La haine du monde : Totalitarismes et postmodernité (French Edition)
Notes
Introduction
1. Voir mon ouvrage L’Âge du renoncement, Paris, Éd. du Cerf, 2011.
2. V. HAVEL, Discours de réception à l’Académie des sciences morales et politiques, 27 octobre 1992.
Le critère du Bien : l’émancipation
1. Quand l’armée de Paulus capitule à Stalingrad, et que les soldats allemands vaincus sortent en masse pour se rendre, V. GROSSMAN écrit : « Quel étonnement de voir qu’il y avait parmi eux tant d’hommes de petite taille, tant de gros nez, de fronts bas, de petites bouches aux lèvres molles, de petites têtes d’oiseaux. Tant d’Aryens à la peau bistre, pleins de boutons et d’abcès, parsemés de taches de rousseur. Ils étaient laids et faibles, tels qu’ils avaient été mis au monde par leurs mères et tels qu’elles les aimaient », Vie et destin, Paris, L’Âge d’homme, 1980, p. 1083.
2. G. ANDERS, Obsolescence de l’homme, Paris, Ivrea, 2002, p. 42 s.
3. A. DE TOCQUEVILLE, L’Ancien Régime et la révolution, Paris, Gallimard, 1967, p. 71.
4. Ibid., p. 252-253.
5. C. CASTORIADIS, La Montée de l’insignifiance, Paris, Éd. du Seuil, 1996 p. 105-106 : « Le projet capitaliste, démentiel, d’une expansion illimitée d’une pseudo-maîtrise pseudo-rationnelle qui depuis longtemps a cessé de concerner seulement les forces productives et l’économie pour devenir un projet global (et pour autant encore plus monstrueux), d’une maîtrise totale des données physiques, biologiques, psychiques, sociales, culturelles. Le totalitarisme n’est que la pointe la plus extrême de ce projet de domination. »
6. Voir F. ROUVILLOIS, Crime et Utopie, Paris, Flammarion, 2014.
7. À ce sujet voir les très belles pages de G. LIICEANU dans De la limite (Paris, Michalon, 1994) sur, « La racine per- et le complexe peratologique », p. 149 s.
8. H. DE LUBAC, La Postérité spirituelle de Joachim de Flore, Paris, Éd. du Cerf, 2014, p. 747.
9 o . Agir n 53, mai 2014, p. 41 ; « La société néolibérale réalise ainsi l’utopie totalitaire », p. 45.
10. Naissances du totalitarisme, Ph. DE LARA (dir.), Paris, Éd. du Cerf, 2011.
11 o . L. K OLAKOWSKI , « Jésus, essai apologétique et critique », Commentaire 2014/3, n 147. Merci à A. Besançon d’avoir exhumé ce texte
12. Le Monde du 7 mars 1996.
13. Voir le Wikipédia sur S. COURTOIS.
14. B. BRUNETEAU, Le Totalitarisme (Paris, Éd. du Cerf, 2010), décrit les raisons multiples de la différence de traitement entre nazisme et communisme, et essentiellement l’idée fondatrice de cette différence de traitement : entre le stalinisme et le nazisme « le premier se veut et est l’héritier des Lumières, le second en est le fossoyeur », p. 18.
15. L. TOLSTOÏ, Guerre et paix, Paris, Gallimard, 1972, p. 751.
Le processus fatal de l’émancipation
1. HEGEL, La Raison dans l’histoire, Paris, 10/18, 1965, p. 84.
2. VICO, Science Nouvelle, LXV.
3. Voir La Question religieuse en Chine, V. GOOSSAERT (dir.), Paris, CNRS Éditions, 2012.
4. Cette comparaison a été développée avec talent par G. GUSDORF, Les Révolutions de France et d’Amérique, Paris, Table Ronde, 2005, p. 86.
5. Voir par exemple M. MOREAU, « Le principe héroïque de Jules Michelet, une lecture de la pensée de Vico », article électronique. O. REMAUD dans Les Archives de l’humanité, essai sur la philosophie de Vico (Paris, Éd. du Seuil, 2004, p. 18-20), montre que Michelet comprend le faire de Vico comme un se créer soi-même, et la promesse historique de Vico comme une épiphanie républicaine…
6. Ibid., p. 236.
7. L. DUMONT, L’Idéologie allemande, Paris, Gallimard, 1991, p. 21.
8. J’ai développé ces points dans deux ouvrages : La Nature du populisme ou les figures de l’idiot, Paris, Ovadia, 2008, et Qu’est-ce que l’homme ?, Paris, Éd. du Cerf, 2008.
9. La question toujours en débat de la Révolution française matrice du totalitarisme comme terreur à fin de régénération du monde, a été développée récemment dans les textes de L. CHAVANETTE « Séparer le bon grain de l’ivraie ? » et de B. BRUNETEAU « La révolution française aux origines du totalitarisme ? » dans o Histoire et Liberté , dans Les Cahiers d’histoire sociale , 2015, n 58.
10. Par exemple J. TALMON, Les Origines de la démocratie totalitaire, Paris, Calmann Lévy, 1966. TOCQUEVILLE écrivait dans L’Ancien Régime et la Révolution : « Le passé est pour les économistes l’objet d’un mépris sans bornes », p. 256.
11. Les Logiques totalitaires, S. COURTOIS (dir.), Monaco, Éd. du Rocher, 2006, avant-propos de S. Courtois, p. 29.
12. Le Monde, 16 septembre 2014, p. 2
13. E. LITTRÉ, Conservatisme, Révolution, Positivisme, Paris, Librairie philosophique de Ladrange, 1882, p. 305-306.
14. Les Logiques totalitaires, p. 64.
15. Fr. FURET, Le Passé d’une illusion, Paris, Laffont, 1995, p. 11.
16. J. CLAIR, Du surréalisme…, Paris, Éd. Mille et une nuits, 2003, p. 77.
17. P. SLOTERDIJK, La Domestication de l’être, Paris, Éd. Mille et une nuits, 2000, p. 31.
18. Manifeste pour une éthique planétaire, Paris, Éd. du Cerf, 1995, p. 94-95.
19. Voir Cl. BRELET, Anthropologie de l’ONU, Paris, L’Harmattan, 1995. Les ouvrages à ce sujet sont rares, sans doute parce que justement la vision du monde des organismes internationaux ne doit pas se dire, elle doit plutôt tout inspirer comme l’atmosphère qu’on respire, et la décrire, c’est déjà proposer de la débattre, ce qui, dans l’esprit du temps, est impensable. M. Schooyans a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet, mais il ne s’intéresse pratiquement qu’à la question de l’IVG, ce qui, de notre point de vue, reste largement insuffisant, c’est un euphémisme, pour comprendre l’anthropologie des organismes internationaux.
20. Cl. BRELET, Anthropologie de l’ONU, p. 14.
21. Ibid., p. 75.
22. Ibid., p. 77.
23. Ibid., p. 132, d’après les mots de Th. Parran, président de la Conférence internationale de la santé.
24. B. MALINOWSKI, Une théorie scientifique de la culture et autres essais, Paris, Maspero, 1968, p. 17-178-179.
25. A. DE TOCQUEVILLE, Démocratie en Amérique, I, II, 7 et II, IV, 6.
26. H. JONAS, Principe responsabilité, Paris, Éd. du Cerf, 1990, p. 197.
27. A. SOLJENYTSINE, « Le Déclin du courage », discours du 8 juin 1978 à Harvard.
28. Interview donnée au Monde par écrit, 1993, exemplaire électronique.
29. V. HAVEL, Essais politiques, Paris, Calmann-Lévy, 1990, p. 151.
30. Ibid., p. 165.
31. Ibid., p. 234.
32. Ibid.
33. Ibid., p. 244-245.
Par la dérision
1. J.-P. LEGOFF, La Barbarie douce (Paris, La Découverte 2003), insiste sur la montée de l’insignifiance qu’il apparie à l’idéologie de la maîtrise totale.
2. S. KIERKEGAARD, Le Concept d’ironie constamment rapporté à Socrate, Paris, Éd de l’Orante, 1975, p. 4.
3. Ibid., p. 74.
4. J’ai esquissé cette analyse du dénigrement chez l’élite dans Les Pierres d’angle (Paris, Éd. du Cerf, 2013), p. 228-229.
5. Voir HEGEL, Principes de Philosophie du droit, § 140, Paris, Vrin, 1986, p. 178 s.
6. Voir mon ouvrage L’Âge du renoncement, chap. VI : « Décomposition et désublimation ».
7. CHATEAUBRIAND, Génie du christianisme, II, I, V.
8. G. VAN DEN STEENHOVEN, The Eskimos, p. 339 s., cité dans J. BODIN, Gouvernés et Gouvernants XXII, Recueils de la société, Bruxelles, Éd. de la librairie encyclopédique, 1969.
9. THUCYDIDE, Guerre du Péloponnèse, III, 81.
10. SALLUSTE, La Conjuration de Catilina, LII.
11. Z. HERBERT, version électronique, traduction de Brigitte Gautier.
12 o . L. K OLAKOWSKI, « Jésus, Essai apologétique et sceptique », Commentaire 2014/3, n 147.
13. V. KLEMPERER, LTI, Paris, Albin Michel, 1996, p. 115-116.
14. SADE, « Français encore un effort pour être républicains », texte électronique, p. 8.
Masse et désolation
1. H. ARENDT, Le Système totalitaire, Paris, Éd. du Seuil, 1972, p. 52.
2. L. DUMONT dans L’Idéologie allemande, cite sur ce sujet Thomas Mann ou Ernst Troeltsch, même si ce dernier est beaucoup plus nuancé à propos de cette affirmation, voir Protestantisme et modernité, Paris, Gallimard, 1991.
3. Voir mon ouvrage Populisme. Les demeurés de l’histoire, Monaco, Éd. du Rocher, 2015.
4. L. TROTSKY, Littérature et révolution, 1924, II, version électronique.
5. R. ASTRUC, Nous ? <communautédeschercheurssurlacommunauté>
6. J.-Cl. MICHÉA, Les Mystères de la gauche, Paris, Climats, 2013.
7. R. SENAC, rapport « Éduquer contre l’homophobie dès l’école primaire », 2013.
8. H. ARENDT, Le Système totalitaire, p. 282.
9. Voir G. DEMELEMESTRE, Les Deux Souverainetés et leur destin, Paris, Éd. du Cerf, 2011.
10. S. ALEXIEVITCH, La Fin de l’homme rouge, Paris, Actes Sud, 2013.
Égalité débauchée
1. A. DE TOCQUEVILLE, Démocratie en Amérique, 2, IV, VI.
2. Les textes concernant le remplacement de la transmission éducative par l’égalisation, depuis Condorcet en 1792 et au long de l’histoire républicaine française, sont évoqués par Fr. ROUVILLOIS, dans Être ou ne pas être républicain, Paris, Éd. du Cerf, 2015, p. 66 s.
3. « Si je croyais dans le communisme ? Franchement, sans mentir, je croyais à la possibilité d’organiser la vie de façon juste. Et je vous l’ai déjà dit… J’y crois encore aujourd’hui. J’en ai assez d’entendre raconter comment nous vivions mal sous le socialisme. Je suis fière de l’époque soviétique ! On ne vivait pas dans le luxe, mais on avait une vie normale. On avait l’amour, l’amitié… Des robes et des chaussures… », S. ALEXIEVITCH, La Fin de l’homme rouge, p. 68.
4. B. HUTEAU, J.-Y. LARRAUFIE, Le Modèle suédois, Paris, Mines, 2009, p. 108. « N’est-ce pas ce même appareil de Russie que […] nous avons emprunté au tsarisme en nous bornant à le badigeonner légèrement d’un vernis soviétique ? […] Nous appelons nôtre un appareil qui, de fait, nous est encore foncièrement étranger et représente un salmigondis de survivances bourgeoises et tsaristes », LÉNINE, Œuvres Complètes, t. XXXVI, Paris, Éd. sociales, 1959, p. 619, suites des notes du 30 décembre 1922.
Renaturation de l’homme, tout est possible
1. Voir p. 26.
2. G. ANDERS, Obsolescence de l’homme, p. 301.
3. Fr. ROUVILLOIS, Crime et Utopie.
4. M. PIVERT dans Le Populaire du 27 mai 1936 : « Qu’on ne vienne pas nous chanter des airs de berceuse : tout un peuple est désormais en marche, d’un pas assuré vers un magnifique destin […]. Les masses sont beaucoup plus avancées qu’on ne l’imagine […] les opérations chirurgicales les plus risquées entraîneront leur consentement, car elles savent que le monde capitaliste agonise […]. Tout est possible, et à toute vitesse. »
5. S. COURTOIS, Les Logiques totalitaires en Europe, p. 31 : « Heydrich avait 35 ans au début de la guerre et Himmler 39. Ce qui nous renvoie encore une fois au cas soviétique : le fondateur et premier chef du goulag, Matveï Berman, avait 28 ans ; le maître d’œuvre de la Grande Terreur, Nicolas Ejov, était âgé de 35 ans, etc. »
6. Libération du 15 septembre 2013, relayant une information allemande.
7. P. NOVEL, Le Futur de la procréation, Paris, Institut Diderot, 2013.
8. Manifeste du Comité d’action Censier, Paris, Éd. du Seuil, 1968, p. 54.
9. Le succès remporté par ce livre est significatif, dont la quatrième de couverture est la suivante : « La naissance ne saurait être biologique : on choisit toujours ses parents. Naître, c’est semer ses géniteurs. Non pas tuer le père, mais tuer en nous le fils. Laisser son sang derrière, s’affranchir de ses gènes. Chercher, trouver d’autres parents : spirituels. Ce qui compte, ce n’est pas la mise au monde, mais la mise en monde. Naître biologiquement, c’est à la portée du premier chiot venu, des grenouilles, des mulots, des huîtres. Naître spirituellement, naître à soi-même, se déspermatozoïder, c’est à la portée de ceux-là seuls qui préfèrent les orphelins aux fils de famille, les adoptés aux programmés, les fugueurs aux successeurs, les déviances aux descendances. Toute naissance est devant soi. C’est la mort qui est derrière. Les parents nous ont donné la vie ? À nous de la leur reprendre. Le plus tôt possible », Y. MOIX, Naissance, Paris, Grasset, 2013 (Prix Renaudot).
10. J. HABERMAS, L’Avenir de la nature humaine. Vers un eugénisme libéral, Paris, Gallimard, 2002.
11. J. ATTALI, Le Droit à changer de prénom, consulté sur internet.
12. M. ONFRAY, La Passion de la méchanceté, Paris, Éd. Autrement, 2015, conclusion. Il semble que l’opinion de l’auteur à ce sujet ait évolué depuis.
13. Le Point, novembre 2014.
Récusation des questions existentielles
1. P. FIDELIUS, L’Esprit post-totalitaire, Paris, Grasset, 1986, p. 294.
2. Voir mon ouvrage L’Âge du renoncement.
3. CONDORCET, Esquisse d’un tableau historique, Paris, Flammarion, 1988, p. 288, 294.
4. L. ZAMIATINE, Nous autres, Paris, Gallimard, 1971, p. 185.
5. Ibid., p. 26.
6. Ibid., p. 207.
7. A. HUXLEY, Le Meilleur des mondes, Paris, Plon, 1977, p. 35, 186.
8. Ibid., p. 130.
9. Ibid., p. 170.
10. G. ORWELL, 1984, Paris, Gallimard, 1950, p. 379.
11. C. MILOSZ, La Pensée captive, Paris, Gallimard, 1953, p. 25 s.
12. P. BRUCKNER, L’Euphorie perpétuelle, Paris, Grasset, 2000, p. 217.
13. V. HAVEL, Essais Politiques, p. 20.
14. A. HUXLEY, Le Meilleur des mondes, p. 259.
15. C. MILOSZ, La Pensée captive, p. 45.
16. L. ATTALI, Laïciser l’État, enfin !, le 4 février 2013.
17. M. KUNDERA, Risibles amours, Paris, Gallimard, 1970.
18. Voir par exemple L. ALEXANDRE, La Mort de la mort, Paris, Lattès, 2011.
19. G. ORWELL, 1984, p. 379.
20. Voir par exemple, M. YOURCENAR, L’Homme couvert de dieux, Paris, Fata Morgana, 2011.
21. L. ALEXANDRE, La Mort de la mort, p. 247.
22. C. LAFONTAINE, La Société post-mortelle, Paris, Éd. du Seuil, 2008, p. 41.
23 e . La Littérature lettone au XX siècle, Riga, Nordik, 1997, p. 84.
24. Cité par M. BESNIER, Demain les post-humains, Paris, Fayard, 2010, p. 36 s.
25. Ibid., p. 52 s. J’ai tenté de montrer le tropisme oriental de l’Occident contemporain, pour cette même raison, dans L’Âge du renoncement.
26. A. DAUDET, Lettres de mon moulin, « La mort du dauphin ».
27. E. IONESCO, Le Roi se meurt, Paris, Gallimard, 1963, p. 53.
28. Ibid., p. 126.
29. H. JONAS, Principe responsabilité, p. 40.
30. G. ANDERS, Obsolescence de l’homme, p. 74.
31. C. CASTORIADIS, La Montée de l’insignifiance, Paris, Éd. du Seuil, 1996, p. 77.
32. Voir le très beau texte de M. STEFFENS, « L’amour comme consentement à la mort », archives privées.
33. CONDORCET, Esquisse…, p. 294.
34. C. LAFONTAINE, La Société post-mortelle, p. 165.
Paisiblement assujettis
1. Une férocité « qui donne le frisson », dit G. GLOTZ dans La Cité grecque, Paris, Albin Michel, 1968, p. 114, 326.
2. A. HITLER, Mein Kampf, Paris, NEL, 1934, p. 582.
3. J’ai développé ces points dans d’autres ouvrages ; dans Le Populisme : la syntaxe du mépris du peuple ; dans L’Âge du renoncement : la technocratie comme renoncement à la démocratie.
4 e . A. DE T OCQUEVILLE, Démocratie en Amérique , vol. I, II partie, chap. VII.
5. H. ARENDT, La Crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972, p. 233.
6. G. BERNANOS, La France contre les robots, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Essais II, 1995, p. 993.
7. A. SOLJENYTSINE, « Le déclin du courage », discours prononcé à Harvard le 8 juin 1978.
8. V. HAVEL, Essais politiques, p. 59.
9. Ibid.
10. Pasolini et le fascisme de la consommation, M. LEROY, publié sur le Net le 25 avril 2013 : « Aucun centralisme fasciste n’est parvenu à faire ce qu’a fait la société de consommation. Le fascisme proposait un modèle réactionnaire et monumental mais qui restait lettre morte. De nos jours, au contraire, l’adhésion aux modèles imposés par le centre est totale et inconditionnée » – il dit qu’au-delà de la différence des programmes, la réussite en termes de résultats est bien plus grande qu’avec les régimes de terreur. Et « Sous couleur de démocratie, de pluralité, de tolérance et de bien-être, les autorités politiques, inféodées aux pouvoirs marchands, ont édifié un système totalitaire sans nul autre pareil […] endoctrinement publicitaire, grégarisation sous couvert d’individualisme, appauvrissement du lien social, mimétisme collectif, aliénation des consciences… »
11. « En cas de conflit entre l’univers moral et l’univers politique, le lettré confucéen doit, comme l’a dit Xun Zi en terme clairs et forts, obéir aux principes et désobéir au prince », S. LEYS, Essais sur la Chine, Paris, Robert Laffont, 1998, p. 646.
12. H. RAUSCHNING, La Révolution du nihilisme, Paris, Gallimard, 1940, p. 53.
13. H. KELSEN, Qui doit être le gardien de la constitution ?, Paris, Michel Houdiard, 2006 : La Controverse sur « le gardien de la constitution », Kelsen contre Schmitt, O. BEAUD (dir.), Paris, Éd. Panthéon-Assas, 2007.
14. Je me réfère au beau texte de B. QUENTIN, L’Homme des marges, 2014, document personnel.
Clore l’Histoire
1. E. GIBBON, Histoire du déclin et de la chute de l’empire romain, Paris, Robert Laffont, 1983, p. 42.
2. HEGEL, Des manières de traiter scientifiquement du droit naturel, Paris, Vrin, 1972, II, 74-75, p. 66 s.
3. H. ARENDT, Condition de l’homme moderne, Paris, Calmann-Lévy, 1983, p. 92.
4. Ibid.
5. V. HAVEL, Essais politiques, p. 183.
6. A. ZAGAJEWSKI, Solidarité, Solitude, Paris, Fayard, 1986, p. 59.
7. Ibid., p. 167.
8. V. KEMPLERER, LTI, la langue du Troisième Reich, p. 154.
9. Voir p. 78.
10. J. PATOČKA, Essais hérétiques, Paris, Verdier, 1981, p. 57.
11. H. ARENDT, Le Système totalitaire. Les origines du totalitarisme, Paris, Éd. du Seuil, 2002, p. 79.
12. Voir mon ouvrage sur le Populisme.
13. L. TOLSTOÏ, Épilogue de Guerre et Paix, t. II, p. 848-849
14. « Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder. Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde ! Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt : Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde », B. BRECHT, La Résistible Ascension d’Arturo Ui, Paris, Éd. de l’Arche, 1941, dans Théâtre complet, vol. 5.
Un monde fictif
1. P. FIDELIUS, L’Esprit post-totalitaire, Paris, Grasset, 1986, p. 69.
2. Ibid., p. 71.
3. L. XIAOBO, Vivre dans la vérité, Paris, Gallimard, 2012.
4. H. ARENDT, Les Origines du totalitarisme. Le système totalitaire, Paris, Éd. du Seuil, 1972, p. 79.
5. C. MILOSZ, La Pensée captive, chap. III.
6. G. ORWELL, 1984, p. 119.
7. G. ORWELL, Essais, articles et lettres, t. II, p. 322-325.
8. C. DELPORTE, Une histoire de la langue de bois de Lénine à Sarkozy, Paris, Flammarion, 2009 ; G. GUILLERON, Langue de bois, décryptage irrévérencieux du politiquement correct et des dessous de la langue, Paris, First Éditions, 2010. Voir FLAUBERT, Dictionnaire des idées reçues.
9. Ce que J.-P. LE GOFF appelle le « discours pseudo-savant », en évoquant la logorrhée style Philippe Meirieu dans l’Éducation nationale, La Barbarie douce, p. 29 s. ; Fr. THOM en a brossé un compte rendu très juste et très humoristique dans « Langue de bois et aphasie moderne », Hermès n o 58, 2010, p. 129 s.
10. J.-Fr. MATTÉI, archives personnelles.
11. Hermès, p. 141.
12. Le Monde, 13 mai 2014.
13. V. KLEMPERER, LTI, p. 45.
14. La signification de la langue, Hermès, p. 48. J. DEWITTE écrivait à propos de la langue de bois, dans Le Pouvoir de la langue et la liberté de l’esprit, Paris, Michalon, 2007, p. 28 : « nos sociétés sont à la fois anti-totalitaires et néo-totalitaires. »
15. « Aucun d’entre eux n’était nazi, mais ils étaient tous intoxiqués », ibid., p. 137.
16. BOILEAU, Satire 1.
17. A. WAT, Mon siècle, Paris, Éd. L’Âge d’Homme, 1989, p. 389.
Conclusion
1. A. BARRICO, Les Barbares, Paris, Gallimard, 2014, p. 220.
2. M. EGGER, Soigner l’esprit, guérir la terre, Genève, Labor et Fides, 2015 : la vision dualiste, l’individualisme, la raison, le profit, etc., sont des maladies.
3. SÉNÈQUE, Théâtre complet, Paris, Actes Sud, 2012, p. 133, 476.
4. J. MICHELET, Histoire de la révolution française, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 785.
5 o . Le Point , n 2243 du 3 septembre 2015.
6. J. CLAIR, Du Surréalisme, p. 118-138
7. CIORAN, Apologie de la barbarie, Paris, Éd. de L’Herne, 2015.
8. Voir par exemple, G. HOTTOIS, Le Transhumanisme est-il un humanisme ?, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2014, p. 40.
9. G. HOTTOIS, Le Transhumanisme est-il un humanisme ?, p. 32.
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