Après quoi on court
Aaron
Je ne courais pas dans le vide ce jour-là, je courais pour rejoindre mon ami Michaël que je devais retrouver à une terrasse de café.
J’avais bien vu que Lisa me regardait avec insistance. C’était objectivement une très jolie fille.
Elle ressemblait aux dessins que je faisais quand j’avais 8 ans et que je me représentais à côté de ma future femme et de mes futurs enfants. À l’époque, je dessinais un papa sous lequel j’écrivais « moi », une maman sous laquelle j’écrivais « la maman » et deux enfants : un garçon et une fille que je voulais appeler Arnold (à cause d’Arnold et Willy) et Punky (à cause de Punky Brewster). Un peu ridicule, je sais.
Quand je suis arrivé au café, Michaël n’était pas encore là. Je l’ai attendu au moins deux heures, je l’ai appelé au moins deux cents fois, le cœur tremblant à chaque sonnerie. Mais ce jour-là, en fait, il n’est pas venu du tout.
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