Après quoi on court
Aaron
Il allait falloir mentir encore. Évidemment que je n’ai jamais considéré Michaël comme mon meilleur ami.
Michaël était le garçon que j’aimais, celui que je désirais, celui qui me manquait quand sa peau ne touchait pas la mienne.
La conversation que nous avions eue au café m’avait déchiré le cœur. J’étais rentré comme un zombie, choqué par la brutalité de ses mots, par le culot qu’il avait eu de me demander d’oublier ce qui constituait les moments les plus intenses et exaltants de ma vie.
Comment avait-il pu me dire cela alors que c’était lui qui était revenu me chercher, lui qui m’avait embrassé quelques jours à peine après que j’ai enterré mon frère ?
Il ne pouvait pas m’interdire de l’aimer. Comme si ces choses-là se contrôlaient. Et pourtant, j’ai accepté sa proposition. C’était cela ou ne plus le voir, et je ne me sentais pas capable d’affronter de nouveau le manque et l’absence.
J’avais l’espoir qu’il change d’avis. Je m’imaginais qu’à un moment ou un autre, il finirait par vouloir que l’on reprenne nos ébats là où nous les avions arrêtés.
Alors voilà, j’ai consenti, un temps, à être l’ami. Celui à qui l’on se confie, celui avec lequel on rit, on va au cinéma ou dans les cafés, celui que l’on appelle quand on va mal. Celui qui ne pense pas à séduire et n’est pas censé rêver chaque jour au corps de l’autre. Enfin, logiquement.
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