Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements
Les aspects physiques
Les phénomènes physiques qui accompagnent les enlèvements sont importants, mais leur signification provient avant tout du fait qu’ils corroborent les expériences de kidnapping elles-mêmes car les effets, assez subtils, ne suffiraient pas à eux seuls à convaincre un clinicien rompu au raisonnement occidental. Par exemple, même si les kidnappés sont absolument sûrs que les entailles, les cicatrices, les petits ulcères apparus subitement et autres blessures diverses qu’ils découvrent sur leur corps après une expérience d’enlèvement sont des conséquences directes des procédures auxquelles ils ont été soumis à bord de l’ovni, ces lésions sont généralement trop communes en elles-mêmes pour être médicalement signifiantes. De la même façon, des femmes kidnappées se trouveront souvent enceintes pour quelque temps, jusqu’au moment où, à l’occasion d’un nouvel enlèvement, le fœtus sera retiré de leurs entrailles ; mais il n’existe à ce jour aucun document officiel dans lequel un médecin aura témoigné qu’un fœtus aura disparu et que cet événement est relié à un rapt extraterrestre (Druffel 1991 ; Miller et Neal, dans la presse ; Neal 1992). Beaucoup de kidnappés ont remarqué que les installations électriques ou électroniques - postes de télévision et de radio, réveils, répondeurs téléphoniques, éclairage domestique, grille-pain, etc. - se détraquaient lors des enlèvements, ou simplement lorsque le kidnappé s’en approchait. Mais comment prouver que ces perturbations dans le fonctionnement d’appareils ménagers courants puissent être rattachées à des processus d’enlèvement extraterrestre, ou même qu’elles se soient tout simplement produites ?
Les kidnappés éprouvent fréquemment la sensation qu’un objet a été introduit dans leur corps, et plus particulièrement au niveau de la tête, même si toutes les parties du corps peuvent être concernées ; cet objet serait comparable à une espèce d’émetteur-récepteur qui permettrait aux extraterrestres de les suivre à distance et de les télécommander, un peu, selon la description qu’en ont faite les kidnappés, comme on suit expérimentalement un animal protégé dans une réserve et à qui on aura installé un collier émetteur. Ces prétendus implants peuvent être ressentis comme de petits nodules sous la peau et, à plusieurs reprises, de petits objets ont été en effet découverts, analysés biochimiquement et soumis au microscope électronique. Le physicien David Pritchard, spécialiste de l’intelligence artificielle et qui a pu analyser un implant extrait du pénis d’un sujet, a beaucoup écrit sur les critères qui président aux examens et à l’identification de ce type d’objet (Pritchard 1992). J’ai moi-même tenu entre mes mains un petit objet filiforme d’une longueur d’un centimètre, que m’avait apporté une de mes patientes, une jeune femme de vingt-quatre ans, après que celui-ci lui fut tombé des narines. Des analyses élémentaires et des photographies au microscope électronique révélèrent la présence d’une fibre entortillée assez intéressante car elle était composée de carbone, de silicium, d’oxygène et de traces de divers autres éléments, mais sans azote. Une analyse isotopique du carbone ne donna aucun résultat particulier. Un collègue travaillant en biologie nucléaire me dit que le « spécimen » ne correspondait pas à une formation biologiquement naturelle mais qu’il pouvait avoir été fabriqué. Il me parut compliqué de pousser les recherches plus avant.
Nous n’avons pas de preuves suffisantes indiquant que les implants récupérés sont composés exclusivement d’éléments rares, ni d’éléments plus ordinaires mais combinés de façon inhabituelle. En discutant avec des ingénieurs chimistes et d’autres techniciens experts en matériaux, j’ai appris qu’il serait extrêmement difficile d’effectuer un diagnostic concernant la nature exacte d’une substance encore inconnue sans avoir de plus amples informations sur ses origines. Même dans les meilleures conditions possibles, il resterait à prouver, par exemple, que la substance n’est pas d’origine terrestre ou même qu’elle ne provient pas de tissus humains.
En supposant que ces objets furent bel et bien introduits dans les corps humains par les extraterrestres, ce qui est virtuellement impossible à démontrer, il devenait de ce fait aisé pour les extraterrestres, et ce à la lumière des autres « miracles » dont ils semblent être capables, d’adapter un petit objet au corps humain en le conformant à sa chimie spécifique. Si c’était bien le cas, l’analyse ne donnerait rien qui nous parût surprenant parce qu’inhabituel. J’en fis l’expérience avec Jerry (chap. 6), qui ressentait fortement la présence de deux petits nodules apparus à la hauteur de son poignet à la suite d’un enlèvement ; ces nodules ne s’y trouvaient pas auparavant. Elle accepta qu’on les lui ôte ; un collègue chirurgien prit l’affaire en main mais le laboratoire d’analyses ne découvrit rien de particulier dans les tissus ainsi obtenus.
Le milieu des chercheurs dans le domaine des kidnappings extraterrestres fut en ébullition le jour où le premier implant fut découvert. C’était, enfin, la première preuve matérielle et concrète de la réalité des phénomènes d’enlèvement, un objet qui arrivait tout droit d’un univers extraterrestre, bref, l’arme qui allait confondre les critiques. Mon enthousiasme s’est cependant un peu calmé quant à la possibilité d’apporter des preuves de l’existence du phénomène par ce moyen. Mettre là tous nos espoirs pourrait bien même se révéler une « erreur de logistique ». En d’autres termes, il serait hasardeux de s’attendre à ce qu’un phénomène dont la nature est des plus subtiles, et dont un des effets pourrait être d’élargir et de propulser nos moyens de connaissance au-delà d’une approche scientifique purement matérialiste (comme cela se passe en Occident), offre sur un plateau tous ses secrets à une épistémologie et à une méthodologie qui opèrent à des niveaux de conscience nettement inférieurs (le point sur la question est abordé au chap. 11 à propos du cas d’Eva).
Une théorie qui chercherait à expliquer les phénomènes d’enlèvement extraterrestre devrait ainsi tenir compte des cinq points de base suivants :
1. La somme remarquable que représentent les rapports détaillés des enlèvements, tous accompagnés des états émotionnels que l’on attribue généralement à des réalités vécues, et fournis par des personnes apparemment dignes de foi.
2. L’absence de troubles psychiatriques ou tout autre facteur apparent d’ordre psychologique ou émotionnel qui aurait pu être à l’origine de ce qui est rapporté. 3. Les changements d’ordre physique et les lésions affectant certaines parties du corps des témoins, qui sont autant de phénomènes ne répondant de toute évidence pas à ce que l’on sait des schémas psychodynamiques (tels les stigmates, par exemple).
4. L’association des phénomènes d’enlèvement avec des observations indépendantes d’ovni, c’est-à-dire effectuées par des personnes étrangères à l’enlèvement lui-même, tandis que celui-ci avait lieu (ovni que le kidnappé lui-même peut ne pas avoir vu).
5. Les rapports d’enlèvement faits par des enfants n’ayant pas plus de deux ou trois ans (voir le cas de Colin au chap. 6).
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