Révélations (Surf on love) (French Edition)
Chapitre 15
Hayden
Calé sur le lit de Cass, je fais tourner la bague autour de mon pouce en me demandant si elle a vu mes petits dessins, pendant que Sandro roule son joint assis sur le bord de la fenêtre.
— Elle a l’air chelou un peu, sa coloc’, nan ? s’enquiert ce dernier.
— Le mot est faible, mon pote.
Tyler ne semble pas approuver.
— Je suis le seul à la trouver mignonne ? nous questionne-t-il, songeur, en fourrant une branche de ses lunettes dans sa bouche.
Je me pince l’arête du nez et explose de rire, vite rejoint par Sandro.
— Laisse tomber, Ty, t’as aucune chance, dis-je.
Il s’assoit au bout du lit et je le vire en lui montrant le fauteuil.
— Je te parie que je l’emballe ce soir !
Tyler me tend sa main et je n’hésite pas à taper dedans.
— Putain, si tu réussis, je te donne ma caisse et mes deux bécanes.
— Non, je ne te prendrai jamais tes bébés, mais je vais réfléchir à un truc que tu pourrais faire ce soir, ce sera plus marrant.
— Tout ce que tu veux, hormis quelque chose qui foutrait la merde dans mon couple et je suis plus que sérieux, Ty.
— T’inquiète, je ne suis pas con non plus.
— C’est justement pour ça que j’insiste, m’esclaffé-je.
— Elles en mettent du temps, va voir, mec, m’intime Sandro en tassant son joint.
— Si je me pointe dans les douches, tu risques de ne pas me revoir avant longtemps, répliqué-je d’un air entendu.
— Moi, j’y vais ! rétorque Tyler, bien décidé.
— Non ! Toi, tu restes le cul sur ce fauteuil.
Hors de question qu’il aille mater Robocop alors que ma nana est probablement encore à poil là-bas. Et comme je n’ai pas encore profité de ma récompense pour avoir gagné le deal de la sortie scolaire, du coup, je m’y colle avec plaisir.
Je ne mets pas longtemps à m’y rendre.
Putain, j’ai pas intérêt à me planter de cabine. Robocop parle seule et Cassie chante... faux, lorsque j’entre dans les douches. Elle semble être dans la deuxième. Un regard sous la porte pour être certain, et j’aperçois sa petite vague encrée sur le côté de son pied. Je pénètre dans la troisième cabine qui est libre, plaque mes mains en haut de la paroi et me hisse sur mes bras jusqu’à passer la tête pour l’observer se savonner. Cette superbe vision me file une trique d’enfer.
— Psssst !
Tournant son visage de droite à gauche, Cassie finit par le relever. Un cri s’échappe de sa bouche et elle se couvre le corps de ses mains. Puis elle rougit, étonnée de me voir et me chuchote :
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Surprise ! Ouvre !
Je redescends et enlève mes fringues quand j’entends le « clac » de sa porte, puis j’entre en refermant derrière moi. Elle se retourne en mordant sa lèvre inférieure avec un grand sourire.
— Tu viens chercher ton gain ?
— Ouais, sauf si t’es pas d’humeur à t’envoyer en l’air avec moi.
— J’ai eu un A avec félicitations pour le devoir sur la sortie à la raffinerie Ortiz-Calaann, donc je le suis.
— Mhhh... Raison de plus pour fêter ça alors.
Mes mains parcourent son corps, chaque courbe, pendant que ses petits doigts glissent sur chacun de mes tatouages et s’arrêtent sur le dernier en date : son visage sur mon pec qu’elle effleure avec délicatesse.
— Tu crois que tu vas réussir à ne pas gémir trop fort ? murmuré-je au creux de son oreille.
Elle hoche la tête. Peu convaincu, je la soulève sous les cuisses et la plaque contre le mur carrelé, puis je m’enfonce en elle, déjà chaude et tellement mouillée que je n’ai pas d’autre choix que de l’embrasser pour éviter qu’elle s’exprime trop.
— J’espère qu’il y aura autre chose à boire que de l’alcool ?
Un instant, si concentré à lui donner le meilleur de moi-même, j’en ai oublié cette débile. Sa coloc’ chelou qui se lave à moins d’un mètre de nous. J’attrape le gel douche et le jette en l’air. Son atterrissage se fait dans la cabine d’à côté.
— Aïe ! Cassie !
— Désoléééeee...
Je souris dans son cou en la mordant. Ses doigts viennent tirer mes cheveux quand ma bouche descend pour jouer avec ses seins et lécher ses tétons qui durcissent à mon contact. Cette nana est trop bonne, incapable de me passer d’elle, j’en veux toujours, encore et encore et je lui fais bien sentir en accélérant le rythme.
— Je ne pense pas rester très tard, demain ma mère me récupère à dix heures.
La ferme ! Heureusement que ma bite coopère pour le moment, sinon j’aurais l’air d’un con.
— Dis-lui de se taire, chaton !
Ma voix n’est qu’un souffle dans l’oreille de celle qui est en train de prendre son pied.
— Je ne peux pas faire ça.
Lui donnant un coup de hanche plus fort, elle tente de prendre une voix normale, mais c’est un échec et ça me fait sourire.
— Oliviaaa, chuuut, gémit-elle.
Sauf que « la chose » continue de débiter des conneries pendant que je donne tout à ma nana.
— Je suis désolée de te dire cela, mais ton petit ami, chaque fois que je le vois avec son jean déchiré, j’ai envie de lui recoudre. C’est bizarre que le corps enseignant accepte une telle tenue vestimentaire.
Sans quitter la bouche de Cass, j’attrape le shampoing et même sentence qu’avec le gel douche, en y mettant plus de force cette fois.
— Aïe ! Mais pourquoi tu fais ça ? Je l’ai pris sur la tête, encore ! Excuse-moi, ce n’était pas méchant, je ne voulais pas te froisser.
— Ça va, c’est bon, Olivia, tonne Cassie. Tais-toi, aaaah !
Dans un dernier coup de hanche, j’explose en elle et la regarde jouir en même temps. Elle est magnifique.
— On sort ?
— Deux minutes, Olivia.
Pantelante, Cassie m’embrasse une dernière fois avant que je m’évapore. Je passe juste mon jean, je prends le reste et me tire vers sa chambre. Trempé de la tête aux pieds, je balance mes pompes en arrivant dans la piaule et parcours la commode à la recherche d’une serviette, sous le regard insistant de mes potes.
— Et donc, je suppose que tu as croisé Cassie..., pouffe Sandro. Elles arrivent bientôt ?
— Ouais.
— Comment je t’envie, toi. Je n’ai jamais réussi à en traîner une sous la douche avec moi.
J’ignore Tyler et me focalise sur ce bruit de fond que j’entends.
— C’est le portable à qui ça ? les interrogé-je.
— Ta meuf. Ça vient de son sac, c’est au moins la quatrième fois que ça sonne.
Je me lève et fouille dans son bordel pour prendre son téléphone. Tout un merdier de fille là-dedans. Je tombe sur le papier froissé. D’une main, je réponds quand je vois la gueule d’Ethan sur l’écran, et saisis le papier dans l’autre que je fourre dans ma poche. J’ai trouvé comment améliorer mes petits dessins avant de venir.
— Ouais ?
— Ah... Euh, Hayden, c’est toi ? s’étonne la voix d’Ethan au bout du fil.
— Non, c’est le père Noël, Ducon !
— C’est bon, je vois Cassie.
Et il raccroche. Comment ça, il voit Cassie ? La porte s’ouvre sur Ethan, ma nana qui est sublime et « la chose ». Cass a attaché ses cheveux en une espèce de coiffure de mariée et mis cette robe bleu électrique que j’adore. Trop canon. Ty, quant à lui, est sous le charme d’Olivia tant il la dévisage. Je dois dire qu’elle a fait un effort, elle est déjà plus présentable. C’est l’œuvre de ma Cassie, ça, et je reconnais sa robe noire, elle lui va mille fois moins bien, c’est un fait. Mais si elle se laisse emballer, je suis foutu, ce crétin est capable de tout pour ma sentence.
— Tu es magnifique, chaton. Allez, on se tire puisqu’un certain spécimen ne doit pas se coucher trop tard, me moqué-je.
Cass me fait des gros yeux alors que Robocop ne semble pas avoir entendu. Gourde.
On sort vite de la piaule, et le gardien nous fait face dans le hall. Eh merde. Cassie serre un peu plus ma main dans la sienne en me faisant signe de me taire. J’ai rien dit encore !
— Eh bien, nous avons là beaucoup de personnes masculines.
Cassie prend la parole avant que je l’ouvre. C’est con, j’avais une bonne réplique.
— Ils sont gentiment venus nous chercher pour la dernière soirée avant les vacances.
Le type de la sécu lui sourit et lui fait un clin d’œil. Oh ! C’est mon truc, ça, connard !
— C’est bien de voir qu’il y a des étudiants galants ici. Amusez-vous bien, bonne soirée.
C’est tout ? Putain ! Et moi, je n’ai jamais le droit de rentrer. Cassie le remercie et il nous arrête avant que l’on passe la porte.
— Nous sommes d’accord que c’est exceptionnel, je ne tolérerai pas une prochaine visite de votre part, les gars.
Cette fois, je l’ouvre.
— Soyez-en certain, ironisé-je. On n’est pas du genre à enfreindre les règles d’habitude.
J’affiche un sourire insolent. Il me regarde de haut en bas en fronçant les sourcils, puis sort un journal de sa poche et part s’asseoir derrière son comptoir de merde.
Cass me pousse vers la sortie en se retenant de rire.
***
La fraternité est blindée, comme d’hab. Ty a déjà mis son plan à exécution en passant son bras autour des épaules d’Olivia qui marche raide comme un piquet. Bordel, qu’elle me fait honte. Il ralentit le pas, attendant que nous arrivions à sa hauteur.
— J’ai trouvé, mon pote, me chuchote-t-il. Prépare-toi parce que dans moins d’un quart d’heure, l’affaire est réglée. Elle me dévore des yeux.
Cassie, qui semble intéressée par les messes basses de Ty, fronce les sourcils, je l’ignore et elle n’insiste pas. Nous nous installons sur un canapé et Sandro rapproche deux fauteuils.
Lorsque Cassie part récupérer à boire, je plonge ma main dans ma poche et tire le papier tout en cherchant un stylo dans son sac. Quand je le défroisse, mon sang ne fait qu’un tour. Ce n’est pas mon dessin. Qu’est-ce que c’est que cette merde ? Ni une ni deux, je pars à sa rencontre. Quand je la vois avec son gobelet, je lui arrache des mains, le pose sur une table et l’entraîne dehors. Surprise, elle se laisse faire non sans afficher une expression de peur.
— Hayden, qu’est-ce qui se passe ?
— Pourquoi tu ne m’as pas parlé de ce mot ?
Je lui agite sous les yeux. Elle devient transparente et très vite, une larme roule sur sa joue. Je me radoucis et l’essuie avec mon pouce.
— Bébé, pourquoi tu m’as rien dit ?
— Parce que j’avais peur que tu pètes un plomb et que l’on se fasse renvoyer tous les deux.
— Qui est le bâtard qui t’a donné ça ?
— Un mec, mais il faisait juste passer le message. On nous a vus, Hayden, j’ai envie de hurler et...
Elle tremble, je l’attire contre mon torse.
— Chut, arrête de pleurer. Je vais arranger ça, je te jure que, qui que ça puisse être, je vais le saigner. Personne n’arrivera à nous séparer, personne, chaton. T’as ma parole.
Elle finit par se détendre dans mes bras. Moi, j’ai des envies de meurtre et le fait de ne pas savoir qui c’est attise ma colère, mais je prends sur moi et me calme petit à petit quand elle me caresse le dos.
— Promets-moi que tu ne vas pas t’énerver ce soir, s’enquiert-elle avec peur. J’ai envie de décompresser.
— Juré, la rassuré-je. Allez, rejoignons les autres.
Vu le monde qu’il y a, je ne vais pas les défoncer un par un jusqu’à tomber sur le bon.
Quelques instants plus tard, je surprends Tyler au téléphone avec Doreen à lui demander de ramener ce qu’il faut. L’enfoiré, j’ai compris direct...
— Cass, tu veux pas emmener Robocop danser ?
— Non, je préfère rester ici.
Eh merde... Elle se colle un peu plus à moi, et resserre ses bras autour de mon cou. Je n’ai pas d’autre choix que de l’attirer sur mes genoux, tout en ne lâchant pas des yeux mon abruti de pote et son sourire mielleux. Robocop sans déconner, c’est qu’elle se rapproche de plus en plus de lui, et parti comme c’est là, il va la ramener à l’appart’ ce soir, et on va se la coltiner au petit-déjeuner demain matin. Oh, non, non. Imaginez la tronche de Gollum... Eh bien, elle doit ressembler à ça au réveil. Mon pote en a serré des horreurs, comme celle qui ressemble à Arlequin, mais là, Olivia a la palme. OK, je suis méchant, j’abuse un peu, mais je suis Hayden Calaann, il ne faut pas l’oublier. Je plonge mon nez dans les cheveux de Cass et en respire le parfum d’abricot qui s’en dégage en fermant un instant les paupières pour apprécier ce moment à fond.
— Euuhh ! Tu as vu ça, Hayden ? s’insurge Cassie.
— Hein ?
Je reporte vivement mon attention sur Tyler. Je vais gerber, je le sens. J’ai perdu et pire encore, il est à deux doigts de la niquer sur le canapé.
Mon pote se détache enfin d’elle pour venir vers moi et me faire un signe de tête pour que je le suive.
— Tu vas où ?
— Je reviens, bébé, j’en ai pas pour longtemps. Tu restes avec Sandro et Ethan. Je déconne pas, la mets-je en garde.
— D’accord.
Si elle me suit et qu’elle me voit avec Doreen, je suis mort.
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