Chroniques du dimanche, tome 1
Le trois fait le mois
Le 3 mai 1998
Le trois fait le mois
N ous sommes le trois du mois. Et comme tous les mois, une chose est sûre et certaine : je vais entendre durant la journée quelqu’un dire « Le trois fait le mois ». C’est inévitable. Cela viendra peut-être de la bouche d’un animateur de radio, d’un chauffeur de taxi, de ma conjointe ou même de moi. On n’y échappe pas. C’est ainsi. Lorsque l’humain ne sait pas quoi dire, il dit des proverbes. C’est plus fort que lui. Ça le démange.
Il ne se passe pas une journée sans qu’un politicien, un entraîneur de hockey ou un philosophe de tribune téléphonique ne ponctue ses propos de quelques bons vieux dictons apprêtés à leur façon. Ça donne ces sages réflexions : « Il faut laver son linge sale par les deux bouts », « À cheval donné, on ne regarde pas un évêque », « Un tien vaut mieux que deux lièvres à la fois », « C’est en forgeant qu’on devient cordonnier », « Il ne faut pas être plus catholique que César », « Qui va à la chasse revient au galop », « Qui sème le vent n’amasse pas mousse », « Les murs affamés n’ont pas d’oreilles », « Il n’y a pas de fumée sans casser des oeufs », « La vérité sort de la couche des enfants ». Des énoncés profonds. Dans le sens de creux.
Le pire, c’est que vous et moi abusons aussi des proverbes. Sans même nous en rendre compte. Supposons que votre nouvelle flamme vous rejoint au restaurant une demi-heure plus tard que prévu, vous allez lui dire pour qu’elle se sente bien à l’aise : « Mieux vaut tard que jamais ! » C’est sûr. Si plus tard, rendu à votre appartement, la nouvelle flamme s’étonne devant la taille lilliputienne de votre appendice sexuel, vous allez lui dire pour la rassurer : « Dans les petits pots, les meilleurs onguents ! » C’est certain. Si le lendemain, vous appelez votre meilleur ami en pleurant parce que la nouvelle flamme, déçue de votre onguent, vous a quitté pour toujours, il va vous dire pour vous remonter le moral : « Une de perdue, dix de retrouvées ». C’est inévitable.
Nous sommes tous des Jean Perron de la vie, commentant chacun de nos gestes à grands coups de proverbes. Toujours les mêmes. Qui reviennent jour après jour, du trois du mois d’avril au trois du mois de mai au trois du mois de juin... Ainsi de suite. Plus ça change, plus c’est pareil. Ça aussi, c’est un proverbe ! Et j’ai même pas fait exprès.
À l’aube de l’an 2000, il est plus que temps que l’humanité renouvelle son stock de proverbes. Inventons-nous de nouveaux dictons qui nous permettront de meubler les silences du XXI e siècle. Voici un bouquet de nouveaux proverbes tout frais :
Après la pluie, vient le baseball.
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Il ne faut pas vendre la peau de l’ours à Brigitte Bardot.
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L’appétit vient en mangeant, la pizza vient en l’appelant.
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C’est l’intention qui compte assistée de Gretzky.
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L’amour rend aveugle, mais le mariage rend la vue.
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Il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau » à moins
d’être au Mexique !
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Le malheur des uns fait le bonheur de Claire Lamarche.
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Ventre affamé n’a pas d’oreilles de crisse.
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La modération a bien meilleur goût que le Harfang des neiges.
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L’habit ne fait pas le moine mais ça le cache.
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Quand on habite une maison de verre,ça coûte cher de Windex !
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Si partir, c’est mourir un peu, mourir, c’est partir beaucoup.
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On a souvent besoin d’un plus petit que soi, sauf si c’est Guy Chevrette.
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Il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs, parce qu’ils risquent de
vous donner une contravention.
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Les absents ont toujours tort sauf à un match des Expos.
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Chat échaudé craint les restaurants chinois.
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Rien ne sert de courir, il faut partir du Point. (proverbe de Jean-François
Lépine)
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Vaut mieux être riche et joueur de hockey que pauvre avec l’hépatite C.
(proverbe de Jean Chrétien)
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Tant qu’il y a de la vie, il y a des référendums. (proverbe de Lucien
Bouchard)
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Il faut battre le fer pendant qu’on est chaud. (proverbe de Jacques Parizeau)
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Les derniers seront les derniers.
(proverbe de Felipe Alou)
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La fin justifie les joueurs moyens. (proverbe de Claude Brochu)
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À beau mentir qui vient d’Ottawa. (proverbe de Jean Charest)
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Jamais deux sans stagiaire. (proverbe de Bill Clinton)
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Il ne faut pas avoir le ventre plus gros que les yeux. (proverbe de Jean-Luc
Mongrain)
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Qui aime bien, chante-t-il bien ? (proverbe de Michel Louvain)
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Les paroles s’envolent, les écrits restent invendus. (proverbe des éditeurs de
livres québécois)
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La foi peut déplacer des montagnes, mais elle a de la misère à tasser Jagr
devant le net. (proverbe d’Alain Vigneault)
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Il ne faut pas remettre à demain ce qu’on... ah pis j’vous dirai la suite
demain !
Sur ce, je vous souhaite un bon dimanche. N’oubliez pas, le trois fait le mois mais le cinq le défait si le six a une petite barre en dessous...
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