Après quoi on court

Jeremy Sebbane · Chapitre 15 sur 154

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Après quoi on court

Aaron

Le lendemain, je suis arrivé en retard en cours. J’avais mal dormi, j’avais en tête des images de gens hurlant et de pompiers courageux mélangées avec celles de Michaël embrassant et caressant la peau de Dana.

Parfois, quelques minutes de retard, de petits gestes ou de simples mots peuvent être la cause de cataclysmes planétaires.

Quand j’entrai dans la salle d’anglais, le cours avait déjà commencé. Immédiatement, je vis Dana assise à côté de Michaël. Je vis ses cheveux parfaitement coiffés, ses yeux très bien maquillés, ses vêtements soigneusement coordonnés et je vis Michaël qui ne me regardait pas entrer mais qui la regardait, elle.

Notre professeur, Mme Leduc, me fusillait du regard depuis trente bonnes secondes peut-être quand je revins à moi. Le temps s’était comme arrêté. Je l’entendis dire au ralenti qu’il me fallait aller chercher un mot de retard. Je me dirigeai machinalement vers la porte et crus voir, avant de la fermer, un sourire se dessiner sur le visage de Dana.

Quand je descendis l’escalier qui me menait au bureau des surveillants, je fus pris de violentes nausées.

Pas la force de me retenir. Trop tard, je vomis au beau milieu des marches devant quelques élèves dégoûtés qui en rameutèrent d’autres. Spectacle tragique d’une première défaite. Un surveillant finit par me conduire à l’infirmerie où je restai une bonne heure à me reposer de mes émotions. Là, j’entendis les bruits des élèves sortant de cours. Tout le monde parlait de la première puissance mondiale blessée par des hommes ayant des cutters, et moi, j’avais la tête à récupérer ma place dans le cours d’anglais de Mme Leduc. Celle à côté de Michaël.

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