Révélations (Surf on love) (French Edition)

Lucie Mimi · Chapitre 16 sur 41

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Révélations (Surf on love) (French Edition)

Chapitre 16

 

 

Olivia dans les bras de Tyler, c’est surréaliste. Mais c’est bon pour mes affaires, au moins il ne lui arrivera rien, tant qu’elle est scotchée à lui. Hayden avait raison, elle cache bien son jeu. J’aimerais d’ailleurs savoir où il est, cela doit faire maintenant plus d’une demi-heure qu’il est parti, et pas moyen de mettre la main dessus. Tyler m’a dit qu’il l’avait perdu de vue. Un truc pas clair est en train de se passer, je le sens. Ils étaient bizarres tous les deux en début de soirée. Ethan revient et esquive mon regard.

— Tu l’as trouvé ?

— Non. Enfin… peut-être. Viens avec moi.

— Ethan, tu me fiches la trouille, qu’est-ce qu’il se passe ?

— Il est en haut, je l’ai vu monter, mais il n’était pas seul.

Mon cœur s’emballe.

— Quoi ? Non, ça n’a aucun sens.

Je détale dans la maison jusqu’au premier, mon demi-frère sur mes talons. Sans prendre la peine de cogner, je pousse toutes les portes une par une, me faisant enguirlander entre ceux qui font je ne sais quoi sous la couette et ceux plus sérieux qui sont devant leur écran télé. La dernière s’ouvre d’elle-même sur une fille qui en sort. Une grande brune portant un jean destroy, percée et tatouée, mais surtout une plastique de rêve et un visage magnifique. Bref, le même style qu’Hayden. Ethan me fait signe que c’est elle dont il était accompagné.

Je rouvre la porte en la bousculant, mais pas d’Hayden, et les draps ne sont pas défaits.

— Tu cherches quelqu’un ?

— Oui, mon mec. Qu’est-ce que tu faisais avec lui ?

Elle met un temps avant de me répondre.

— Hayden avait raison, tu es très jolie ! Il est dans la salle de bains. Moi, c’est Doreen, enchantée, Cassie.

Je ne suis pas sûre de tout comprendre. Elle est au courant pour moi, c’est cool, mais lui, qu’est-ce qu’il fout là-bas ?

— Bas les pattes, Doreen ! s’élève une voix rauque.

Je me retourne sur Hayden. Un instant, je suis sous le choc, puis j’explose de rire.

— Avant que tu t’énerves, j’ai rien fait avec elle. C’est la nana de Kiara, tu sais, celle à qui je donne des cours de graff. Et donc, j’ai perdu un pari avec Ty, alors comme elle est coiffeuse ici..., bougonne-t-il. C’était ça ou blond décoloré et comme j’ai pas envie de ressembler à une surfeuse…

— Tu as choisi rose fluo, terminé-je.

— Voilà.

Il tourne sur lui-même pour nous laisser admirer le résultat. Elle lui a raccourci ses mèches du dessus et teint juste les pointes. Le pire, c’est que ça lui va bien.

— Il aime parce qu’il m’a dit qu’il ne se raserait pas le crâne, me confie Doreen.

— Je tiens trop à mes cheveux pour faire une telle connerie. J’ai beau avoir eu toutes les coupes, jamais je ne ferais ça.

— Je vais donc me taper la honte tout le séjour ? me moqué-je.

— Vois le bon côté, personne osera me draguer.

Je ne suis même pas certaine que cela suffise. Sur ce, comme il se fait tard, nous rentrons chacun chez nous. Demain, c’est le grand jour et j’ai hâte de voir la neige. 

***

À peine installée dans l’appareil, je triture mes doigts avec nervosité.

— Pourquoi les autres ne sont-ils pas là ? demandé-je à Hayden à mes côtés.

— Parce que je veux passer un peu de temps avec toi, rien que nous deux. C’est pour ça que j’ai avancé notre départ.

Je suis si stressée que je n’arrive pas à lui montrer que je suis ravie. De ce fait, je regarde partout autour de moi en me rongeant les ongles.

— T’as peur en avion ? s’inquiète Hayden en fronçant les sourcils.

— Oui. 

— Relax, on ne va pas se crasher. Enfin… je pense pas.

Je soupire et attrape la petite bouteille d’eau que l’hôtesse me tend. Si on n’avait pas couru, je serais peut-être un poil plus détendu : monsieur a voulu prendre une douche à la dernière minute, et il n’avait pas fini de remplir sa valise, alors qu’il était l’heure d’y aller. Tout ça pendant que je l’attendais en bas du dortoir avec mes bagages, pour qu’il me dise une fois arrivé, qu’il fallait passer mettre de l’essence avant de se rendre à l’aéroport. Sans parler de l’enregistrement, où l’hôtesse lui faisait les yeux doux en prenant son temps pour scanner les billets, pendant que moi, je m’enfilais un comprimé de plus. 

C’est le moment. L’avion décolle. Je prends sur moi et respire à fond en fermant les paupières. Mon homme attrape ma main et la porte à ses lèvres. J’ouvre les yeux et ne le quitte plus du regard, ce truc-là m’a aidée plus d’une fois, ça vaut le coup de recommencer. Il me fait son sourire le plus craquant possible puis se retient de pouffer.

— Quoi ?

— Toi qui aimes t’envoyer en l’air avec moi, là, c’est plutôt réussi. 

Il hausse les sourcils rapidement en s’esclaffant. Dieu merci, ma voisine de siège a ses écouteurs.

— Je t’assure que les sensations ne sont pas les mêmes.

— J’espère bien. Du coup, je suppose que pour le dessin, on oublie ?

— Tu veux que je demande à l’hôtesse un coloriage, Hayden ? me moqué-je.

J’arrive à rire pour la première fois depuis ce matin. Je sais très bien ce à quoi il fait référence, mais ça m’amuse. Son visage a changé, et il est passé en mode « défi, je vais te la faire à l’envers ». Je m’attends au pire parce qu’il est plus fort que moi et qu’il va taper plus haut par fierté. Il agite les mains, un air faussement blasé.

— Non ! Je parlais de te prendre quelque part dans cet avion, Cass ! s’écrie-t-il. Debout, assise ou couchée, peu importe ! 

Tous les regards sont braqués sur nous. Morte de honte, je couvre mon visage avec mes mains et me tasse dans le siège au maximum.

— Mais tu n’es pas croyable ! Ce n’est pas possible, Hayden !

— Ça va, y a que des étrangers, ils n’ont rien compris.

— Ce n’est pas une raison ! Ça ne se fait pas.

— Tu m’as cherché, tu m’as trouvé, déclare-t-il en déposant un baiser sur mon front. N’oublie jamais que je suis le meilleur à ce petit jeu, mais si ça peut te faire plaisir, j’avoue que des fois, tu m’as séché. Heureuse ?

— Ça, je le savais déjà.

L’air intrigué, il regarde par le hublot.

— Qu’est-ce qu’il se passe, encore ?

J’avais réussi à me détendre un peu et voilà que j’angoisse à nouveau. C’est une horreur de faire ce voyage avec lui.

— J’ai cru apercevoir des flammes… C’est rien, mettons un film.

Tout en frottant ma cuisse, il se plie en deux, satisfait de sa connerie. Je repousse sa main en soupirant.

— Ne me touche pas ! Ce n’est pas drôle.

— Si on peut plus rire… Je pense que je vais aller m’asseoir à côté de la petite rouquine là-bas, elle au moins, elle fait pas la tronche.

— Avec plaisir. Moi, je vais dormir.

Je tire la plaquette de ma poche et craque deux autres comprimés que je laisse fondre sous ma langue, puis je me mets sur le côté en lui tournant le dos.

— C’est quoi ça ? m’interroge-t-il.

— Des anxiolytiques pour m’aider.

— T’en as déjà pris tout à l’heure, nan ?

— J’ai besoin de décompresser.

— Mollo quand même, tu vas dormir toute la semaine, là.

***

Il n’avait pas tort quand il disait d’y aller tranquille. Deux heures plus tard, c’est comme si j’étais sur un nuage. Plutôt ironique comme ressenti, puisque nous allons bientôt atterrir. Mes angoisses se sont envolées et ont laissé place à une sensation de bien-être total, avec quelques rires mal contrôlés de temps en temps, ce qui a réussi à faire honte à mon homme. Lui, il crie que ça ne le choque pas, moi, je m’esclaffe et il le vit comme une humiliation. Il n’y a pas comme un souci ? Tout le monde applaudit, je ne comprendrai jamais. Encore heureux que nous soyons toujours en vie, c’est ton job, monsieur le pilote !

Nous récupérons nos valises et Hayden me presse pour rejoindre l’aire des taxis. Mes jambes sont en guimauve, je les sens à peine. J’avance à la vitesse d’un escargot, pendant qu’il s’affole dans tous les sens.

— Cass, magne-toi ! Il nous reste qu’un quart d’heure, avant que le mec de l’hôtel se barre.

Quoi ?

— On ne va pas directement au chalet ?

Hayden s’arrête et se frotte la nuque en grimaçant.

— En fait, il se pourrait que j’aie merdé et oublié les clefs dans ma piaule.

J’explose. Mon éclat de rire me surprend moi-même.

— Tu ne changeras jamais, Calaann, je t’aime tant !

— Je suis content que tu le prennes comme ça, pas mal tes cachetons.

Je m’assois sur le trottoir en massant mes jambes.

— On ne va pas rester deux jours à l’hôtel en attendant que nos familles débarquent, si ?

— Non. Demain, il y aura le mec à la station, il a un double. Allez, lève-toi et monte.

Au final, nous sommes arrivés dans les temps. C’est très joli, typique montagnard et la chambre en bois est très propre. J’enlève mes chaussures et récupère mon pyjama dans ma valise, avant d’aller prendre une douche. Je suis encore plus détendue lorsque j’en sors. Hayden, qui est au téléphone, est assis sur la table. Je me laisse tomber sur le matelas en allumant la télévision, et ris à la moindre blague, même la plus pourrie, de l’animateur du talk-show, ce qui finit par agacer mon homme qui part vers le balcon. Étalée en étoile de mer sur le grand lit, je regarde le plafond sans me soucier de rien, quand il referme la baie vitrée derrière lui et balance ses boots avant de me rejoindre.

— Pourquoi t’es en pyjama, chaton ? Il est à peine seize heures.

— Qu’est-ce que j’en sais ? De toute façon, il n’y a rien d’autre à faire alors autant être à l’aise.

— T’es toujours pas redescendue en fait ?

— Non. Je crois que ça empire même, j’ai l’impression que le plafond bouge, lui fais-je remarquer en plissant les paupières.

— Ça, c’est pas impossible, y a clairement un couple en train de baiser juste au-dessus.

— Mais non ?

— Va sur le balcon, tu verras. Je ne suis pas persuadé qu’elle gueule parce que le minibar est vide.

Nous partons dans un fou rire.

— C’est dingue, je me sens légère comme une plume. J’ai l’impression de voler.

— OK, l’oiseau, bats des bras pour voir ?

J’explose de rire et n’arrive plus à m’arrêter en faisant semblant de planer, ne manquant pas de lui mettre un coup dans l’arcade.

— Aïe ! grimace-t-il.

— Oups. Désolée. Tu sais à quoi je pense, Hayden ?

— Je crains le pire… Dis toujours ?

— Que j’aimerais bien que tu me prennes dans la neige.

Dépité, il se masse les tempes. 

— Putain, Cass, t’es grave !

— Bah quoi ? 

— J’ai bien compris que les lieux insolites te faisaient kiffer, mais tu devrais pioncer à la place, histoire de faire passer tout ça.

— Non, je n’ai pas envie de dormir, je désire plutôt m’amuser avec toi, énoncé-je en me redressant sur le matelas. Allez, Hayden, éclatons-nous, tu souhaites aller où ? Oh, je sais ! Sur le bureau de la réception ou sur une luge ?

Il s’esclaffe à nouveau.

— Oh putain, j’en peux plus de toi ! Sur une luge ? Tu veux pas que je te prenne sur le toit de l’hôtel, plutôt ? se moque-t-il.

— Tu crois qu’on peut y avoir accès facilement ?

Il pleure de rire en se frottant les yeux et je ne comprends pas bien pourquoi. Les hormones en ébullition, je me jette sur lui et m’assieds à califourchon en retirant mon haut de pyjama. Peu importe l’endroit où on le fera, j’ai besoin d’une grosse dose de sexe. Et ce que je sens entre mes cuisses me confirme que je ne suis pas la seule à en avoir envie, alors sans ménagement, je déboutonne son jean.

Toutefois, Hayden joint ses mains en une prière tout en regardant le plafond.

— Seigneur, aidez-moi, je vous en supplie.

Ensuite ? Trou noir !

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