Après quoi on court
Michaël
Je me souviens d’avoir couru. Couru sans but. Pour fuir je ne sais quoi. En passant machinalement devant son domicile, je vis de la lumière chez Dana. Ses parents et elle devaient rentrer dans la nuit. La fenêtre de sa chambre donnait sur la rue mais était située au premier étage. Je bombardai de cailloux sa vitre, ce que je n’avais jamais fait auparavant, espérant, cependant, que cela aurait l’air romantique comme dans les films. Elle sortit, interloquée, pour voir ce qu’il se passait. Elle me sourit, intriguée par mon caractère soudainement intrépide et par mes larmes qui ne cessaient de couler. Sur qui et quoi étais-je en train de pleurer ? Je n’avais à ce moment-là pas la réponse.
Avais-je besoin de me prouver quelque chose ce soir-là en tentant d’aller à la rencontre de Dana ?
Toujours est-il que celle-ci, peut-être consciente que quelque chose avait subitement changé dans ma vie, me facilita pour une fois grandement la tâche.
Elle descendit discrètement quelques minutes après ma démonstration shakespearienne ouvrir la porte de sa maison tandis que ses parents étaient allés dormir. Elle me prit par la main et me mena dans sa chambre. Elle sentait mon cœur qui battait à tout rompre et me demanda, tout de suite après m’avoir dit qu’elle était heureuse de me retrouver, ce qui n’allait pas. Je fis mine d’être naturel mais j’étais trahi par mes larmes qui continuaient à couler. Je me demandais si elle comprenait ce qui m’arrivait. Je n’eus pas beaucoup le temps de m’interroger sur le sujet. Très vite, ses baisers et ses caresses apaisèrent mes tourments. Et puis, soudain, elle me glissa à l’oreille cette phrase toute simple mais si attendue : « Michaël, je crois que je suis prête. »
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