Révélations (Surf on love) (French Edition)

Lucie Mimi · Chapitre 20 sur 41

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Révélations (Surf on love) (French Edition)

Chapitre 20

 

Ce matin, tout le monde est parti skier. Hayden et moi avons préféré faire du snowboard. Et si Joyce a insisté pour nous suivre, j’étais contente qu’elle abandonne vite, ne pouvant tenir la cadence à laquelle nous avons dévalé les pistes.

Il est midi. Après nous être changés, nous regagnons tous la salle à manger. Les plats que Megan dépose sur la grande table rustique sont tous aussi appétissants les uns que les autres. Une immense assiette de pommes de terre grenaille aillées, persillées, embaume la pièce et la dinde fumante dorée à souhait à côté me fait de l’œil.

— Tout d’abord, s’élève la voix de ma mère, nous tenions avec Pitt et Ethan, à vous remercier pour votre invitation et votre accueil si chaleureux.

Elle conclut ses paroles en tendant aux parents d’Hayden un gros paquet. Je sais ce qu’il y a dedans, j’y ai participé avec grand plaisir.

Megan, émue, déchire le papier avec délicatesse sous l’œil intrigué de son mari, et ne se fait pas prier pour ouvrir le carton contenant pas moins de quatre bouteilles de vin.

— C’est aussi de la part de Cassie, ajoute Pitt.

— Vous n’étiez pas obligés, merci à tous, nous remercient monsieur et madame Calaann, attendris par cette attention.

— Ah ben, c’est sûr que c’est toujours mieux qu’un pull fait main, intervient Hayden en jetant un regard à Rita.

Il fait référence aux cadeaux qu’elle a tricotés elle-même et offerts ce matin à Jack et Megan. Je soupire, gênée de sa réflexion.

— Il fut un temps où porter mes créations ne te dérangeait pas, lui fait-elle remarquer sur un ton tranchant.

— Je t’aime beaucoup, Rita, mais il est temps que tu saches que je me changeais une fois arrivé à l’école. Désolé, j’ai jamais été branché Bambi ni laine qui gratte.

Elle secoue la tête, en balayant les propos d’Hayden d’un revers de la main.

Nous remplissons nos assiettes, affamés. Jack est vite captivé par la carrière de ma mère, cherchant à en savoir toujours plus sur son parcours dans le monde du surf. Elle ne se fait pas prier pour lui raconter plein d’anecdotes, mais Hayden interrompt leur conversation.

— Tu repars quand, papa ?

— La semaine prochaine, un gros contrat à signer à Bangkok.

— Tu seras donc là demain, c’est bien la première fois qu’on va passer le jour de Noël tous réunis. Fantastique ! ironise-t-il.

Sa grand-mère lui lance un regard torve.

— Hayden, fais un effort et sois poli !

— Je t’ai rien demandé, Fallon ! Contente-toi de te concentrer sur ta viande, ce serait dommage que tu t’étouffes avec un os, la prévient-il, rendant Joyce et Ely hilares.

Face aux paroles d’Hayden, Pitt et ma mère manquent tous deux de s’étrangler. De mon côté, je viens d’avoir un choc, non pas que j’aurais préféré qu’il l’appelle la vieille bique, mais l’entendre nommer sa grand-mère par son prénom m’a surprise. Elle ne mérite pas qu’on l’appelle mamie. Ma conscience a raison. Je presse la cuisse d’Hayden pour qu’il se détende et très vite, sa main se pose sur la mienne et remonte ma robe. Je tente de faire diversion après le malaise.

— À quelle heure on ouvre les cadeaux ce soir ?

— Après le dessert ! s’exclame Megan.

— Non, c’est demain matin au lever normalement, répond Ethan, déçu.

— Ça va, t’es grand maintenant ! le reprend Hayden. Dans cette famille, tu apprendras qu’on ne fait rien comme personne. Tu vas quand même pas chialer pour ça ?

Trop, c’est trop ! Je retire sa main qui continue sa route pour lui montrer mon mécontentement. Pitt observe Hayden de travers tout en frottant son menton, puis il s’adresse à Ethan qui poursuit son repas comme si de rien n’était.

— Fils, ce serait bien que tu t’imposes un minimum.

— Je préfère laisser couler, papa. T’inquiète, répond-il en haussant les épaules.

— Ton père a raison, Ethan, intervient monsieur Calaann, ne te laisse pas impressionner par Hayden.

— Pitié, comme dirait Abby, rétorque ce dernier en riant, pas de procès ce soir, soyez cool avec moi, c’est les vacances. Et puis détendez-vous, je lui ferais jamais de mal à ce p’tit, il est attachant.

Hayden lui envoie un bisou pour conclure ses paroles, Ethan fait mine de l’attraper puis lui renvoie. L’assemblée s’esclaffe. Sauf ma mère qui secoue la tête. Elle vient de surprendre le majeur d’Hayden levé en direction de mon demi-frère.

— Je te tire mon chapeau, Megan, lui déclare-t-elle. Ça n’a pas dû être simple de l’élever, celui-là.

Madame Calaann se saisit de la bouteille de vin et remplit son verre en hochant la tête pour acquiescer.

— Cassie doit tenir de son père, je ne vois pas beaucoup de ressemblance physique entre vous. Parlez-nous de lui, Abby, balance Fallon à ma mère, ce qui a le mérite de me faire sursauter.

J’en laisse échapper mes couverts dans l’assiette. Comment ose-t-elle aborder le sujet de mon père après la dernière fois ? Je ressemble à ma mère, nous avons les mêmes yeux et le même nez, il faudrait être aveugle pour voir le contraire. J’empêche Hayden de parler en posant ma main là où il faut. C’est le seul moyen pour qu’il ne lui fasse pas manger la viande par le nez. Je l’enlève vite, sentant son jean se tendre, mais il la remet.

— Eh bien, en effet, Cassie a des airs de Tom, répond ma mère avec politesse. Elle tient plus de son caractère quand même.

— En tout cas, votre fille est charmante. Nous sommes contents qu’ils se soient choisis tous les deux.

La vieille bique en fait des tonnes, ça me désespère.

— Merci. J’ai beaucoup de chance, c’est vrai. Cassie est brillante et très studieuse, je n’ai pas de soucis à me faire là-dessus.

— Et elle est très sérieuse ! ajoute Megan.

Hayden, qui mord son pouce, se retient de rire en jetant un œil sur ma paume posée sur son entrejambe.

— Ah ouais, très très sérieuse. Jamais un pas de travers !

Je retire ma main et lui pince la cuisse. 

— Je vais chercher du bois. Tu viens m’aider, Cass ?

— Non !

— Allez, sois sérieuse comme tu sais si bien le faire, viens avec moi, me défie-t-il, le regard incandescent.

— Non, nous n’avons pas fini de manger. Le bois peut attendre, tu iras avec Ethan tout à l’heure. Sois sérieux toi aussi.

Je lui souris largement et termine mon assiette. Il abandonne.

Cassie : 1. Hayden : 0.

— Ah ! s’exclame soudain Megan en consultant son portable. Votre cousin a réservé un chalet en haut de la station pour les fêtes, il va venir nous rendre une petite visite en fin d’après-midi avec sa fille.

Tous se réjouissent. Tous, sauf Hayden.

***

Les hommes étant partis en ville pour finaliser leurs cadeaux de Noël, nous nous retrouvons entre femmes dans le salon à discuter, autour d’un chocolat chaud et d’une armée de biscuits épicés. L’ambiance est joyeuse et je suis détendue, j’ai pu faire la connaissance de Rita qui est une chouette personne.

Lorsque nous entendons des portières claquer, nous nous redressons. Ça ne peut pas être eux. Pas déjà. Ethan m’a envoyé un message il y a quelques minutes pour me dire qu’ils s’arrêtaient dans un bar pour boire une bière avant de rentrer. Joyce se lève pour aller ouvrir la porte.

Un homme entre dans le séjour avec un bébé dans les bras. Le fameux cousin. Il a une nette ressemblance avec Hayden sauf que ses cheveux sont un peu plus courts et qu’il a les yeux bleus. Il semble un poil plus vieux aussi. Megan le débarrasse de son gros sac rose et nous le présente, à ma mère et moi.

— Voici Lorenzo, mon neveu, et sa fille Léa. Cassie est la petite amie d’Hayden. Et là, c’est Abby, sa mère.

L’homme affiche une mine perplexe quand il s’avance vers moi pour me serrer la main.

— Enchanté, Cassie. Mon cousin est devenu sérieux ou...

— Non, je ne suis pas de passage, l’interromps-je, un brin vexée.

— Désolé, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire.

Ça y ressemblait ! 

Je me ressers un chocolat chaud puis attrape le premier magazine à côté de moi en les laissant à leur conversation sur la région. Le bébé passe de bras en bras et commence à s’agiter. Très vite, la petite Léa s’agace et nous perce les tympans. Quand son papa la reprend contre lui, elle se calme. Megan est en admiration devant Lorenzo. Fallon, elle, lassée des pleurs du nourrisson, s’éclipse en direction de l’étage en même temps qu’Ely.

— Tu es un super papa, déclare Megan.

Joyce, assise face à moi, ajoute son grain de sel.

— Un papa célibataire, surtout. Cassie, tu ne trouves pas qu’il ressemble à Hayden ?

Le cousin semble apprécier la référence. Je ne réponds pas et tourne un peu plus sèchement les pages du magazine.

— Tu me flattes, Joyce, je veux bien reconnaître que j’ai des airs de ton frère, mais il restera toujours le plus beau de la famille.

Ça, c’est clair !

— Je ne comprends pas pourquoi tu n’as toujours personne dans ta vie, Lorenzo, enchérit Joyce. J’espère que ton séjour ici va te faire rencontrer l’amour. Qui sait ? Une jolie nana aux yeux verts comme tu les aimes.

Un instant, je pense à lui sauter à la gorge et la massacrer. Et puis, je me reprends. Pas devant un enfant. Mais bon sang, quelle garce !

Lorenzo, qui ne semble pas avoir relevé tant il est concentré sur sa fille, plonge une main dans son sac et en sort un biberon qu’il agite devant nous.

— Laquelle de vous aurait envie de s’y coller ? Avec autant de personnes disponibles, ce serait dommage que je n’en profite pas.

— Cassie ! s’écrie Joyce.

À la vitesse dont ma tête se tourne vers elle, j’aurais pu me faire un torticolis.

— Je... Je passe mon tour, bredouillé-je.

Mais Lorenzo s’avance vers moi.

— Ce n’est rien qu’un bébé, pas une bombe.

Sans avoir le temps de dire quoi que ce soit, il me l’a posée dans les bras.

Elle me fait un sourire et de ses petites mains, serre fort mon doigt. Mon cœur fond, c’est trop mignon. Lorenzo s’affaire à la préparation du lait et c’est à ce moment-là que les hommes rentrent de leur virée.

— C’est nous ! s’exclame Pitt.

Lorsqu’Hayden entre dans la pièce, en balayant les flocons sur ses mèches, il a un mouvement de recul en me voyant, puis il vient me faire un bisou sur le front et une petite caresse de son gros doigt sur la minuscule joue de Léa qui lui fait des gazouillis. Après s’être servi un rhum, il part s’asseoir en face de moi, à côté de Joyce. Je me détends et prends le biberon que Lorenzo me donne tout en lui posant une question toute bête.

— Elle a quel âge ?

— Trois mois.

— Elle est trop craquante, énoncé-je, admirative.

Léa semble vouloir engloutir son repas à la vitesse de l’éclair et je souris face à sa détermination d’en découdre rapidement. En prenant soin de faire des pauses, je lève les yeux sur Hayden qui ne nous quitte pas du regard en faisant tourner le liquide dans son verre d’une main et en se frottant le menton de l’autre, comme nerveux.

La conversation se porte vite sur les bébés. Megan et Rita ne peuvent s’empêcher de fournir des conseils à Lorenzo sur la façon dont il vaut mieux coucher les enfants. Je redonne sa fille à Lorenzo pour le rot et il la colle d’office sur les genoux d’Hayden qui ne semblait pas vouloir accomplir cette mission. Néanmoins, comme me l’a fait comprendre Megan qui me sourit, Hayden la pose sur son épaule et lui tapote le dos tout en évitant mon regard. C’est déroutant et surréaliste, ils sont beaucoup trop mignons. Je ne peux m’empêcher de les fixer avec amour.

— Hayd, tu veux la mettre en pyjama ?

— Non !

Hayden bondit du fauteuil, cale la petite dans les bras de son cousin, puis sort avec précipitation.

Sa mère, triste, se lève en même temps que moi et se rassoit quand elle me voit partir à la suite de son fils. Lorsque j’atteins l’extérieur du chalet, je le trouve l’épaule appuyée contre le tas de bois. Je lui taxe sa cigarette et tire une grosse bouffée qui me fait tousser. Hayden me la reprend.

— Pourquoi tu es parti si vite ? le questionné-je en dansant d’un pied sur l’autre, saisie par le froid.

— Parce que la situation devenait angoissante. Cass... Je vais être cash, je veux pas d’enfant et je ne changerai pas d’avis. J’ai bien senti que tu es tout mon contraire sur le sujet.

Mon cœur se serre.

— Un jour, Hayden, pas maintenant.

Son visage est grave.

— Alors, on a un problème. C’est un non catégorique de mon côté.

Mes épaules s’affaissent, et j’attrape sa main gelée en lui intimant de me regarder.

— Nous n’en avons aucun. Je m’en passerai.

— Dis pas n’importe quoi. J’ai pas le droit de t’empêcher d’avoir des mômes.

— Je suis prête à me sacrifier. Mon amour pour toi est plus fort que tout. Je suis heureuse avec toi, c’est tout ce qui m’importe, alors qu’on ne reste qu’un couple me convient tout aussi bien. Fin de la discussion, tranché-je.

Je lui reprends sa cigarette et la termine, il n’insiste pas.

Triste, il pose ses mains en coupe sur mes joues et me fixe avec intensité.

— Sûre ?

J’acquiesce.

***

Minuit pile. Tout le monde est autour du sapin à déballer ses paquets. Hayden vient se vautrer dans le canapé et soupire. Ely, toute contente de son nouveau téléphone offert par son frère, est remontée s’enfermer dans sa chambre. Megan semble ravie de la box spa que je leur ai achetée et Jack est déjà en train de vérifier son agenda pour bloquer une date. Hayden fait la moue en montrant son tee-shirt « Baby, I am an angel » que j’ai fait floquer, en référence à son vêtement « Bitch, I am a monster », ce qui fait rire nos familles.

— Tu le mettras, hein ? m’enquiers-je.

— Ouais, demain... Avec un pull par-dessus, ce sera parfait.

Pfff. Je me laisse tout de même charmer par son sourire et accepte qu’il m’embrasse.

— Tiens, celui-là est mieux.

Je lui tends la boîte qu’il ouvre. Il écarquille les yeux comme un enfant quand il le déballe.

— Oh putain, mais attends… Comment t’as su que je voulais ce casque ?

— Je l’ai aperçu sur ton ordinateur, tu disais qu’il serait parfait pour le personnaliser à la bombe, et tu l’as mis en favori devant moi.

— Merci, je t’aime, toi. 

— Tu vas y graffer quoi dessus ? demande Ethan en essayant sa nouvelle paire de baskets qu’il a reçue de la part de ma mère.

— Pas ta tronche, ça, c’est certain. J’hésite encore entre un gros fuck derrière à l’aéro ou une tête de mort que je pourrais faire partir en dégradé avec une crête rouge, je verrai.

— Un truc bien gore, quoi, déplore Ethan.

— T’as tout compris.

Hayden dépose deux paquets sur mes genoux. 

— À ton tour. Joyeux Noël, mon amour ! Ouvre le petit en premier, car je suis sûr que tu vas préférer le grand.

J’obéis et avec précaution, en sors un écrin dans lequel se trouve un sublime bracelet en argent, gravé « bad boy, good girl » avec un cœur au milieu.

— Waouh ! J’adore ! m’extasié-je. Merci, il est magnifique. Tu m’aides ?

Hayden me l’attache. Toute contente, je fais bouger mon poignet pour le montrer à tout le monde.

— L’autre maintenant.

Je m’exécute. Le papier rouge brillant que j’arrache sans ménagement laisse apparaître une grande boîte avec un logo que je reconnais de suite.

— Tu es dingue !

— T’as pas ouvert encore, j’ai peut-être mis des mygales.

Je soulève le couvercle et en tire une combinaison de surf noir et blanche. Je l’avais repérée dans une boutique à San Diego. J’avais flashé dessus, car elle va avec la planche qu’il m’a graffée.

Je me jette à son cou et l’embrasse.

— Tu préfères cette combi à ce bracelet, j’ai bien compris.

— Je suis fan des deux, mais j’ai une préférence pour le bijou.

D’ailleurs, je vais finir par loucher à force de le regarder. À son tour, Megan me tend un colis en me disant que, faute d’idée, c’est son fils qui a choisi pour eux. Je déballe le paquet et découvre une paire de Converse en cuir noir avec une petite plaque dorée sur les lacets. Les mêmes qu’Hayden. J’embrasse ses parents pour les remercier et me tourne vers lui.

— Bien vu.

— Comme ça, tu arrêteras de mater mes pieds et tu pourras foutre en l’air les tiennes qui sont flinguées.

C’est d’ailleurs ce que je m’empresse de faire. Mes nouvelles baskets chaussées, je les admire. Waouh, ça pète !

Ethan et Pitt laissent échapper un cri de joie, ravis des places de football que je leur ai prises. Si j’avais su, j’en aurais pris une aussi à Jack qui projette de les accompagner. Ma mère, qui m’a acheté un tas de livres, s’est déjà éclipsée pour enfiler mon cadeau : une tenue de yoga. 

Après que Joyce, Jack et Fallon sont partis se coucher, Megan dépose sur la petite table basse une grosse carafe de lait de poule. Assise sur les genoux de mon homme, ma tête nichée dans son cou, je respire son odeur. Mes paupières sont lourdes, chaque mouvement est un supplice. Ce soir, j’ai trop forcé sur la nourriture.

— Tu veux monter, chaton ?

— Non, je suis bien là.

Incroyablement bien même, je me laisse bercer par sa voix et son corps me réchauffe. Sa main frotte mon dos et je me love un peu plus contre lui. Le regard inquiet de sa mère se pose sur moi.

— Tout va bien, Cassie ?

— Oui, je suis juste fatiguée.

— Tu devrais boire une tasse, ça te fera du bien, tu es pâle.

— Laisse-la tranquille, maman.

Devant sa gentillesse, je me redresse et attrape le mug qu’elle me tend. Je l’avale en deux gorgées et me remets dans les bras d’Hayden.

— Il est délicieux, Megan.

La conversation est joyeuse, ils font des plans pour le réveillon du 31. Mes paupières étant de plus en plus lourdes, je ne retiens plus rien et sombre dans le sommeil.

— On s’en fout des cotillons ! Du champagne, beaucoup de champagne !

Je sursaute. Ma tête vient cogner celle d’Hayden.

— Désolé, bébé, je voulais pas te réveiller. C’est la faute d’Ethan.

Je m’assois correctement sur le canapé. Aussitôt détachée de lui, je suis congelée. Hayden en profite pour se lever. Il prend le champagne sur la table puis montre la bouteille à Pitt qui attrape deux coupes. Hayden les remplit pendant que ma mère et Megan partent se coucher.

— Tu ne vas jamais me lâcher ? lui demande Ethan, qui lui lance une boule de papier cadeau en plein visage.

C’est son truc, ça.

— Pour le moment, c’est pas prévu, le raille Hayden.

— Tu n’as pas un jeu de cartes ?

Sur les mots de Pitt, Hayden ouvre le tiroir du buffet et sort un paquet avec des jetons qu’il jette sur la table.

— Poker ?

— Tu joues au poker, toi ? s’étonne Pitt.

— Bah, ouais.

— Tu aurais dû me le dire plutôt, je vais te plumer, Hayden, sois-en certain.

— On parie quoi ?

Et allez ! Ça recommence. Tout marche à coup de deals avec lui.

— Ta moto, lance Pitt avec un grand sourire.

— Nan.

— Ta bagnole ?

— Non plus.

— Donc je suis sûr de gagner, j’ai bien compris. Ce que tu veux alors.

— OK. Va pour ma moto et ma caisse.

Quoi ?

— Hayden, tu es dingue ! m’en mêlé-je.

— Relax, bébé, je suis imbattable. Si tu perds, Pitt, ton bar est à moi.

— Banco.

Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre.

— Papa, tu es fou ! intervient Ethan.

— Ne t’en fais pas, fiston. Tu joues avec nous ?

— Non, je vais me coucher aussi, profiter d’un lit avant que l’on se retrouve à la rue, bougonne-t-il.

— T’inquiète, Ethan, je te laisserai pas dormir dehors, le raille Hayden, tu pourras toujours venir dans mon nouveau bar ! Je te mettrai une couverture entre deux tables et en contrepartie, tu nettoieras les chiottes.

— Distribue au lieu d’emmerder mon gamin et sors les mouchoirs, tu peux dire adieu à tes moyens de locomotion.

— C’est pas que ça, c’est aussi ma passion, ma drogue. Ma bécane est entièrement faite pour le stunt. Pour moi seul. Elle n’a qu’un maître. Conclusion, je ne peux pas te laisser gagner.

Devant ce combat de coqs acharnés, je préfère les laisser entre eux. Je lui ébouriffe les cheveux et lui fais un bisou sur la joue lorsqu’il pose sur la table des bouteilles de champagne.

— À tout de suite, chaton. Ça va être vite réglé, tu as devant toi le futur proprio du Tax wax machin-chose.

— Max & Wax ! le reprends-je, ensommeillée. Tant que tu gardes la déco, ça me va. Bonne nuit.

— Nan, désolé. Mais j’ai déjà des idées.

— Tu n’as pas encore gagné, p’tit con ! lui répond Pitt qui serre les dents. Et je ne te laisserai pas faire de mon bar un bordel. Joue !

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