Révélations (Surf on love) (French Edition)

Lucie Mimi · Chapitre 40 sur 41

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Révélations (Surf on love) (French Edition)

Chapitre 40

 

 

Hayden

 

Bientôt trois heures que j’attends comme un con devant le garage de ma pote Judy, pour qu’elle change mes pneus. Lorsque je la vois arriver, j’essaie de contenir ma colère. C’est peine perdue.

— Bordel, mais t’étais où ? lui sauté-je dessus. Non, mais toi, je te jure, t’es pire que moi !

— Oh, calme-toi, Hayden, je te l’ai dit, ma baby-sitter n’était pas dispo pour garder mon fils, je ne suis pas à ton service ! Tu ne pouvais pas y penser avant ? réplique-t-elle en déverrouillant la grande porte métallique. J’ai pas que ça à foutre de revenir au boulot à cette heure-ci. La prochaine fois, pointe-toi pendant mes heures de travail.

— Tu m’as rien dit du tout ! Je t’ai envoyé un message avant de partir de chez moi pour te prévenir que je venais.

— Ouais et je t’ai répondu que je ne pouvais pas être là avant quelques heures. Tu verras quand t’auras ton marmot, tu ne pourras plus faire ce que tu veux quand tu veux.

— J’ai oublié mon portable, bougonné-je en descendant de ma moto. Mes potes m’attendent et j’imagine pas dans quel état est ma nana à l’heure qu’il est, elle doit être morte d’inquiétude, car je suis pas présent sur le campus.

— C’est pas mon problème, ça. Fous ta bécane ici, déclare-t-elle en désignant un coin libre à l’intérieur du hangar.

Judy a raison et ça me gonfle. Cette gonzesse a trop de caractère, mais je l’aime bien quand même. Je pousse la moto jusque dans le garage et m’allume une clope pendant qu’elle s’affaire à me monter des pneus neufs. Je prends son portable sur l’établi et appelle Cass.

— Faut pas te gêner ! me fait-elle remarquer.

Je lui fais signe de se taire. Ça sonne dans le vide. Super ! Elle fait la gueule, c’est certain.

— T’en mets un temps… Accélère, Judy !

— Ce que tu peux être chiant, trouve-toi un autre larbin la prochaine fois ! Pourquoi tu ne l’emmènes plus chez Jesse, ta bécane ?

Je grimace.

— Parce que j’adore te faire chier un samedi soir. Bon, c’est fini ?

— Ouais.

J’extirpe une poignée de billets de mon jean.

— Merci, t’es la meilleure. Tiens, avec ça, t’as largement de quoi payer ta baby-sitter.

— Waouh. Merci. Ramène-la samedi prochain, à ce prix-là, tu peux même venir tous les jours si tu veux.

— Rêve pas trop. C’est la dernière, après je ne sais pas si j’aurais le temps, mais t’inquiète, je te la redépose demain, car ce soir, je compte bien en profiter.

— Allez, barre-toi, Calaann.

— Ciao, la nerveuse, la salué-je en lui faisant un clin d’œil.

Je pars comme un cinglé, direction Stanford. Cinq minutes top chrono pour y arriver, et tous sont déjà très chauds. C’est blindé. Lorsque je me gare, je ne vois qu’Aaron qui me saute dessus alors que j’ai à peine retiré mon casque.

— Alors toi, t’es vraiment le dernier des connards ! m’invective-t-il.

Oh, oh, qu’est-ce qu’il a, lui ?

— Salut à toi aussi, Aaron, un plaisir de te voir.

Je me passe la main dans les cheveux et, avec violence, il me décroche un coup dans l’épaule.

— Hé ! craché-je en me redressant, le regard menaçant. Qu’est-ce...

— Cassie est à l’hosto ! me coupe-t-il en agitant les bras devant lui. Elle a failli accoucher sur le bitume, crétin ! T’étais où, putain ?

Eh merde, non !

— Qui est avec elle ?

— Ethan.

Génial...

Je redémarre et fonce vers l’hôpital. Un flash, deux flashs, trois flashs... J’ai pas vraiment le choix. Lorsque je déboule aux urgences de la maternité, Ethan est dans l’entrée en train de parler avec une nana en blouse rose.

— Ethan ! m’écrié-je en courant vers lui.

— Il est là ! C’est lui, le père.

Je lui fourre mon casque dans les mains et suis celle qui se présente comme étant une sage-femme.

— Préviens sa mère ! lui ordonné-je.

Tout va très vite. Lorsque nous approchons les salles d’accouchement et que j’entends un bébé pleurer, je me dis que je suis arrivé trop tard, et que je suis le dernier des enfoirés ! Cass va m’en vouloir à vie ! Elle m’a assez répété que je n’avais pas le droit à l’erreur sur ce coup-là.

— Par ici, monsieur, dépêchons !

La sage-femme attrape une espèce de blouse en papier sur un chariot dans le couloir, qu’elle me presse d’enfiler. Merde, le look de con avec ça... Et là, un hurlement perce à travers une porte. Pas de doute, c’est Cassie. Bordel, c’est inhumain de dérouiller comme ça. Ils sont en train de l’égorger ou quoi ? Quand j’entre dans la pièce, j’ai mal pour elle, la voir souffrir et toute transpirante me donne envie de lui prendre sa douleur.

— Je suis là, chaton, tout va bien, la rassuré-je en m’approchant d’elle et en attrapant sa main.

— Je te déteste, aïïïeee, je te hais, aaargggghhhh, je te déteste, je te hais, je te hais, je te haiiiis, yayaïïïïeee.

— Je sais, bébé, je sais, pardon, souffle, souffle. Encore. Doucement, tu me broies les doigts, là...

Son regard meurtrier parle pour elle. Elle s’est transformée en une hyène prête à me bouffer, je ne la reconnais plus. Un démon.

— Tais-toi, Calaann ! Ferme. Ta. bouche.

OK... Cette nana a une force semblable à la mienne, elle me déchire la main, le bras et tout ce qu’elle peut.

— Respire ! 

— Ferme-la ! Boucle-la... Oh, excuse-moi, se reprend-elle, dépitée, ce n’est pas contre toi. Je n’en peux plus.

— C’est pas grave. Insulte-moi autant que tu veux, si ça peut t’aider...

— Encore une dernière fois, mademoiselle, lui annonce la toubib, une ultime poussée et c’est fini.

Seulement, elle est à bout de forces.

— Allez, mon amour, donne tout ce que t’as. 

— Non, je ne peux plus. Je n’y parviendrai pas. C’est trop douloureux Hayden, je suis épuisée.

Elle continue de crier et ça me bousille de la voir comme ça.

— Regarde-moi. Cass. Je suis là. Tu vas y arriver parce que t’es la meilleure, bébé. Allez, ma guerrière, jusqu’au bout, tous les deux, après ce sera que du bonheur.

Dans un élan de courage qui me dépasse, elle trouve la force et je l’aide du mieux que je peux en lui soutenant la nuque. Je serre les dents et pousse en même temps qu’elle.

— Encore, encore, encore, encore…, l’encourage la sage-femme.

Putain, la pauvre, c’est trop long. La bonne femme ne s’arrête pas de la motiver jusqu’à ce qu’un petit cri strident résonne dans la pièce. Elle pose ce minuscule bébé, notre bébé, sur la poitrine de Cassie après l’avoir enveloppé comme un wrap. Waouh, bordel, c’est trop dingue ! Pas d’autres mots. Sans hésiter quand elle me le propose, je coupe le cordon.

— T’as été formidable, chaton, lui fais-je remarquer en lui épongeant le front.

— Toi aussi, sans toi, je n’aurais jamais réussi, réplique-t-elle, émue.

— Monsieur Calaann, vous venez avec nous ?

Je veux, oui ! Depuis le temps que je rêve de l’avoir sur mon torse pour le peau à peau.

Un bisou à ma future femme qui essuie mes joues mouillées avec son pouce en m’offrant son plus beau sourire, et je suis à la trace celle qui emmène ma minuscule progéniture dans une autre salle.

Elle sort deux bracelets en plastique et après y avoir inscrit son prénom dessus, le passe à son tout petit poignet et à sa cheville.

— 2 kilos 850 pour 49 centimètres, et déjà de la voix ! s’exclame l’infirmière.

— Et des cheveux ! Ça, c’est cool !

Je ne peux pas m’empêcher de les toucher pendant qu’elle l’examine en souriant.

Après un tas de tests qui confirme que tout va bien, je l’ai enfin contre moi. Magique... Je l’aime tellement, c’est indescriptible.

Et qui est-ce qui chiale plus que ce p’tit lézard ? C’est bibi.

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