Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements
9. Sara : fusion des espèces et évolution humaine
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Sara : fusion des espèces
et évolution humaine
Sara était une étudiante de vingt-huit ans. Elle m’écrivit un jour pour solliciter une séance d’hypnose. Elle projetait de partir en voyage et souhaitait me voir auparavant « afin de libérer certaines émotions et informations qui perlaient à la surface et de diminuer les sentiments d’angoisse et de confusion qui l’avaient tellement submergée ». De nombreux détails de la vie de Sara ne seront pas divulgués dans le but de protéger son anonymat.
Dans sa lettre, elle me disait que environ deux ans auparavant, tandis qu’elle subissait une série de massages pour des douleurs à la nuque, « elle avait fait l’expérience de petits êtres entrant en communication avec elle télépathiquement ». Elle se rendit compte également qu’elle dessinait, spontanément, avec un stylo dans chaque main (« Jamais avant cela je ne m’étais servie de ma main gauche. ») ce qu’elle prit pour des êtres extraterrestres avec une insistance toute particulière pour leurs yeux. Dans ces dessins on voyait aussi des ruelles et « des sortes de corps subtils » comme un « corps subtil d’entité ».
Sara appartient à ces kidnappés, dont le nombre va croissant, qui trouvent un intérêt spirituel à comprendre ce qui leur est arrivé. Sa recherche de sens et son combat pour repousser les frontières de sa propre conscience lui permirent d’accéder à de prodigieux enseignements en un temps très court. Elle m’indiquait aussi dans cette lettre qu’elle avait récemment commencé « à recevoir des informations reliant d’autres entités au sort de la planète et à son évolution écologique, notamment au niveau de l’inversion des pôles et du magnétisme terrestre ». Le désir de se rendre utile et « de faire quelque chose de constructif pour le monde » est vital pour Sara même si elle ignore encore les formes que cela prendra.
Sara passa son enfance dans les faubourgs d’une ville industrielle, au cœur d’une famille protestante « conventionnelle », et estime avoir été amenée à considérer la réalité de la façon la plus claire qui soit. Elle n’a jamais usé de drogues et ne boit jamais d’alcool. Elle rattache cela à ses expériences de rencontre et croit que depuis qu’elle a arrêté de consommer du café, du chocolat et presque tous les types de sucre, ses expériences sont devenues beaucoup plus conscientes et claires.
Le père de Sara est mort. Sara se demande s’il n’était pas dyslexique et elle soupçonne que cela a dû entraver sa réussite professionnelle. C’était un homme frustré, physiquement et verbalement brutal envers la mère de Sara et criant après la petite Sara. Celle-ci assista maintes fois à de violentes altercations entre ses parents et il arriva même qu’elle vît son père frapper sa mère. Effrayée par cette violence, Sara allait généralement se terrer dans une autre pièce pour éviter d’être battue. Sara se souvient que son père était très bon avec elle lorsqu’elle était toute petite, mais lorsqu’elle commença à rapporter d’excellentes notes de l’école, il prit ses distances. Par contraste, la mère de Sara connaissait une belle réussite professionnelle.
Sara était très proche de son grand-père maternel qui mourut lorsqu’elle était adolescente. Il était « très bienveillant ». « Nous avions pour habitude de nous asseoir pendant des heures et je lui faisais la lecture... C’était mon seul soutien, vraiment un modèle pour moi. » Pendant au moins dix ans après sa mort, Sara eut souvent l’impression que son grand-père revenait dans sa chambre, surtout lorsqu’elle travaillait à son bureau. Sara se souvient très bien de cette « drôle de pièce » qu’il y avait dans la maison de son grand-père. Elle y entrait souvent lorsqu’elle était enfant, refermait la porte derrière elle et y restait un bon moment. Dans « une sorte d’état second », Sara voyait alors flotter dans cet endroit comme « un brouillard d’énergie » mais elle ne peut rien se rappeler d’autre à ce sujet.
Sara était une petite fille intellectuellement très précoce et elle apprit à lire toute seule de très bonne heure. Elle était déjà attirée par tous les mystères et les ouvrages qui traitaient de fantômes et de phénomènes de possession. Sa famille se rendait à l’église presque tous les dimanches. « Je n’aimais pas beaucoup cette idée de péché originel. Cela ne voulait rien dire selon moi... Mais j’aimais infiniment l’Esprit saint. » Elle le décrivait « comme la trame reliant la réalité tout entière ». Vers onze ou douze ans, elle voulut étudier de plus près certains problèmes théologiques tels que la dichotomie du bien et du mal et elle lut beaucoup d’ouvrages sérieux sur les autres religions.
Tandis qu’elle était encore étudiante, elle participa à des études sur la perception extrasensorielle. Elle n’a jamais cessé de s’intéresser aux moyens de parvenir à intégrer les découvertes des sciences physiques à celles des explorations de la spiritualité et de la conscience humaine. Il lui est un jour arrivé de ressentir dans son corps comme une décharge électrique. Une autre fois : « J’ai senti que je quittais mon corps et que je ne pouvais plus y revenir, et cela a duré au moins deux jours. » Cette dernière expérience l’a particulièrement commotionnée.
Quand elle eut quitté le collège, Sara épousa Thomas. Mais très vite elle se sentit extrêmement malheureuse et frustrée de cette vie commune trop conventionnelle. « Il se moquait de tout ce que je lui disais éprouver », dira Sara. Elle et Thomas restèrent mariés plusieurs années parce qu’ils s’aimaient beaucoup. De plus, Sara aspirait « à une existence ordonnée et confortable ».
Une année après ce mariage, Sara tomba gravement malade. Même s’il n’existe pas de preuve formelle pour étayer cette hypothèse, Sara attribue cette maladie et ses douleurs fulgurantes au niveau de la nuque et de la tête à une présence venue d’un autre monde qui hanterait sa vie (« Ils m’ont assommée »). Au cours d’un après-midi où elle se promenait avec Thomas, ses jambes se dérobèrent tout à coup sous elle et elle s’écroula. Elle eut aussitôt une forte fièvre. Son état était très sérieux et elle dut s’arrêter de travailler. Sa convalescence fut très longue et c’est pendant cette période difficile que Sara et Thomas s’éloignèrent l’un de l’autre pour finir par divorcer. Le couple n’avait pas eu d’enfant et, à sa connaissance, jamais Sara n’a encore été enceinte. À propos de sa maladie, Sara déclara : « C’était pour mon bien », autrement dit une intervention du destin qui l’a menée vers ce chemin actuel d’ordre spirituel.
Environ cinq mois avant qu’elle ne m’envoyât un courrier, Sara rencontra un jeune homme du nom de Miguel. Dès leur second rendez-vous, alors qu’ils déjeunaient ensemble, Miguel aborda le sujet des ovnis et révéla à Sara qu’il avait vu un vaisseau spatial (cette espèce de synchronisme, ou synchronicité, ou de coïncidence significative est chose courante parmi les victimes d’enlèvement). Sara parle de Miguel comme de son « ami extraterrestre ». Miguel lui raconta qu’il avait vu des extraterrestres dans ses rêves et Sara eut même le sentiment qu’il pouvait être l’« envoyé » de quelque espèce étrangère à notre planète. Miguel agissait parfois avec un degré d’indifférence et de mollesse tel que cette attitude rappela à Sara ces enfants hybrides que les kidnappés peuvent voir à bord des vaisseaux. Au dire de Sara, il a dû se trouver tout petit dans un de ces incubateurs et manifester « d’énormes besoins. » Il n’empêche, Sara appréciait cette opportunité qui lui était offerte de discuter avec lui de ses rencontres extraterrestres.
Le cas de Sara concernant les expériences d’enlèvement est étroitement mêlé à toutes sortes d’autres phénomènes paranormaux. Elle dispose d’une mémoire qui remonte à un âge extrêmement précoce - « six semaines ou même moins » : « ... On me prenait, on m’emmenait et on me regardait. » Elle pense même que « quelqu’un prenait une photo... C’était comme les premiers balbutiements de la conscience de soi. » « Si je ferme les yeux, je revois tout. » Ses expériences de fantômes « sont un leitmotiv durant toute l’enfance », démarrant dès qu’elle eut quatre ans. « J’étais devenue une formidable raconteuse d’histoires de fantômes. » Parfois elle construisait ses histoires en embellissant un peu des personnages dont elle avait le portrait et racontait « des histoires de vie antérieure » fondées sur des interprétations imaginatives de leur vie. Elle se concentrait sur les yeux de la gravure et entrait dans un état second (« mesmérisée »). Le portrait entrait en « vibration vivante » et prenait « un aspect tri-dimensionnel ».
En dehors de ces histoires à faire peur, elle aimait aussi jouer à ce qu’elle appelait des « séances » avec ses petits camarades. Un jour, au cours d’une sieste partagée avec les autres enfants, elle demanda à sa meilleure amie, Annie, qui était aussi la plus petite, de s’allonger sur le plancher et annonça : « On va essayer de te faire léviter. J’ignore où j’ai bien pu piocher ça, mais le fait est que nous nous plaçâmes tous en cercle. Je crois que je me suis mise près de la tête d’Annie et j’ai commencé à marmonner quelque chose ; alors, eh bien, oui, voilà, la petite fille s’est soulevée de terre. » Tous les enfants présents « eurent le sentiment que quelque chose d’étrange s’était passé » et personne ne souffla mot de cela. « Je me souviens de cette nuit-là comme si c’était hier... Oh ! Seigneur ! Durant cette nuit, la chambre tout entière était baignée par quelque chose de bizarre... Il y avait comme de l’électricité dans l’air. Je crois après coup que cela n’avait pas été perçu par les autres. » Je lui demandai si un des enfants avait raconté quoi que ce soit à ses parents. « Je ne pense pas que quiconque en ait eu seulement l’idée. » Selon Sara, c’était comme si les enfants avaient reçu « une suggestion selon laquelle ils ne devaient rien révéler au-dehors ». Il y a à peu près deux ans de cela, Sara demanda à la fille qu’elle avait fait léviter : « As-tu eu l’impression que c’était nous qui t’avions élevée dans les airs ? » et la fille répondit oui, et que toute l’assistance en avait eu les cheveux dressés sur la tête.
Plus tard, au cours de la régression hypnotique, Sara relia cette information à la capacité de léviter (de s’envoler) vers un vaisseau spatial, d’y entrer et d’en sortir. « C’est comme si je flottais dans les airs autour d’un vaisseau, comme si quelqu’un me faisait une démonstration de lévitation. Comme pour me faire voir comment cela se passe : “ Tiens, vois par toi-même ! ” Alors, ils me laissent léviter, ils me laissent jouer, en quelque sorte. Oui, c’est un peu ça, ils me laissent léviter tout autour du vaisseau, en haut, en bas. »
Sara cessa de raconter des histoires de fantômes vers l’âge de neuf ans mais elle continua cependant à ressentir de temps à autre des présences dans la maison. « Quand j’avais treize ans, je voyais tout le temps des choses chez nous... comme si elles grimpaient les escaliers... Je n’osais pas vraiment regarder. Je me cachais aussitôt sous les couvertures. Et je me disais très fort, en moi-même - je ne l’ai jamais vraiment prononcé à voix haute : “ Je ne suis pas encore prête ! Excusez-moi, mais je n’ai que treize ans et il faut encore attendre. ” Cela est arrivé maintes fois. Maintes fois, maintes fois. »
Au cours de notre première entrevue, Sara parla de ses insupportables douleurs au niveau du crâne et du cou, sujet qu’elle avait déjà abordé dans sa lettre. Pour plus ample information, elle me confia que deux ans auparavant, alors qu’elle subissait des soins d’ordre physique, elle « commença à voir dans sa tête une foule de personnages » qui parfois semblaient lui parler. Elle fermait alors les yeux : « Et je voyais ces petits êtres là, juste dans le coin de mon cerveau, et ils semblaient être très lumineux, très jaunes et très lumineux, un peu arrondis... Après quoi, mes douleurs disparaissaient. » Les petits personnages « paraissaient jaunes et ronds et en un sens bienveillants... Le sentiment dominant que j’en eus est l’apaisement, le calme. Ils sont si calmes ». Ils ont des corps « très légers » avec de grosses têtes. Sara ne se souvient pas de traits particuliers en ce qui concerne leur visage, même pas en ce qui concerne les yeux. Néanmoins, elle éprouva (et éprouve encore) un amour immense pour eux et venant d’eux. « Je me sens chez moi, dit-elle, vous savez, cette impression idéale qu’on peut avoir d’une famille sécurisante. » Après cette première connexion avec ces êtres dont elle se souvient comme des « êtres lumineux », Sara porta sa main à ce point derrière la nuque qui lui faisait de plus en plus mal et elle « se brancha » sur les « êtres lumineux ». Elle appelle cela « écouter » et elle estime que, ce faisant, elle y trouve toujours un grand soulagement.
Sara mentionna également deux expériences qui eurent lieu six mois avant notre rencontre. Au cours de l’une d’elles, il apparut que « quelque chose » la regardait depuis l’encoignure de la porte alors qu’elle était au lit, une présence confirmée par cet homme qu’elle vit alors. « Tout ce que je peux en dire, c’est que je voyais une forme. C’était très décharné. C’est tout ce dont je me souviens. » Au cours d’un autre incident, elle sentit que quelque chose se trouvait près de son lit. La présence fut encore une fois confirmée par la vision du même homme. Bien que ce type d’expérience fût plutôt éprouvant à cette époque, elle eut le courage de s’asseoir dans son lit et d’essayer de tendre les bras vers l’entité avec amour et compassion. Après cela, la présence parut se dissiper.
Environ une semaine avant qu’elle ne se rende à l’est des États-Unis pour venir me voir, Sara eut un accident de voiture dont les effets relancèrent ces fameuses douleurs à la tête et à la nuque qui avaient commencé à se manifester cinq ans auparavant. À cause de cet accident, Sara dut repousser notre rendez-vous de plusieurs jours. C’était Miguel qui conduisait et lui-même en sortit complètement groggy. Il commença de son côté à « décoller » avec des distorsions de la vision et tous deux eurent comme la sensation qu’une force « magnétique » avait bousculé leur véhicule qui était alors sorti de la route et avait sauté par-dessus le remblai pour se retrouver « plié en deux ». Sara souffrit de commotions cervicales avec atteinte de tendons et de ligaments. On dut la transporter à l’hôpital en ambulance.
Après cet accident, Sara fermait de plus en plus souvent les yeux car en dehors des « êtres lumineux », elle commençait à visualiser un autre type d’entité. « Quand je ferme les paupières, je peux les voir... Je les vois bien... Ils se tiennent là, alignés, ils ne sont que trois ou quatre petits bonshommes noirs en train de baragouiner. » Plus tard, elle déclara : « J’ai l’impression que ces petits êtres vivent dans ma tête. » Contrairement aux « êtres lumineux », elle décrivit « les autres » comme des êtres « frénétiques ». Peu après l’accident, elle se sentit contrainte d’effectuer son « écoute » quotidiennement et de noter par écrit les informations qu’elle en recueillait. Elle comprit que cela seul rendrait désormais tout nouvel accident inutile.
Quelques jours après l’accident, Sara et Miguel eurent une expérience dans laquelle une étrange lumière vert et jaune pénétra dans la chambre. D’habitude, Miguel n’est pas peureux, me dit Sara, mais il se trouva qu’ils étaient tous les deux aussi terrifiés l’un que l’autre et elle remarqua qu’il avait dû même perdre connaissance pendant le temps que dura le phénomène. Sara se sentit comme « physiquement clouée », incapable de faire un mouvement. Elle vit « trois choses se pencher au-dessus d’elle, comme trois têtes recouvertes de voiles », et elle pensa : « On doit pouvoir communiquer avec ce genre de chose... C’est là, c’est bien réel... Ne t’affole surtout pas... Tiens le coup... Ne rate rien de ce qui arrive et prends des notes. » Puis « toute la chose s’estompa progressivement ».
Sara n’avait pas manqué aussi de remarquer des engins inhabituels dans le ciel. Alors qu’elle se trouvait en compagnie d’une amie, elles virent toutes les deux « un truc bizarre suspendu dans les airs ». Sara leva les yeux : « Et en une fraction de seconde, je me sentis comme... comme si j’étais là-haut et pourtant j’étais ici. Je me suis retrouvée en quelque sorte dans le vaisseau spatial, en train de me regarder moi-même. Comme si j’étais à deux endroits différents à la fois et c’est alors que je me suis dit : “Oh ! Ouaouh ! En voilà une histoire, tu reviens rien que pour te regarder. ” » Une autre fois, Sara observait ce qu’elle prenait au début pour une étoile. « Mais ce n’était pas le moment de la journée qui s’y prêtait : c’était l’après-midi ! Elle était extrêmement brillante. Et trop basse, pour tout dire à une certaine distance. » Au bout d’un moment : « J’en ai eu marre. Je n’avais plus rien à faire et j’ai repris le chemin de la maison. Je suis donc montée dans ma voiture et j’ai démarré. C’est alors que le truc s’est précipité vers moi, mais alors à toute allure, il est arrivé là au-dessus... On aurait dit une étoile filante. C’était tellement lumineux. » À ce moment-là elle songea : « Dieu, faut que je raconte ça à Miguel », mais elle n’en fit rien : «Comme si j’avais tout oublié !»
Le désir de Sara de se faire hypnotiser était né de son envie « de connaître la vérité... Je ne veux pas que ce soit une histoire que moi, ou n’importe qui d’autre, aurait inventée. Je veux vraiment savoir ! Je veux vraiment savoir ! C’est la seule chose qui m’importe, même si c’est complexe, si ça fait mal et tout ce que vous voudrez... Je veux savoir ce que sont ces petits personnages. » En fait, Sara souhaitait prendre en main ses expériences. « Pour vous dire le fond de ma pensée, je ne sais pas si je me crois moi-même... Il y a quelque chose en moi qui ne doute pas. Mais il y a une autre partie de moi-même qui ne croit en rien et c’est celle-là qui me détruit. »
Dès qu’elle entra dans la transe, Sara prononça ces paroles : « Je vois la maison de mon grand-père... J’oscille entre elle et mon lit blanc à baldaquin qui se trouvait dans la maison de mes parents quand j’étais toute petite. Je me souviens que dans ce lit je faisais des rêves qui me jetaient par terre et je me réveillais en sursaut, cramponnée à une des colonnes du lit pour ne pas perdre complètement l’équilibre. On aurait dit qu’on me laissait littéralement tomber sur le sol et parfois d’une très grande hauteur pour ensuite me remonter dans mon lit. J’en ai eu pas mal, de ces rêves-là où il semblait à chaque fois que j’étais sur le point de mourir. » Je demandai à Sara d’essayer de me décrire plus en détail ces sensations et elle me confia : « J’avais vraiment la sensation de quelque chose d’argenté et de fulgurant, comme si j’étais tombée dans la cage d’un ascenseur. » Elle décrivit d’autres images de « matériau blanc et brillant » et d’un « endroit d’où elle serait tombée ». Puis elle se vit « dans un champ, en train de regarder quelque chose qui ressemble à un vaisseau spatial à une distance d’environ trois cents mètres ». « Et moi je suis toute seule dehors dans ce champ. »
Le vaisseau était « une chose blanche avec un dôme qui avait quelque chose à l’arrière et une entrée verticale... et des lumières qui en sortaient ». « Je vois plein de petites choses qui ressemblent à de petits squelettes, ou plutôt un croisement entre un squelette et un insecte avec des pattes. Voilà, c’est ça, ils montent et descendent les plans inclinés... Il a y de la lumière qui vient de - je vois une des portes qui est abaissée et de la lumière en sort et elle éclaire la petite créature qui monte et descend le plan incliné, avec des allures de gros squelette. Elle a comme une bulle sur la tête, mais je dirais plutôt des filaments - c’est alors que je me sens repartir pour glisser depuis quelque chose et tomber dans mon lit... Verticales. Les descentes sont toutes très verticales. Et ça va rudement vite ! toute allure ! Presque trop.» À
Sara se souvient qu’elle se réveillait souvent terrorisée par ces glissades vertigineuses depuis le vaisseau : «Terrifiée à l’idée que je pourrais en mourir... C’était plutôt violent... C’est une bonne chose que j’aie pu rejoindre mon lit car j’aurais aussi pu le manquer. » Les associations suivantes se rapportèrent à un long cylindre blanc et brillant et la sensation que sa tête heurtait une « trappe ». Elle eut alors l’impression de remonter dans le temps jusqu’à un « lieu où elle était morte ». Elle vit un être qui se tenait assis dans ce qu’elle considéra comme une énorme chaise ou un trône argenté tout en métal. Bien que sa tête fût bien « la chose la plus étrange que j’aie vue de ma vie », néanmoins elle le reconnut. « Il y a comme une auréole autour de sa tête. C’est transparent et je vois à l’intérieur d’une tête de mort. À l’intérieur cependant, ce n’est pas exactement comme un squelette humain... Il y a cette espèce de filament circulaire autour de lui, et le sourire est morbide, comme un rictus de tête de mort. Mais, voyez-vous, je n’ai pas peur. Ils ne sont pas méchants du tout, ils sont gentils. Ils sont gentils... Pas un seul n’essaie de me faire peur. Ce n’est pas de leur faute s’ils ont cet aspect-là. »
Comme de nombreuses victimes d’enlèvement, Sara donné a un nom à son entité familière. Il s’appelle Mengus. « Il est vraiment très paternel, très bienveillant », dit-elle. Puis elle se souvint d’elle à l’âge de dix ans, puis à seulement cinq ans, à l’intérieur du vaisseau (« Je suis plus petite que lui ») : « Je suis montée d’un seul coup jusqu’à Mengus, me tenant tout près de lui. » Elle communiquait avec lui « comme dans un rêve, comme dans ma tête... moitié par télépathie, moitié verbalement » en anglais. « Il se contentait de hocher la tête. » Elle lui demanda : « Qu’est-ce que vous faites tous sur la Terre ? et il lui répondit : « Oh ! nous visitons. »
Sara vit ensuite dans le vaisseau ce qui pourrait être apparenté à un tableau de bord, un peu comme dans la cabine de pilotage d’un avion mais avec plus de métal. « On dirait que je flotte au-dessus de tout ça. » Et elle demanda à Mengus ce que c’était. Il lui dit : « C’est notre système de propulsion. » Elle tripota un tas de manettes : « Mais comme rien n’était en fonction, je ne créais aucune perturbation... Il me laissa faire, voyez-vous. Il est vraiment très gentil avec moi... Imaginez cette petite fille qui regarde partout, n’est-ce pas charmant. » Bien qu’elle ressente de la part de Mengus beaucoup de chaleur et de générosité... ces sentiments étaient tout de même mêlés à une émotion extrêmement coercitive. Du sérieux. « Ce type est vraiment très sérieux. » Mengus lui dit quelque chose dans le style : « Pour l’instant, tu es très jeune, mais c’est comme une phase préparatoire, et c’est très important... Nous allons t’amener à cela en douceur, mais ce ne sera plus un jeu et il ne faudra plus uniquement voler dans tous les coins, c’est du sérieux, aussi fais bien attention. » C’était un peu comme s’il lui avait dit : « Ne bousille pas tout. » La dose formidable d’amour qu’elle sentait en lui permit à Sara de l’écouter et d’apprécier le fait qu’« il n’y ait pas de place pour l’erreur... J’ai l’étrange sentiment qu’à présent il est mort... un vague sentiment de tristesse ».
Je demandai à Sara ce qui lui faisait dire qu’il devait être mort. Elle me répondit : « Je sens ses vibrations et si je cherche aujourd’hui à les capter, je sens bien qu’elles ne fonctionnent plus et qu’elles ont été recyclées (voir les déclarations de Paul au chap. 10 à propos de ce qui arrive quand un être meurt). Je ne peux plus le capter, il doit être mort... Mengus était vraiment très gentil. Je pourrais dire qu’il fut mon premier vrai professeur... J’ai l’horrible sentiment qu’une des petites choses que j’ai dessinées, ce genre de bébés, c’était... une nouvelle incarnation de Mengus. »
Revenant à son expérience quand elle était jeune enfant, Sara reparla du phénomène de flottement ou lévitation décrit plus haut et cette sensation que ces aptitudes, bien que « très rigolotes », lui viennent d’une « vie antérieure ». En fait, ces phénomènes « n’étaient pas rigolos au sens habituel du terme », mais exprimaient en partie la façon dont nous évoluons. « J’avais vraiment pris conscience que le véritable amusement peut dépendre d’un grand travail et d’un grand progrès. » L’énergie vibratoire des êtres transparents, affirma Sara, « était bien plus élevée que la vibration conventionnelle que nous connaissons ici... Ils sont tellement plus conscients ! Ils ne cachent rien au fond de leur subconscient. Ils sont tout simplement éveillés. Ils sont éveillés et responsables, et ils sont réceptifs et ils sont concis et précis et leurs yeux sont ouverts... Leur cœur aussi est ouvert. Ils n’ont pas peur, ils ne sont pas mesquins et avares de leur amour, et ça c’est merveilleux. Ils sont tellement, tellement, tellement, gentils... J’ai l’impression qu’il y a quelque chose de transparent à l’arrière de leur tête... Notre tête à nous n’est pas transparente, vous savez bien, elle est couverte de cheveux et tout. C’est comme ça qu’on recouvre tout ce que l’on ne veut pas montrer aux autres et eux, c’est l’inverse, complètement ouverts et évidents. On peut voir en eux et ils marchent à la télépathie, aussi sont-ils incapables de garder la moindre chose secrète. Le résultat c’est que chacun se sent moins isolé. Ils ne jouent pas du refus de la même manière. Et j’aime ça. Dieu ! Comme j’aime ça ! Je voudrais bien retourner avec eux ».
Sara découvrit que pour se retrouver en compagnie de ces êtres, du moins de la façon heureuse et innocente qu’elle venait d’exposer, elle était prête à remonter le temps « d’avant cette vie ». « Je crois que je vais essayer», dit-elle. Puis elle se vit en train de flotter dans un vaisseau spatial blanc muni de nombreuses petites ouvertures. Le vaisseau survolait une région désertique - « On se balade et quand je regarde en dessous, c’est tellement beau... Je crois que je n’ai jamais été aussi heureuse de ma vie, si totalement heureuse. Ouaouhhh ! On arrive près de cette crête, et il y a toute cette grande étendue de désert, avec ces teintes rouges et ces jaunes et ces orangés, c’en est sensuellement délicieux. Oui, c’est ça, un délice. » Dans cette vie-là, le corps de Sara « ressemblait à un squelette... comme celui de Mengus... C’est horrible. Vos os font un petit bruit, un cliquetis macabre. Quand vous bougez, on dirait que tout va se disjoindre ». Encore une fois, Sara fut enthousiasmée par les possibilités de manœuvre de l’engin spatial et par la façon dont « il peut se rendre, comme un éclair, ici ou là ».
Depuis cette perspective (sa vie à la fois antérieure et chez les extraterrestres), Sara émit des opinions sur les choses « stupides » auxquelles se livrent les humains et sur son envie de se confronter avec eux directement. « Mais il est beaucoup plus efficace d’y aller avec subtilité et être sûr que ce soit bien entré dans leur cervelle. » Les êtres humains sont « si égocentriques qu’à moins de changer cela, ils n’évolueront jamais. Et de fait, ils entretiennent contre vents et marées cet ego et, du coup, les voilà extrêmement menacés »... Dans le même temps, il existe des choses « précieuses » qui les concernent : « Ils peuvent respirer le parfum des fleurs, par exemple. Et cela peut paraître incroyable mais ils sont capables de sentir la chaleur du soleil sur leur peau. » Tout comme un être extraterrestre : «Je me déchargeai peu à peu de mes structures physiques, c’est pourquoi à un certain niveau vous êtes plus léger... Cela représente certains avantages. Le premier étant de ne plus connaître des choses comme la déprime. Mais d’un autre côté, vous vous sentez un peu décalé, déplacé... Votre sens olfactif n’est plus tout à fait le même. Vous ne percevez plus, par exemple, toute la richesse d’un odeur », fit-elle observer. Mais en même temps, les extraterrestres ont eu accès à une « plus grande vision » et possèdent davantage de clairvoyance et de patience. Aussi : « Vous avez à l’intérieur de votre tête ce qui vous rend capable d’accéder télépathiquement à tous les genres d’information. Vous possédez désormais cette flexibilité informationnelle. Je veux dire par là que vous pouvez savoir tout ce que vous avez besoin de savoir. »
Sara comprit que le but de ce survol d’une région désertique était d’effectuer une reconnaissance de la planète « pour déterminer ses ressources et les chances de viabilité d’une région comme celle-ci au cas où une catastrophe planétaire se produirait ». Ce désert apparaissait comme un « environnement stable » potentiel en cas de grabuge, parce qu’il était plat et en altitude. À l’occasion de cette expérience (voyager en vaisseau en étant elle-même une incarnation extraterrestre), Sara se sentit « tiraillée » entre sa forme humaine et sa forme extraterrestre, comme s’il lui fallait se décider une bonne fois. L’identité corporelle et humaine était esthétiquement agréable à cause de l’épaisseur « de chair et tout ce qui allait avec », mais dans le même temps elle était attirée par les perspectives nettement plus grandioses que lui garantissait son identité extraterrestre.
Sara revint vers le présent et commença à décrire un énorme et inquiétant nuage noir qui bouchait tout le ciel et d’où des ondes magnétiques semblaient sortir pour l’atteindre : « Comme une chape de goudron qui aurait plu sur ma tête. » Ce nuage fut interprété par Sara comme le symbole de la projection de la conscience et des vibrations négatives des êtres humains. Ses effets étaient débilitants et elle s’en sentit la victime. Le nuage fonctionnait un peu comme un gigantesque masque ou bouclier pour cacher à la vue quelque appareil « de hockey » que les êtres humains dessineraient s’ils devaient fabriquer un vaisseau spatial. Cet appareil était la source de la vibration négative et était piloté par un être humain. Cela parut tout bonnement « stupide » aux yeux de Sara. « Tout cela me donne vraiment mal au cœur », dit-elle. Le « but » de l’avion était « ostensiblement la guerre », dit-elle, mais pas la guerre pour tuer des gens. C’était une guerre « de cerveaux... pour contrôler les gens ». Elle comprit pourquoi elle avait éprouvé « un tel désir de se protéger de cette chose ».
Après cela, Sara se remémora que, dans son enfance, il lui était arrivé de « léviter » ou de « flotter » et « de faire des bonds » un peu partout dans sa chambre avec son lit à baldaquin. « Je sens comme si quelqu’un me lançait en l’air. Deux » « types comme Mengus » étaient chargés de ce travail. Sara eut l’impression qu’il y avait un champ magnétique entre leurs doigts et son propre corps. Faire des bonds comme ça « était assez drôle... » et elle « riait aux éclats », et puis les êtres se sont mis à discuter entre eux, pas avec elle, puis, tête la première, ils se sont échappés par la fenêtre. C’étaient des visites amicales, « comme venir prendre le thé », mais les êtres devinrent « fous » après le collège parce qu’elle menait « une vie tellement conventionnelle et stupide... une existence à très courte vue », surtout lorsqu’elle commença sa carrière professionnelle (dans les affaires).
Sara se plongea ensuite dans une autre expérience qu’elle avait vécue des années plus tard. Elle se trouvait seule, allongée sur le toit pour prendre un bain de soleil, quand : « Je sentis que quelque chose planait juste au-dessus de moi. » Elle vit une silhouette « qui ressemblait moitié à Mengus, moitié à une personne... Cela avait la forme extérieure d’un être humain, mais plus léger et libre de voler ». Sara reçut un message de cet être. « Ceci est très important. » Il affirma que l’intention n’avait rien d’agressif mais que c’était apparenté à un test « de compatibilité génétique ou quelque chose comme ça », « un test d’infiltration ou de praticabilité », « une fusion dimensionnelle ».
Je demandai à Sara de me donner des précisions sur cette « fusion dimensionnelle ». Elle me décrivit alors ce qu’elle pensait être l’image principale de notre première séance de régression. « C’est comme un avion... une feuille de cellophane... On voit un grand miroitement de glace et une fine lame de rasoir doit séparer cette dimension terrestre et physique du royaume d’où viennent les êtres. » Dans ce contexte, je lui demandai de me donner davantage de détails de la rencontre. L’être possédait « un vague contour de pénis, mais pas comme un pénis physique » pour la pénétrer. Cette expérience n’avait rien de commun avec tout ce qu’elle avait connu à ce jour dans des relations sexuelles humaines. « L’être se sentait lui-même assez agressif, et cet aspect ne me plaisait guère. Car on n’y trouvait aucune composante émotionnelle... Cela ressemblait plus à un territoire d’exploration scientifique. » Je demandai à Sara s’il y avait une activité orgasmique quelconque. « C’était bien plus subtil, bien plus subtil, répondit-elle. Dans cette dimension, les choses ne se produisent pas entièrement comme ça... Aussi est-il délicat d’essayer d’en faire une évaluation par le langage et par des termes descriptifs réalistes car ce n’est pas ainsi que les choses se passent dans cette dimension. Disons que ça se produit pour moitié ici et pour moitié ailleurs qu’ici. » Après cette expérience, Sara éprouva la sensation qu’on lui avait « bandé les yeux ». « L’être ne m’a pas tout dit, il s’est contenté de : “ Hé, fais-moi confiance, c’est important. ” »
Puis elle dit : « Si un être pouvait se projeter lui-même sur une feuille de cellophane et que cette feuille vienne tout à coup s’immiscer dans cette réalité, moi pouvant observer cette intrusion, eh bien, ce serait comme ça. » Je lui demandai alors si cela s’était vraiment produit (si cela lui avait « sauté au visage » de cette façon). « Oui », me répondit-elle, et il y a de cela deux semaines. Elle était partie faire du ski. Dans sa chambre d’hôtel se trouvait un grand miroir. Elle se réveilla en plein milieu de la nuit et vit qu’à la place du miroir, il y avait comme un long corridor. Elle essaya de le suivre mais elle se cogna le front contre le miroir. Miguel ne l’avait pas accompagnée pour cette balade dans la neige mais : « A la seconde même où je me tapai contre le miroir, Miguel était là, dans la chambre et j’ai essayé de crier son nom, mais aucun son n’est sorti de ma gorge. Je ne pouvais pas crier. » Elle partageait sa chambre avec une amie qui, de son côté, avait aperçu en effet une forme se dessiner dans la pièce. Paradoxalement, cette amie « se rendormit aussitôt ».
Le choc contre la glace avait été très violent mais la douleur s’estompa grâce à « l’interpénétration des différentes dimensions tandis que le miroir s’ouvrait... C’était comme si un être à la ressemblance de Miguel, ou un simulacre de Miguel, était entré dans la chambre... L’être avait des yeux noirs pénétrants, d’un noir tellement sombre qu’il rappelait ceux d’un insecte doté d’une tête démesurée par rapport au reste du corps mais d’un petit corps rabougri qui se servait du costume pour paraître plus important... Cela me choqua mais là n’était pas le but... C’était plutôt de parvenir à expliquer quelque chose par la démonstration, et notamment que toute cette interpénétration dimensionnelle existait bel et bien... En me frappant sur le crâne, ils me prouvaient ainsi “ Hé, tu vois bien que c’est physiquement réel. ” » Car la plupart du temps, nombreux sont les humains qui se révèlent être trop « denses » et/ou trop préoccupés pour qu’ils perçoivent le contact.
« Au niveau de l’espèce proprement dite », Sara s’est sentie en parfaite « compatibilité » avec le type d’être auquel appartenait Mengus, mais l’être qui était apparu dans la chambre d’hôtel semblait représenter une autre espèce à laquelle était relié Miguel, peut-être dans une existence antérieure. Aux yeux de Sara, ces deux espèces essayaient de nouer des contacts entre elles, comme le prouvait la relation même qui s’était établie entre Sara et Miguel. Chaque espèce, ajouta Sara, possède son propre « plan vibratoire », de sorte que deux espèces devaient, pour se connecter ensemble, « créer un nouveau plan d’interaction vibratoire ». On retrouve d’ailleurs le même exemple dans les relations humaines lorsque celles-ci transgressent les barrières raciales. Tout ceci pourrait bien provoquer un nombre incalculable de choses « avec seulement un petit coup de pouce magnifiquement bien placé ».
Je priai Sara de me donner plus de détails sur l’être qu’elle vit dans sa chambre d’hôtel. Sa tête était proéminente et il était « luisant », presque « reptilien, comme un serpent, une sorte de serpent » et tout en longueur. « Il y avait comme des “ veines rouges ” qui couraient sur sa tête et qui lui donnaient l’aspect d’un corps retourné comme une chaussette. La créature n’était pas en soi si laide que ça. C’était même assez beau... Un peu comme une créature marine, un mollusque ou un escargot sans sa coquille. » Elle paraissait vulnérable, en quête de « compréhension » ou de « coopération ». Pour Sara, admettre que cette créature existe véritablement équivalait à « pousser ses limites dans l’acceptation et la tolérance ». « Cela revenait à ouvrir mon cœur à quelque chose de différent de ce que je suis. Cela me fait du bien, en un sens. J’ai besoin de prendre conscience de cela. Voilà le genre de chose que je dois apprendre et mettre activement en pratique. » C’était « gentil » de la part de l’être d’avoir « endossé » le costume de Miguel afin de créer tout de suite le sentiment d’une certaine familiarité. Lorsque Sara regarda l’être dans les yeux, elle y vit « tant d’amour » qu’elle ressentit de l’amour elle aussi. Elle perçut également quelque chose « de triste », comme si l’être « était las des batailles » et disait : « Faisons une trêve ! » « Ils étaient fatigués de tous ces gens terrorisés par eux... j’eus pitié de lui », conclut-elle.
Nous arrêtâmes la régression à ce moment-là et l’esprit de Sara commença à émettre des doutes sur son expérience et à chercher des moyens de les « expliquer... Cela pouvait tout aussi bien être des aberrations ou des fantasmes », proposa-t-elle. Puis elle me fit remarquer ceci : « Non, ce n’est pas de l’imagination. Je pense que c’est bien réel. C’est plus réel que de l’imagination. Mais disons que ça À ce genre de réalité qu’ont les hologrammes... comme une image projetée, mais... je ne sais pas. J’ai reçu ce choc à la tête... puis ça a été “ Bon Dieu, ce que ça m’a fait mal ”... Mais j’ai traversé quelque chose, ça j’en suis sûre, et quelque chose de bien réel, conclut-elle, toute cette douleur qui faisait comme une brûlure, une crevasse... » Après être revenue à la réalité ordinaire, les deux réalités semblaient « beaucoup plus tangibles, ou plus harmonieusement égales ».
L’objectif ultime de cette interpénétration des espèces, dira plus tard Sara, était de provoquer « l’évolution personnelle » pour aboutir à une « entente universelle ». La douleur intense servait de son côté à percer le refus immobiliste des humains et nous atteindre alors que nous sommes « endormis ». La à douleur est donc le « point extrême de la tangibilité physique ». Chaque espèce apporte sa contribution au creuset général. Les êtres tels que Mengus, par exemple, me dit encore Sara, sont spirituellement plus avancés que les humains qui ont encore besoin de devenir « un peu plus que des Mengus ». Les créatures comparables à Mengus recherchent, de leur côté, à davantage s’incarner dans la corporalité pour atteindre, par exemple, « l’aptitude à sentir olfactivement ». Dans cette chaîne des connexions des espèces, chacune conserve certains de ses éléments originaux.
Le processus de connexion des espèces réclame, quant à lui, « énormément, énormément, énormément d’amour ». La plupart du temps, commenta Sara, l’amour humain est beaucoup trop possessif, abritant des émotions telles que la jalousie. Or cet amour inter-espèces se situe davantage dans l’« inconditionnel ». « Je pense que c’est la seule et unique raison pour laquelle nous sommes ici. Une question d’âme... » Quelques semaines après cette séance, Sara m’écrivit pour me remercier et termina par ces mots : « Les choses semblent enfin se calmer un peu. »
Environ six semaines après cette dernière séance de régression, Sara et moi nous vîmes pendant une heure pour discuter des implications et des idées qui avaient jailli de notre travail et voir dans quelle direction et sous quelles formes Sara pourrait envisager la suite. Après quelques considérations sur différents aspects de la recherche ovni, les enlèvements extraterrestres et autres affaires du même genre, Sara suggéra que les extraterrestres emploieraient certaines formes technologiques « afin de nous être plus accessibles », pour apparaître, par exemple, dans des engins « qui ressembleraient à des avions, ce qui rend fatalement la chose plus aisée pour nous ». Comme beaucoup d’autres kidnappés avec qui j’ai travaillé, elle aborda également la question des changements cataclysmiques planétaires auxquels il faudrait s’attendre et se demanda comment un intérêt commun pour les problèmes écologiques et de préservation de l’environnement pourrait unir enfin tous les hommes et les aider à transcender leurs préjugés ethniques, culturels et autres.
Sara me confia qu’elle éclatait parfois en sanglots parce qu’elle se languissait de son « chez elle », mais que pour elle cela n’avait « rien à voir avec ses parents terrestres ». Il existe dans « une autre dimension ». Disons plutôt qu’elle éprouvait une mélancolie rattachée à un sens plus profond d’une appartenance. Nous parlâmes longuement de ce que pouvait être ce « chez elle » et ce qu’il représentait pour elle. « Se sentir chez soi, c’est dimensionnel, et non spatial », dit-elle. Néanmoins, il existe une communication entre les dimensions. « Fermez les yeux : il y a toujours communication, affirma-t-elle. Le contenu en est à presque cent pour cent émotionnel », ajouta-t-elle. Il lui était difficile de décrire cela avec cohérence. « C’est un peu comme... Disons que l’émotion de l’amour est ce qui serait le plus... le soutien vital inconditionnel. Je ne rapporte pas cela à la vie humaine, mais à la créativité... un genre d’amour qui fait croître. Ça vous renverse. Quand on éprouve cela et quand la connexion est là, le sentiment d’amour est fantastique. »
Lorsque Sara atteint ce stade ou d’autres états apparentés, elle affirme se sentir « très heureuse ». « On dirait que le champ magnétique autour de moi change complètement... que l’espace ou quelque chose comme ça s’écoule, que vous pouvez voir comme une explosion thermique. C’est cela que l’on ressent. » Sara sent bien également que cet état lui est en quelque sorte tellement familier qu’elle l’a toujours accepté comme allant de soi et que si elle y prêtait davantage attention, beaucoup d’autres choses deviendraient accessibles pour elle.
Malgré la joie qu’elle éprouve lorsqu’elle pénètre dans l’autre dimension, Sara estime que ce ne serait pas « moralement correct » de « sauter » définitivement ou trop facilement par-dessus l’abîme qui sépare les deux plans. « Dans le passé », c’était comme si elle avait obéi « à un engagement, comme une étudiante envoyée en stage » pour passer une année sur Terre. Faisant partie, en effet, d’« un programme d’immersion, ou absorption », elle s’était « bien débrouillée » et avait su prendre ses « responsabilités » pour le mener à bien.
D’une manière ou d’une autre, Sara exprime le désir de se servir de l’« écologie comme un moyen d’aider les gens à effectuer... une transition... Les gens vont devoir redéfinir philosophiquement ce que l’environnement signifie pour eux. Les gens pensent “ Ah oui, mon environnement. ” Mais l’environnement n’est complet... que quand il est infini. Et ses caractéristiques sont en nombre infini, allant du physique au psychique en passant par l’émotionnel pour s’étendre à l’inter-plan et au croisement des espèces... Vous êtes votre environnement... C’est d’une immensité bien supérieure à ce que les gens s’imaginent », fit-elle remarquer. Sara devisa ensuite sur les difficultés de l’espèce humaine à atteindre un niveau d’amour inconditionnel « qui affirmerait la vie et la créativité », ce qu’elle attribua à toutes ces façons que nous avons « de nous différencier », comme par exemple l’emploi des genres, des appartenances ethniques et des barrières religieuses. L’écologie pourrait bien servir alors à découvrir « ce que nous possédons tous en commun et transformer les consciences... Si vous faites vraiment, mais alors vraiment, ce qui est bon pour vous, vous ne pouvez manquer de faire ce qui est bon pour le reste du monde. Les deux choses sont en effet synonymes ».
Sara déclara qu’elle éprouvait encore parfois une sorte de « besoin émotionnel. » En reprenant sa métaphore de l’étudiante envoyée à l’étranger pour parfaire son éducation (en l’occurrence envoyée sur Terre depuis une autre dimension), elle me dit : « Je pourrai certainement retourner chez moi pour les vacances, ou me trouver dans deux endroits à la fois », mais elle m’avoua que ce serait plus utile d’atteindre l’état de conscience dans lequel « cela n’a plus tellement d’importance pour moi d’être rentrée chez moi ou pas. C’est aussi pourquoi je peux rentrer chez moi parce que justement je n’ai pas besoin d’y retourner ». Sara exposa encore d’autres impressions sur la façon dont son cheminement spirituel lui permettait d’atteindre ce lieu en elle-même où elle pouvait « dispenser de l’amour aussi bien ici (sur Terre) que là (dans l’autre dimension)».
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Commentaire
Lors d’une de nos rencontres, Sara me demanda si je pensais que la direction prise par sa réflexion reflétait quelque chose de pathologique - du style « c’est moi qui invente tout ça ». Elle ne fut pas mécontente d’apprendre que de nombreux autres kidnappés se débattaient avec les mêmes problèmes philosophiques. Je lui fis part aussi de quelques-unes de mes propres spéculations à propos des implications qu’entraînaient les phénomènes d’enlèvement extraterrestre et jusqu’où les expériences qu’elle m’avait décrites pourraient nous mener.
Depuis sa plus tendre enfance, Sara s’était intéressée à des sujets philosophiques et spirituels, et apparemment elle avait dans le même temps développé certains pouvoirs paranormaux comme cette aptitude à faire léviter un autre enfant, ou du moins cette possibilité de créer l’impression qu’elle pouvait faire léviter un enfant. Sa curiosité et ses possibilités semblant parallèlement intimement liées à des rencontres extraterrestres et ce depuis toujours, c’est-à-dire depuis qu’un personnage de mentor, qu’elle nomme Mengus et qu’elle décrit comme son premier professeur, était apparu dans sa vie alors qu’elle était tout enfant. Les expériences d’enlèvement de Sara furent d’abord amusantes et heureuses, du moins dans la petite enfance, quoique à un autre niveau elles fussent extrêmement sérieuses ; ces expériences semblent suivre son évolution individuelle et spirituelle ainsi que sa détermination à trouver une motivation et une action qui répondraient suffisamment à sa soif de servir la planète autant qu’elle le pourrait. Mais, tout bien considéré, Sara pense qu’au fond le phénomène d’enlèvement dépasse le plan physique et qu’on ne peut l’appréhender d’un seul point de vue technologique.
À croire que depuis son enfance, les rencontres de Sara auront été comparables à une préparation de la conscience pour le travail qu’elle brûle d’accomplir dans sa vie. Ce travail semble, quant à lui, relié à l’usage d’un concept élargi de l’écologie ou de l’« environnement » ayant pour objectif de faire évoluer le paradigme qui admettait une conscience de division et de séparation vers celui d’ouverture, de créativité et d’amour inconditionnel. Sara rattache sa propre évolution à ses rencontres et à son rôle d’étudiante chargée de mission entre, d’une part, un univers non physique, d’où procèdent les extraterrestres ou « êtres de lumière >» et, d’autre part, la planète sur laquelle elle s’est engagée à vivre.
Au cours de nos séances, Sara fit des efforts répétés pour tenter de décrire avec des mots le processus permettant aux extraterrestres de pénétrer dans notre univers physique et elle, en retour, pénétrer dans le leur. Une des images frappantes qu’elle me donna fut celle de cette feuille de papier cellophane qui se déchire, créant ainsi la fissure par laquelle pouvait se glisser une connexion entre deux dimensions, l’une physique et l’autre pas. Sara elle-même peut parvenir dans l’autre univers et s’est longtemps languie de rejoindre pour toujours ce qu’elle appelle, comme le font d’ailleurs nombre de kidnappés, son « chez elle » dans l’autre dimension, c’est-à-dire le lieu où se trouvent ses vrais parents. Mais elle en est empêchée par le défi constant imposé par son humaine nature de répondre à ses propres besoins égoïstes, notamment son désir d’être aimée. Sara, comme beaucoup d’autres victimes d’enlèvement, comprend très bien qu’en transformant sa conscience et en participant au processus, elle peut contribuer de manière subtile mais efficace à l’avènement d’un élargissement du niveau général. Comme elle le dit elle-même : « Si vous faites vraiment, mais alors vraiment ce qui est bon pour vous, vous ne pouvez manquer de faire ce qui est bon pour le reste du monde. »
Il est probable que Sara, comme d’autres kidnappés, fasse partie d’un projet extraterrestre de croisement des espèces et d’évolution. L’objectif de ce programme pourrait être de créer de nouvelles formes de vie spirituellement plus évoluées et moins agressives, tout en conservant les performances sensorielles qui accompagnent l’incarnation dans une existence humaine physique. Une partie de notre longue séance de régression hypnotique concerna plus particulièrement des souvenirs d’une rencontre avec un être extraterrestre, expérience qu’elle dit avoir vécue moitié dans notre réalité physique, moitié dans une autre dimension non physique. Un des aspects les plus délicats à saisir dans ces différentes sortes de connexions interdimensionnelles et inter-espèces est qu’il existe diverses fréquences vibratoires dans lesquelles les extraterrestres venus d’autres dimensions peuvent vivre ; mais il leur faut effectuer des ajustements radicaux pour établir des connexions. Une bonne part de l’intense détresse physique que Sara ainsi que d’autres kidnappés expriment au cours des régressions hypnotiques pourrait provenir d’une décharge corporelle de ces mêmes incongruités vibratoires qui se sont tapies dans l’individu, parfois au cours d’une existence entière, à cause de puissantes forces intérieures répressives dont la source se situe aussi bien dans la psyché humaine que dans un éventuel contrôle imposé par les extraterrestres.
Un des moments les plus forts de la première régression de Sara fut celui où elle se souvint d’avoir été violemment frappée ou « cognée » alors qu’elle ne percevait à la place d’un miroir qu’un long couloir qui l’invitait, une « erreur » qui aurait bien pu être orchestrée par les êtres eux-mêmes. Juste après ce choc et la douleur aiguë qui s’ensuivit, elle put reconnaître dans sa chambre la présence d’un représentant d’une autre espèce d’extraterrestre, d’apparence nettement plus reptilienne, espèce probablement connectée à son fiancé Miguel comme elle avait été elle-même connectée à l’espèce de Mengus. L’aspect étonnamment physique de ce type d’expérience semble être en usage parmi les extraterrestres dans le seul but d’obliger Sara, et les autres humains, à reconnaître la réalité des entités et des domaines que notre civilisation occidentale a résolument (et récemment) décrété comme n’ayant aucune existence possible. Pourtant, ce type de choc à la fois ontologique et physique pourrait fort bien être un pas initiatique dans le processus d’un développement de la conscience humaine, processus que l’on retrouve, selon toute apparence, au cœur même du phénomène d’enlèvement.
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