Après quoi on court

Jeremy Sebbane · Chapitre 63 sur 154

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Après quoi on court

Michaël

À notre retour de Londres, Dana s’est évidemment pris une avoinée de la part de ses parents.

Les miens ont trouvé mes mésaventures anglaises plutôt drôles.

Je leur étais reconnaissant d’être toujours compréhensifs, toujours d’humeur égale, toujours aimants.

Je ne vous ai pas beaucoup parlé d’eux parce qu’on parle rarement de ce qui ne nous cause pas de souci.

Mes parents étaient le roc sur lequel je m’appuyais quand je n’allais pas bien.

Pourtant, je ne leur racontais pas tout. Loin de là.

Cet été fut pour moi une période d’interrogations et de doutes.

Je n’avais pas envie de penser à Aaron, à ce qui s’était passé, à notre éloignement. Mais c’est vrai, je repensais souvent à lui. Hésitant parfois à l’appeler sans jamais passer à l’acte.

Ma relation avec Dana était devenue quasi exclusive. Je ne voyais presque personne à part elle. J’avais le sentiment de vivre dans une cage dorée. Je ne crois pas qu’elle s’en apercevait. Il faut dire que je ne lui en parlais pas.

Nous nous répétions toute la journée que nous nous aimions, nous nous disputions gentiment sur le prénom que l’on donnerait à nos futurs enfants, multipliant les phrases au futur comme si l’avenir était déjà écrit, comme si grandir l’un sans l’autre n’était même pas une hypothèse.

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