Après quoi on court

Jeremy Sebbane · Chapitre 137 sur 154

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Après quoi on court

Aaron

Cela faisait longtemps que Lisa n’était pas venue chez moi.

Ça lui faisait plaisir. À mes parents et à moi aussi.

Après avoir dîné tous les quatre, on est allés dans ma chambre et on a commencé à regarder toutes les photos qu’on avait faites ensemble depuis quatre ans. Il y en avait beaucoup de 2003, un peu moins de 2004, encore moins de 2005 et presque pas de 2006 et 2007. Comme le symbole de la dégradation progressive de notre relation qui n’avait jamais cessé de s’étioler avec le temps.

Je lui ai demandé si elle était encore avec Alphonse.

Elle m’a dit qu’ils étaient en pause et qu’elle devait réfléchir. Je lui ai dit avec ma nuance légendaire que c’était tout réfléchi, qu’il fallait qu’elle le quitte parce qu’il était laid et stupide.

Elle m’a répondu que je n’aimais jamais ses copains et qu’elle avait le sentiment que j’étais jaloux d’eux.

Je lui ai rétorqué qu’elle pouvait sortir avec qui elle voulait tant qu’elle se mariait avec moi.

C’est là qu’elle a complètement pété les plombs.

Elle m’a dit « Je veux un mari qui me désire et qui me satisfasse » puis s’est mise à poil. Mais genre vraiment, quoi. Elle s’est mise toute nue devant moi. J’étais scié qu’elle ose faire ça. Elle s’est rapprochée de moi, a pris ma main, l’a posée sur son sein. Je lui ai dit d’arrêter ça immédiatement et de se rhabiller tout de suite si elle avait un tant soit peu de respect pour moi.

C’est là que ma mère a eu l’excellente idée d’ouvrir la porte sans prévenir pour nous proposer des cigares au miel. Elle a vu Lisa complètement nue. Elle a refermé la porte en souriant. C’est un peu nul à dire, mais c’est le seul truc qui m’ait fait plaisir dans cette histoire. Que ça ait pu faire sourire ma mère, que ça ait pu lui donner un tout petit espoir que rien n’était perdu avec moi. C’est dire combien ma relation avec Michaël avait abîmé mon image personnelle. Être heureux que le mensonge puisse encore un peu fonctionner.

Lisa a ri. Moi, non. Je lui ai dit que c’était une perverse. Elle m’a dit « pas autant que toi ». J’ai trouvé que tout cela était triste et glauque. Comme d’habitude, elle s’est barrée en jurant qu’on ne se reverrait plus. Comme d’habitude, elle est revenue.

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