Après quoi on court

Jeremy Sebbane · Chapitre 149 sur 154

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Après quoi on court

Lisa

Il a compensé le mal que lui avait fait Michaël en se jetant à corps perdu dans le travail.

Il a compilé toutes ses chroniques dans un ouvrage qu’un mec avec qui il avait couché un soir a bien voulu présenter à un éditeur.

Il a sorti un petit livre et est devenu l’espace de quelques jours une petite coqueluche médiatique, invitée à donner son avis sur tous les plateaux.

Je le regardais tout le temps. J’étais fière de lui et je « likais » chacune de ses phrases quelconques sur Facebook où il avait des centaines de nouveaux amis à qui il n’avait jamais parlé.

Un jour, il m’a invité à une soirée dans un appartement prêté par l’un d’eux où il devait rencontrer ses lecteurs.

De nombreux auteurs à la mode étaient là, quelques présentateurs télé connus aussi. Il avait basculé dans un autre monde.

Il m’a serrée dans ses bras quand il m’a vue. Je lui ai demandé si tout allait bien. Il m’a dit qu’il était « au top ». Mais je voyais que ce n’était pas du tout le cas. Il semblait heureux d’avoir une cour de gens qui lui disaient qu’il était génial mais il jouait un rôle.

Il m’a confié qu’il avait aussi envoyé une invitation à Michaël et que ce dernier ne lui avait même pas répondu.

J’ai eu le sentiment qu’Aaron faisait tout cela pour lui, pour l’épater, pour lui montrer qu’il le dépassait et qu’il ne se laissait pas abattre.

Je l’ai vu draguer une dizaine de jeunes garçons à cette soirée. C’était sa liberté mais c’était curieux qu’il le fasse devant ses parents qu’il avait aussi conviés.

Ces derniers semblaient s’ennuyer à mourir. Aaron voulait qu’ils soient fiers de lui mais, de toute évidence, ce n’était pas en les plongeant dans cet univers-là qu’il y parviendrait.

Je suis allée leur parler. Ils étaient très heureux de me voir. Ravis de connaître enfin quelqu’un parmi la cohorte de nouveaux contacts de leur fils.

J’ai pris de leurs nouvelles. Nous avons bavardé un long moment.

J’ai voulu aller dire au revoir à Aaron. Quand je l’ai trouvé au bout de dix minutes, il était dans une chambre en train de rouler des pelles à un jeune homme.

Il s’est interrompu pour me saluer. Il m’a serrée à nouveau dans ses bras et remerciée d’être venue.

En sortant de l’immeuble, j’ai juré que cette fois, c’était sûr, on ne m’y reprendrait plus.

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