Après quoi on court
Michaël
Aaron avait trouvé un stage dans une revue musicale branchée. C’est cette année-là qu’il a arrêté de regarder la Star Academy et qu’il s’est mis à écrire des articles sur Benjamin Biolay, Keren Ann et Vincent Delerm.
Il s’est même moqué de moi quand je lui ai dit que le dernier album de Patrick Bruel, où il parle de son bonheur d’être père, était le meilleur de sa carrière.
Je ne lui en voulais pas de cette évolution bobo, mais je ne la trouvais pas très naturelle.
Moi, j’ai continué en droit. Même si ça m’ennuyait.
J’ai commencé à écrire un petit essai politique, puis je l’ai abandonné.
Je continuais à militer, je m’intéressais aux primaires du parti socialiste. Je voulais voter pour Dominique Strauss-Kahn, mais j’ai finalement soutenu Ségolène Royal parce que j’avais envie d’être du côté de ceux qui allaient gagner.
Je ne vous raconte pas ce que je me suis pris quand je l’ai dit à Dana qui, influencée par son père, ne cessait de la dénigrer.
Même Aaron ne voulait pas voter pour elle aux présidentielles mais, lui, c’était parce qu’elle avait écrit un ouvrage disant du mal de Dorothée. Pour lui, c’était impardonnable.
Cet argument avait au moins le mérite de me faire rire, contrairement à ceux du père de Dana, qui m’expliquait chaque fois que j’avais le malheur de le croiser, quand je venais chercher sa fille, que mes convictions socialistes allaient se diluer dans le temps au fur et à mesure que j’allais être confronté aux réalités de la vie.
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