Révélations (Surf on love) (French Edition)

Lucie Mimi · Chapitre 21 sur 41

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Révélations (Surf on love) (French Edition)

Chapitre 21

 

 

Il est huit heures lorsque j’émerge. La place à côté de moi est restée désespérément vide. Hayden n’est pas monté se coucher. Je n’ose pas imaginer dans quel état ils ont terminé cette soirée. Mes doutes se confirment quand je les aperçois dans le salon, chacun allongé sur un canapé. Hayden a la bouche entrouverte, son bras derrière la tête, une guirlande en guise d’écharpe et les pieds croisés sur la table basse. Pitt, lui, c’est plus drôle, il est étalé de tout son long, ligoté comme un saucisson avec la guirlande à LED du sapin qui clignote, assortie à une boule bleue à chaque oreille. Hayden et ses conneries... Résultat, quand je jette un œil à l’arbre de Noël, il ne ressemble plus à rien, la moitié des décorations sont par terre. Ils ont bien dû se marrer tous les deux. Je rassemble les cartes et les jetons éparpillés un peu partout jusqu’à en retrouver sur le lustre, et débarrasse les bouteilles vides. Je suis vite rejointe par Rita et Ethan, qui m’aident à ranger le salon sens dessus dessous. Je m’adresse à mon demi-frère.

— À ton avis, qui a gagné ? le questionné-je avec crainte.

— Aucune idée. Avec un peu de chance, ils ne s’en souviendront pas.

— J’espère...

— C’est moi qui ai gagné !

Nous nous retournons vers Rita, choqués.

— Oui, c’est moi, jubile-t-elle. Je suis une excellente joueuse, je n’arrivais pas à dormir, je suis descendue et j’ai rejoint la partie, je leur ai pris tout l’argent qu’ils avaient sur eux. Je n’ai pas besoin de bar en bord de mer ni de voiture puissante et encore moins d’une moto aussi trafiquée.

— Bravo à vous, Rita.

Son air fier de vainqueur nous amuse.

— J’ai une idée pour réveiller ton mec, me balance Ethan en se frottant les mains.

Un large sourire malicieux s’étire sur ses lèvres.

— Attention à ce que tu vas faire sous peine de le regretter. Crois-moi, le matin, il vaut mieux ne pas le chercher.

— Je prends le risque, c’est trop tentant.

Ethan enfile ses gants dans l’entrée et sort.

Le reste du chalet dort encore. Avec Rita, nous continuons de remettre le salon en ordre, ce qui ne dérange pas les deux qui ronflent toujours, quand je vois Ethan se ramener les bras chargés de neige. Rita explose de rire en plaquant sa main devant sa bouche. J’interviens.

— Ethan, non !

Trop tard. La poudreuse vient se déverser sur le visage d’Hayden qui se redresse d’un bond en l’évacuant rageusement avec son bras.

— Espèce de bâtard ! s’écrie-t-il.

Il ne lui faut pas longtemps pour l’attraper par le col et le traîner jusqu’à dehors.

Tout en courant derrière eux, je tente de le raisonner.

— Vas-y tranquille, s’il te plaît.

Bien sûr, mes paroles glissent comme de l’air dans ses oreilles, et Ethan se retrouve la tête enfouie dans la glace en le suppliant d’arrêter tant son visage le pique. Hayden le libère, mon demi-frère enchérit. Je fais demi-tour et les laisse se débrouiller.

Quelques minutes plus tard, alors que je suis en train de m’habiller dans la chambre, j’aperçois à travers la fenêtre de gros flocons tomber. Avec les montagnes en face, c’est magnifique. J’aime beaucoup cet endroit. J’enfile mon pantalon de ski et passe ma polaire. En sortant sur le palier, je croise Ethan.

— Tu viens avec moi dehors faire une bataille ?

— Non merci, pouffe-t-il. J’ai déjà eu mon compte.

— Tu l’as cherché, allez, faut en profiter.

Après qu’il a cédé, nous nous retrouvons devant le chalet à nous amuser comme deux enfants. Mais lorsque j’aperçois Joyce sur le perron dans sa tenue de ski rouge, je perds mon sourire. Je l’ignore et continue d’envoyer des boules à Ethan. Alors qu’il est face à moi, une force me plaque par-derrière et je suis soudain violemment projetée au sol. Manque de bol, mon coccyx a tapé dans quelque chose de dur. 

— J’ai gagné ! jubile Joyce.

— Ce n’est pas un combat de catch ! crié-je en frottant le bas de mon dos.

— C’est pour te montrer que je peux t’écraser quand je veux, rétorque-t-elle en me faisant un clin d’œil.

Ethan, à qui cela n’a pas échappé, vient m’aider à me relever.

— Ça va ?

— Oui, merci.

Je me débarrasse de la poudreuse qui recouvre mes vêtements et avec Ethan, nous en recevons tous les deux derrière la tête. Joyce se défoule sur nous à coups de boules de neige. Ethan réplique et rit. Je n’ai plus envie de jouer avec elle dans les parages. Je commence à rentrer et me masse les reins. Et cette fois, c’est un projectile de glace bien trop compacte qui vient s’écraser sur mon arcade. Là, c’en est trop, je ne laisserai pas passer cet acte. La douleur me fait sortir de mes gonds. Jumelle ou pas, elle ne me piétinera pas.

— C’est quoi ton problème, espèce de conne ? hurlé-je.

— Oh, ça va, détends-toi, Wilt, c’est pour rire.

— Je n’ai pas envie de plaisanter avec toi, ne t’avise pas de recommencer, c’est clair ?

Dans un accès de rage, je la prends par les épaules et en un mouvement, la projette au sol avant de faire demi-tour pour rentrer. Sauf qu’Hayden, qui a visiblement assisté à la scène, est sur le perron avec un café dans les mains. Il fronce les sourcils. Je le contourne et entre dans la maison en le bousculant par inadvertance. Je suis vite stoppée dans mon élan par ses doigts qui m’agrippe le bras.

— Oh, il se passe quoi, là ?

Son ton est cinglant.

— Rien, on s’amusait, c’est tout, réponds-je en soutenant son regard noir.

— J’en ai pas l’impression, tu saignes et t’as été violente avec elle.

Hayden pointe mon œil. Mon index récolte un peu de sang sur l’arcade.

— Ça va, c’est rien.

Sans me laisser le choix, il me pousse jusqu’à la cuisine en demandant à Rita un pansement. Ses gestes sur ma plaie ne sont pas très doux, j’ai la sensation qu’il le fait exprès. Je grimace et recule ma tête de ses doigts.

— Arrête, tu me fais mal. 

— Démerde-toi ! crache-t-il en balançant le coton imbibé d’antiseptique avant de quitter la pièce.

Cette journée commence super bien ! Allez, courage ! Encore quelques jours à tenir. Je le rattrape et me plante devant lui.

— Qu’est-ce que tu as ?

Agacé, il soupire avec force.

— Quatre choses !

— Lesquelles ? m’enquiers-je.

— Mauvais réveil, j’ai mal au crâne, ça ne me plaît pas que tu te battes avec ma sœur et, celle qui m’emmerde le plus, j’ai pas eu mon bisou.

— Pour la dernière, je peux arranger ça.

Je me hisse sur la pointe des pieds et lui en dépose un au coin de la bouche.

— Et les trois autres ? bougonne-t-il.

— Eh bien, pour Ethan, tu as récolté ce que tu as semé depuis la rentrée. Ensuite, tu n’aurais pas dû boire autant de champagne hier soir, ça, j’y suis pour rien. Et pour Joyce, laisse tomber, ce n’est rien.

— Hum... Pardon de ne pas avoir été tendre.

— Oui, c’est pas cool, je ne te le fais pas dire.

Je lui fais une grimace et passe mes bras autour de sa taille.

Joyce et Ethan tapent la neige de leurs bottes sur le paillasson.

— La prochaine fois, évite de tuer ma copine, met-il en garde sa sœur d’un ton sec.

— Je suis désolée, Cassie, je ne voulais pas.

Connasse.

C’est si facile pour elle de faire comme si de rien était devant son jumeau, elle me dégoûte. Hayden se détache de moi en m’observant avec insistance. 

Il ne s’attend pas à ce que je m’excuse tout de même ? Elle en profite de ce qu’il a les yeux rivés sur moi pour me faire un sourire mauvais.

Je l’ignore et préfère m’éclipser. Sa voix retentit lorsque je grimpe les escaliers.

— Tout le monde dans le séjour à dix-sept heures ! s’égosille-t-elle, se fichant du reste de la maison qui dort. J’ai pas encore offert mon cadeau à Hayd.

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