Révélations (Surf on love) (French Edition)
Chapitre 26
Comme tous les soirs, le boucan reprend de plus belle sauf que je suis moins patiente que d’habitude. Les hormones sans doute. J’ai l’impression que ça provient de l’extérieur, on tape sur le mur, puis un coup dans le carreau de ma fenêtre de chambre me fait sursauter et je laisse tomber mon livre. Je n’ose pas m’approcher de peur que ce soit Cooper. Second coup dans la vitre, une main vient s’y plaquer et je la reconnais. Je me précipite vers celle-ci, Hayden est à bout de bras. Heureusement que nous sommes assez bas. Nous n’étions censés nous voir que demain matin, juste avant son départ pour Paris. C’est une belle surprise.
— Qu’est-ce que tu fais là ?
— Pousse-toi que je me hisse !
— Tu sais qu’il y a des portes ? lui fais-je remarquer en fronçant les sourcils.
— T’es mignonne, toi, je me suis fait choper par le gardien.
— Sérieux ?
— Ouais, deux fois. Du coup, la troisième, pas le choix que d’escalader, avoue-t-il en entrant.
— Je suis contente que tu sois là. Tu m’as manqué.
Ses bras se referment dans mon dos pour un câlin. De sentir son odeur me fait un bien fou.
— Toi aussi, tu m’as manqué, bébé.
— Tu restes dormir avec moi ? le questionné-je, pleine d’espoir.
Mais son visage négatif me prouve le contraire.
— Je peux pas, Cass, je venais juste te dire bonne nuit. J’ai pas d’affaires et Robocop ne va pas apprécier.
— S’il te plaît ? On ne va pas se voir pendant une semaine… et depuis quand tu te soucies de ce que les autres pensent ? insisté-je en faisant la lippe et en plongeant mon regard dans le sien.
— Arrête de faire ta tronche de chien battu. OK, je reste. Je suis un putain de canard avec toi.
— Pour mon plus grand bonheur !
Son doigt me tapote le nez.
— Elle est où, ta super coloc’ ? Partie manger de l’herbe ?
— Cesse d’être méchant avec elle. Olivia bosse dans une chambre à côté.
Un sourire s’étire sur son visage.
— Intéressant.
Rapidement, Hayden fait glisser le fauteuil en relevant ses mèches qui lui tombent sur le front.
— Pourquoi tu bloques la porte ?
— T’as souhaité que je reste, c’est ma dernière soirée avec toi, je ne tiens pas à ce qu’elle rentre quand je te ferai ce que j’ai en tête. Parce que crois-moi, je compte bien te montrer ce que tu vas louper en n’ayant pas voulu venir avec moi à Paris. Prends ça comme une anticipation, je ne vais pas pouvoir te faire l’amour pendant sept jours, alors j’espère que t’es en forme parce que moi, je le suis ! s’exclame-t-il, déterminé.
Oh la vache ! Victoire ! Les hormones aux taquets ainsi que les paroles d’Hayden font monter en moi une vague d’excitation puissante. Bien sûr que je le suis, trois jours que je n’attends que ça. Je lui arrache sa veste en un rien de temps et cale mes doigts dans ses cheveux tout doux en l’attirant contre moi et en l’embrassant avec fougue. Surpris, il se détache en passant sa langue sur ses lèvres, les yeux écarquillés tout en reprenant son souffle.
— Waouh ! T’es plus sauvage que jamais, qu’est-ce qui t’arrive ?
— Quoi, ça ne te plaît pas ?
— Si, mais...
— Alors, tais-toi et montre-moi ce que tu veux me faire.
Excité par mon audace, Hayden me plaque contre lui. Très vite, nos vêtements rejoignent le sol. Je le pousse sur mon lit et grimpe sur lui. Pas de préliminaires, j’ai besoin de le sentir en moi tout de suite. Il nous bascule en serrant mes poignets tout en les maintenant au-dessus de ma tête.
— J’ai bien compris que tu étais impatiente, mais ce soir, il va en être autrement.
Mon homme me fait son sourire charmeur et entame sa lente torture sensuelle. Il libère mes poignets et s’attardent sur mon corps en de fiévreuses caresses. Il prend bien son temps et ça me rend folle. Je lui agrippe le dos, quand il secoue le visage pour dire non.
— Garde tes mains au-dessus de ta tête.
Comme j’ai interdiction de le toucher, j’empoigne les draps et me tortille dans tous les sens, c’est un supplice, mon excitation redouble d’intensité et je veux le sentir en moi, bon sang !
— Hayden... J’ai trop envie, s’il te plaît...
Mais il ne m’écoute pas et préfère jouer avec mes nerfs. Sa langue dessine des ronds sur mon ventre, je me cambre et étouffe un petit cri.
— Ça te rend dingue, hein ? me questionne-t-il les yeux brûlants de désir.
— Ouiii...
— Je continue alors ?
— Ouiii... Non...
— Trop indécise, mon amour. Qu’est-ce que tu veux ? Un doigt ? Deux ?
Je place mes mains sur ses fesses et le plaque contre moi.
— Toi... Je te veux, toi...
Avec douceur, il s’introduit dans mon intimité.
— Comme ça ?
J’acquiesce.
Puis il s’immobilise.
Tout en remuant mon bassin d’avant en arrière pour faire bouger Hayden, j’enfonce mes ongles dans son dos. Il entreprend enfin ses mouvements. Lentement, beaucoup trop. Ma langue trouve la sienne et je lui montre que j’ai envie qu’il accélère le rythme, ce qu’il finit par faire avec passion. Chaque poussée en moi me fait gémir un peu plus, ce qui l’excite davantage. Mes paumes maintenant sur ses épaules, il se laisse faire quand je le bascule pour me retrouver à califourchon au-dessus de lui, nos corps ne formant toujours qu’un. Il se mord la lèvre inférieure, ses mains recouvrent mes seins tandis que les miennes caressent son torse ferme. Le sentir en moi est sur le point de me faire décoller.
— Je sais que t’en as envie, mais tu ne dois pas crier, pas ici.
Mes dents serrent mon poing pour m’en empêcher, mais dans un ultime coup de reins, je ne retiens plus rien et tout comme le sien, mon corps se contracte en explosant autour de lui.
Hayden cale une mèche de cheveux derrière mon oreille et je me fonds dans ses bras.
— Mhhh... En fait, j’adore les petits lits.
— Pas moi. Tu m’écrases, chaton, dit-il en riant.
À regret, je me lève et il se décale pour me laisser une place.
— Tu veux toujours pas venir avec moi à Paris ?
— Non, je ne peux pas.
À cet instant, mes émotions se mélangent entre le bien-être post-orgasmique et la tristesse qu’il m’abandonne demain, avec ses saloperies d’hormones en prime qui les décuplent. Les larmes me montent.
— Hé, pleure pas, chuchote-t-il en passant son pouce sur ma joue. Je ne suis pas encore parti, et tu me l’avais promis.
— Je n’y peux rien.
Une heure après avoir remis ça, Hayden s’est endormi et j’ai fini la tête dans les toilettes à rendre le dîner. Quand est-ce que ça va cesser ? J’ai lu sur Internet que certaines femmes étaient malades tout le long de leur grossesse. Vais-je en faire partie ? Je ne l’espère pas.
J’appréhende toujours de lui annoncer. Je ne sais jamais quand c’est le meilleur moment pour lui parler, ce qui me vaut un énième haut-le-cœur plus violent et bruyant cette fois, et mon estomac vide me tord les tripes.
— Bébé, ça va pas ?
Hayden, juste vêtu d’un boxer et les cheveux en pétard, a l’épaule qui repose contre le montant de la porte. Je tire la chasse d’eau et m’essuie la bouche avant de prendre ma brosse à dents.
— J’ai mangé il n’y a pas longtemps et avec ce que l’on vient de faire, ce n’est pas passé. Je ne voulais pas te réveiller.
— Si je te rends malade, on va arrêter de baiser.
En quelque sorte, on peut dire que c’est à cause de ce qu’on a fait il y a quelques semaines, oui !
— Jamais de la vie, plutôt mourir, lui avoué-je.
Hayden, une main sur le cœur, exagère le fait d’être soulagé en soupirant avant de me faire un clin d’œil. C’est la première fois qu’il m’entend vomir. Je sais que la prochaine fois, ça ne passera pas. Il va falloir que je lui parle, et vite. Je recrache le bain de bouche et pars me recoucher dans les bras de mon homme.
— Hayden ? Elle est comment ton humeur, là ? me renseigné-je en caressant son torse.
— À ton avis ? Elle n’a jamais été aussi bien, alors fais gaffe à ce que tu vas dire, répond-il, taquin.
OK, je me lance à mes risques et périls.
— Je crois que je sais qui m’en veut. À propos du mot que l’on m’a fait passer.
Comme si je l’avais brûlé, il se décale en m’observant avec attention.
— Qui dois-je exploser ?
— Justement… Ce n’est pas aussi simple.
— Qui, Cass ?
Ses yeux se sont assombris et son visage s’est fermé comme je m’y attendais.
— Il faut que tu m’écoutes parce que vraiment, c’est compliqué, Hayden.
Je joins mes mains et le supplie.
— Bébé... OK. Qui ?
Je prends une grande inspiration et lâche tout.
— Cooper.
— Putain ! J’avais pas pensé à lui. Aaaaaah, le bâtaaaard ! siffle-t-il entre ses dents, le poing dans sa bouche.
Je pose ma paume dessus dans l’espoir qu’il le desserre et se détende, mais il se redresse vite et attrape son jean qu’il enfile.
— Attends, je t’ai dit que ce n’était pas aussi simple, le retiens-je.
— Oh si, crois-moi, ça l’est ! Je vais aller le chercher dans sa fraternité et le dégommer !
— Non, tu ne vas rien faire parce que…
— T’as peur de te faire virer si on nous balance. Je sais, Cass ! s’emporte-t-il en agitant les bras. Davis ne le fera pas, c’est des paroles en l’air. Regarde le nombre de conneries que j’ai faites et je suis toujours là.
— Je ne parlais pas de ça. Je m’en fiche de ça, enfin pas vraiment, mais…
— Donc, tout va bien, déclare-t-il, maintenant penché et les mains sur le matelas. J’y vais, je lui mets une bonne raclée et je reviens.
Déterminé, il se redresse, passe son tee-shirt et ses Converse.
— Hayden, tu m’écoutes, bon sang ?
J’ai crié plus fort que je ne m’en serais cru capable, ce qui semble avoir l’effet escompté, il soupire et s’assoit face à moi sur le lit, la jambe tremblante d’énervement. Peu sereine, je me triture les doigts et me lance.
— Ma réconciliation avec Joyce... Cela ne s’est pas arrangé comme elle l’a prétendu. En fait, il se pourrait que ça ait empiré, même. Elle m’en veut toujours et compte bien me le faire payer.
Son visage se tend un peu plus.
— Tu déconnes, là ? Je la connais, OK, elle est encore un peu agacée, mais ça va lui passer, pourquoi elle a accepté de te rendre ta chambre dans ce cas ?
— Pour mieux me manipuler, elle est de mèche avec Cooper.
— Je peux pas croire ça, ils peuvent pas se blairer tous les deux, pourquoi tu me racontes ça ? Attends, t’es pas en train de me monter un truc pour que je choisisse mon camp dans vos embrouilles à la con ? Parce que je t’arrête tout de suite, ça marchera pas, me prévient-il.
Le ton monte crescendo. Regrettant de bousiller cette belle soirée, je me masse les tempes.
— Tu ne me connais pas mieux que ça depuis le temps ? Tu crois que je te mène en bateau et que je te demanderais de choisir entre elle ou moi ?
— Pourquoi pas ? lâche-t-il à la hâte.
Oh.
— Putain, tu me dégoûtes, sérieux.
À mon tour, je me rhabille vite en vue d’aller faire un tour avant d’exploser de colère.
— Cass, attends ! m’arrête-t-il.
— Non, c’est bon, m’exprimé-je, dépitée et les larmes aux yeux. Je refusais de t’en parler parce que je savais que ça foutrait la merde. Joyce avait raison. Vous êtes tellement liés que maintenant, tu ne me crois pas. Tu doutes de moi.
Devant mon désarroi, il me tend sa main que je ne prends pas.
— Reste là, s’il te plaît. Excuse-moi. C’est pas ce que je voulais dire. J’avais pas l’intention de remettre ta parole en cause. Je suis en colère et je raconte de la merde. Ça me paraît juste bizarre que Joyce souhaite te pourrir la vie.
Je me rassois sur le lit quand il en fait de même.
— Je n’aurais pas cru non plus. Pourtant, c’est bien réel et je ne sais pas quoi faire.
— Tu ne fais rien, je comprends pas pourquoi elle s’est associée à lui ni quel est leur but, mais tu ne t’approches pas de Cooper. Je suis sérieux, Cass, pas de fêtes et tu ne restes pas seule à la fac. C’est clair ?
Je le sonde sans broncher. Impossible de lui avouer maintenant qu’ils sortent ensemble, Hayden va aller pourrir Cooper et je veux profiter de ma dernière soirée avec lui.
— Limpide, finis-je par déclarer. Je ne comptais pas assister à une fête de toute façon.
— Tant mieux ! Et demain, je vais arranger cette histoire avec Joyce de mon côté. Elle t’a dit quoi exactement ? Et n’essaies pas de me la faire à l’envers pour tempérer, il me faut la vérité. Toute la vérité. Tu m’entends ?
Tout se bouscule dans mon esprit.
— Qu’elle ferait tout pour m’éloigner de toi, que je ne te méritais pas. La boule de neige dans l’arcade, le selfie pour te faire péter un câble, tout ça, c’était voulu. Je crois que ça résume bien.
— C’est tout ce que tu sais ?
— Oui.
Menteuse !
— Bordel, elle a quoi dans le crâne..., souffle-t-il en se rongeant les ongles. Elle part en couille depuis qu’elle n’est plus avec Sandro.
— Tu as remarqué toi aussi ?
— Ouais. Ma frangine est bizarre, mais je pensais pas qu’elle serait capable de te faire… de nous faire une merde dans le genre.
— Moi non plus, soupiré-je.
— Je vais prévenir les gars, qu’ils aient un œil sur toi.
— Non. De toute façon, je ne pense pas qu’ils voudraient me protéger. Ça ne s’est toujours pas arrangé avec eux et je n’ai pas besoin d’être baby-sittée. Je peux me débrouiller seule.
— Je te rappelle que Cooper ne joue pas dans la même cour, c’est un vrai malade.
— Je ferai attention. Ne dis rien. Ce n’est pas la peine d’ameuter tout le campus, d’accord ? m’assuré-je en posant ma main sur la sienne.
— Mhhh...
— Hayden ?
— Pffff... OK.
— Merci. Je n’arrivais pas à le garder pour moi, j’avais trop peur d’une connerie et que l’un de nous pète un plomb pour quelque chose qui n’en vaut pas le coup.
— Ça ne se produira plus, ça, notre amour est plus fort que tout, me rassure-t-il en me prenant dans ses bras avant d’embrasser mon front.
— Je t’aime.
— Je t’aime encore plus.
— Impossible.
Quelques minutes plus tard, j’enfile mon pyjama, replie ses vêtements qu’il vient de laisser par terre et le rejoins dans mon lit minuscule, puis l’on s’endort l’un contre l’autre, épuisés.
Des coups frappés à la porte nous réveillent en sursaut.
— Putain, c’est quoi ce bordel ? demande-t-il, perdu.
La poignée se tourne avec insistance quand j’allume la lampe. Merde, Olivia !
Je saute du matelas et dégage le fauteuil qui bloque l’accès avant qu’elle ne réveille également le dortoir.
— Qu’est-ce qui se passe ici ? Pourquoi tu as fermé, Cassie ? m’interroge-t-elle en entrant.
— Salut, la chieuse ! s’exclame Hayden.
En grognant, je me retourne vers lui qui a les bras derrière la tête et le torse à moitié recouvert par les draps. Olivia le dévisage avec surprise. Lui semble vouloir se jouer d’elle pour la mettre un peu plus mal à l’aise. Il baisse les draps tout doucement pour dévoiler son corps nu en haussant à plusieurs reprises les sourcils sans la quitter du regard. Quand le tissu atteint le dessous de son nombril, je lui fais signe de s’arrêter là, ce qu’il fait, Dieu merci.
— OK, j’ai compris..., dit-elle, gênée. Ton petit ami va rester ici toute la nuit ?
— Bien sûr que je vais rester, quelle question ! T’es pas hyper intelligente comme... fille.
Il m’exaspère...
— Je suis désolée, Olivia, tu sais qu’Hayden part demain...
— D’accord, mais qu’il se retourne quand je sortirai de la salle de bains en pyjama, et tu éteins la lumière aussi.
J’acquiesce.
— Crois-moi, j’ai pas envie de voir ça !
Je le fusille du regard et vais me recoucher en appuyant sur le bouton de la petite lampe lorsque ma colocataire s’enferme dans les toilettes.
— Tu ne peux pas te taire deux minutes ?
— Ne me demande pas de me la fermer quand toi, tu cries alors que je t’en empêche, Cass.
— Hayden ! m’offusqué-je en lui assénant un coup d’oreiller. La différence, c’est que tu fais tout pour me faire crier alors ce n’est pas évident. Et cessons de parler de ça d’abord.
— Pourquoi ? Ne fais pas ta timide avec moi alors qu’au lit, tu ne l’es pas.
— Arrête !
— OK. N’empêche que j’ai raison et puis ça me plaît, j’adore que tu sois expressive, me fait-il remarquer.
Rouge vif. Telle doit être la couleur de mon visage en ce moment.
— Stop ! S’il te plaît. Elle ne va pas tarder à revenir.
N’ayant que faire de mes recommandations, il frappe trois coups dans la cloison au-dessus de la tête de lit pour s’adresser à Olivia.
— T’en mets un temps ! Il est en ferraille, ton pyjama ou quoi ?
— « Che me broche les dents. »
— On s’en fout ! s’écrie-t-il.
— Bon, ça suffit, Hayden ! Laisse-la tranquille ! Sinon, tu t’en vas.
— Tu oserais me flanquer dehors alors que je pars pour sept jours ? Sept longs jours ? Sept trèèèès longs jours ?
— Oui.
— Ah, merde.
Deux minutes plus tard, la porte des toilettes s’entrouvre.
— Cassie, tu as éteint ?
— Oui, j’ai même mis ma main sur ses yeux au cas où, tu peux aller te coucher.
À tâtons, Olivia traverse la petite chambre dans le noir avec pour seule lumière, la lueur de la lune à travers le store, sous les grognements d’Hayden.
— Tout droit.
Je l’aiguille comme je peux, c’est tordant. Et au bruit de ses pieds qui viennent choquer quelque chose, cela m’annonce qu’elle s’est pris les pattes dans les baskets de mon homme. Je retire ma main de son visage.
— Aaahh ! C’était quoi, ça ? J’ai marché sur quelque chose.
Hayden, qui se marre, tend le bras vers la lampe.
— Attends, j’allume ! se moque-t-il.
— Non ! s’écrie-t-elle.
— Si t’as bousillé mes Converse avec tes gros pieds palmés, ça va te coûter cher.
J’enfonce mon doigt sous ses côtes, il se tortille et pousse un cri.
— Tu es un personnage exécrable, lui fait remarquer Olivia en se couchant.
Je ris.
— Je serais toi, j’éviterais de me critiquer. Parce que quand on porte un pyjama aux imprimés de ratons laveurs, on n’est pas en mesure de la ramener. Et un conseil, ne mets pas ça devant Ty, si tu veux pas qu’il se barre en courant.
Elle rabat la couette un peu plus sur elle.
— Nous ne sommes plus ensemble. Tyler m’a quittée.
Mince, je suis triste pour elle.
— Oh, putain le soulagement ! s’exclame Hayden.
Au moment où ma coloc’ s’apprête à répliquer, j’interviens.
— Olivia, ça ne sert à rien de te battre contre lui, il aura toujours réponse à tout. Je suis désolée pour son comportement. Ignore-le. Tu devrais mettre ton casque audio et écouter ta musique pour t’endormir.
— Tu as raison. En plus, cet après-midi, j’ai acheté un nouveau CD sur un concerto de violoncelle, je n’ai pas encore eu l’occasion.
J’anticipe en plaquant ma main sur la bouche d’Hayden qui, mort de rire, était sur le point de sortir une belle connerie. Une de plus. Puis une fois calmé, il me chuchote à l’oreille :
— Elle, faut la mettre dans un musée. Elle ferait une bonne attraction.
Ses bêtises vont me manquer. J’évite de le suivre sur le sujet parce qu’il ferait une bonne attraction, lui aussi. Une semaine, ça va être long, beaucoup trop long. C’est le cœur serré que je m’endors.
OceanofPDF.com