Révélations (Surf on love) (French Edition)
Chapitre 23
Devoir jouer les infirmières en pleine nuit, je m’en serais bien passée. Assis sur une chaise dans la cuisine, Hayden se laisse faire quand je lui désinfecte ses plaies. Son arcade saigne, pareil pour son nez, et son œil gonflé a déjà atteint une teinte violacée.
— Il ne t’a pas loupé ! Quelle idée aussi, ce mec fait du kick-boxing, il aurait pu te tuer, lâché-je, amère.
— Triple champion de kick-boxing ! Je dois reconnaître qu’il a su frapper vite et fort, je l’ai pas vu venir, mais il m’en a décroché qu’une. OK, deux. Lorenzo, tu aurais dû me laisser le terminer.
Son cousin repose sa tasse de café dans l’évier et vient ébouriffer les cheveux d’Hayden qui grogne.
— Tu lui en as mis assez, je pense. Heureusement que je me suis pointé à temps.
Je confirme. Lorenzo est le seul qui a réussi à les séparer avant que la police arrive. Et sur le chemin du retour, Hayden n’a pas bronché. De toute façon, il n’avait plutôt pas intérêt.
— Crois-moi, ce genre de mec n’en a jamais assez. Allez, stop, c’est propre, remballe tes outils de torture, l’infirmière, hors de question d’avoir un pansement sur ce magnifique visage.
— Ce magnifique visage, comme tu dis si bien, ne ressemble plus à grand-chose ce soir. Ton bleu se diffuse et te prend la moitié de la joue, grimacé-je, tu devrais mettre de la glace.
— Nan.
— Comme tu voudras, soupiré-je. On va se coucher ?
— Vas-y, toi. Je vais fumer une clope et monter voir Joyce pour m’assurer qu’elle ne m’en veut pas trop.
C’est de sa faute à elle. Si Joyce n’avait pas ramené ces gars à notre table, nous n’en serions pas là. Il m’arrête avant que je quitte la pièce.
— Mon bisou ?
— Ta lèvre saigne encore. À tout de suite.
Lorenzo rit, ce qui déplaît à Hayden qui le bouscule en sortant.
***
Lorsqu’il revient dans la chambre et qu’il se glisse sous les draps, je ne dors pas. Me rapprochant de lui, il se décale.
— Il te plaît, mon cousin ? lâche-t-il.
Mes yeux s’écarquillent.
— Tu me fais quoi, là ?
— Réponds, s’il te plaît.
— C’est Joyce qui t’a raconté une débilité pareille ?
Il soupire et retient une grimace en ayant voulu se pincer l’arête du nez.
— Déjà, je ne sais pas ce que t’as avec elle, mais tu la laisses en dehors de ça. Je t’ai posé une simple question. Après tout, il paraît que Lorenzo me ressemble et puis il a un bébé.
Je vois…
— Tu disjonctes complet. Non, il ne me plaît pas ! Je pensais avoir été claire sur le sujet « enfant ». Pourquoi es-tu jaloux de lui ?
— Parce que lui, il cherche une mère pour sa môme et tu es tout à fait son genre. Et comme t’as pas voulu m’embrasser devant lui..., grommèle-t-il.
— Ne fais pas ton Caliméro, Hayden. Je ne souhaitais pas te faire mal à la lèvre et je ne veux pas non plus de ton cousin ni de sa fille. Ce type t’en a mis qu’une, mais je crois que ça t’a décalé quelque chose au niveau du cerveau, tu devrais consulter, rétorqué-je en remontant davantage le drap sur moi.
— T’as raison, admet-il, songeur. Comme j’ai une bonne infirmière, elle pourrait pas s’occuper un peu de moi ?
— Tu changes vite d’humeur, toi. Tu devrais dormir plutôt.
— Et si c’est moi qui prends soin de toi ? m’interroge-t-il en remontant son index avec lenteur sur ma cuisse.
Un frisson me parcourt.
— OK !
Nous éclatons de rire et nous enfouissons sous la couette.
Après avoir fait des folies de nos corps, nous avons passé une fin de nuit affreuse, rythmée par les pleurs de Léa dans la chambre d’à côté et les ronflements de la vieille bique.
***
Le Nouvel An. Ce jour de fête où tout le monde se met sur son trente-et-un. Où l’on abuse des bonnes choses. Je n’ai rien vu de tout cela. Clouée au lit avec la fièvre, j’ai passé ma soirée dans les bras de Morphée pendant que tous s’éclataient en bas, avec pour seule visite de temps en temps, Hayden avec une aspirine. Les jours qui ont suivi, allant mieux, on a refait du snowboard. J’ai adoré et je me suis très bien débrouillée. Après tout, c’est du surf sur glace. Quant au trajet du retour, il s’est fait sans encombre. Tellement épuisée par l’altitude, j’ai dormi tout le vol. Ça a été difficile de se séparer ensuite pour rejoindre chacun nos logements sur le campus. Pas le choix. Demain, c’est la rentrée.
OceanofPDF.com