement sur le bras, suivi de près par un type que je suppose être Damon. Le tatoueur, un grand baraqué au crâne rasé, s’approche lorsque nous nous levons. Son visage n’est que tatouage. Il tape dans la main d’Hayden et ils plaisantent ensemble pendant que je me triture les cuticules à côté d’eux. Ce type m’impressionne. Quand mon heure sonne, je glisse mes doigts froids dans ceux d’Hayden qui, eux, sont tout chauds et nous suivons Damon.
Maintenant allongée sur le fauteuil en cuir, Hayden sur une chaise à mes côtés, je tente de me détendre en parcourant la petite pièce du regard pendant que le tatoueur enfile ses gants noirs. Tous les murs sont recouverts de graffitis en tous genres. Lorsque je demande à Hayden si c’est Tanya qui en est à l’origine, il me répond que oui et qu’elle est aussi la femme de Damon. Pas le temps d’en voir plus puisqu’au moment où les aiguilles entrent en contact avec ma peau, je ferme les paupières et mords mon poing.
— Bouge pas, bébé.
Je lui fais comprendre que je dérouille. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu autant mal pour le bas du dos.
— Tu n’as pas choisi la partie la moins douloureuse, la peau est fine à cet endroit, me fait remarquer Damon qui s’arrête en passant une compresse pour essuyer le surplus d’encre qui coule.
La brûlure que cela me procure remonte dans toute la jambe. Je grimace puis il reprend, mais pour une courte durée…
— Non, stop ! Je ne veux plus ! m’exclamé-je sous le coup de la douleur.
— Je ne peux pas laisser ça comme ça, encore deux minutes et c’est bon.
Mes dents serrent la chair de mon avant-bras. Hayden saisit mon menton et fait pivoter mon visage vers lui.
— Allez, t’es une guerrière, tu seras contente après. Regarde-moi !
J’ouvre les paupières et ne quitte pas ses iris incandescents, ce qui m’aide à faire abstraction de la douleur. Comme pour la fois où il a réussi à m’entraîner dans l’océan. Son regard hypnotique me fait tout oublier, jusqu’à l’odeur d’antiseptique qui me faisait tourner la tête en arrivant.
— Voilà, douillette, c’est fini.
En levant les yeux sur la grosse pendule, je me rends compte qu’il a mis bien plus de deux minutes. Dès que je me concentre sur mon homme, plus rien n’existe. Soulagée, je m’empresse d’admirer le résultat. Il est magnifique. Debout devant le miroir, je tourne mon pied dans tous les sens.
Mais lorsque mes yeux remontent, j’aperçois Hayden torse nu assis sur le fauteuil.
— Tu vas te faire tatouer ?
— Ouais.
J’attrape la feuille posée sur la table à côté du pistolet et des encres. Un dessin d’une quinzaine de centimètres. Un visage. Le mien. Mes pupilles s’écarquillent de surprise, et je dois être aussi blanche qu’un cachet d’aspirine.
— C’est réussi, nan ? Je l’ai fait en cours d’art.
D’abord paniquée qu’il veuille m’encrer sur sa peau, je passe dix bonnes minutes à tenter de le faire réfléchir sur ce qu’il s’apprête à faire. Ce n’est pas anodin.
— Tu ne me feras pas changer d’avis, chaton. Moi, je suis sûr que c’est toi et personne d’autre, pas toi ? me questionne-t-il en souriant.
À la fois déstabilisée et émue, une larme m’échappe. C’est trop dingue. Ce mec est super fou. J’inspire un grand coup, puis lui prends sa main que je serre.
— Oui, bien sûr.
— Alors, estime-toi heureuse, réplique-t-il en passant son pouce sur ma joue, y en a plus d’une qui aurait rêvé que je me fasse tatouer le sien.
Je me jette sur sa bouche et l’embrasse avec passion, puis reste à ses côtés. Je ne sais pas s’il existe une plus belle preuve d’amour. Mes sentiments, déjà au taquet pour lui, viennent de grimper un peu plus.
— T’es méga cinglé, mais qu’est-ce que je t’aime, lui confié-je, des trémolos dans la voix.
Un clin d’œil me répond en même temps qu’il porte nos mains enlacées à ses lèvres pour y laisser un bisou. Damon pose d’abord le transfert au niveau du pectoral gauche d’Hayden, puis une fois validé, il débute son œuvre. Hayden ne cille pas d’un poil quand les aiguilles encrent sa peau. Alors qu’il a les yeux rivés sur son cœur, il n’affiche aucune expression. Je grimace pour lui en mordant mes joues. Bien qu’il soit habitué, j’envie sa décontraction. L’odeur associée au bruit de la machine ainsi que la vision du pistolet sur son épiderme commencent à me donner des sueurs froides, tandis que lui semble apprécier la torture des aiguilles. Je n’en reviens toujours pas qu’il ait songé à faire ça...
— Sors, Cass.
— Non, ça va.
Hors de question de l’attendre à l’extérieur. Rester près de lui est la moindre des choses.
— Alors, assieds-toi avant de tomber ! m’ordonne-t-il sans quitter du regard le travail de Damon.
Sans me laisser le choix, son doigt attrape le passant de mon jean au-dessus de mes fesses, et je suis forcée de me laisser choir sur la chaise à côté de lui.
Et c’est encore lui qui passera son temps à me rassurer, alors qu’il se fait torturer pendant plusieurs heures.
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