Witch Hunt : La chasse aux sorcières
Dernier round
A PRÈS une heure et demie passée dans la camionnette, à regarder des caméras qui ne montraient rien et à être entassés comme des sardines, Aurore, Marion et Anthony s’accordèrent une pause. Ils décidèrent de sortir à cinq minutes d’intervalle chacun et d’aller se promener pour prendre l’air. Leurs collègues étaient restés au café et avaient commencé une partie de jass, un chibre, avec des retraités qui les avaient à la bonne. Ils tapaient le carton et avaient décidé de ne plus bouger. L’après-midi avait été interminable. Il ne se passait absolument rien. Personne n’était entré ni sorti du bâtiment depuis qu’ils étaient là. Aucun véhicule n’avait franchi l’allée. Ils devaient se préparer à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur du château, mais dans la cour de l’autre côté avant les jardins et les bois. Les gendarmes du GIGN surveillaient ce côté depuis leur planque avec leur matériel. La forêt dense qui faisait partie du domaine empêchait une vision claire. Pourtant, ils avaient pu distinguer des sortes de tas de bois qui ressemblaient à des bûchers dans la cour. Ils n’avaient vu personne les construire depuis qu’ils étaient là. Ils devaient les avoir installés avant leur arrivée. Le jeu ne débutait qu’à minuit et il était à peine 19h00. Aurore communiquait avec le reste du groupe ainsi qu’avec le commandant Michel par SMS. Il avait fini par retourner auprès de sa brigade. Leur planque se trouvait sur la route de Tré-la-Villa, juste avant le ruisseau, le nant des crues, qui séparait la commune de Cartigny de celle d’Avully.
Il fallait encore attendre et patienter. Être à l’affût comme le chasseur, faire preuve de persévérance comme le pêcheur. Ensuite, avoir l’habileté nécessaire pour tirer dans le mille et ne pas rater sa cible, avoir le geste sûr et sortir le poisson de l’eau sans le laisser filer.
Vers 22h30, la nuit était enfin tombée. Aurore et Walonsky se trouvaient avec Marion dans le QG. La technicienne avait donné un casque à Aurore. Dans sa maison de Cologny, Noah était en train de se préparer à partir. Un gendarme genevois l’avait aidé à s’équiper chez lui. Des gendarmes le suivraient de loin et Marion Lefort aurait la retransmission de ce qu’il voyait et de ce qu’il entendait. Ils avaient également placé des caméras à proximité des grilles de l’entrée, ainsi qu’une au-dessus du perron. Ils ignoraient qu’Achilles Duc était au courant de tout et avait tout prévu. Depuis sa fenêtre, bien dissimulé, il les avait vus arriver. Il avait observé leur manège avec délectation. Il s’était presque montré déçu de ne pas avoir vu les officiers du GIGN et que des représentants des médias n’aient pas été conviés. Les flics avaient marché dans la combine. Son plan marchait comme sur des roulettes. Maintenant, il ne manquait plus que les joueurs d’un côté, les armes de son jeu, et les chasseurs de l’autre, les proies, dont Noah, et que le dernier round ne commence véritablement.
Les observateurs avaient remarqué des lumières bizarres à travers les fenêtres et un peu de mouvement. À l’arrière du domaine, les militaires avaient aussi aperçu un homme sortir du château. Il avait répandu un liquide sur le sol et sur les constructions en bois, vraisemblablement de l’essence ou un autre combustible. Les pompiers genevois se tenaient sur le qui-vive. Le commandant des forces spéciales les avait avertis se doutant que le jeu allait finir en feu de joie.
* * *
Vers 23h30, il se passa enfin quelque chose. Les premiers participants arrivèrent. Quinze jeunes descendirent du bus de la ligne J. Ils avaient une demi-heure d’avance. Ils ne semblaient pas se connaître, mais comme ils se rendaient au même endroit et qu’ils avaient sensiblement le même âge et des intérêts similaires, ils s’étaient reconnus. Ils avaient passé le temps avant le début de la partie ensemble. Certains fumaient et buvaient de la bière, d’autres discutaient et s’enfilaient des boissons énergisantes. Les autres participants arrivaient au compte-gouttes par d’autres moyens. En scooter ou à moto, pour la plupart, trois d’entre eux en voiture. Ils s’étaient garés directement dans la cour et avaient pénétré dans l’enceinte du château sans attendre. Deux autres étaient arrivés en taxi. Comme Noah, qui venait de sortir d’une voiture familiale, conduite par un chauffeur. Il était en train de payer la course et il notait les coordonnées du conducteur pour pouvoir le recontacter pour rentrer.
Marion et Aurore l’avaient suivi tout au long de la route. Il avait confié ses angoisses dans le micro qu’il portait et écoutait les paroles réconfortantes des capitaines qui essayaient tant bien que mal de lui donner du courage à travers l’oreillette.
La partie pouvait commencer. Noah avança dans l’allée du château, suivi de près par certains des adolescents qui avaient attendu dans l’arrêt du bus. Les autres joueurs avaient déjà commencé.
Ça y est le game était lancé. La porte d’entrée s’ouvrit. Le décor collait parfaitement à la description qu’en avait faite Élias. Une femme, sculpturale, déguisée en amazone ou plutôt en walkyrie, se trouvait derrière le comptoir d’une réception au-dessus de laquelle était placé un grand écran. Il y avait aussi les rideaux ainsi que les flèches sur le sol dont avait parlé l’ado. Noah semblait très impressionné et tremblait toujours comme une feuille. Il dirigea volontairement la caméra sur la télévision en hauteur. Il était Merlin. Ce que disait la walkyrie était difficile à entendre et à comprendre. Aurore pouvait tout suivre et cela la rassurait, elle espérait que la connexion avec le jeune homme ne serait jamais interrompue.
Toutes les participantes et tous les participants avaient à présent rejoint la partie. Cependant, ils accédaient au jeu et au vestiaire un par un, car la réceptionniste ne laissait entrer qu’une personne à la fois. Sur l’écran qui retransmettait l’avancement de Noah, on voyait un couloir sombre et des flèches phosphorescentes sur le sol. Un rideau rouge sang. La musique de la chevauchée des Walkyries se fit entendre. Et ce que Noah était en train de dire se perdit sous la force des instruments. Le rideau s’entrouvrit. Il pénétra dans le vestiaire. Les casques de réalité virtuelle et les harnais étaient disposés dans des armoires étiquetées au nom des avatars. Noah s’avança donc vers celui sur lequel s’affichait le nom de Merlin. Les casiers à côté du sien étaient vides. Il nota que Morgane était déjà arrivée. Ils étaient les proies. L’adolescent l’avait bien compris. Il revêtit son équipement en veillant à ne pas obscurcir l’objectif de la caméra et de ne pas boucher l’oreillette qui lui permettait d’entendre Marion et Aurore. Il savait quelle était la prochaine étape. La salle des armes. Mais peut-être qu’il n’y aurait pas droit étant donné que c’était lui qui serait pourchassé ? La Walkyrie ne lui avait rien dit de particulier et s’il n’avait pas été mis au courant par Élias et les policiers, il ne se serait douté de rien. Le casque sur la tête, les lunettes bien positionnées et l’armure bien attachée, il était prêt à commencer la partie. Il avait quitté le monde réel. Le seul élément qui l’y rattachait étaient les voix de Marion et Aurore. C’étaient également elles qui l’empêcheraient de perdre pied et qui le feraient progresser malgré sa peur. La porte de la salle des armes s’ouvrit devant lui. Une voix caverneuse se fit entendre :
— Bienvenue Merlin ! Grand sorcier, mage et enchanteur ! Comme tu le sais, tu possèdes des pouvoirs auxquels aucun chevalier ni roi ne peut prétendre. Tu n’as donc besoin d’aucune arme. Une épée, un bouclier, un arc ne te seront d’aucune utilité. Dans la section réservée à ton nom, tu pourras choisir une baguette magique et visualiser des endroits dans le jeu où t’attendent des potions qui t’aideront à avancer et à combattre tes ennemis. Utilise-les à bon escient. Le but de la partie pour toi et de ne pas te faire attraper par les chevaliers de la Table ronde qui sont à ta poursuite pour t’arrêter. Cache-toi et bats-toi pour leur échapper. Ils ne sont pas encore entrés en partie. Tu as cinq minutes d’avance avec Morgane pour t’enfuir. Elle t’attend de l’autre côté de ce rideau, derrière un arbre dans les bois, la forêt de Brocéliande, qui entourent le village et le château. Soyez intelligents, n’oubliez pas les potions, elles sont vitales pour vous ! Une seule erreur peut vous être fatale !
Courrez et bonne chance ! Vous êtes le gibier choisi par les chasseurs !
Noah était paralysé. Il n’arrivait plus à bouger. Pourtant, il n’avait pas le choix. Il devait y aller. Devant son hésitation, Aurore et Marion lui soufflèrent ensemble :
— Courage ! Nous sommes avec toi et tout va bientôt s’arrêter.
Il passa par le rideau qui s’entrouvrait et leur chuchota :
— Voilà, la partie commence. J’entre dans la forêt. Je ne pourrais plus vous parler.
Ce qu’il décrivait comme une forêt ressemblait plutôt à un grand salon plongé dans le noir. Une pièce avec du parquet et une grande cheminée. Elles ne vivaient pas l’illusion que Noah voyait et expérimentait. L’univers et l’environnement du jeu leur semblèrent bien étranges. Alors que Noah d’après ses cris et ses exclamations percevait énormément d’actions et d’éléments, leur champ de vision était désespérément vide. Une pièce vide. Il disait qu’il courait, se battait et elles le ressentaient dans la caméra, mais à part sa respiration haletante et ses mouvements parfois brusques, les deux policières ne pouvaient que s’imaginer son aventure.
Soudain, ce qui restait d’un visage portant le même casque de réalité virtuelle apparut devant la caméra. Il s’agissait d’une jeune fille qui d’après l’expression de ses lèvres et le bas de son visage tendu était encore plus terrorisée que Noah. C’était la seconde proie, la sorcière, la magicienne, la fée Morgane.
Noah s’adressa à elle et l’encouragea.
— Viens, il faut absolument qu’on parte de la forêt et qu’on trouve la première potion avant que les chevaliers nous rattrapent, sinon nous sommes fichus.
Il la prit par la main et ils se mirent à courir et cette fois pour de vrai jusqu’à l’autre côté de la pièce. À ce moment-là, quelque chose semblait s’être passé derrière eux, car il y eut pendant un court instant, un rayon de lumière à l’intérieur. On distinguait l’ouverture ou plutôt l’arcade vers laquelle se dirigeaient les proies en courant. Il s’agissait de deux portes battantes laissées ouvertes qui menaient à une pièce de taille similaire à la première. Immense. Le jeu se poursuivit pendant un moment sans incident majeur. Soudain, deux autres joueurs apparurent devant Noah. Ils commencèrent à se battre avec lui en bougeant leurs bras au bout desquels se trouvaient certainement des épées invisibles pour les spectateurs. Les mains de l’ado s’agitèrent également, comme s’il brandissait une baguette de chef d’orchestre. Les deux garçons qui se trouvaient en face de lui furent saisis de convulsion et tombèrent sur le sol. Que se passait-il ? Noah et sa comparse se mirent à nouveau à courir et passèrent encore dans une autre pièce. Plus petite. Les deux adolescents se penchèrent et un coffre apparut à l’écran. Ils en sortirent deux petites bouteilles. Noah porta la sienne aux lèvres. La jeune fille sembla faire de même. Aurore eut un éclair de lucidité. Elle comprit. Du GHB devait se trouver dans les boissons qu’ils venaient d’ingurgiter. Les autres victimes, Léa et Tobias, avaient dû connaître le même sort, ils étaient drogués au moment où ils avaient été pendus. Cette drogue disparaissant très rapidement de l’organisme, il n’en restait aucune trace lors des analyses sanguines effectuées pendant les autopsies.
Ils se relevèrent et poursuivirent leur fuite. Mais, ils n’allèrent pas bien loin. Au bout de la pièce, vers une porte fermée, Aurore devina trois silhouettes. D’autres joueurs leur barraient le passage. Une nouvelle fois, un combat s’ouvrit. Noah hurla soudain de douleur et s’effondra. Que s’était-il passé ? Elles ne voyaient plus son amie qui semblait avoir disparu. La tête contre le sol, profitant de ce que personne ne puisse le voir ou l’entendre, il chuchota. J’ai reçu une sorte de décharge électrique. Ils sont toujours là et je me sens tout bizarre. Morgane est tombée aussi. Je crois que c’est le moment que vous nous aidiez.
Aurore et Marion avaient saisi le message. Ils transmirent l’information au commandant Michel qui n’attendait que ça. Ils étaient assis, lui et son équipe, sur des charbons ardents.
Ce qu’elles virent après leur confirma qu’ils ne devaient plus tarder avant d’intervenir.
Les trois agresseurs, qui évidemment n’y pouvaient rien, étaient partis laissant les deux proies à leur triste sort. C’est à ce moment-là que le corps d’un adulte apparut devant la caméra. Noah semblait avoir perdu connaissance et son amie aussi. L’homme portait des cordes. Il s’en servit pour entraver les poignets des deux jeunes gens et les attacher ensemble. Lorsqu’il eut fini, il disparut. Quatre joueurs prirent le relais. Noah reprenait connaissance, mais avait l’air complètement ailleurs. Il ne parlait plus et sa respiration était très lente. Deux d’entre eux le relevèrent et le poussèrent devant eux, deux autres personnes s’occupaient visiblement de la jeune fille.
Aurore et Marion perçurent des bruits et des lumières. Noah marchait en trébuchant. Il était comme drogué.
Apparemment, le GIGN n’avait pas attendu. À moins que cela ne vienne de l’intérieur du château, de l’homme qu’elles avaient vu, Achilles.
Soudain, l’image fut troublée et Noah retomba sur le sol. De la fumée avait envahi la pièce dans laquelle se trouvaient les chasseurs et leurs proies. Les joueurs, effrayés, avaient tenté de partir en courant et de s’enfuir. Le château était en feu. La caméra que portait Noah était dirigée vers le haut, comme il était couché sur le dos et totalement immobile. Les deux capitaines voyaient des flammes lécher le plafond. Aurore était très inquiète. Les équipes d’intervention n’étaient pas encore arrivées sur les lieux. Elle devait y aller. Noah allait mourir dans les flammes ou empoisonné par la fumée. Les gendarmes ne pourraient pas pénétrer dans le château, s’il brûlait. Ils n’étaient pas équipés. Ils devraient attendre les pompiers. Pendant ce temps, ceux qui se trouvaient à l’intérieur, surtout déjà inconscients, comme Noah et la jeune fille, n’avaient aucune chance de s’en sortir. Au même moment, alors qu’elle sortait de la camionnette et qu’elle voulait se précipiter pour sauver le jeune homme, elle vit tous ses collègues courir en direction de l’allée et du portail. Les gendarmes genevois étaient paniqués, les voisins étaient sortis de leur maison et s’approchaient aussi du bâtiment en feu.
Aurore aperçut des membres GIGN qui passaient par le toit. Deux militaires sortirent du château par la porte d’entrée en entourant la walkyrie et en la maintenant fermement. La femme ne semblait pas vraiment capable de se défendre. Elle se laissait porter par les gendarmes. Deux secondes plus tard, une quinzaine d’adolescents, qui s’étaient débarrassés de leur matériel, sortirent effrayés, hors d’haleine et recouverts de suie. Où étaient les autres ?
Achilles, le principal suspect, n’était pas sorti non plus. Le commandant Michel lui confirma que d’autres gosses avaient été récupérés à l’arrière de la demeure et que le feu était parti de là. En tout, vingt-sept personnes étaient sorties de l’enfer en feu, en comptant la walkyrie. Cette dernière avait confirmé qu’hormis elle et Achilles Duc, et les trente adolescents, il n’y avait personne.
Des sirènes s’approchaient. Les pompiers et des ambulances arrivaient. Aurore et Walonsky dans le même mouvement se précipitèrent à l’intérieur suivis de près par Anthony. Ils ne pouvaient pas attendre. La survie de Noah et d’Amanda dépendait d’eux et même deux minutes pouvaient faire la différence. Achilles, le principal suspect avait dû évidemment prendre la poudre d’escampette. Mais quelle autre personne manquait à l’appel ? Des militaires essayèrent de les empêcher d’entrer.
Marion et le capitaine Morand de Thonon avaient eux aussi essayé de les retenir, même s’ils se doutaient que personne ne les empêcherait d’agir. La capitaine criait :
— Aurore, Walo, ne faites pas ça ! Laissez les pompiers faire leur job ! En plus, vous n’êtes pas censés être ici ! Revenez, s’il vous plaît ! Aurore !
Il était trop tard. Les trois policiers intrépides et têtes brûlées étaient déjà à l’intérieur de la maison. Aurore avait entouré sa bouche et son nez du pull à capuche qu’elle avait pris avec elle au cas où. Walonsky avait trouvé un foulard (il en possédait plusieurs en soie, avec de magnifiques motifs), mais ne les portait qu’en privé. Anthony s’était servi de l’un des torchons qu’Aurore utilisait pour nettoyer sa voiture afin de se protéger de la fumée.
Ils ne voyaient rien, une fumée épaisse et toxique avait envahi l’ensemble du château. Cependant, la capitaine de police se dirigeait très facilement. Elle avait été très attentive à la disposition des lieux et aux pièces empruntées par Noah. Elle savait où il était. Avec un peu de chance, Amanda Damato ne se trouvait pas loin de lui et l’autre jeune joueur qui manquait à l’appel également. Alors qu’ils pénétraient dans la pièce qui dans le jeu représentait la forêt, la chaleur devenait de plus en plus insupportable et les crépitements des flammes se faisaient entendre.
— Dépêchez-vous ! hurla Richard.
Ils ne virent personne dans cette pièce ni dans la suivante. Enfin, ils parvinrent là où devait se trouver Noah. Et effectivement, l’adolescent se trouvait sur le sol. Impossible de savoir s’il respirait encore ou pas. Richard et Anthony le chargèrent sur leurs épaules et se dirigèrent vers la sortie. Au moment où ils sortirent de la pièce, le plafond s’effondra. Dans l’embrasure de la porte, en entendant les craquements sinistres et en voyant les flammes qui se rapprochaient, un réflexe de survie avait fait bondir Aurore hors de la pièce. Elle-tremblait. Elle avait essayé d’aller plus loin pour trouver la jeune fille. Mais elle ne pouvait pas. Elle devait s’en aller, si elle ne voulait pas mourir brûlée.
Reprenant ses esprits, elle se mit à courir et rattrapa ses collègues, au niveau de la réception, juste avant la sortie. Des pompiers les accueillirent et prirent en charge Noah avant de pénétrer avec leur équipement dans le bâtiment. Pendant ce temps, d’autres soldats du feu combattaient les flammes avec une grande lance à incendie depuis l’extérieur.
Une foule de badauds s’était amassée sur la route de La Vallière et contemplait le sinistre spectacle, tout comme Aurore, Marion et leurs collègues qui étaient impuissants et ne s’attendaient pas du tout à cela. L’intervention et la prise en flagrant délit, qui auraient dû être couronnées de succès et leur permettre de clôturer l’enquête, d’arrêter leur principal suspect pour pouvoir le punir des crimes dont il était peut-être coupable, avaient tourné en catastrophe.
Le feu avait tout détruit. Les preuves étaient anéanties, Achilles Duc était en fuite et deux jeunes gens manquaient toujours à l’appel.
Un véritable désastre.
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