Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements

1. Enlèvements ovni : une introduction

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Enlèvements ovni :

 

une introduction

 

Au cours de mes quarante années d’exercice comme psychiatre, rien ne m’avait préparé à ce que je dus affronter en rencontrant des patients qui me révélèrent avoir vécu des expériences d’enlèvement extraterrestre. Durant toutes ces années de travail psychiatrique et psychanalytique auprès d’adultes ou d’enfants, et d’interventions cliniques comme enseignant et praticien, je m’étais bien rendu compte que mon point fort consistait à distinguer les états mentaux et à évaluer la nature ainsi que la signification du discours tenu par les patients. Pourtant je me retrouvai cette fois-là face à des individus qui - pour obéir aux concepts communément admis qui définissent la réalité - ne pouvaient pas exister. Ce livre est donc un document relatant mes investigations auprès des « kidnappés », ou victimes d’enlèvement extraterrestre, ou encore « expérimentateurs » comme on les appelle parfois. Mais ce seul terme de « kidnappé » ne laisse rien exsuder de la réalité physique qui se cache derrière une telle expérience individuelle. J’aurais plutôt tendance à suivre l’usage conventionnel que je n’ai guère envie d’abandonner tant qu’une terminologie plus appropriée ne me sera pas proposée.

C’est en janvier 1990 que je fus initié par Budd Hopkins aux phénomènes d’enlèvement. Budd Hopkins est un artiste new-yorkais qui a eu l’opportunité de travailler avec des kidnappés pendant une période de plus de dix ans. Ce qui me frappa tout d’abord dans les cas rencontrés chez Hopkins, puis à mon propre cabinet, ce fut la cohérence des histoires racontées par ces gens qui ne se connaissaient pas entre eux, qui avaient longuement hésité avant de se présenter et qui redoutaient pardessus tout le discrédit et le ridicule qui les avaient accueillis par le passé lorsqu’ils avaient tenté d’aborder ce sujet. De plus, rien à ce jour n’a été écrit ou montré, dans les médias, de ces informations rapportées par les kidnappés : moyens de transport vers le vaisseau spatial et retour, description de l’intérieur des vaisseaux eux-mêmes et procédures auxquelles se livrent les extraterrestres au cours de ces opérations d’enlèvement de personnes humaines. Finalement, aucun de ces patients ne manifestait de symptômes qui auraient pu être la signature de dérangements mentaux, sauf à un niveau secondaire, autrement dit, s’ils étaient victimes d’un trouble quelconque, celui-ci était la « » conséquence de ce qui semblait leur être arrivé. Rien ou presque ne permettait de classer leurs récits dans la catégorie des hallucinations, des interprétations oniriques ou des produits de l’imagination. Aucune personne que je rencontrai alors, et au cours des mois qui suivirent, ne ressemblait non plus à ces mythomanes qui concoctent des contes fantastiques dans des buts personnels. Bref, les expériences rapportées possédaient toutes les caractéristiques d’événements réels : narrations extrêmement détaillées qui, au premier abord, ne semblaient pas renfermer de structure symbolique évidente ; intenses traumatismes émotionnels et physiques, avec parfois des petites lésions apparentes sur le corps des victimes ; logique et cohérence des récits jusque dans les moindres détails. Mais si ces expériences étaient, d’une quelconque manière, « réelles » cela soulevait de nouvelles questions, et de taille ! D’abord, est-ce que ce phénomène se produisait souvent ? Si c’était le cas, qui était en mesure de prendre soin des victimes, de leur proposer une assistance d’ordre psychologique et de leur prodiguer un traitement adéquat ? Quelle était la réponse des médecins spécialisés dans les problèmes des traumatismes mentaux ? Et surtout qui était à la source de ces enlèvements ? C’est à toutes ces questions, et à bien d’autres également, que nous allons essayer de répondre dans ce livre.

En l’espace de trois ans et demi, c’est-à-dire jusqu’à fin 1992, j’ai pu ainsi travailler avec plus de cent individus dont il m’appartenait d’analyser les expériences de kidnapping extraterrestre ou d’autres phénomènes « anormaux ». Parmi ces personnes, soixante-seize répondirent à mes sévères critères selon lesquels j’avais effectivement affaire à un cas d’enlèvement extraterrestre (en tout quarante-sept femmes et vingt-neuf hommes, dont trois jeunes garçons de huit ans et moins, dans une tranche d’âge allant de deux à cinquante-sept ans) : remémorisation consciente et spontanée, ou à l’occasion de séances d’hypnose, d’avoir été enlevé par des créatures extraterrestres et emmené dans un étrange engin ; ces récits s’accompagnant d’une charge émotionnelle appropriée et non pas d’un état mental qui aurait justifié ce type d’imaginaire. Avec quarante-neuf de ces personnes, je me suis livré à des séances d’hypnose personnalisée, ou de relaxation (entre une et huit), chaque séance durant plusieurs heures, ce qui m’a permis de mettre au point une approche thérapeutique que je vais brièvement décrire ici.

En dépit de ma profonde admiration et du respect immense que je voue à des pionniers dans ce domaine tels que Budd Hopkins, qui ont eu le courage d’enquêter, d’étudier, d’analyser et de communiquer le résultat de leurs travaux à l’encontre de toute notre culture et de tous nos systèmes de pensée, je me devais de présenter dans ce livre mes propres investigations cliniques. Le sujet qui nous occupe fait, en effet, l’objet de tant de controverses qu’aucune autorité scientifique reconnue ne s’est aventurée à analyser ou à développer ce qui pourrait me servir aujourd’hui à étayer mes arguments ou mes conclusions. Par conséquent, je ne peux qu’exposer ce que j’ai appris petit à petit, sur le tas, avec chacun des cas qui se sont présentés, et formuler seul mes interprétations comme mes conclusions sur la base de ces mêmes informations.

Les énergies et les émotions qui traversent et bouleversent ces personnes au moment où elles font le récit de leur drame ont une intensité comparable à nulle autre que j’ai pu rencontrer à ce jour dans mon travail de thérapeute. L’immédiateté de ma présence, de mon soutien et de ma compréhension est devenue une nécessité absolue et prioritaire dans ce que je peux appeler un nouveau travail thérapeutique, et cela m’a beaucoup influencé à tous égards. En outre, il m’a bien fallu admettre que ces phénomènes d’enlèvement avaient d’importantes implications philosophiques, spirituelles et sociales. Mais surtout cette recherche, bien davantage que toutes celles que j’ai entreprises jusqu’à présent, m’a amené à réviser complètement ma vision du monde et le sens que j’avais des réalités depuis mon enfance et que je m’efforçais de suivre docilement dans mon comportement de scientifique et de clinicien.

Bien sûr, il existe d’autres phénomènes qui ont permis à l’esprit humain de tirer le signal d’alarme et de défier un certain temps la version purement matérialiste des faits. Parmi ces phénomènes, citons les expériences de gens qui reviennent des premiers états de la mort, les différentes pratiques de méditation, l’utilisation de substances psychédéliques, les parcours chamaniques, les états extatiques par la danse ; les rituels religieux, et mille autres pratiques qui sont destinées à ouvrir l’être à d’autres états de conscience que ceux qui interviennent dans notre vécu ordinaire. Mais aucune de ces approches, à mon sens, ne nous tient aussi puissamment le langage de ce que nous connaissons le mieux, c’est-à-dire le monde matérialisé. Car en effet, le phénomène de l’enlèvement vient nous chercher, si l’on peut dire, là où nous nous trouvons ! Il fait irruption sans ménagement dans notre monde physique, qu’il appartienne lui-même ou non à ce monde-ci. Son pouvoir de nous atteindre et d’altérer notre conscience est, par conséquent, potentiellement immense. Je discuterai de toutes ces questions au cours des analyses qui vont suivre et qui font la matière de cette étude. Mon chapitre de conclusion tentera aussi d’apporter quelques réponses à ces interrogations.

Problème important concernant ces phénomènes d’enlèvement : ces phénomènes sont-ils nouveaux -associés aux « soucoupes volantes » et autres ovnis (objets volants non identifiés) observés depuis les années 40, et à la découverte, dans les années 60, que ces vaisseaux venus d’ailleurs avaient à leur bord des « occupants » - ou bien s’agit-il du chapitre moderne de la longue histoire, qui remonte à l’Antiquité, des relations de l’humanité avec des véhicules et des êtres venus de l’espace ? De nombreux chercheurs ont spéculé sur le fait qu’étant donné le caractère hautement technologique de ces rapports, le phénomène pourrait bien être spécifiquement lié à l’Occident moderne et inconnu des cultures primitives. Nous aborderons ces problèmes dans l’appendice B.

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