Witch Hunt : La chasse aux sorcières
Patience et silence
J ULES attendait sur le perron, en haut des marches en marbre, les yeux rivés sur la plaque dorée de Salem inc. Pourquoi avoir baptisé une société d’investissements et de gestion de patrimoine comme un lieu ayant abrité des sorcières ? Quelle idée saugrenue ! Est-ce que c’est une vieille femme toute ridée avec une verrue sur le nez et un grand chapeau qui va venir m’ouvrir ? Je n’ai pourtant pas l’impression, comme dans le conte de Hänsel et Gretel des frères Grimm, de me trouver devant une maison faite de bonbons et de pain d’épice au fin fond des bois ! À cette pensée, il sourit. Il avait sonné à un interphone muni d’une caméra. Au bout de deux minutes, la porte, dotée d’un mécanisme automatique s’ouvrit. L’enquêteur entra. Il avait déjà dégainé sa carte de police et la commission rogatoire signée de la main du procureur pour être prêt à les montrer. Le hall d’entrée était aussi grandiloquent que la façade. Il avança de quelques mètres. À sa gauche se trouvaient une réception et une hôtesse d’accueil sculpturale. Une bimbo. Pour Jules, elle semblait tout droit sortie d’une émission de téléréalité. Son corps était une publicité ambulante pour une clinique de chirurgie esthétique. Près d’1m80, des seins très volumineux, des cheveux blond-platine avec des extensions certainement, un visage qui ne comportait aucune ride, un nez passe partout et des pommettes si creusées qu’elle semblait anorexique. Impossible de lui donner un âge.
— Bonjour, mon nom est Sandra Junod, je suis la secrétaire de Salem Inc. Avez-vous rendez-vous ?
— Bonjour Madame ! Jules Simon, capitaine, brigade criminelle de Paris. Non, je n’ai pas rendez-vous, mais j’ai une commission rogatoire pour perquisitionner votre société. Le directeur est-il présent ? Monsieur Duvochel, si je ne m’abuse ?
— Ah d’accord… Non, Madame Duc n’est pas là. La directrice, donc. D’ailleurs, elle ne sera pas de retour avant lundi prochain. Elle a pris des congés. Il n’y a personne ici aujourd’hui en dehors de moi. Demain, vendredi, je ferme aussi. C’est calme au niveau des affaires en ce moment, dit-elle avec une moue boudeuse.
Jules avait du mal à détacher les yeux de sa poitrine. Il leva le regard.
— Pardon, vous avez bien dit, Madame Duc ?
— Tout à fait. Madame Iris Duc dirige la société depuis le décès d’Ingrid Duvochel.
— Wahou ! Ça pour une coïncidence ! ne put s’empêcher de déclarer Jules. Puis-je commencer mes recherches et visiter votre entreprise ? Merci.
— Remontrez-moi votre papier… asseyez-vous là un instant, je vous prie ! Je dois prévenir la patronne. Je viens vous chercher, je vous accompagnerai après et vous ferai visiter les lieux, lui dit-elle d’une voix mielleuse en lui désignant une pièce attenante.
Jules accepta la proposition et suivit la réceptionniste dans un petit salon confortablement aménagé.
— Je vous apporte un café tout de suite et je reviens vers vous dans cinq minutes.
Il suivit la femme du regard. Ses fesses étaient, elles aussi, passées sous le bistouri. Le résultat était attirant. Le policier s’en voulut d’avoir de telles pensées et se concentra sur la raison de sa visite du jour. Il entendit le bruit d’une machine à café à capsules dans le couloir et juste après le claquement de talons vertigineux sur le marbre.
Elle déposa une tasse avec un verre d’eau sur la table devant lui et repartit un peu nonchalamment. Elle ne paraissait pas pressée de lui faire visiter la boutique.
Il l’entendit discuter au téléphone. Il ne saisit pas tout ce qu’elle disait, mais l’essentiel :
Oui, Madame. La police est là. D’accord. Je fais ça. Ne vous inquiétez pas. Oui, je serai là demain. Oui, oui. Pas de problème. Je fais ce qu’il faut. À demain. Ayez confiance en moi. Bonne journée.
Les talons revinrent vers lui.
Sans dire un mot, elle lui fit un petit signe de la main, qui devait signifier, Suivez-moi ! Les autres pièces étaient luxueuses, cependant, il fut surpris par un élément. Seul le rez-de-chaussée de cet immense hôtel particulier servait de locaux à la société. La porte qui menait au sous-sol était marquée du sigle « privé ». Il demanda alors des explications à l’hôtesse d’accueil, étonné de ne découvrir que trois bureaux. Le lieu de travail de la directrice était rattaché à un petit bureau dans lequel se trouvaient des imprimantes, une photocopieuse et de grandes armoires en bois. Cela devait être la place de l’assistant ou l’assistante de la directrice. Jules en eut la confirmation de la part de la réceptionniste. L’autre bureau appartenait au responsable de la technique et de l’informatique. Le sous-sol contenait les archives de la société et les serveurs informatiques. L’accès était strictement réservé au responsable de l’informatique et de la technique, le frère de Madame Duc. Les étages supérieurs constituaient leurs logements. Elle-même rentrait chez elle à Trappes, après le travail. Sandra Junod travaillait depuis de longues années pour Salem inc. Elle avait une situation confortable et ses extras lui permettaient de s’occuper de son physique comme elle le confia à Jules. L’inspecteur de police tiqua lorsqu’il entendit extras et lui demanda de s’expliquer.
— Je participe à des soirées, comme réceptionniste. Des soirées un peu partout en France pour les clients de la société. Je suis bien payée pour ça. J’accueille les clients, je gère les listes des invités, c’est tout. Comme ici, en quelque sorte.
— D’accord. Depuis quand Madame Duc dirige-t-elle l’entreprise ?
— Oh, depuis environ deux ans, mais elle était déjà là avant. C’est un peu long à expliquer…
Pendant qu’ils discutaient, le policier avait ouvert les armoires du bureau et en avait sorti des dossiers.
— Iris Duc était une amie d’Ingrid Duvochel depuis l’enfance. Elles se sont connues en maternelle et elles ne sont plus quittées. Elles ont fait les mêmes études. Pareil pour les deux frères. Ensuite, Alexandre Duvochel, le frère d’Ingrid, qui est un peu plus âgé est tombé amoureux d’Iris. Leur attirance était réciproque, mais je trouvais tout cela un peu malsain, parce que Ingrid, elle s’est amourachée du frère jumeau d’Iris, Achilles, plus tard. Bref des relations très étranges, mais je ne suis pas là pour juger…, surtout mes patrons, qui me paient plutôt bien, hein. Le problème lorsqu’il y a ce genre de relations entre les gens, c’est que ça se gâte vite… Moi, je dis no zob, in job et surtout pas entre amis… Pardon. Je divague. Les Duc et les Duvochel étaient toujours fourrés les uns chez les autres, même pour les vacances, ils se retrouvaient, et cela dès la primaire. Quand Duvochel père a ouvert la société et en a confié ensuite la direction, en 2006, à sa fille. Cette dernière a tout de suite engagé Iris pour l’assister. Leur relation, c’était un truc de dingues. Inséparables, ces quatre. Le préfet possédait une résidence secondaire à Megève, ils en profitaient pour skier ensemble, puisque les Ducs venaient de Saint-Gervais et y retournaient parfois.
— Ah oui, d’accord. Je vois. Le flic n’en pensait pas moins. Drôle d’imbroglio incestueux, se dit-il tout bas. Il avait reçu les informations de Marion et de Walonsky. Des demi-frères et demi-sœurs qui fricotent ensemble, sans le savoir. C’est glauque.
— Mais l’amitié et l’amour qui les unissaient se sont étiolés avec le temps. Ils sont restés proches. Pourtant j’ai l’impression qu’Achilles souffrait d’être toujours dans l’ombre d’Alexandre. En effet, Salem inc. hébergeait la société de jeux vidéo, fondée par Achilles, qui fonctionnait, ma foi, plutôt bien. Vous connaissez les jeux Wonderland, Best sports ? Eh bien, c’est Wondergames, l’entreprise d’Achilles qui les a inventés et lancés sur le marché. Mais comme pendant leur enfance, c’était toujours Alexandre et Ingrid qui récoltaient les lauriers. Ils avaient le nom qui fallait, les origines nobles… et les retours médiatiques. Jusqu’à leur mort… Moi, j’étais hyper triste, d’abord cet horrible accident d’avion en Afrique, puis cette surdose médicamenteuse d’Ingrid. C’était terrible, vraiment. Iris et Achilles étaient dévastés, mais ils n’ont pas perdu le nord. De toute façon, les Duvochel avaient tout prévu. Iris devait reprendre la direction de Salem, s’il arrivait quelque chose à Ingrid et Achilles, la partie technique. En revanche, les sociétés d’Alexandre seraient gérées par Iris et non par Achilles. Bref. Ils s’en sortaient plutôt bien. Maintenant, cela fait environ trois ans que ce sont mes patrons, et je n’ai pas à me plaindre. Sauf, pour ces soirées, un peu bizarres, mais bon, cela ne me dérange pas… ce sont des jeux vidéo en réalité virtuelle. Voilà…
— Là, vous m’avez pas mal aidé… J’ai juste une question. Est-ce que les principaux clients de Salem inc., dont j’ai trouvé la liste ici, dit-il en désignant une feuille qu’il venait de sortir d’un des classeurs, ont su pour le changement de direction ? Est-ce que cela a été publié quelque part ? Les titres de propriété des Duvochel ont-ils été adaptés ?
— Hmm, ben alors, ça, je n’en sais rien du tout… Je vais vous sortir les statuts de la société. Ça, je peux faire. Confirma-t-elle en papillonnant avec ses cils extrêmement longs.
Jules venait de découvrir l’un des noms des clients de la société Salem, qui lui rappela quelque chose. Voilà donc le lien entre le groupement religieux des Messagers de la vérité avec le jeu, et la raison pour laquelle la prochaine partie aurait lieu à son siège européen à Cartigny, le lendemain, se dit-il à lui-même. Salem gérait les fonds de la secte et ses biens immobiliers depuis de nombreuses années. Ils dissimulaient les comptes aux Bahamas, ne déclarant que le tiers des avoirs au fisc suisse où l’association avait son adresse légale. L’inspecteur demanda également de rechercher dans les e-mails d’Achilles et d’Iris Duc des messages récents provenant de l’association. Elle ne mit pas longtemps à en trouver. Le texte était le suivant :
Nous sommes très heureux de pouvoir accueillir votre soirée. Nous serons absents les 27, 28, 29 et
30 juin pour notre réunion annuelle qui se tiendra exceptionnellement au château de Wortenheim en Allemagne. Nous sommes très heureux de mettre notre maison à votre disposition. Je vous recontacterai pour les détails de la remise des clefs. Notre collaboration durable ne peut être que renforcée par ce genre d’événements et nous nous en réjouissons. Avec nos salutations cordiales et distinguées, pour Les Messagers de la vérité représentant de la volonté de son créateur, messager, Robert Delapierre.
Il fit des copies de différents documents qui l’intéressaient puis demanda à Sandra de visiter le sous-sol ainsi que les étages.
N’ayant pas vraiment le choix, elle déverrouilla la porte qui menait à la cave et désactiva le système d’alarme. Elle ne s’y rendait jamais. Elle n’en avait pas le droit, mais les Duc lui avaient confié un document contenant la procédure en cas d’urgence. Il s’agissait d’une exception. La réceptionniste s’exécuta et laissa passer le policier. En bas des marches, de longues vitres en plexiglas formaient un couloir jusqu’à une porte blindée. D’un côté, des centaines de serveurs qui clignotaient dans une salle climatisée. De l’autre côté, un immense bureau, avec une multitude d’écrans. Un mur affichant la retransmission de captures de caméras de surveillance. Il distingua nettement celle de l’entrée de la société ainsi que celle filmant le chalet de Saint-Gervais-les-Bains depuis l’extérieur. La caméra était placée au sommet de l’arbre où s’étaient cachés la veille, Aurore, Anthony et Richard. Il reconnut les lieux selon la description qu’Aurore lui en avait faite. Mais à quoi pouvaient donc servir tous ces ordinateurs ? Et les écrans ? Sur l’un d’entre eux, il vit une partie en cours de Witchhunt, sur un autre la bourse et des chiffres qui défilaient. Ce n’était pas vraiment de son ressort, mais il photographia l’écran de Witchhunt ainsi que la salle. Il devait prévenir les anciens collègues de Marion. Ils sauraient que faire de tout cela. En tout cas, il était persuadé qu’ils disposaient à présent de suffisamment de preuves pour incriminer les Duvochel-Ducs d’être à l’origine des jeux.
La visite du premier et du deuxième étage ne donna rien, mais prouva seulement qu’Iris et Achilles Duc avaient pris leurs quartiers à Versailles à la place des Duvochel. Jules attendit les renforts avant de se rendre à sa prochaine étape : le lycée Saint-Charles. Sandra Junod serait mise sous bonne garde, sous écoute et sous surveillance avant qu’elle ne rejoigne ses patrons. Il ne fallait pas qu’ils se doutent que les forces de l’ordre étaient sur leurs traces et allaient les attraper en flagrant délit au château de Cartigny.
Même s’il manquait encore des éléments, l’image qui se cachait derrière le puzzle commençait à se dévoiler. L’étau se refermait sur le couple meurtrier, formé par le frère et la sœur Duc. Les mobiles de leurs crimes eux aussi devenaient de plus en plus nets. Des enfants illégitimes, de la jalousie, de la vengeance, de l’envie. Mais pourquoi tuer de jeunes adolescents qu’ils ne connaissaient pas ? Eux seuls pourraient justifier la raison de leurs méfaits et des horreurs qu’ils commettaient. Un humain normalement constitué ne pouvait pas expliquer l’inacceptable.
Les découvertes de Jules à Saint-Charles à Athis-Mons ne firent que confirmer ses soupçons. Les Ducs et les Duvochel avaient passé la totalité de leur scolarité dans l’établissement. Les premiers en internat et les seconds en externes. Leurs études à tous les quatre avaient été entièrement financées par la même personne, le préfet, mais les comptes en banque ayant servis aux versements étaient différents. La bibliothécaire avait également donné un coup de main à Jules. Elle avait sorti tous les albums photos de l’école correspondant aux années pendant lesquelles Achilles, Alexandre, Ingrid et Iris se trouvaient dans le bâtiment. Jules avait photographié et copié tous les clichés où ils apparaissaient et les avait transmis à Marion et Aurore. Ce qui était affolant était leur ressemblance physique. Certes, ils avaient des différences, mais certains traits de leurs visages, des expressions, la forme de leurs nez, la couleur de leurs cheveux, noir de jais, auraient dû mettre la puce à l’oreille à de nombreuses personnes avant eux.
Finalement, le policier parisien était content de sa journée. Des preuves, il en avait à présent. Il avait découvert des éléments déterminants. La patience et l’obstination payaient. Dans une traque, une enquête, il fallait être persévérant. Il fallait construire pièce après pièce, brique après brique, preuve après preuve, un édifice solide et indestructible pour l’accusation et pour découvrir les coupables, sans possibilité d’erreurs. Jules ne put s’empêcher de faire le parallèle avec la chasse. Cette association d’idées le fit soudain sourire, le sortant d’un coup de ses idées noires… Il revit Didier Bourdon, Pascal Légitimus et Bernard Campan, les Inconnus, dans leur sketch légendaire sur les chasseurs de gallinette cendrée.
« Le journaliste :
— Mais au fond quelle différence y a-t-il entre le bon et le mauvais chasseur ?
Les chasseurs :
— Ah je m’y attendais à celle-là… Alors, euh, je dirais euh, que le mauvais chasseur, ben euh, il a un fusil, il voit un truc qui bouge, euh et après il tire, et euh…
Le journaliste :
— Et le bon chasseur ?
Les chasseurs :
— Eh ben, le bon chasseur, euh, il a un fusil, il prend le fusil, il voit un truc qui bouge, et ben euh, il tire…, mais bon, c’est un bon chasseur ! »
Il se mit à rire intérieurement, se demandant dans quel camp il se trouvait… Était-il un bon ou mauvais chasseur ?
* * *
Aurore et Anthony avaient suivi la grosse berline noire. Il avait pris l’autoroute blanche en direction de Genève. Ils avaient failli le perdre de vue au niveau du péage avant Annemasse, puis à la douane de Bardonnex. Cette fois, ils devaient absolument prendre garde à ce que le conducteur ne s’aperçoive pas qu’il était suivi. Cela faisait près d’une heure que la petite Golf noire d’Aurore lui collait au train et sur la route de Chancy, droite et large, leur véhicule était facilement repérable. Ils décidèrent de dépasser la Mercedes dans la longue ligne droite entre le premier rond-point et le second rond-point avant à Cartigny, après la bifurcation pour le village de la Petite-Grave. Ils s’arrêteraient ensuite sur le parking de la station-service d’Eaumorte. À cet endroit, ils pouvaient facilement savoir où la voiture se rendait. Soit elle continuait tout droit en direction de Chancy, soit elle bifurquait pour Laconnex ou Cartigny. Il se rendait sur les lieux du prochain jeu en réalité virtuelle et du prochain crime. Aucun doute n’était plus possible. Se concertant brièvement, ils décidèrent d’attendre un peu avant de s’approcher de l’adresse dont ils disposaient, celle du château, route de Vallière, au cœur du village, qui leur avait été donnée par Élias et Noah. Ils décidèrent, une nouvelle fois, de faire preuve de patience pour ne pas se faire repérer. Ils laissèrent passer cinq minutes avant de le suivre et de se garer à l’entrée du village, juste avant l’enceinte de la propriété qui abritait le château. Ils s’approchèrent à pied très discrètement. La berline noire se trouvait devant une fontaine composée d’angelots qui ne fonctionnait pas. Ils pouvaient voir la façade avant de la maison. Le bâtiment possédait un aspect romantique, paisible, mais il s’en dégageait également un sentiment étrange. Tout était trop parfait. Le gazon était coupé au millimètre, les buissons taillés et aucun gravier ne dépassait dans l’allée. Hormis la Mercedes, l’endroit semblait totalement désert. Apparemment, le conducteur n’était pas encore sorti de son véhicule, car rien ne bougeait. Soudain, il entrouvrit la portière et il se glissa hors de la voiture. Au même moment, la porte d’entrée du château s’entrouvrit. Un petit homme maigre et chauve apparut sur le perron et se dirigea vers l’homme. Ils se serrèrent la main. Ils s’entretinrent pendant quelques minutes. Le nain chauve pénétra à nouveau dans la maison et en ressortit aussitôt avec une valise et un sac de voyage. Aurore et Anthony se retournèrent. Ils entendaient une voiture s’approcher. Un taxi s’arrêta devant les grilles à quelques mètres d’eux. Ils firent semblant de se promener et repartirent dans l’autre sens. Ils avaient compris. Le propriétaire du château laissait les clefs à l’homme à la Mercedes et s’en allait en voyage. Le type qu’ils avaient suivi était donc bien le responsable du jeu et son organisateur. Maintenant, il fallait déterminer qui était la femme du chalet et son identité à lui. Il s’agissait d’Achilles Duc, l’un des deux enfants illégitimes du préfet. La sorcière et le fantôme du chalet s’appelaient Iris Duc, le deuxième enfant. Aurore n’avait pas encore eu les informations de la part de Jules, qui au même moment venait seulement d’arriver à Versailles et d’entrer chez Salem inc., mais disposait de celles transmises par Marion et Walonsky. Ils devaient retourner sans tarder au chalet pour arrêter la femme. Ils avaient tous les éléments en main sauf la commission rogatoire.
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