Révélations (Surf on love) (French Edition)
Chapitre 14
Un bruit constant et sourd me tire de mon sommeil. Je comprends vite qu’il s’agit de mon téléphone. Péniblement, je passe la main jusqu’à ma table de nuit pour l’attraper. Le soleil emplit la pièce et le lit vide de ma colocataire est tiré à quatre épingles. L’heure s’affiche, il est dix heures trente. Bon sang de bois ! Je me lève d’un bond. Sur quatre heures prévues, j’ai loupé mes deux premières heures de journalisme. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je me couche plus tôt que d’habitude et je n’entends plus mon réveil.
Je me prépare à la va-vite, mais n’omets pas de mettre un peu de crème cicatrisante sur mon tatouage tout en regardant mes appels manqués, ils sont tous d’Ethan. On était censés se rejoindre à huit heures pour prendre notre petit-déjeuner. Avec précipitation, je me rends à la fac. En allant m’asseoir dans la salle de cours, j’ouvre le message qui vient de m’être adressé. Il est d’Hayden.
[J’ai chopé Amber. C’est pas elle qui
cherche à nous faire une merde donc laisse
tomber, c’est des conneries. Elle ne te fera rien,
je m’en suis assuré. PS : Rejoins-moi au self à
midi, je viens de trouver ton prochain lieu
insolite. Je t’aime]
Mon cœur bat à tout rompre. Il n’a pas oublié l’effet que cela m’a procuré quand nous avons fait l’amour sous la douche après son entraînement dans les vestiaires il y a quelque temps maintenant. Je me demande bien où il va m’emmener. Toutes ces pensées me font me tortiller sur ma chaise et mon esprit n’est plus avec le reste de ma classe.
— N’oubliez pas de terminer votre article pour la rentrée. Je vous souhaite de passer de bonnes fêtes de fin d’année.
Ma voisine me file un coup de coude. Je me rends compte qu’elle a rangé ses affaires et que les étudiants s’apprêtent à sortir de la salle. J’ai rêvassé pendant deux heures. Il faut que ça cesse. Je ramasse mon classeur et regagne le self.
Dans les couloirs, je croise Amber et Kelly qui m’ignorent. Enfin, je vais avoir la paix.
Je fais la queue pour prendre mon repas, et ne perçois pas Hayden, mais les têtes de Junior et Tyler à quelques mètres devant moi. Cette vision m’angoisse, je ne suis pas persuadée qu’ils voudront de moi à leur table. Les étudiants râlent dans mon dos quand j’attrape mon dessert. Je me retourne et en comprends vite la cause, puisqu’Hayden joue des coudes pour passer devant tout le monde.
— Tirez-vous, bande de crétins ! s’écrie-t-il. J’ai que vingt minutes pour bouffer.
Tous soupirent et je me sens gênée quand il arrive à ma hauteur avec son assiette dans une main et un yaourt dans l’autre après avoir placé une banane entre ses dents.
— Tu sais qu’il existe des plateaux pour mettre tout ça, lui fais-je remarquer.
Il me fait un signe de tête pour le suivre. Je libère son fruit de ses canines, le pose sur mon plateau, puis nous nous installons à une grande table aux côtés d’étudiants que je ne connais pas.
— Junior et Tyler sont quelque part ici, confié-je tout de même à Hayden.
— T’inquiète, ils sont au courant que je mange avec toi.
Je lui souris et nous entamons notre repas.
— Tu lui as dit quoi à Amber ? me renseigné-je en coupant mon steak.
— De ne plus t’approcher.
— C’est tout ?
— Non, je l’ai traînée dans le labo, j’ai ouvert toutes les cages des rats et je l’ai enfermée pour la matinée.
Tout en prenant une frite, il rit.
— Tu en serais capable, c’est ça, le pire.
— Exact. Je l’ai même déjà fait avec Kelly. Sérieusement, je n’ai pas eu à insister, cette fois, c’est pas elle, je l’aurais vu et puis je la tiens avec une sextape d’elle et Wayne que Ty possède, m’avoue-t-il.
Mes yeux s’écarquillent de surprise.
— Elle et Wayne ?
— Ouais, dans les chiottes.
Dégoûtant, quand on voit le personnage, il faut vraiment en vouloir. Et quand on parle du loup… Wayne passe devant nous avec les autres footballeurs. Cooper est dans le lot. Je n’ai jamais vu quelqu’un avec un visage aussi meurtri que le sien. Tout bas, je demande à Hayden :
— Il a eu un accident pour avoir autant de cicatrices ?
— Cooper ? me questionne-t-il. Si on veut, disons que c’est plus le résultat de toute la merde qu’il a semée derrière lui au fil du temps. Celle sur son front à droite, c’est moi. À l’arcade, idem. Il en a une dans le crâne de Tyler, le reste, c’est d’autres mecs.
La bouche grande ouverte et sous le choc, je garde ma fourchette en suspension.
— Fais pas cette tête, tout comme Wayne, il a plusieurs tentatives de viols à son actif, forcément, ça lui retombe sur la gueule tôt ou tard. Et ce mec est un excellent punching-ball. Tu vois, là, on parle de lui, et ça me donne envie de lui en mettre une entre les deux yeux, juste pour le plaisir.
Je desserre son poing qu’il mord.
— OK, alors on va changer de sujet, j’aimerais déjeuner dans le calme. Tu crois que tu vas pouvoir te retenir de lui casser le nez ? m’enquiers-je.
— Dans la mesure où je lui ai déjà pété une fois, et que je mange un putain de bon repas en face d’une très jolie nana, je pense que oui, je vais pouvoir me retenir.
— Merci.
Il glisse la main dans sa poche et s’arrête quand Junior et Tyler viennent à notre hauteur. Je baisse le nez dans mon assiette et continue d’engloutir mes brocolis. Ils m’ignorent et Junior s’adresse à Hayden.
— Tu peux me prêter ta caisse en fin d’après-midi ? Je voudrais faire une balade avec Lilia.
— Tu fais chier..., soupire Hayden. OK, mais il faut que tu remettes de l’essence, je suis en réserve. Vous ne venez pas à la fête ce soir ?
— Si, je pense qu’on ira y faire un tour, mais je ne sais pas à quelle heure. Au pire, Cassie a sa bagnole, on vous rejoindra là-bas.
Lorsque j’entends mon prénom sortir de la bouche de Junior, je relève la tête en buvant une gorgée d’eau et remarque que ce dernier, qui a le visage abîmé, a aussi le bras plâtré et décoré, mais je ne m’attarde pas dessus. Je suppose qu’il a chuté lors de cette compétition de stunt. Hayden lui donne son trousseau avant de poser sa main sur la mienne.
— Ça te branche, bébé ? C’est la dernière soirée avant les vacances.
Junior et Tyler me regardent en attendant une réponse positive de ma part, ce qui me surprend.
— D’accord, avec plaisir.
— Cool. À ce soir, les amoureux !
Je réponds à leur sourire et ils s’éclipsent.
— Tu vois, ils ne t’en veulent pas tant que ça, vous allez pouvoir arranger ça.
— Oui, je suis contente.
Une fête, c’est une bonne occasion pour m’excuser. Hayden ouvre son yaourt quand j’attaque le mien. Essayant de déchiffrer mentalement l’écriture que j’ai aperçue, j’ai beau réfléchir, je ne vois pas, c’était trop rapide.
— Il y a marqué quoi sur son plâtre à Junior ?
À la limite de s’étouffer, il me répond en explosant de rire.
— « Un genre de graff avec le prénom de Lilia ».
Je lève les yeux au ciel.
— C’est toi qui en es à l’origine, je suppose ?
— C’est lui qui m’a demandé. Je l’ai fait cette nuit quand il pionçait.
— Tu abuses.
— Tu plaisantes, j’ai mis de la couleur pour chaque mot et tout.
Je ne peux que rire en réponse à sa bêtise. De nouveau, il fouille dans la poche de son jean étroit et en sort une clef qu’il tapote sur sa bouche d’un air malicieux, attendant que je m’exprime la première. Un instant, j’en avais oublié son idée coquine. Ce petit objet me rend nerveuse.
— C’est... Ça a un rapport avec ton message de ce matin ? lui demandé-je, la voix basse.
— Ouais...
— Et elle donne accès à quoi ?
Il jette un œil aux filles à côté de nous qui discutent entre elles, et se penche au-dessus de la table en me faisant signe d’en faire de même. Je m’exécute. Faisant courir son doigt sur mon cou, il me chuchote :
— Au bureau de Davis...
— Quoi ? m’écrié-je. Tu es dingue !
Tous les regards de cette table sont braqués sur nous. Il se bidonne et se rassoit en haussant à plusieurs reprises les sourcils. Je reprends un ton en dessous.
— Tu es complètement malade, non, ça, je refuse, c’est trop...
— Trop quoi, Cass ? Excitant ? Je sais que ça t’exci...
Ma paume vient couvrir sa bouche pour le faire cesser.
— Comment tu as fait pour avoir sa clef ? Si elle s’en rend compte, tu es dans la merde.
— Je l’ai piquée dans son bureau ce matin quand elle m’a convoqué, répond-il en haussant les épaules.
Là, c’est le coup de grâce !
— Pourquoi Davis t’a convoqué ? le questionné-je, la boule au ventre.
— Je me suis fait cramer hier en train de jouer au poker avec un pote.
Je souffle en secouant la tête.
— Tu ne t’arrêteras jamais.
— D’habitude, on se fait pas choper.
Parce que ce n’est pas la première fois en plus ? Ce mec est trop fêlé.
— C’est précisément pour ça que je ne veux pas, c’est trop risqué, son bureau, je n’en suis pas capable, rétorqué-je, intraitable.
— Relax, bébé, elle en sort tous les jours à seize heures quinze pour aller boire son café dans la salle de pause. Elle en revient un quart d’heure plus tard, une touillette entre les dents, ça fait trois ans que c’est comme ça.
Je l’écoute, perplexe.
— Je persiste et signe, tu es un grand malade ! lâché-je en croisant les bras sur ma poitrine. De toute façon, j’ai cours de littérature à cette heure-là.
— OK, on oublie l’idée, se renfrogne-t-il en se levant. Je pensais que ça te plaisait un max, nos petits délires, et que tu aimais prendre des risques, mais d’accord, c’est pas grave, j’ai bien compris que tu n’étais pas aussi joueuse que ça…
J’arque un sourcil, il se reprend.
— Je veux dire que j’ai peut-être un peu abusé sur le coup. Excuse-moi, je trouverai un truc moins dangereux.
Il passe une main dans ses cheveux pour les remettre en place. Et alors qu’il attend que je me lève pour qu’on parte d’ici, je l’observe, hésitante.
— Ça me plaît. Beaucoup même, mais là... Je ne sais pas, ça me paraît improbable, non ? Je suis partagée.
— C’est toi qui choisis.
Comme si me regarder de cette façon allait m’aider. Pourquoi es-tu aussi irrésistible, Calaann ? La sagesse, Cassie, la sagesse…
— Je vais être en retard, allons-y.
Il n’insiste pas et nous quittons le self.
Après m’avoir accompagnée jusqu’à ma salle, il rejoint la sienne. Je m’installe et madame Calaann débute son cours. Je n’écoute rien, je suis dans la lune, bercée par les paroles d’Hayden de tout à l’heure.
Lorsque je lève les yeux sur la pendule, il est déjà quinze heures cinquante-cinq. Rien que d’imaginer tout ce qu’on aurait pu faire dans ce bureau, me fait me tortiller sur ma chaise à nouveau. Arrête de cogiter. Ai-je un problème ? Depuis que je suis avec lui, j’ai beaucoup plus envie qu’avant. Il sait si bien y faire et c’est si intense... Stop, respire ! Je peux me retenir quand même, non ? Je ne suis pas un lapin, surtout que si la doyenne nous attrape, je peux dire adieu à Stanford. Justement, c’est aussi excitant que le reste.
D’habitude, j’adore le suivre dans ses délires où je ne me soucie de rien. Il m’a transformée, c’est lui qui a raison, c’est si bon de se laisser guider par le plaisir, et pas forcément par son cerveau. Je réfléchis à toute vitesse, mais pas dans le bon sens. Ma raison est sur pause. Quelles possibilités s’offrent à moi pour que je le surprenne, puisque je lui ai envoyé un SMS au début du cours pour lui annoncer que je refusais sa proposition.
Je sais qu’il a cours d’anglais, dans une salle non loin de la mienne, et qu’il ne met jamais son téléphone sur silencieux. Les messages sont sur vibreur et les appels sur sonnerie, ce qui m’amène à une idée. C’est dégueulasse, mais je ne vois que ça. De toute façon, Hayden se fiche bien de se faire virer. Il est seize heures pile, le temps que ça marche et de se rendre là-bas, ce sera jouable. Ce mec m’a rendue folle, je fais des trucs que jamais je n’aurais pensé faire dans ma vie, et le pire, c’est que ça me plaît.
— Madame Calaann, s’il vous plaît ?
— Oui, Cassie ?
— Je peux sortir une minute ?
Pour m’envoyer en l’air avec votre fils ? Gifle mentale.
— Pour aller aux toilettes, précisé-je.
Elle acquiesce et repose son livre pour écrire au tableau. Je prends mon téléphone et quitte la classe. Je contacte Hayden une première fois et raccroche au bout de deux sonneries. Je continue mon chemin en direction de sa salle et recommence au moins quinze fois mon petit manège d’appels. Je colle mon dos contre le mur à côté de la porte. Allez, faites que ça marche. Lorsque je réitère mon cirque, je peux entendre d’ici son portable s’animer, ce qui me fait rire en silence. Très vite, son professeur hausse le ton et comme une idiote, je jubile. Trente secondes plus tard, la porte s’entrouvre sur Hayden qui répond à son prof.
— Vos cours aussi, c’est de la merde en barre !
Je me retiens de m’esclaffer, ce mec est définitivement atteint. Je l’attrape par le poignet quand il referme le battant derrière lui. Lorsqu’il m’aperçoit, ses sourcils se froncent.
Et cette fois, c’est moi qui l’entraîne dans une course effrénée.
— Qu’est-ce qui se passe ? s’étonne-t-il. Pourquoi tu m’as appelé et pourquoi t’es là ?
Je m’arrête et reprends mon souffle.
— Je suis venue te chercher pour une escapade dangereuse.
Ses prunelles s’écarquillent et un sourire malicieux s’étire sur son visage.
— Putain, t’as de l’idée, toi ! Je t’aime trop. Et on va où ?
— À ton avis ? Rendre visite à Davis, enfin à son bureau. Allez, dépêche-toi !
Mais il tire d’un coup sec sur mon bras pour m’arrêter.
— J’ai plus la clef, grande maline.
Déçue, mes épaules s’affaissent.
— Nooon, Hayden, pourquoi tu as fait ça ?
— Parce que tu ne voulais pas !
— Oui, mais j’ai changé d’avis, j’ai trop pensé à ce que tu m’aurais fait, là-dedans.
Dégoûtée par cette révélation, je fais la moue. Mais il attrape ma main pour que je lui emboîte le pas.
— Suis-moi.
Un contact, deux mots, et j’ai retrouvé le sourire.
Seul le bruit de nos pas qui claquent dans le couloir est présent. Mes doigts toujours dans les siens, nous traversons le parc. Il s’arrête et me plaque contre un arbre en m’embrassant avec sensualité. Mon excitation accentue mon souffle déjà saccadé. Je n’arrive pas à quitter ses lèvres. C’est lui qui rompt le contact en me souriant, tout en remettant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Il entrelace ses doigts aux miens et reprend sa course. Comme une idiote, je ris. Nous sommes seuls au monde, tous les étudiants sont en cours. Assez vite, nous déboulons à côté du bâtiment des sciences médicales. Cette fois, je m’esclaffe comme une folle en faisant de grandes enjambées pour le suivre, avec cette sensation d’être totalement libre.
Arrêté devant une porte, il regarde à travers la petite vitre de celle-ci puis tourne la poignée. Verrouillée. Poisse ! Impatiente, je prends les devants.
— On va ailleurs, ce n’est pas grave.
Je lui intime de me suivre en direction d’une autre salle, il m’en empêche.
— Deux secondes, rapace. Tu crois que tu peux te retenir ?
Non !
— Oui.
— Menteuse.
Telle une gamine, je me dandine sur place de gauche à droite pendant qu’Hayden sort sa carte de crédit de sa poche et la passe plusieurs fois dans l’embrasure.
— Tu sais faire ça, toi ? me renseigné-je en regardant autour de moi.
— Bien sûr, qu’est-ce que tu crois ?
« Clac ». Trop fort, cet homme. Fier de lui, il me fait un sourire espiègle puis une révérence.
— Après toi.
Nous entrons dans une salle de classe, immense, avec un squelette à côté d’un bureau. Je lui caresse le crâne.
— Salut, toi !
— Je te présente Arturo ! C’était le type de la maintenance, un mec en or.
— Tu es bête, changeons d’endroit, c’est trop glauque.
— Pourquoi ? Il n’a plus ses yeux, se moque-t-il.
Je le regarde avec dégoût tout en secouant la tête.
— Tu verrais ta tronche… C’est par là. Viens.
Je le suis jusqu’à une porte dans le fond, et nous déboulons dans une toute petite pièce où trônent un canapé et une table.
— Tu as déjà emmené des filles ici ?
— Jamais. C’est l’ancienne salle de pause des étudiants en médecine, je venais là pour fumer des joints avec Junior l’année dernière.
N’ayant pas l’envie de parler plus longtemps, il m’attire contre lui et m’embrasse. Je me détache la première.
— J’ai dit que j’allais aux toilettes, nous n’avons pas beaucoup de temps.
— Tes désirs sont des ordres. Je te parie qu’en deux minutes top chrono, j’arrive à te faire jouir, pouffe-t-il.
— Deal ? Je suis certaine que tu craqueras avant moi.
— Deal !
Plus excitée que jamais, je lui retire son tee-shirt et apprécie la vision de son torse bronzé avec son nouveau tatouage sur le cœur. Hayden me prend par la main en s’asseyant sur le canapé. Je viens me placer à califourchon sur lui quand il déboutonne son jean et le baisse légèrement en même temps que son boxer. Ses doigts abaissent la fermeture Éclair de ma robe et font glisser les bretelles de chaque côté de mes épaules, dévoilant ainsi mon soutien-gorge. À ses yeux et son sourire, je sais de suite qu’il apprécie ma lingerie.
— Mhhh. C’est nouveau ?
Je hoche la tête. Il m’attire contre lui, dépose des bisous sur mon nez, ma mâchoire, mon cou. Mes mains s’emmêlent dans sa tignasse quand son visage se plaque contre ma poitrine pour la lécher. Ses doigts experts jouent avec mon clitoris, puis son sexe dur et chaud vient me pénétrer. Hayden entreprend ses mouvements. Ma langue caresse la sienne et son piercing pendant qu’il m’agrippe les hanches et continue de pousser avec passion en moi. Je savoure cette sensation de plénitude.
— Hayd... Je...
Me voyant sur le point d’exploser, il accélère la cadence. De puissants coups de reins qui vont avoir raison de moi plus vite que prévu. Lorsqu’il grogne, je lui mordille la lèvre et j’imprime mes ongles dans ses pectoraux. Au bord de l’orgasme, les voix et le bruit des chaises à côté me font brièvement redescendre sur terre. Je commence à me détacher de lui quand il m’attire un peu plus fort en poursuivant ses mouvements. Oh, bon sang, c’est trop bon.
— Pas si près du but, bébé.
Les pulsations de mon cœur battent à mes tempes, il me sourit et tire légèrement mes cheveux, ce qui m’arrache un petit cri.
— Chuuut.
Et nous explosons en même temps. Un instant, j’en oublie que la pièce à côté est pleine d’étudiants en médecine et que nous sommes coincés ici.
— Mhhh, c’était trop bon.
Il rit et m’embrasse passionnément.
— T’es incroyable, Cass.
Je reste un court moment dans les bras de l’homme que j’aime, puis l’on se rhabille et il ouvre la fenêtre. Je me penche pour juger la hauteur, c’est assez bas. Il passe le premier et me tend la main. Je m’assois et fais glisser mes fesses au plus près du bord, lui offrant la vue sur ma culotte, tant ma robe remonte.
— Bordel, arrête de te tortiller comme ça et magne-toi, si tu ne veux pas que je te fasse le round deux dans ce buisson, plaisante-t-il.
Je souris comme une débile et saute dans les fleurs. Désolée, les tulipes. Nous nous dépêchons de regagner notre bâtiment.
— Je n’ai pas envie de retourner en cours, c’est ennuyeux sans toi, lui confié-je en caressant son bras.
— Si tu avais pris tes affaires, on aurait pu se barrer.
Je grimace et lui fais un bisou avant de frapper à la porte de ma salle. Lorsque sa mère me donne l’autorisation d’entrer, Hayden est toujours derrière moi. Qu’est-ce qu’il fait ?
Il entre à ma suite et tous les étudiants arrêtent de discuter. Les regards sont sur nous. Je souris à madame Calaann et retourne à ma place. J’ai l’impression que c’est inscrit sur mon front que je viens de m’envoyer en l’air. Hayden se penche, dos aux étudiants, les poings sur le bureau de sa mère en nous offrant la meilleure vue au monde sur ses fesses dans son jean blanc, laissant dépasser l’élastique de son boxer. Entre les quelques filles qui s’éventent et qui bavent sur lui, ça commence à me rendre jalouse. Je ne sais pas ce qu’ils se disent. J’ouvre mon cahier. Il se rapproche de moi, tout en demandant à ma voisine d’aller s’asseoir plus loin. Je le regarde, étonnée, avec un sourire, puis il prend place. Megan essaie de ramener tout le monde sur terre.
— Bien, je peux avoir votre attention ? On se concentre sur le tableau, merci.
Hayden me fait des signes en direction de ma tête, je fronce les sourcils. Il lève les yeux et me chuchote :
— Tes cheveux !
Mince ! Le rouge aux joues, je m’empresse de refaire ma queue de cheval.
— Arrête de sourire comme ça, je lui ai dit que tu avais fait un malaise et que je ne voulais pas te lâcher, parce que tu ne te sentais pas encore très bien.
C’est la fête, ici. Megan est vraiment cool, ou alors elle a baissé les bras depuis longtemps.
— Et ton cours ? chuchoté-je.
Haussant les épaules, il balade sa paume sur ma cuisse. Le coude posé sur la table, il reste tourné vers moi en jouant avec son piercing. Je plisse les paupières en appréciant ce contact.
— Bosse, chaton !
En vain ! Impossible de suivre. Mes yeux sont accrochés à sa main tatouée, sur ma peau, ce qui me fait contracter les jambes. À ce mouvement, il la presse davantage et continue ses caresses en faufilant ses doigts sous ma robe cette fois, allant jusqu’à atteindre ma culotte. Je mordille mon crayon un peu plus fort, il m’observe, l’air très satisfait de l’effet qu’il me fait. Tu veux jouer ? On va jouer. J’adore ces tables assez larges, pour que personne ne puisse prêter attention à ce qu’il se déroule en dessous.
Je fais courir ma paume sur sa braguette. Très vite, son jean se tend. J’étouffe un rire et effectue une légère pression. Hayden enlève la sienne de ma cuisse et la passe dans ses mèches en faisant bouger rapidement sa jambe. J’ai du mal à contenir mon rire, qui finit par ne plus devenir aussi silencieux que je l’aurais voulu. Ma main qui continue de le caresser se resserre un peu plus fort sur lui sans le vouloir.
— Aïe ! s’écrie-t-il.
Je la retire aussitôt.
— Pardon.
Il tire sur son jean en faisant une grimace. Alors que le voisin derrière nous râle et perd patience, je glousse comme une idiote.
— La ferme, Wilt !
Hayden se retourne sans prendre la peine de chuchoter.
— Oh, t’as un problème, toi ?
— Hayden, tu peux nous laisser et aller à ton cours, merci, s’en mêle Megan, ce qui fait taire le type derrière nous.
— Euh... Ouais, dans cinq minutes.
Je me couvre la bouche pour m’empêcher d’éclater de rire.
— Tu vas me le payer pour m’avoir donné la trique.
Hayden me fait un clin d’œil et je me sens rougir. Puis à nouveau, il pivote vers le gars.
— Toi, tu lui reparles encore une fois comme ça, et j’imprime ta gueule sur cette table ! C’est clair ? lui crache-t-il.
Le pauvre garçon ne dit rien, il est comme tétanisé.
Nos mains maintenant sur la table, je note ce que ma prof nous dicte. Très vite, Hayden s’ennuie et commence à s’agiter sur sa chaise en tapotant ses doigts sur le bois. Insupportable.
— Arrête ! lui ordonné-je.
— Je m’emmerde. On se casse ?
— Non ! Et parle moins fort.
En soupirant, il tire un cahier de mon sac, arrache une page blanche puis me pique un stylo. Du coin de l’œil, je l’aperçois faire des traits en tournant le papier dans tous les sens, il est devenu sérieux et concentré. Je peux continuer de travailler et j’arrive même à répondre correctement aux quelques questions de madame Calaann.
— Parfait, Cassie. Je vois que tu as bien révisé.
— Merci, madame.
Hayden se marre sans relever le nez de sa feuille.
— Fayotte...
— Tsss...
Quelques minutes plus tard, il la froisse en boule, la pose dans ma main, referme mes doigts dessus puis s’en va. Je l’observe partir de sa démarche assurée, mon poing serré sur le papier.
— Ciao, tout le monde ! Madame Calaann, vous feriez bien de tenir vos élèves, certaines sont dissipées.
Il me lance un regard charmeur pendant que sa mère lui montre la sortie en secouant la tête. Je me tasse au maximum sur ma chaise, puis il claque la porte derrière lui.
Je déplie vite la boule sous la table. Oh, mon Dieu !
Il est si doué en dessin, que tous les détails des positions sexuelles qu’il a griffonnés sont présents. En dessous, il y est écrit « nous, demain dans l’avion ». Nous étions censés partir dans trois jours, heureusement que ma commande de cadeaux est arrivée. Il me tarde de rentrer et de faire ma valise. Mais ce qu’Hayden ignore, c’est que j’ai une trouille bleue de l’avion, et il y a un fort risque que tout cela ne se passe pas comme il l’a prévu.
***
C’est la fin de la journée, je suis officiellement en vacances, mais surtout épuisée. Lorsque je quitte ma salle, un étudiant que je ne connais pas s’avance vers moi pour me remettre un papier blanc plié en quatre. D’abord suspicieuse, je finis par le prendre quand le garçon insiste sans me dire de qui il provient.
— Je ne suis qu’un messager.
Puis il s’échappe en courant. Je souris.
Tu as inventé quoi encore, Calaann, cette fois ?
Je le déplie vite, et quand j’en découvre le contenu, je lâche mon sac par terre. Ce mot n’est pas de lui.
« Alors comme ça, on s’envoie en l’air au sein de l’établissement ?
Calaann semble savoir y faire avec sa queue. Mieux qu’avec ton imbécile de colocataire en tout cas. C’était bon, tu as aimé ? J’espère, parce que c’est la fin de ton couple. J’ai trouvé la personne idéale qui va pouvoir m’assister. Prépare-toi, Wilt, je ne t’ai jamais oubliée...
Pas un mot à ton mec, sinon je vous balance et bye bye Stanford.
Ne t’éloigne pas trop de lui non plus et passe de bonnes vacances à Big Bear Lake. »
Mon cœur menace de quitter ma cage thoracique. Je le sentais que cette histoire n’était pas terminée. Ça me répugne de savoir que l’on nous a vus en pleins ébats. Comment l’auteur de ce mot sait que nous partons là-bas ? Et pourquoi nous en vouloir à ce point ? La peur au ventre, je regarde partout autour de moi. Les couloirs se sont vidés, je n’ai pas intérêt à traîner trop longtemps seule. Je le fourre dans mon sac et prends mon téléphone en main au cas où. C’est du délire ce qu’il se passe. Hormis Amber, je n’ai aucun ennemi ici. La bande ? C’est en passe de s’arranger et ils ne feraient jamais un truc pareil à Hayden, c’est certain, je peux écarter cette piste. Justement, Amber en tenue de cheerleader est adossée au mur extérieur, toute seule, une cigarette entre les doigts. Ses yeux se posent sur moi quand j’arrive à sa hauteur.
— Ah, Wilt...
— Ça t’amuse ? la coupé-je d’un ton sec. Tu crois me foutre la trouille ?
Elle fronce les sourcils et écrase sa clope à mes pieds.
— Qu’est-ce qui te prend ?
Amber a l’air étonnée alors je me ravise.
— Tu souhaitais me dire quoi ?
— Que bien que je ne t’aime pas, je trouve ça quand même dégueulasse qu’on veuille te faire du mal, par exemple ? Hayden m’a passé un savon ce matin, bougonne-t-elle, donc je tente de mettre de l’eau dans mon vin.
N’étant pas certaine que ce soit sincère, je zappe ses paroles.
— Tu sais qui m’en veut ?
— Non, mais ce n’est pas moi, je l’ai déjà dit à Hayden, me fait-elle remarquer droit dans les yeux.
Pour le coup, elle semble sérieuse, la garce.
— Ça fait longtemps que tu es ici ? m’enquiers-je.
— J’attends l’équipe de foot, pourquoi ?
— Tu n’as vu personne donner quelque chose à un petit aux cheveux longs près de la salle de littérature ?
Une chance sur un million qu’Amber me soit d’une grande aide, mais sait-on jamais, elle est comme la peste, partout, et sait beaucoup de choses.
— Non, les dernières personnes qui sont sorties avant toi sont ceux de ton cours et les jumeaux.
Tout cela ne m’avance pas, je verrai ça plus tard, je n’ai pas le temps pour ces débilités. J’accélère le pas jusqu’au dortoir. Le gardien présent me remet plusieurs cartons et je pars en direction de ma chambre avec une partie des boîtes dans les bras. Je dois faire deux voyages pour tout monter.
Je déballe les colis sur mon lit, avec cette impression que c’est Noël avant l’heure. En plus des cadeaux pour tout le monde, j’ai dû me commander une tenue adéquate pour les températures pouvant atteindre les moins quinze degrés selon Hayden. Je m’apprête à faire les emballages quand mon téléphone m’annonce un message de lui.
[Tu peux descendre, on est en bas]
La soirée des vacances, j’avais oublié. Au diable les paquets, je m’en occuperai demain matin avant de partir. Je remets tout dans les cartons et les range sous mon lit. Je n’ai pas vraiment envie de laisser ma colocataire, pas après le mot que j’ai reçu. Je m’en voudrais s’il lui arrivait quelque chose. Il est plus qu’évident que c’est la même personne qui prend un malin plaisir à nous menacer.
— Olivia ? Tu restes seule ce soir ?
— Oui, pourquoi ?
— Ça te dit de m’accompagner à une fête ?
Mon téléphone sonne, mais je poursuis ma conversation.
— Non, merci.
— Allez, viens, ce sera super. C’est l’occasion de faire ta première soirée étudiante, c’est les vacances, ça va être cool. S’il te plaît, s’il te plaît ?
Elle referme son livre et me sourit.
— D’accord, OK.
Yes ! Plus facile que je ne l’aurais cru. Je regarde mon téléphone qui m’annonce déjà quatre appels en absence.
— Super ! Par contre, on se dépêche de s’habiller parce qu’Hayden s’impatiente.
Elle se raidit.
— Il sera là aussi ? me questionne-t-elle en fronçant les sourcils. Je pensais que nous irions que toutes les deux.
Crois-moi, dans ce genre de soirée, il vaut mieux ne pas être seul.
— C’est toujours plus prudent d’être accompagnées de garçons, surtout ceux-là... On est sûres de ne pas se faire embêter, tu vois ?
Nous sursautons toutes les deux lorsqu’on tambourine à la porte. Il faut que je me détende. Je ne vais pas être flippée au moindre bruit à cause de ce tordu qui veut me faire peur. Comme tout à l’heure avant de rentrer, alors que c’était juste un écureuil tout mignon qui descendait de son arbre. Hayden, Sandro et Tyler entrent aussitôt en douce dans la chambre. Ma pression retombe. Olivia, qui en reste stupéfaite de voir autant de virilité dans ce petit espace, plaque ses mains sur sa bouche. Ils sont beaux comme tout. Ils ont tous les trois mis une chemise, leurs cheveux sont impeccables, et la pièce s’est remplie de leurs parfums musqués en quelques secondes.
— T’es pas prête ? m’interroge Hayden.
— J’avais un peu oublié la fête, mais on fait vite, promis.
— On ? s’insurge-t-il en me regardant de travers.
— Oui, elle vient avec nous, déclaré-je en désignant Olivia.
Il se fige un instant, neutre, puis il éclate de rire en se tenant le ventre.
— Je ne plaisante pas, Hayden.
Il est en train de tout foutre par terre, elle s’est renfrognée d’un seul coup.
Sandro, qui semble se ficher de la conversation, allume la télévision pendant que Tyler pianote sur son téléphone.
— OK. Alors, elle marchera loin derrière ou loin devant, tranche-t-il.
Je le bouscule et prends mes affaires. J’attrape au passage une robe pour Olivia et l’entraîne avec moi vers les douches avant qu’elle ne change d’avis.
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