La maison de Bretagne
La nuit tombait, et…
La nuit tombait, et je restais assise, immobile près du feu éteint. À un moment j’ai cru entendre frapper au carreau ; mais non, derrière la vitre obscurcie, il n’y avait personne, ce n’était que le vent sans doute, chargé d’un fragment de goémon. Comme l’intersigne des légendes ?
Je me suis levée, rapprochée de la fenêtre, et j’étais là, debout près de la vitre martelée de gouttes de pluie. Au-delà, on n’apercevait de la mer et du ciel qu’une seule masse grise, informe, agitée de profonds remous.
J’aurais aimé peindre cela. Cette informité. Cette force aveugle. Ce chaos. J’imaginais des noirs, des blancs et des gris. Je sentais leur mouvement. Je dessinais l’invisible. Je donnais forme au mystère. Le tableau était déjà dans ma tête, dans mes doigts… Je pensai au format idéal à donner à la toile et je souris à l’idée que cela ressemblait presque, cette fois, à un projet.
Il me semblait que j’étais en n moi-même, et que quelque chose, ailleurs, m’approuvait.
Les rafales les plus brutales avaient cessé. Maintenant on n’entendait plus qu’une énorme et continue rumeur, compacte, magni que, comme le sou e d’un immense être invisible, en n apaisé.
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