Après quoi on court

Jeremy Sebbane · Chapitre 21 sur 154

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Après quoi on court

Dana

Bien joué, le coup des pleurs en plein cours de français.

Michaël avait beau jouer les gros durs virils, j’ai bien vu que les jérémiades d’Aaron lui étaient allées droit au cœur.

Il m’a expliqué dans un couloir la situation d’Aaron, son frère parti en Israël, sa mère cocue et son père paralysé. J’ai esquissé des sourires de compassion. Après tout, moi aussi, j’avais un cœur. Il fallait bien que je le montre.

J’ai moins souri quand il m’a dit qu’il avait l’impression d’avoir un peu laissé de côté son ami depuis que nous sortions ensemble, qu’il fallait qu’il passe plus de temps avec lui.

Je lui expliquai que j’avais l’impression qu’Aaron entretenait des sentiments pour le moins étranges vis-à-vis de lui, qu’il semblait souffrir d’une délirante attitude d’exclusivité, que tout cela n’était pas sain.

Je voyais bien qu’il ne comprenait pas ce que je lui disais. Il ne voyait rien ou faisait plutôt semblant de ne rien voir. Il ne voulait pas trancher, rien décider.

Je le conduisis dans une allée vide du lycée.

Alors, je commençai à l’enlacer, à le serrer contre moi puis à le repousser un peu pour ouvrir sa chemise, caresser son torse puis, doucement, faire descendre ma main jusqu’à son sexe.

À ce moment, je lui dis à l’oreille : « Passe du temps avec ton copain, mais ne m’oublie pas… »

Puis, sûre de mon effet, je retirai ma main, le laissai se reboutonner et repartis, seule, devinant son regard sur ma silhouette qui s’éloignait et ne répondant pas à ses cris me demandant de revenir.

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