Révélations (Surf on love) (French Edition)

Lucie Mimi · Chapitre 19 sur 41

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Révélations (Surf on love) (French Edition)

Chapitre 19

 

Toujours bouleversée par les événements de la veille, je rumine, allongée sur le lit d’Hayden pendant qu’ils sont tous, excepté lui, partis se promener au bord du lac. Il déboule dans la chambre torse nu, vêtu d’un pantalon de ski noir. Il est revenu il y a une vingtaine de minutes d’une sortie snowboard en solitaire. Pour ma part, j’ai préféré me reposer. Il se jette sur le matelas à mes côtés. Avec bienveillance, il me caresse la joue tout en plongeant ses yeux dans les miens.

— Dis-moi maintenant ce qui te tracasse, chaton.

C’est sa seconde tentative à mon égard.

— Rien de spécial, mens-je.

Mais il n’est pas dupe, ses paupières se plissent et alors qu’il cherche à m’analyser, je détourne le regard en pivotant la tête. Il dépose un baiser sur mes lèvres, et pour capter mon attention, s’assoit à califourchon sur moi en ramenant mon menton dans son axe pour lui faire face. Mes yeux se posent d’office sur son corps musclé, en particulier sur ses obliques.

— Arrête de mater, plaisante-t-il en contractant ses abdominaux pour se faire mousser.

Mon index vient appuyer sur ses tablettes.

— Tu forces au maximum, là ? le nargué-je.

Il arque un sourcil avant de coller son torse contre le mien. Sa bouche à deux centimètres de la mienne, il me chuchote d’un air espiègle :

— T’es trop méchante avec moi, Cassandra.

Il conclut par un clin d’œil. Faussement agacée, je le repousse, mais il me plaque aussitôt comme une crêpe au matelas en criant victoire. Je ris, lui aussi, et nous nous chamaillons dans la bonne humeur entre bataille de coussins et autre corps-à-corps.

Avoir gagné au jeu des chatouilles me donne chaud, je m’assois sur le lit et retire ma polaire. Mon top vient avec, je tire dessus pour le baisser, mais Hayden m’en empêche en le soulevant avec le reste pour le balancer dans la pièce. Nos expressions redevenues sérieuses, il attrape ma nuque pour me rapprocher de lui tout en s’allongeant sur le dos. Ma poitrine s’aimante à la sienne et mes lèvres trouvent sa bouche pour un baiser passionné. Nous basculons et maintenant au-dessus de moi, il déboutonne mon pantalon.

— Attends, non.

Il s’arrête et m’observe.

— T’as pas envie ?

— Si, mais ils ne vont pas tarder à revenir et nous chercher partout.

Et les bruits qu’on entend nous indiquent que j’avais raison : ils sont rentrés.

Dépité, Hayden enfouit son visage dans mon cou en grognant. Puis il relève la tête, les yeux brûlants de désir.

— On est plus des mômes et ils savent qu’ils ont interdiction de mettre un pied dans ma chambre, énonce-t-il, un sourire en coin, tout en caressant ma joue. À nous d’être discrets.

Je lui rends son sourire et l’attire un peu plus vers moi. On frappe à la porte et la poignée se tourne en même temps, nous laissant juste le temps de cacher nos corps à moitié nus sous la couette. Et alors que je suis coincé sous Hayden, sa tête dépassant du tissu, la voix d’Ethan s’élève dans la pièce.

— Cassie est là ?

— Eh, mais toi, t’as un grain ! lui crache Hayden sans bouger. Tu ne peux pas attendre que je te donne la permission avant d’entrer ? Personne ne vient dans ma piaule, bordel de merde !

Discrètement, je place ma main sur les fesses musclées d’Hayden et le pince. Il se tord et tousse pour étouffer un cri.

— Ne t’énerve pas. Excuse-moi, je ne savais pas, répond Ethan, je cherche juste Cassie.

— Dégage maintenant ! Tu vois bien qu’elle n’est pas là, elle est en bas.

— Tu fais quoi au lit à cette heure-là, tu es malade ?

Je laisse ma main au cas où il sortirait encore une connerie à mon demi-frère.

— Je me repose parce que tu me fatigues, souffle mon homme. Au revoir !

Son poids toujours sur mon corps me confirme qu’Ethan n’est pas parti et les voix dans le couloir ne me rassurent pas, je commence à étouffer.

— Ah, Hayden, tu es là... Tout va bien ? 

Sa mère, maintenant... Seigneur.... Nous allons vraiment organiser une réunion de famille ici ?

— Jusqu’à ce que tout le monde se pointe, ouais ! Qu’est-ce que tu veux ?

— Ce ne serait pas plus efficace de faire des pompes au sol ? l’interroge-t-elle.

— Nan, regarde, ça marche bien comme ça aussi, se moque-t-il.

Son corps se plaque un peu plus sur le mien puis se soulève légèrement.

Il m’écrase, il ne m’écrase plus, il m’écrase, il ne m’écrase plus... Grrrrrr, je le déteste !

— Donc, je réitère ma question, reprend Hayden, qu’est-ce que tu veux, maman ?

— Que tu t’occupes de remettre du bois dans la cheminée.

— OK, du balai, j’arrive !

— Où est Cassie ?

Maman ? Mais non, ce n’est pas possible !

— Sous la douche, Abby ! tonne Hayden.

— Non. J’en sors.

— Eh ben, j’en sais rien, peut-être en bas alors.

C’est malin. Un coup je suis au rez-de-chaussée, un coup dans la salle de bains, merci la honte. Les injures que j’entends au même moment m’indiquent qu’Ely est sur le point de se joindre à nous. C’est merveilleux, je vais mourir d’étouffement.

— Oh, Hayden, je crois que j’ai fait une connerie ! s’exclame-t-elle, paniquée. J’ai voulu prendre une nouvelle application et maintenant, l’écran de mon téléphone clignote.

— C’est ta tronche de cafard que je vais écraser qui va clignoter si tu ne sors pas tout de suite de ma putain de piaule ! Tirez-vous tous de là, bordel ! 

La porte se referme enfin et Hayden s’écarte vite pour me laisser respirer.

— Désolé, s’excuse-t-il, mais ton demi-frère est un abruti fini !

Je le fusille du regard en mordant ma joue pendant qu’il enfile un tee-shirt. Il se ravise.

— Ethan est... ce qu’il est. Je t’aime, beauté.

— Hum... Allez, descendons, déclaré-je, en passant ma polaire.

Mais il se rassoit sur le lit, et tapote le matelas en passant une main dans ses cheveux.

— Avant, tu me dis ce qui va pas, chaton. J’ai pas oublié. 

Face à son air déterminé, mes épaules s’affaissent et je prends place à ses côtés avant de me lancer.

— Ton grand-père…, lâché-je. Quand tu étais petit. Ça me mine et c’est de ça qu’on parlait avec ta mère.

— Oh ! Tu ne m’en veux pas de ne pas t’en avoir parlé ?

C’était plus facile que je n’aurais cru.

— Non. Je comprends. En fait, je suis désolée pour toi.

— Ne le sois pas, je me suis endurci au fil des années. Le point positif, c’est que maintenant, j’emmerde tous ceux qui me veulent du mal et je me laisse plus faire.

— Justement, c’est horrible, je ne sais pas comment tu fais. Je comprends mieux pourquoi tu as toute cette violence en toi et ce besoin d’extérioriser. Mais je ne cautionne toujours pas que tu te battes avec des gens.

— C’est pour ça que je fais de la boxe, me confie-t-il en caressant mon bras. Ça m’aide, et je me bats que quand c’est nécessaire. Ça va te paraître hard, mais je suis content que ce connard de vieux soit mort.

— Ce n’est pas moi qui dirai le contraire.

Il m’embrasse le front et m’attire contre lui.

— Et encore, ma mère ne sait pas tout. Je ne lui ai jamais avoué qu’une fois, il m’a collé la raclée du siècle parce que je pleurais trop fort depuis la cave, que ça le dérangeait comme il avait son bureau juste au-dessus, pour te donner un peu plus une idée de quel bâtard il pouvait être. C’est pour cette raison que je déteste Fallon. Quoi qu’elle ait pu dire, elle était complice.

Mon Dieu, quelle horreur ! Comment peut-on s’en prendre à un enfant ?

— Moi aussi, je la hais, la vieille bique ! râlé-je.

Hayden me sourit et de son pouce, essuie une larme sur ma joue.

— J’en ai voulu pendant longtemps à mes parents aussi. Mon père parce qu’il n’était jamais présent pour le voir, j’ai cru qu’il m’abandonnait à mon propre sort et ma mère qui me laissait là-bas alors que je ne voulais plus y retourner, mais j’étais incapable de lui dire pourquoi à cause de ce connard qui me tétanisait. S’il n’avait pas eu son malaise cardiaque, il n’aurait vécu que quelques années de plus, jusqu’à ce que j’aie assez de force pour lui faire payer personnellement tout ce qu’il m’a fait.

— Et tu serais allé en prison, et on ne se serait jamais rencontrés.

— Nan, je me serais tiré avant que les flics me chopent et je me serais barré à l’autre bout du monde, genre à San Diego. Tu m’aurais maté sur la plage. J’aurais bavé en train de te regarder surfer, on aurait fait l’amour et on en serait au même point parce que l’on ne peut pas se passer l’un de l’autre.

Il a le mérite de me faire sourire encore dans un moment improbable, c’est ce que je préfère chez lui.

— San Diego n’est pas à l’autre bout du monde et j’ajoute que c’est bien mieux que Santa Clara. Rien n’est plus beau qu’Oceanside, Calaann.

— Si. Toi !

— C’est mignon, dis-moi, je le prends comme un compliment même si tu me compares à un lieu.

— Parfaitement. Tu es mon océan de bonheur, et la galaxie de mon cœur.

Je laisse échapper un cri moqueur et lève les yeux au ciel.

— Qui êtes-vous ? Qu’avez-vous fait d’Hayden ?

— Il est mort pour toi parce que tu as pris son cœur, énonce-t-il, sérieux.

J’explose de rire et pose ma main sur son front pour évaluer sa fièvre.

— Beaucoup trop malade de toi, bébé. C’est incurable, je crois.

— Tu fais très peur à parler comme ça.

— Je suis toujours le même, je suis juste putain de bordel de merde amoureux.

— Ah, là, je te reconnais bien ! C’était trop beau pour être vrai.

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