Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements
10. Paul : un pont entre deux mondes
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Paul : un pont entre
deux mondes
Paul avait vingt-six ans lorsqu’il se présenta à moi à l’issue d’une conférence sur les ovnis dans le New Hampshire. C’était un jeune homme de belle allure, très sensible, une de ces personnes que l’on rencontre de plus en plus fréquemment parmi les kidnappés et qui ont découvert qu’elles possédaient une double identité, à la fois extraterrestre (généralement, elles n’emploient pas ce terme) et humaine. Dès le début de notre travail, Paul s’est signalé comme quelqu’un de persuadé d’avoir pour mission d’« être un exemple » d’amour et d’ouverture afin de permettre aux êtres humains de transgresser les peurs qui les paralysent et les empêchent d’utiliser les dons qu’ils possèdent. Le but de notre recherche commune a été d’aider Paul à découvrir en profondeur son identité complexe et de prendre en main de façon vraiment responsable ses propres pouvoirs de transformation et de guérison personnelles. Après une première entrevue, nous organisâmes ensemble deux séances de régression hypnotique, tandis que de son côté il assistait à deux réunions de groupe. Au cours d’une de ces réunions, Paul, Pam Kasey et plusieurs kidnappés s’attachèrent à explorer les pouvoirs thérapeutiques de leurs énergies conjuguées. Lorsque nous nous rencontrâmes, Paul et moi, celui-ci vivait encore chez ses parents et avait monté sa propre affaire de publicité. Il travaillait dur afin de pouvoir s’offrir un appartement.
Comme beaucoup de kidnappés que j’ai connus, Paul prit contact avec moi après avoir longtemps consulté un psychothérapeute, qu’il ne cessa d’ailleurs de voir régulièrement jusqu’à ce que nous prîmes rendez-vous. Il alla d’abord consulter Mlle T., psychologue, afin d’analyser et comprendre des expériences « bizarres » qui l’avaient amené à formuler des doutes sur sa santé mentale. Une de ces expériences se produisit cinq heures après avoir fumé de la marijuana : il aperçut « une sorte de créature » sur les marches de sa maison. Paul souhaitait aussi vérifier si ces expériences étaient ou non reliées à des difficultés grandissantes. Il alla donc voir cette dame, de manière assez irrégulière, durant une année et demie. Cette thérapie incluait quatre ou cinq séances d’hypnose dont l’objectif était de déceler d’éventuels souvenirs concernant des abus sexuels de la part de la grand-mère du sujet, ce qui en fait n’apparut pas. Ce qui revint à la surface, ce furent des récits additionnels de rencontres avec des êtres étranges, rencontres qui semblaient remonter jusqu’à la petite enfance (trois ans) et être ressenties comme puissamment réelles par Paul avec, pour conséquence, un impact « violent » sur sa vision du monde et tout ce qu’il avait « connu auparavant ».
Au fur et à mesure que notre travail avançait, Paul trouvait qu’il devenait de plus en plus « éveillé à une connexion » lui permettant « d’apprécier toute chose étrangère venant d’un autre monde », ce dont Mlle T., et cela peut se comprendre, ne sut que faire. Au cours d’une séance, il appela les êtres à manifester leur présence, ou à prouver leur réalité à travers les énergies qui leur étaient propres ; c’est alors qu’ils entendirent un grand coup près de la porte du bureau. Mlle T., effrayée, n’en chercha pas moins à en savoir plus sur ce bruit insolite. Paul avait hâte d’éclaircir le mystère et perçut comme un « grésillement » électrique dans la pièce mais rien de visible derrière la porte. Mlle T. avait les yeux écarquillés de terreur et ce fut Paul qui dut la calmer. Il avait le pressentiment que quelque chose « allait se produire » pour Mlle T. durant le week-end à venir et il lui en fit part. Étant donné qu’à la séance suivante, elle commença tout de suite par le prier de ne plus lui donner d’informations de ce genre, Paul lui demanda s’il s’était passé quelque chose. La thérapeute lui raconta que son lit s’était mis soudain, mystérieusement, à faire des bonds dans la chambre. Elle avoua avoir été terrifiée et, si l’on en croit Paul, fit tout pour faire comme si rien ne s’était produit à l’exception d’« un nettoyage complet de la maison des esprits malins qui auraient pu s’y trouver ». Sa conviction, dira Paul, était que quelque chose de « bon ne peut se manifester à vous que sous des auspices plus heureux ».
En dépit du sentiment qu’avait Paul d’être en quelque sorte « réprimé » par Mlle T. à cause des sueurs froides que lui donnait tout ce qui avait trait aux extraterrestres, un certain nombre de souvenirs remontèrent des profondeurs au cours des séances d’hypnose avec cette thérapeute. Par exemple, Paul m’a décrit comment au début d’une séance il s’était attendu à visualiser sa grand-mère se livrant à des attouchements sur lui ou « quelque chose du même genre quand soudain... » : « Je vois le vaisseau, je suis dehors dans l’arrière-cour, la cheminée, et il y a ces petits personnages qui s’avancent et j’en eus la chair de poule » (nous explorerons plus en détail cet épisode au cours de notre première régression ; Paul avait alors six ans et demi).
À son dernier rendez-vous avec sa thérapeute, Paul se souvint d’un enlèvement qu’il fit remonter à une époque où il n’avait que deux ou trois ans à cause du fait qu’il portait un pyjama rouge fait d’un seul tenant avec des boutons sur le devant et que sa mère lui confirma qu’en effet, à cet âge-là, il allait au lit dans ce vêtement. Il se vit ensuite « sur une table » : « J’ai eu une trouille d’enfer. » Il se souvenait que les extraterrestres qui s’étaient introduits dans sa chambre « lui avaient pris la main », lui avaient « communiqué » qu’il « n’avait qu’à être fort » et l’emportèrent en passant à travers « la porte ». Paul ne parvint à avoir en revanche que des « visions éclairs d’un vaisseau sans savoir comment il a fait » pour y entrer. Depuis sa table, il put observer que la pièce environnante semblait faite d’une espèce d’alliage métallique uniforme et que les objets qui s’y trouvaient paraissaient inamovibles. Il essaya de se soulever mais un extraterrestre appuya deux doigts sur sa tête pour le maintenir, apparemment sans effort, dans la position allongée ; alors, il se calma un peu.
Je demandai à Paul s’il pouvait voir l’être en question. « Pas encore. Une minute plus tard, je le pouvais », répondit-il. La créature portait une « combinaison qui semblait avoir des coutures... Puis tout à coup il s’est tourné, comme un éclair. Il bougeait à une telle vitesse ! Et moi j’ai regardé sa tête, et elle était relativement classique. Les yeux étaient grands, ça oui, et sombres, et je me suis dit “ d’accord ” [cela dit dans un murmure], et je me suis rallongé... Je pensais : “ D’accord. D’accord. Ouais. Il ne veut pas que je l’observe. ” En me » référant à de nombreux autres cas, je suggérai à Paul que, peut-être, c’était lui-même qui ne voulait pas regarder, ce que Paul jugea bougrement possible dans la mesure où il était « » terrorisé. Lorsqu’il vit que deux autres extraterrestres se tenaient derrière lui, il pensa : « Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi personne ne m’adresse la parole ici ? Puis Paul » baissa les yeux et s’aperçut que l’être commençait à faire « quelque chose au niveau de mes jambes, avec ses longs, longs doigts ». « Il ou elle - je ne saurais dire exactement -, avec ce truc qui n’avait que deux doigts et un pouce, me tâtait le mollet avec des attouchements légers de haut en bas, puis soudain j’ai vraiment senti ma jambe, mon mollet, c’était comme une douleur, et j’ai pensé : “ Ouhhh, j’ai tellement mal à ce mollet. ” » Paul ne se souvient pas d’avoir aperçu un instrument quelconque mais revoit très bien sa jambe toute « gonflée comme si on lui avait « injecté quelque chose » ».
Paul décrivit avec d’autres précisions cette douleur dans la jambe, qu’il était parvenu à faire revivre en présence de Mlle T. : « D’abord violente, elle se mit à diminuer, alors l’être commença à m’aider à me relever... Il m’emmena... » C’est alors que sa thérapeute annonça la fin de la séance : « Bon. Ce sera tout pour aujourd’hui. » Paul pensa : « D’accord. » La séance une fois terminée, Paul continua à ressentir la douleur dans sa jambe. Mlle T. lui demanda : « Ça va ? » Il répondit : « Oui, oui, tout va bien. » « Vous voyez ce que je veux dire ? Moi je ne sais pas. Enfin, j’imagine. Bien sûr je peux marcher. Je peux prendre le volant jusque chez moi, etc. » Paul et sa thérapeute discutèrent de la possibilité d’une séance plus longue, vu de l’absence de soulagement qu’il éprouvait et étant donné que Mlle T. semblait dépassée par ces problèmes-là, ils décidèrent de l’arrêt de la thérapie. Paul se donna une dernière chance de recevoir une aide quelconque en l’appelant au téléphone quelques jours avant notre rencontre : il exprima ses difficultés à gérer les souvenirs qui lui revenaient (« à les rassembler ») mais la thérapeute - elle-même tellement mal informée au sujet des problèmes de rapt extraterrestre -sembla ne rien avoir à dire à son patient et conclut par : « Appelez-moi si besoin est. »
Le fait que Paul se soit accroché aussi longtemps à la bouée que représentait une thérapie inefficace n’est pas à mettre sur le seul compte du nombre infime de personnes qualifiées pour s’occuper de cas d’enlèvement. Il faut aussi accuser la solitude extrême du sujet et son habitude depuis toujours de ne pas recevoir d’aide ; notons également une vieille tendance, comme tous les enfants de parents alcooliques (ses deux parents avaient des problèmes de cet ordre), à protéger les adultes de son entourage de sa propre détresse. Sa décision de cesser de voir Mlle T. lui fut aussi dictée par son désir de ne plus la protéger de la détresse qu’elle éprouvait face à ce cas incompréhensible.
Avant la fin de notre première séance, Paul exprima son sentiment de « venir d’ailleurs » (« J’ai, toute ma vie, dit à ma mère que j’étais un enfant adopté. Je ne suis pas d’ici. ») et ses difficultés : « Les gens comme moi doivent louvoyer, s’adapter à ce qui se passe s’ils veulent vivre et survivre ici. » Il faisait notamment référence au climat émotionnel hostile et négatif qu’il rencontrait dans la vie sociale courante et ne cachait pas son désir d’être « un investigateur de ce qui serait positif pour devenir un exemple de ce que l’on doit faire pour libérer la communication. « Le modèle, on l’a. Mais ce monde-ci l’a pratiquement mis en pièces. C’est à moi de recoller les morceaux et d’ouvrir la voie. »
Paul a longtemps soupçonné le mari de sa mère de n’être pas son véritable géniteur. Selon Paul, son « père » était stérile et sa mère avait eu une longue liaison avec un autre homme qu’elle avait espéré épouser mais qui était resté avec sa femme parce que cette dernière était atteinte de leucémie. Paul questionna sa mère à ce propos et, de guerre lasse, elle confirma ses soupçons ; cela s’était passé environ un an avant que je ne rencontre Paul. Cette découverte (« mon père n’était pas mon vrai père ») rajouta bien évidemment de l’eau au moulin de Paul en ranimant son impression de « ne pas appartenir à ce monde-ci ». Le père de Paul (le mari de sa mère) avait des problèmes au niveau du contrôle des pulsions. On pourrait rattacher cela au fait que sa mère (celle du père), si l’on en croit ce que la maman de Paul lui a raconté, avait pris l’habitude d’« ôter ses vêtements (ceux de son fils) et ceux de son frère et de les (les deux garçons) soumettre à des attouchements bizarres ». Ce même père de Paul se serait également livré à des manifestations « exhibitionnistes » et aurait « fait des avances » à la sœur de Paul (de trois ans plus jeune que lui) : « Mais ça s’est arrêté là. Ça n’a pas été plus loin. »
D’après ce que m’en a dit Paul, sa mère est sans doute une personne craintive. Paul avait le sentiment qu’il l’intimidait avec son intense curiosité et son intelligence. « Elle essayait de me brimer », dit-il, et c’est ce qui le fit un moment douter de ses capacités mentales. Naturellement, cet inconfort moral ne pouvait être qu’aggravé par ses expériences de rencontre et d’enlèvement. « Je prends des précautions parce que je ne veux pas faire fuir les gens en les effrayant. Vous voyez ce que je veux dire, surtout quand c’est votre propre mère... Je la fermais, tout simplement. » Le lendemain du jour où il vit l’être dans les escaliers de la maison, Paul rapporta l’affaire à sa mère. Elle avoua de son côté qu’en haut des marches, elle « éprouva une espèce de panique incroyable qui l’arrêta en plein élan. Elle descendait l’escalier et dut s’arrêter ». Pour Paul, c’était « une confirmation venant de quelqu’un d’autre, selon laquelle il y avait bien quelque chose exactement au même endroit que lui l’avait vu », mais sa mère nia avoir vu quoi que ce soit. La mère de Paul connut elle-même une aventure de « temps manquant » (trou temporel dans la chronologie du quotidien) de deux heures qu’elle reconnut lorsque Paul l’interrogea à ce sujet, mais elle n’y avait guère prêté d’attention. « Mais enfin, maman ! Deux heures, et en plein milieu de la journée ! Tu ne t’es donc pas posé de question ? » La sœur de Paul a décrit l’ovni qu’elle et leur mère virent ensemble, mais elle demeure vague sur les détails.
Lorsque nous nous vîmes, Paul et moi, pour entamer le début de nos travaux communs, nous commençâmes par parler de son programme de méditation extrêmement sévère et des tensions que cela provoquait en lui. Paul exprima son vœu de développer ses potentialités psychiques, d’atteindre un état supérieur de conscience et d’éveil au cours de ses méditations. Il ne me cacha pas son désir d’en « savoir plus » sur son propre passé, et notamment de découvrir « qui étaient ces gens » qu’il avait rencontrés à l’âge de six ans et demi.
Avant d’en dire davantage là-dessus, Paul me cita un incident effrayant qui s’était produit tard dans la nuit, ou très tôt le matin, environ un mois avant notre rendez-vous. Il s’était réveillé après une nuit peuplée de rêves lorsqu’il entendit un bruit assourdissant « comme quand le camion des éboueurs passe sous les fenêtres ». Il alla regarder à la fenêtre pour vérifier mais, ne voyant rien, repartit se coucher. Se retournant dans son lit et cherchant péniblement le sommeil, il sentit tout à coup qu’il y avait « quelque chose dans la chambre ». Mais lorsqu’il eut la sensation que cette fois il y avait « quelque chose au-dessus » de lui, c’était trop tard, il ne pouvait plus faire un geste et fut pris de panique. « D’abord, je l’ai senti à distance, puis ça s’est rapproché et là, ouhooo ! C’était tout proche. Trop proche ! Arrière !... La terreur au ventre, j’ai essayé de distinguer ce que cela pouvait bien être, et c’est là que je me suis aperçu que je l’avais pas plus loin que le bout de mon nez... Oui, je le sentais juste là... à dix ou quinze centimètres de mon nez. » Il voulut ouvrir les yeux mais en fut incapable. Il se « rendormit » (paradoxe communément rencontré dans la description des terreurs provoquées par une rencontre à des fins d’enlèvement) puis s’« ébroua » de nouveau pour regarder, mais « il n’y avait rien ». Bien qu’à présent il fût pleinement conscient, il se disait « des blagues à propos du souffle parce qu’il ne pouvait plus parler » et était encore pour quelques instants incapable d’effectuer le moindre mouvement. S’il ne vit aucun être au cours de cet incident, il n’en demeura pas moins que Paul se sentit envahi par « quelque chose qui avait véritablement fait quelque chose ».
Nous étions, bien sûr, tentés de pousser l’analyse d’un tel événement, mais nous préférâmes nous concentrer sur l’épisode qui s’était déroulé fin 1972, lorsque Paul avait six ans et demi. Comme je le fais toujours, nous passâmes en revue ensemble, et de la manière la plus détaillée possible, le contexte dans lequel la rencontre a eu lieu afin que je puisse toujours m’orienter pendant la régression et éviter de rattacher les associations de mon patient à des faits anecdotiques qui nous éloigneraient du problème. Un grand nombre de ces informations étaient déjà apparues au cours du travail entrepris avec Mlle T. Aussi est-ce plus rapidement que Paul me décrivit la maison, l’emplacement de sa chambre, et comment sa mère le borda dans son lit ce soir-là. Paul ne se souvient pas de s’être endormi mais d’avoir plutôt contemplé le bureau, de s’être levé et d’avoir marché jusqu’aux portes de verre coulissantes qui séparaient sa chambre de l’entrée donnant sur la cour. Une voix familière qui résonnait dans sa tête lui demanda de sortir de la maison : « Comme si je devais y rencontrer quelqu’un. »
En décrivant son comportement durant cette nuit-là, Paul tint le langage du Paul adulte qu’il est, observant ce que fait un petit garçon « depuis ses yeux... » : « Je ne ressens pas ce qu’il ressent mais je comprends ce qu’il ressent. » L’enfant se tint sur le pas de la porte, leva les yeux et vit « un vaisseau qui passait comme un éclair » au-dessus de la maison. « C’était tout éclairé... C’était rond, comme un cercle parfait... énorme... effrayant », plus large à l’horizontale qu’à la verticale, « long et lisse » à l’arrière. « Il (l’enfant) était en train de décoder où nous irions (ce « nous » référait tant au petit Paul qu’au Paul adulte qui observait tout cela, comme s’ils étaient ensemble). Alors, nous avons descendu les marches du perron et nous nous sommes dirigés vers la cheminée (une structure installée dans la cour) et là nous nous sommes assis. » Le petit garçon pénétra dans la cheminée comme si « nous guettions la venue de quelqu’un ».
« Moi (le Paul qui vous parle depuis l’intérieur du petit Paul), je n’avais vraiment aucune idée de qui devait venir, et je fus terrifié lorsque je commençai à comprendre qu’il y avait bien quelqu’un là. » Paul (adulte) note ceci : « Ça devait être plus éclairé parce qu’à l’intérieur de la cheminée je pouvais voir les briques, des briques réfractaires... Je dois aller avec lui (le petit Paul) parce que je suis, nous sommes liés en un sens, donc nous sommes ressortis et c’est alors qu’il y eut deux groupes qui arrivaient de chaque côté de la maison. » Les êtres étaient de petite taille, pas plus grands que des enfants de six ans, mais l’un d’eux paraissait un peu plus grand. Ils « n’étaient pas humains », dit Paul, mais néanmoins lorsqu’« ils se rapprochèrent », le garçon se sentit mieux et « tout excité » de se retrouver parmi eux. Les êtres touchaient et caressaient le garçon qui éprouva « un grand calme, vraiment comme quand on est à la maison », ce qu’éprouva également mon patient, le Paul adulte, au même moment sous hypnose.
Dans les notes de Pam Kasey, je retrouve la description des attitudes corporelles de Paul durant cette régression. Elles donnent une intensité remarquable à cette expérience. « Paul a de nombreuses réactions sous l’effet de cette information, une tension involontaire qui manifeste sa résistance à chaque information nouvelle, souvent suivie d’un rire nerveux, d’une profonde respiration, une sorte de convulsion, puis un relâchement jusqu’à l’information suivante. Son visage grimace ; il fronce les sourcils, se renfrogne, serre les dents, puis part d’un rire, secouant emphatiquement la tête, nerveux, impatient, fatigué, épuisé. Ensuite, cela devient plus difficile - le corps se tortille, se tend, la tête se balance dans tous les sens envoyant promener l’oreiller, le visage se tord, les expressions varient à chaque seconde qui passe -, les bras restent de chaque côté du corps mais les mains s’agrippent, s’ouvrent et gesticulent. »
Au début de la régression, je ramenai Paul à cette nuit fatidique en l’encourageant à avoir six ans et demi plutôt que de rester un observateur adulte. « Je ne peux pas... Je crois que j’ai peur... C’est de plus en plus douloureux si j’essaie d’être lui. » Comme je l’encourageais à laisser cette peur opérer, Paul commença à ressentir des engourdissements au niveau du visage, puis un peu partout, à l’abdomen, à la poitrine et aux mains. Sa peur augmenta : « Je vis un gros œil devant moi... avec ses mains sur moi... On aurait dit que je me rapetissais... Il y en d’autres là... et ils ne me laisseront a
pas éprouver quoi que ce soit. » Puis Paul sentit qu’il était allongé, le dos nu, dans une pièce au plafond en forme de dôme ; il vit «des outils et un banc ». Tout son corps était à présent insensibilisé : « Je pouvais voir par la fenêtre... C’est l’espace... Je ne voyais que les étoiles. Il y en avait en pagaille... On dirait qu’on bouge. »
Cette fois encore, Paul avait du mal à raccorder son moi adulte au petit garçon de l’époque et à cette expérience - « tout m’empêche d’effectuer cette connexion » -, mais il fut capable de déclarer : « Je peux être moi... Je sens des plaques, comme des grilles, qui m’appuient sur le ventre. » À ma demande il décrivit un des êtres humanoïdes. Il n’avait pas de cheveux sur le crâne et ses yeux étaient larges et noirs sans iris apparent. Le nez était « aplati, comme celui d’un singe », et la bouche paraissait avoir « des écailles tout autour, avec comme des strates sur les lèvres ». L’être le fit se lever et l’emmena par une porte. « Je suis sorti. Nous regardons les instruments de bord du vaisseau. C’est bien un vaisseau. Oui ! C’est un vaisseau ! Un vaisseau spatial ! »
L’être sembla être pour Paul «un ami» ; il lui montra le tableau de contrôle et lui dit : « Vous êtes comme moi, à bord du vaisseau ». Au début, Paul ne comprit pas, mais l’être donna de plus amples explications : « Vous venez d’ici. » Puis sous le regard attentif d’autres silhouettes humanoïdes, l’être conduisit Paul vers une structure en forme de passoire située un peu plus bas sur le côté de cet énorme appareil. Il dit à Paul : « C’est ici que nous nous réunissons. » Le personnage qui accompagnait Paul lui montra un lit qui ressemblait fort à ce qu’il connaissait sur Terre, un lit avec des draps, mais « il flottait dans les airs L’être dit ». à Paul : « Voilà vos quartiers. Ici, c’est chez vous. C’est là que vous vous installerez quand vous viendrez voyager avec nous. » En fait, ces « quartiers » semblèrent extrêmement familiers à Paul car il estimait qu’il y avait déjà séjourné « soixante-dix fois ». C’est alors que Paul fut traversé de doute et d’impressions confuses, mais il dit : « Je crois que je suis là. J’ai l’impression d’être dans la pièce qu’il me montre et en même temps je me rends là où il veut m’emmener. »
Je demandai alors à Paul d’essayer de me préciser la durée et la fréquence de ces nombreuses visites qu’il rendit au vaisseau. Paul me répondit : « Il me dit qu’elles sont toutes connectées. C’est la même.
Qu’est-ce qui est la même ? demandai-je. Les existences. Ce sont toutes la même... C’est proche.
C’est proche de ma vie. C’est proche du présent... J’étais
dans le vaisseau avant d’être ici (c’est-à-dire sur Terre). »
Paul fit à ce moment-là l’expérience de ce qu’on pourrait
appeler un passage à travers une barrière d’informations : il
ressentit intensément la rétractation puis la libération de
son corps (Pam Kasey en a noté la description.) « Oui, ça
s’écroule petit à petit, mais c’est rudement enchevêtré...
C’est clair pour lui (l’être) et pour moi, mais je ne peux pas
l’appréhender ici (autrement dit dans la perspective
rationaliste occidentale que mes questions pouvaient
représenter pour lui). »
L’être fit alors savoir à Paul qu’« il lui révélerait tout ce qu’il chercherait à savoir ». Notre séance devint donc une exploration de la double identité de Paul, de sa nature humaine depuis un point de vue extraterrestre, et des relations humano-extraterrestres à travers le temps. Paul lui-même se comparait à « une espèce d’espion » envoyé sur Terre pour des objectifs précis. « Il (l’extraterrestre) dit que votre esprit vient d’ici (du vaisseau et non pas de la Terre). Il dit que ce qui vous crée se trouve ici, et il dit encore que le principe même de l’être humain provient de la manière dont nous vous intégrons dans tout cela, mais vous venez d’ici. »
Paul ajouta : « Chez nous, c’est sur cette planète-là. Ils y sont très paisibles, très paisibles. Ils ne sont pas comme ici. Ils se sont fait tuer ici bien avant. » Je demandai à Paul où se trouvait cette planète. « C’est bon. D’accord. D’accord. C’est vrai, vous ne pouvez pas savoir. Moi non plus d’ailleurs. Mais je peux savoir. D’accord. D’accord. D’accord. Je peux la voir. Elle est rouge, et c’est - mais c’est bleu. C’est différent. Elle tourbillonne comme le fait Jupiter. » La planète en question se situe « dans cet univers mais beaucoup plus loin que ce que vous pourrez jamais imaginer ».
Je demandai à Paul comment les êtres faisaient pour se déplacer d’un endroit à un autre. « C’est comme le fait d’espérer, me répondit-il. L’énergie, comme concentrée sur elle-même, et vous voilà ailleurs... Tout peut se concentrer, s’inverser, se replier... De même, vous pouvez déplacer une seule personne à un moment, ou à un autre un grand nombre de gens... Mais personne n’est censé savoir ça. Les gens ne doivent pas savoir ces choses, pas encore. » Je lui demandai pourquoi. Parlant comme un extraterrestre, il me répondit : « Ici, il y a longtemps, on nous a fait du mal... Votre peuple nous a fait du mal... C’est dans votre nature d’être violents. » Puis il parla du besoin qu’ont les humains « de tout contrôler » et de s’isoler des autres êtres, dont les extraterrestres eux-mêmes. « Les humains ne sont qu’une forme parmi d’autres. Vous êtes une autre forme vivante de l’énergie. Vous croyez être indépendants de la vie, et c’est une erreur. Vous provoquez la mort. Vous provoquez des morts sans nombre et c’est de votre faute. Et nous avons essayé de vous aider, mais lorsque nous sommes venus, nous avons été tués par beaucoup d’entre vous. »
Les gens comme lui, poursuivit Paul, étaient « ici pour intégrer, et c’est long... parce que si nous devions arriver pour faire s’écrouler l’humanité, ça ne servirait à rien. C’est ce qui s’est produit avant.
Avant quoi ?» demandai-je.
Il ignora ma question et continua : « Vous êtes des gens déjà bien trop violents, vous êtes trop violents et trop hostiles. C’est trop imbriqué dans votre nature et il va vous falloir venir à bout de cela. Vous devez comprendre cela et cela va prendre un peu de temps... Nous ne pouvons pas débarquer comme ça. Nous ne pouvons pas débarquer comme ça. Nous devons intégrer tout cela. »
Je tentai de ramener Paul à ce qui s’était passé dans ses quartiers à bord du vaisseau, mais mes efforts furent vains et il resta fixé sur ses difficultés à saisir pleinement « l’information qui restait cachée » en lui : « C’est trop énorme pour qu’on puisse le comprendre. Je » compris que je n’avais pas d’autre choix que de le laisser continuer. Il reparla des ennuis qu’avaient eus les extraterrestres lors de leurs rencontres avec les humains. « Nous sommes nombreux ici (c’est-à-dire des êtres à double identité). Quand on arrive comme ça d’un seul coup, ça coupe le pouvoir. Ici tout le monde est enveloppé de pouvoir. » Il me raconta combien c’était difficile « pour notre espèce (à nous, les Terriens) de vraiment nous ouvrir à une autre ». En tant qu’être humain, mais identifié également à un extraterrestre, il a énormément de « problèmes ici ». Il essaie d’aider les êtres humains mais il s’est senti agressé. « Tout ce qui est nouveau se fait agresser... J’essaie de faire ce que je dois faire pour vous aider, mais je subis des attaques... Les êtres humains croient qu’ils sont tout, qu’ils tiennent tout. Mais il y en a autant ici... Il y a tant de vie, et pourtant les humains ne recherchent que la mort. Ils choisissent la destruction, et ce choix se fait aux dépens de la vie, de la connexion, de la création. Ici, c’est l’enfer... Tout le monde a tenté de vous l’expliquer. On a essayé de vous faire comprendre que cet endroit doit évoluer. Mais les êtres humains continuent à se piétiner et à tourner en rond. »
Paul prit ensuite un ton prophétique pour aborder le sujet de l’entêtement stupide des humains, le refus d’accepter « ce que nous avons fait ou de recevoir de l’aide ». « C’est pourquoi les gens nous aiment quand nous venons et que nous les emmenons avec nous et puis nous tombons malades comme vous... Les êtres extraterrestres peuvent s’incarner dans votre plan mais être aussi connectés avec d’autres hors de votre plan. » Cela permet aux extraterrestres d’« accepter les autres, de communiquer avec eux et de s’intégrer à eux... Les humains ne peuvent même pas s’intégrer à quelque chose qui appartient à leur propre plan, alors imaginez quelque chose qui appartiendrait à un autre plan ! Vous n’êtes pas fichus d’accepter la vie autour de vous ». Ségrégation, isolement et peur sont les caractéristiques du comportement humain envers la vie.
Paul exprima ses difficultés à exister sous ses deux différentes identités. « C’est plus dur pour nous d’être ainsi fragmentés. » Sous son identité humaine, il ressent les énormes « pressions de la société humaine... C’est vraiment intolérable. C’est tellement stressant. C’est le mot : stressant ». Puis il parla de la manière dont nous avons développé une sorte de « coquille » protectrice en une « chose séparée et indépendante ». « Cette coquille ne devrait être qu’une chose mineure C’est très peu de chose et vous vous y cramponnez. Comme si c’était vous qui l’aviez créée. C’est tout à fait nouveau. Ce n’est qu’une petite pellicule. Une petite pellicule et vous en avez fait tout votre univers... C’est comme une pellicule de l’apparence. »
Comme il essayait de répondre à mes questions, Paul se retrouva à « sauter » d’une identité à l’autre ou d’une perspective à l’autre, ce qui finit par le harasser. Son flot de pensées semblait suivre une direction bien à lui, sans égards pour mes questions. « Quel est le but de ce contrôle auquel vous aspirez et en plus sur quelque chose que vous ne comprenez même pas en premier lieu ? Qu’est-ce que vous allez contrôler ?... Je ne comprends pas ça... Vous ne contrôlez rien du tout... Si vous considérez la fréquence et l’énergie, et leur façon de se structurer autour de la forme, vous commencez alors à mieux saisir, et vous commencez à comprendre l’évolution, la façon dont elle se connecte à la structure moléculaire - et ainsi de suite d’éon en éon ! Ça va beaucoup plus loin que ce que vous pourrez jamais concevoir, et cela aussi on a essayé de vous le dire mais vous ne comprenez rien.
Et qu’est-ce que c’est ? demandai-je.
La conscience, répliqua-t-il, des formes plus élevées de la
conscience... Vous n’arriverez pas à appréhender l’infini
mais n’empêche que c’est là !... Les êtres extraterrestres ont
accès à cette conscience supérieure qui vous traverse et qui
est une intelligence qui existe et vibre partout.
Dans les individus, les nations, les mondes ? demandai-je. À travers tous les univers, oui. La conscience existe à
chacun de ces niveaux. Elle est infinie. »
Nous explorâmes ensuite ensemble le type d’information que Paul avait reçu durant ses kidnappings concernant cette conscience plus vaste. « Ça commence comme une énergie que vous ne pouvez percevoir, mais ça évolue et ça devient intelligent. Ça peut se fondre dans différentes dimensions... revêtir des formes un peu comme une cellule absorbe une autre cellule pour prendre une autre forme. L’énergie reflète une autre forme ; elle incorpore une nouvelle forme et la structure qui va avec. Elle communique avec cette forme et la comprend. Ça prend les enseignements et ça grandit. Ça crée. C’est de la création en action et qui acquiert de plus en plus d’intelligence. Ça grandit encore. Les choix à effectuer sont de plus en plus nombreux en quantité comme en variété. » Paul parla longuement des multiples façons dont la matière et l’énergie « se recourbaient » ou se changeaient l’une en l’autre. En référence aux attitudes récalcitrantes que les humains observaient, selon Paul, face à ce processus créatif, il fit ce commentaire : « Vous refusez de changer et de grandir. Changer est pour vous synonyme de peur. Le changement résonne chez vous comme une destruction. Faut dire aussi que vous avez échafaudé tellement d’opinions désuètes qui pourtant fonctionnent encore ! Alors vous vous y cramponnez ! Vous changez parfois, le temps d’une seconde, puis vous vous raccrochez à vos vieilles habitudes, et c’en est fait pour toujours. Vous êtes définitivement fixes. »
Curieusement, Paul révéla que l’intelligence des extraterrestres ne parvenait pas à bien saisir pourquoi les êtres humains sont tellement destructeurs, résistent tellement au changement, et je lui demandai si les procédures physiques cauchemardesques auxquelles se livraient les extraterrestres sur nos corps humains étaient censées leur fournir justement des renseignements à ce sujet. « Oui, en partie », répondit Paul qui reconnut que les « expérimentations » et les auscultations avaient pour objectif de mieux comprendre, d’aider et d’« adapter », mais il ajouta sans autre explication : « Il y a eu des erreurs de commises ». En dernière analyse, « nous (Paul parlant en tant qu’extraterrestre) ne comprenons pas pourquoi vous êtes tellement orgueilleux » au point de n’avoir rien appris. « Cela nous pose des problèmes complexes, déclara-t-il. Un organisme qui en est arrivé à ce point de décomposition devrait faire un retour en arrière sérieux et s’analyser. Il devrait comprendre... que vous avez trop tiré sur la corde, que ça va péter... Nous ne comprenons vraiment pas pourquoi vous avez opté pour la destruction. »
Une intervention et un changement demeurent possibles, même sans que cela soit bien compris, dit encore Paul. « Nous pouvons nous en occuper, mais vous aurez à accepter d’autant plus de changements. Et ça va aller de plus en plus vite, et ce sera de plus en plus dur pour vous d’effectuer ces changements... L’intelligence est à l’œuvre dès maintenant... elle maintient les différents niveaux ouverts. » Selon Paul, nous avons déjà un petit peu évolué, mais notre « humaine nature » manifeste une résistance à de nouveaux changements. Je fis part à Paul de mon impatience et lui demandai comment Pam et moi-même pourrions faire pour contribuer à faire changer les choses. Il me répondit qu’il lui était difficile de « jouer les espions » à qui on aurait montré « les différents niveaux ». « Il y a tant de choses autour de vous qui viennent frapper à votre porte puis s’en retournent. Cela s’est déjà produit. Cela s’est produit tant de fois. » En dépit de la grande distance que l’humanité a parcourue, elle continue de s’isoler du reste. « Cette connaissance de l’évolution, ce processus d’enseignement ont grandi avec vous. Vous possédez la mémoire du début des temps. Le début des temps, du moins si vous pouvez imaginer cela. Moi, je ne le peux pas car je suis en partie humain et cela m’est également difficile. »
À ce stade de la séance, Paul parut éprouver une immense tristesse tandis qu’ensemble nous contemplions le « déséquilibre » et la « profonde solitude » de nous autres, les humains. D’une voix pleine de nostalgie, il me dit : « Je me sens vraiment bien à bord du vaisseau... Je veux rentrer chez moi... Et c’est à bord du vaisseau. Là c’est chez moi. Ma demeure est là. » (De très nombreux kidnappés tiennent le même discours.) Je lui rappelai alors combien il avait émis de doutes lorsqu’on lui avait montré pour la première fois ses « quartiers ». Il répondit : « Ce n’est pas difficile pour mon vrai moi d’accepter. Je le sais bien. Là où c’est difficile, c’est pour le Paul dans sa coquille. » La planète dont il avait précédemment parlé était celle dont venait originellement et il les « quartiers » étaient : « [...] Là où je me trouvais lorsque nous voyagions et explorions. » Paul se rend compte à présent qu’il a parcouru « un plus grand espace-temps » qu’il ne l’avait cru tout d’abord, y compris des vies antérieures.
Luttant contre les doutes qui l’assaillaient concernant ce qu’il avait vécu (rire nerveux, mouvements brusques du corps et commentaires ponctuels du genre « c’est plus volumineux que ce que j’aurais cru » ou bien « c’est tellement bizarre »), Paul me confia qu’« ils étaient venus sur cette planète » il y a des milliers d’années de cela. « Nous étions entrés en contact ici, auparavant, avec des formes de vie primitives... En un sens, j’ai croisé des dinosaures... Il y a longtemps de cela - oh ! mon Dieu ! Cette forme-là, nous avons pu entrer en contact avec elle.
Les reptiliens ? demandai-je.
Oui, hein ! Cette forme-là était plus belle que les humains
», fit-il en éclatant de rire.
Je lui demandai comment cette information lui était parvenue à bord du vaisseau. Il répondit : « Je ne sais pas. C’est un peu comme un souvenir. C’est dur. C’est dur parce que je sais que je peux reprendre contact à n’importe quel moment.
Avec qui ? demandai-je.
Avec mes frères sur cette planète. Dans l’espace. Dans ce
vaisseau. »
Je proposai à Paul d’appeler les extraterrestres les « frères » puisque pour lui ils représentaient « son peuple » ou « ses frères ».
Des images parvinrent alors à l’esprit de Paul à une vitesse vertigineuse et je l’encourageai à se recentrer en lui-même et à prendre tout son temps. Il dit : « Cette forme reptilienne était très intelligente, une forme d’énergie qui s’était développée jusqu’à ce degré et qui fonctionnait très bien. » Je lui demandai ce qui lui était arrivé. « Elle a simplement évolué après cette période. Elle a donné naissance à d’autres formes de vie... Oh ! bon sang ! Elles (les créatures reptiliennes) peuvent raconter le temps. Elles peuvent ressentir le temps. Elles savent ce qui va se produire dans le futur. Elles comprennent. Elles éprouvent une telle compassion... Elles sont capables de manifester de la compréhension et de la compassion pour l’avenir de votre existence. »
Paul laissa passer en lui des vagues d’énergie qui lui faisaient mal au ventre et donnaient à ses mains la sensation d’être des « aiguilles ». Il prétendit que cela lui donnait un certain « bien-être » et qu’il ressentait cela « comme intégré ». Il remarqua que les souvenirs qui lui revenaient n’étaient « pas d’ailleurs » et demeuraient « très clairs ». Nous en arrivions au terme de cette séance et je demandai à Paul de quelle manière les réminiscences qu’il avait obtenues aujourd’hui pourraient nous être utiles, à nous les humains qui nous efforcions de comprendre la nature de nos tendances à la violence. Sa première réponse fut que ce qu’il avait mis au jour durant cette séance l’aiderait à mieux « comprendre qui il était véritablement ». « Je suis un mélange - et cela est difficile pour moi de comprendre -, un carrefour entre, d’une part, ce que j’ai appris sur moi-même et les frères qui m’accompagnaient, et, d’autre part, ce que les êtres humains appellent un extraterrestre. » Paul avait du mal à saisir le mot, mais il le perçut comme quelque chose qui ressemblait à «TA» : les TA auraient évolué au cours d’une longue période mais d’une manière complètement différente des humains, dit-il. Ils ne s’attendaient pas à rencontrer autant de problèmes quand ils « s’intégrèrent à nous les Terriens ». Je lui demandai pourquoi ils avaient décidé de s’intégrer à nous. « C’est ainsi que la création fonctionne, répondit-il, mais les humains ne sont pas prêts pour cela, alors que nous, nous le sommes... Nous, nous voulons apprendre. »
Je demandai à Paul pourquoi les relations entre humains et extraterrestres, après une certaine évolution, étaient beaucoup plus manifestes actuellement. Il répondit que l’évolution humaine avait atteint un stade où une connexion était devenue une éventualité plus acceptable. « La perspective ou évolution humaine s’est suffisamment développée pour que l’intelligence accepte plus de choses, mais cela reste tangent. Des retours en arrière sont toujours possibles. » Tandis que nous parlions de ces questions, Paul ressentit une énergie brûlante lui traverser le corps pour finalement venir se concentrer dans ses mains. Je me demandai ce qui pourrait bien donner le petit coup de pouce qui nous ferait enfin « basculer » de l’autre côté de ces limites. « Acceptez tout », dit-il. Et cela représente « tant de choses ». En ce qui le concernait personnellement, cela voulait dire qu’il ne connaîtrait de réelle croissance que s’il acceptait pleinement son identité TA : « Ce que je suis. » Il exprima encore une fois la difficulté qu’il y avait à se trouver « au milieu ».
« Je suis entre les deux. Je suis plus qu’un TA et je suis plus qu’un être humain... C’est difficile ! Combien de gens découvrent qu’ils ne sont que des êtres entre deux mondes. »
On aurait dit qu’au fur et à mesure qu’il s’ouvrait aux éléments composant sa complexe identité et à la responsabilité que cela supposait, Paul accusait de plus en plus de fatigue corporelle. « Ça prendra du temps. Je me sens très fatigué. » Une grande vague de chaleur l’envahit ainsi que des picotements généralisés comme des coups d’aiguille « s’enfonçant » dans ses organes, notamment l’estomac, la poitrine, le visage et les mains, ce qu’il relia à des « bonds de croissance ». Je lui massai les mains avec force pour dénouer les blocages énergétiques qui s’y étaient réfugiés.
Au sortir de l’état d’hypnose, Paul admit qu’il se « sentait beaucoup mieux » et fortement « recentré ». Nous discutâmes de la responsabilité inhérente à sa double identité et de l’énergie associée à l’information dont il était le canal. Peut-être que la coquille que nous avons construite, ou même notre course à l’autodestruction, ne serait pas aussi terrible après tout. L’orgueil, la peur, « cet ego et tout son attirail » seraient déjà « une phase finale » qui ouvrirait sur la sensibilité et se transformerait « en un cancer » qui « balayerait tout avec lui ». L’« unification » humano-extraterrestre créerait alors un nouvel équilibre, un pas de plus dans l’évolution, une sorte de mutation cosmique au sein de « l’équilibre entre création et destruction ».
Lorsque nous analysâmes après coup cette séance, Paul s’étonna d’avoir ainsi engrangé dans sa mémoire d’anciens souvenirs » tels que cette intelligence reptilienne et la perspective virtuellement illimitée que cela impliquait. Mais les êtres humains ont perdu l’accès à cette puissance « incroyablement intelligente » que sont leur mémoire et sa banque de données. Un exemple : « Les gens considèrent les dinosaures comme une bestiole au cerveau minuscule et aux pattes de devant en pâte à modeler. Ils mangeaient, dormaient et se reproduisaient. Voilà tout. Ils auraient été tués par l’arrivée sur Terre d’un météore parce qu’en fait personne ne sait rien sur leur disparition. Et, bien sûr, il y a tous ces commentaires dans le style : “ Ils n’avaient pas des mains comme les nôtres... Ils ne construisaient pas des maisons comme nous le faisons... ” Bref, vous voyez ! C’est tellement égotiste et crétin ! Vous voudriez qu’ils soient comme vous, qu’ils aient votre type d’intelligence. Mais vous ne savez rien de leur culture... Vous avez retrouvé quelques ossements, ça oui. Mais vous ne savez rien d’eux. Rien du tout... se Il trouve que cela aura été le chemin pour moi et pour une longue période, mais nous ignorons tout du règne animal. Absolument tout. Pourtant, il est toujours là, présent, et la communication est toujours possible... Que penser de l’intelligence de l’énergie qui crée la forme ? »
Je m’absentai quelques minutes puis la séance se termina par un échange entre Paul et Pam sur la domestication des animaux par les humains qui en faisaient des illustrations exemplaires de ce besoin « de tout contrôler à cause de la peur qui les tenaillait », de la vision rétrécie de leur propre identité et de la culture « tordue », compétitive et intolérante qu’ils avaient développée.
Notre deuxième rendez-vous fut fixé à six semaines plus tard. Avant d’entamer la régression proprement dite, Paul exprima son désir de venir à bout des obstacles psychologiques qui l’empêchaient d’effectuer une complète transformation personnelle et de remplir sa mission. Plus précisément, il eut l’impression que, durant toute sa vie, il avait appartenu à des systèmes bancals, à commencer par son milieu familial qui répondit le plus souvent à ses besoins d’amour et de soutien par des violences et des « manipulations pour le rendre conforme ». De même, les systèmes sociaux et politiques ne pouvaient qu’opposer des limites à sa capacité de dispenser de l’amour. Son rêve était de faire tomber les barrières de la peur entre les gens et de créer « un réseau de lignes de communication » fondées sur de nouvelles structures s’appuyant sur l’amour et la guérison. Mais il redoutait les pressions généralement exercées sur tout individu qui s’élèverait contre les limites familiales, « un véritable raz de marée de toute la société contre celui qui oserait repousser les frontières ». Il exprima aussi un certain souci à mon égard. « Vous allez créer une terrible panique avec ce travail, et ne pensez même pas au succès. »
Paul revint sur ce besoin qu’il avait de se sentir à l’aise dans le climat émotionnel de la maison avant de « s’ouvrir davantage » et fit quelques commentaires sur les difficultés à poursuivre des recherches dans le domaine des enlèvements extraterrestres : il avait ressenti cela chez ma femme avec qui il avait eu un bref entretien juste avant la séance. Il devint évident que la question de la confiance entre lui et moi était posée car non seulement il me percevait à un certain degré au travers du prisme de ses désillusions auprès de thérapeutes précédents, mais je devais également faire figure d’autorité représentant essentiellement le type de hiérarchie sociale avec lequel justement il se sentait en conflit. Nous discutâmes de tous ces aspects du problème en nous efforçant de bien distinguer ce qui se rapportait à une réalité tangible de ce qui en était une interprétation de la part de Paul. Au bout du compte, il put « me faire suffisamment confiance » pour entamer cette deuxième séance. Je reconnus bien volontiers qu’il était tout naturel pour quelqu’un dans son cas de tester ma capacité de réponse et il me confirma que ce « type de test » ne devait pas être entendu comme quelque chose d’« hostile » ou de « violemment contraignant, sinon, la confiance n’aurait jamais plus pu régner entre nous... Je sais que vous venez de loin vous-même... et je me sens heureux de vous raconter tout cela, tout ce qui arrive ».
Paul s’attarda encore un peu sur le fait que partager ses peurs avec d’autres gens concernant tous ces phénomènes de kidnapping l’avait beaucoup secoué. Pam l’avait, en effet, présenté à d’autres kidnappés qui éprouvaient des difficultés similaires, mais bien que cela l’aidât un peu il affirma que, avec son habitude « de rejeter les choses », il en était arrivé à penser qu’il « sombrait ». Je fis alors allusion au « voyage du héros » pour lequel il s’était embarqué et il rappela combien « le doute et la peur incommensurables étaient présents ». Au cours de la régression, il voulut « pénétrer dans cette douleur incroyable juste au niveau du cœur, de la poitrine ». Se souvenant de son trajet en voiture jusqu’à mon domicile cet après-midi-là, il fit cette réflexion : « J’ai pleuré tout le long du chemin. Je ressentais tout. Toute la douleur de ce monde... Quand je me suis garé en face, ça me dégoulinait sur les joues comme un torrent... Je fonds en larmes devant tout le monde. » Je lui demandai s’il avait pu pleurer ainsi avec son père. « Probablement », répondit-il mais cela aurait été des pleurs de défaite. « Je pleure de douleur, de puissance, en venant ici. » Ma dernière question concerna ce qu’il désirait explorer plus particulièrement cette fois. Il souhaitait « atteindre à coup sûr » cette douleur. « Faut que ça me sorte de la poitrine, et ça ira mieux après. Je n’ai jamais éprouvé quelque chose de semblable auparavant. »
La première image qu’eut Paul sous hypnose fut celle d’une expérience récente d’enlèvement. Une silhouette encapuchonnée à bord d’un vaisseau le prit par la main, passa avec lui une porte et l’emmena à travers un couloir jusqu’à une pièce sombre. Dans cette pièce une lampe était allumée et on le ficela à une chaise. La silhouette avait une grosse baguette à la main et montra sur un écran Paul en train d’être battu par quelqu’un de sa famille. « Puis il me montra le monde et tous ces gens étaient en train de mourir. Il me dit que j’allais remédier à tout cela et que je savais déjà comment, que c’est déjà en nous et que ça n’attend que nous pour se répandre. »
La scène changea et Paul se revit petit garçon. Il avait aux alentours de douze ans et se trouvait dans la cave de la maison lorsque cet épisode débuta. « Je me débats. Je me débats tout seul. La chose qui m’attaque sait que je suis là, mais, d’une certaine manière, je suis protégé. Du moins, je le crois. J’ai pensé : “ Ça va se manifester et me tuer. Je crois que ça veut me tuer, oui, ça doit être ça ”, tandis que la chose se rapprochait de moi mais elle fut arrêtée par une espèce de barrière protectrice. Mais il faut qu’elle fasse ce qu’elle a à faire. Elle va trouver d’autres moyens. Elle va réessayer. Elle va essayer de me déchiqueter, de me mettre en pièces... Nous nous sommes déjà battus de la sorte auparavant. C’est pourquoi je suis encore ici. Il dit qu’il se bat comme ça avec tout le monde. » Cette bataille a pris des teintes mythiques pour Paul comme s’il avait été « confronté à la destruction elle-même cherchant à anéantir toute création (certains l’appellent Satan)... J’appelle au secours, mais il n’y a personne qui puisse m’entendre ».
Dans l’obscurité, Paul parvint à apercevoir une créature non humaine et luisante, qu’il qualifia de « symbolique » et qui l’observait. « Elle contrôle les humains dans une certaine mesure » et elle cherchait à le détruire. Mais « une force créatrice » veillait en lui et l’empêchait de « se perdre ». Cette fois encore il sentit la paralysie envahir progressivement et sans recours tous ses membres. Mais la créature ne pouvait pas le tuer : « Parce que j’en sais trop sur ce que je suis réellement et sur l’origine de ma force. Elle (la créature) ne peut pas m’en séparer. » La mort ne peut venir que de l’« isolement » alors que Paul était « connecté dans le dos par des fils » que la créature « essayait de couper ». Admettant volontiers qu’il s’exprimait par symboles, Paul ajouta que les fils, qui le « reliaient à d’autres parties » de lui-même, furent coupés par la créature. Paul éprouva aussitôt une grande détresse dans toutes les fibres de son corps et il dit : « C’est trop pénible. C’est trop douloureux d’être ici. Ça me fait mal. »
Paul quitta l’image de la cave de ses parents et se retrouva allongé sur le dos dans son lit pendant la nuit alors que « des choses... bougent dans l’ombre autour de lui ». Il ne pouvait pas faire le moindre geste et vit « une chose dans le placard » avec une face horrible, comme ce personnage dans le film L’Exorciste qui l’avait tellement effrayé quand il était petit. La présence sembla allumer la lumière mais recula pour rester dans l’obscurité du placard. Paul « voulait lui courir après ». Mais dans le noir il pouvait voir la présence « tapie dans un coin ». « Je sens d’ici sa respiration. En un sens c’est dangereux mais j’en ai tellement pris plein les flancs. » Il décida de tendre la main vers la créature. Un changement dans l’état de conscience et Paul revint dans la pièce : « Ouais ! Youpi ! Voilà ! Je l’ai eue ! On dirait que je l’ai eue. Ses bras ne vont pas dans le bon sens. Ils ne se meuvent pas comme je le fais, moi. C’est gluant. Ça ne ressemble pas à moi. Je ne sais vraiment pas ce que c’est. Elle voudrait que je comprenne ce qu’elle est. » La créature essayait de communiquer avec Paul et de le toucher, ce qui lui fit « dresser les cheveux sur la tête ». « Elle me parle de moi. Elle essaie de me dire quelque chose à mon propos. » La présence dit à Paul : « C’est moi. » Et elle ajouta « qu’il (Paul) avait le pouvoir de créer cette chose ». « Mais je ne vois pas comment j’ai pu faire. Je ne vois pas ce que j’ai fait. » Une fois encore, le corps de Paul s’engourdit et Paul se retrouva avec la créature dans les bois. Ils parlaient. La silhouette semblait rapetisser, « un mètre vingt environ », et « lui ressemblait. Avec des yeux, un nez, etc. », à l’exception des « avantages... là il n’y avait pas grand-chose ». Les oreilles étaient de «simples petits trous dans la tête... Ouah ! Quelle drôle d’allure ! » La tête était très grosse en proportion du « corps extrêmement mince ». La créature tendit à Paul une main composée de deux ou trois doigts et d’un pouce : « Elle voulait simplement parler avec moi. Elle ne comprend pas pourquoi j’ai eu une telle frousse.
Et pourquoi avez-vous eu la frousse ? demandai-je J’ai peur, voilà tout ! Imaginez une chose aussi bizarre !...
C’est tellement différent de moi ! L’être n’arrêtait pas de me
toucher, continua Paul qui admit qu’il ne comprenait pas
pourquoi. Elle veut que je comprenne ce qu’elle a à me dire.
Elle voudrait que je comprenne comment être moi-même.
Elle essaie de m’aider à être moi. »
Paul pensait à présent qu’il devait avoir environ neuf ans lorsqu’il fit cette expérience. Toujours dans les bois, il aperçut un engin derrière la créature. « Elle continue de pencher sa tête, mais je ne peux pas, je ne peux pas, je ne peux pas lui parler. Je ne sais pas quoi lui dire. » La silhouette tendit ses mains en direction de Paul : « Elle veut que je lui prenne les mains. » Mais Paul était trop effrayé : « Je ne pouvais décemment pas faire ce qu’elle attendait de moi... Elle était trop différente. » La créature tira Paul par les mains pour le faire pénétrer dans l’appareil. « Oh ! mon Dieu ! » fit-il en se sentant littéralement passer à travers la porte qui fermait le vaisseau - « comme au travers d’un liquide et pourtant c’était bien là ». À l’intérieur du vaisseau, il faisait tout d’abord très sombre. Paul se trouvait assis lorsque plusieurs êtres se mirent à le fouiller, comme si « ils étaient embarrassés à propos de quelque chose ». Bien qu’il sentît que d’une certaine manière il avait autorisé les êtres à le toucher, il résista à toute communication avec eux, ce qu’ils ne comprirent pas.
Les êtres voulurent ensuite que Paul s’allonge sur une table, ce qu’il fit. Il était nu, paralysé et il avait froid. «Je ne comprends rien », dit Paul dans la terreur et la plus grande confusion. « Ils vont m’ouvrir le ventre. » À l’aide de quelque chose qui ressemblait à une lampe, les êtres procédèrent, en effet, à une incision d’environ quinze ou vingt centimètres de long au-dessus du genou de la jambe droite. Les chairs s’ouvrirent sur une largeur d’un centimètre ou deux, laissant apparaître le muscle, les ligaments et l’os, mais il y avait peu d’hémorragie - « Ça aurait dû saigner abondamment ! Pourquoi est-ce que cela ne saignait pas ? » L’opération ne fut pas douloureuse, mais la vision qu’en avait Paul était horrible. « Ils regardent ce qui se passe à l’intérieur... Ils me prélèvent un petit morceau d’os. » Et « toujours avec le concours de cette espèce de lampe », les êtres refermèrent la plaie : « présent, A on va causer ! »
Enfermé dans sa peur panique, Paul avait du mal à respirer, ce qui se reproduisit dans le même temps dans mon cabinet. Il sentit que les êtres essayaient, mais sans succès, de comprendre pourquoi il était tellement effrayé. Les êtres expliquèrent Paul « qu’il existait des liens entre eux » et qu’« à
il avait la même origine qu’eux ». À ce moment-là de la séance, Paul subit une espèce de division de la conscience. Sous son identité extraterrestre, il comprenait que les êtres tentaient de lui apporter leur aide, mais en tant qu’humain « il avait du mal à comprendre ce qu’il était et à l’expliquer aux autres gens ». L’opération à la jambe et « les nombreuses » autres choses auxquelles on l’a soumis avant et depuis n’avaient pas d’autre motif que de « transformer des choses en lui pour qu’il devienne une sorte « d’agent de liaison » qui pourrait « les introduire » auprès des humains, dont moi-même. Mais Paul avait peur pour ses « nouveaux amis » : « Ils vont se faire massacrer tellement les gens auront la trouille. »
Les extraterrestres, au dire de Paul, lui ont enseigné beaucoup de choses, comme par exemple, comment il fait pour « penser » ou « comment l’énergie est à l’œuvre » en lui. Je priai Paul de s’étendre un peu plus sur ce sujet. « C’est quelque chose d’extrêmement puissant... Votre pensée a un énorme impact sur ce vers quoi se dirige cette énergie, et ils m’ont appris à prendre conscience de la cible vers laquelle envoyer cette énergie. Ils m’ont montré comment faire. Ils m’ont appris à ressentir les choses au niveau du corps. Us m’ont appris aussi à le ressentir chez les autres et dans leur corps. Ils m’ont fait voir toute leur technologie.
Quoi par exemple ? demandai-je.
Leur façon de s’autoguérir quand ils se coupent ou se
blessent. »
En fait, Paul (comme de nombreux kidnappés) a toujours eu des talents psychiques qui ne semblent que se développer au fur et à mesure qu’il ramène à la lumière ces souvenirs de rencontres extraterrestres. Mais ce qui est moins courant dans son cas, c’est le fait qu’il puisse communiquer ces talents à autrui d’une manière aussi simple. Pam Kasey l’avait observé en train d’user de métaphores appartenant à la vie ordinaire pour permettre à des gens de déplacer la conscience d’un endroit à un autre du corps et déboucher ainsi sur la solution d’un problème. En posant quelques questions très simples, il peut aisément amener des gens à accéder à un niveau de conscience où ils reçoivent déjà des informations qui, jusqu’à présent, étaient restées ignorées d’eux. Ses qualités d’enseignant sont extraordinaires. Pam et bien d’autres personnes ont pu le constater.
Paul expliqua alors que « lorsqu’ils se livrent à ces expérimentations, certains sujets peuvent mourir », mais « ils les ramènent » toujours (à la vie, sous-entendu) grâce à l’énergie des autres êtres. « Ils lui (le mort) font boire une espèce d’énergie qui est la conscience » d’un ou de plusieurs êtres, parce que celui qui est mort « n’était pas censé mourir à ce moment-là ». Il donna comme exemple le cas du « vaisseau qui s’est écrasé dans le désert après avoir été abattu par nous (les Terriens). À l’intérieur, deux des leurs étaient morts ».
La séance en était arrivée à un point où Paul se posait des questions sur la réalité de cette expérience et sur le fait qu’il se trouvait effectivement présent sur le site de l’accident. « Je suis là, avec eux. J’ai le sentiment d’être leur ami. Je sais qui leur a tiré dessus. Et pourquoi avons-nous tiré sur eux ? Pourquoi alors ont-ils tiré sur eux ? Ils n’auraient pas dû. Des hommes en uniforme. Ils me montrent qui leur a tiré dessus. Je ne fais pas partie de ce groupe. Ce sont des militaires. Des soldats. Ce sont eux qui ont tiré. Eux (les êtres) ont été blessés. Je ne peux rien faire pour eux.
Et qu’est-ce qui est arrivé ensuite ?
Des jeeps sont arrivées. Nous devions absolument
repartir, redécoller. Nous devions laisser le reste derrière
nous. » Je demandai à Paul s’il faisait partie des
extraterrestres ou s’il se trouvait là sous sa forme humaine,
et Paul répondit : « Je suis un humain... Nous devons
quitter cet endroit », poursuivit-il. L’armée arrivait sur le
terrain et elle allait s’emparer de tout ce qu’il y avait. Les
militaires allaient s’emparer du vaisseau, oui ils allaient
s’emparer du vaisseau. Mais Paul vit que ses frères
extraterrestres étaient « blessés par la peur que leur
inspiraient ces hommes... Ils (les ET) ont dû me montrer
ça... Et je n’aime pas voir ça.
Pourquoi ? demandai-je.
Je ne veux pas être un humain. Je ne le veux pas. Le fait
d’être un humain me désole. Je ne voulais pas les blesser.
»
Paul expliqua qu’il avait aussi neuf ans lorsqu’il se retrouva sur le lieu de l’incident, dans un autre vaisseau qui venait sauver les êtres morts.
Paul était angoissé à l’idée que certains de ses « amis » morts ne pouvaient pas être « récupérés » et étaient condamnés à être abandonnés dans le désert. Il aurait voulu les aider et se sentait très triste en pensant qu’« ils allaient subir toutes les souffrances qu’engendraient la peur de ces gens... l’ignorance de ces êtres humains ». Sa vie, ajouta-t-il, est vouée à apporter « un développement de conscience » mais pour cela « il doit s’aimer lui-même et rester ici ». Sous hypnose Paul éprouva la sensation que « son cœur s’ouvrait davantage ». « Il fait chaud... Les choses se mélangent... » Il a l’impression que « la paix et l’amour étendent leurs ailes... La planète (Terre) va évoluer grâce à l’attention que nous nous portons à nous-mêmes, mais il faut commencer par soi-même ». « Je dois accepter ce que l’on m’a enseigné », surtout ce type de guérison qui commence au niveau du cœur « pour ensuite se répandre partout ailleurs ». Paul révéla que les êtres extraterrestres lui avaient démontré que « la haine d’autrui » était la cause de la maladie du cœur et que « la force à développer se trouvait tout autour de soi... Ils (les ET) m’ont fait voir comment utiliser cela (cette connaissance) ».
Selon Paul, « son propre rôle était de faire office de pont entre les extraterrestres et le monde humain. » Ils voudraient que je crée un groupe qui serait apte à les rencontrer. « Ils ont besoin que nous perdions cette frayeur qu’ils nous inspirent, ils voudraient que nous soyons plus ouverts ; ils voudraient que nous comprenions », afin d’entamer un échange d’amour. Il était donc nécessaire pour lui et pour les autres humains de se confronter à sa propre peur si nous souhaitions « transformer cet endroit où nous vivions, où Paul vivait ». « Et il va y avoir du boulot ! ajouta Paul. Je vais avoir besoin qu’on me donne un coup de main. J’ai besoin que vous m’aidiez. » La séance arrivait à son terme. Paul devisa encore quelques secondes sur son « besoin de progresser » et exprima son amour pour moi et pour Pam. « Je peux vous faire, à tous les deux, entièrement confiance pour m’aider. Pourquoi trouvez-vous cela si difficile d’aimer son prochain ? » Nous parlâmes alors de ce rapprochement entre une histoire personnelle de blessure, comme cela arrive couramment dans la vie ordinaire, ou même chez les extraterrestres (comme cet incident dans le désert), et la mauvaise volonté ou l’incapacité à ouvrir son cœur.
Avant de conclure, nous discutâmes de ce qui semblait être, pour Paul, la conscience d’un incident comparable à celui qui apparemment s’était produit à Roswell, dans l’Etat du Nouveau Mexique, où un véhicule de l’espace se serait écrasé quelques jours après qu’on eut observé au-dessus de la région des phénomènes de « soucoupe volante ». Paul pense que les extraterrestres ne devaient certainement pas s’attendre à une réception aussi hostile de notre part. « J’ai le sentiment qu’ils sont arrivés les bras ouverts et qu’ils ont reçu une épée à travers le corps... Ils ont été massacrés, selon toute vraisemblance, ce qui n’a pas arrangé les choses. Ils ne nous comprennent absolument pas. Ils commencent seulement. » Cet accueil initial, pour le moins fâcheux, a rendu désormais toute relation « plutôt difficile ».
Dans la mesure où, dans la chronologie qui a cours sur Terre, Paul naquit seulement dix-neuf ans après le fameux incident de Roswell, je lui demandai comment il se faisait qu’il était présent, du moins en conscience, sur le site (et s’il faisait bien référence à cet incident-là). « Je l’ignore. Je me laisse porter. Je me contente de me laisser porter, ce qui est une chose importante pour accepter que des informations viennent à vous. » J’essayai de me représenter la conscience comme une espèce de « texture en continu » qui vous permet de vous balader « n’importe où sous certaines conditions ». La réponse de Paul fut complexe. Il acquiesça à cette image mais ajouta : « En même temps, vous vous enroulez, en quelque sorte. Votre énergie, vous pourriez, quand vous mourez, la rétracter un petit peu pour la ramener au cœur même de la conscience, et le souvenir de ce que vous êtes peut rester là très présent et très incorporé à cette énergie. Très soudé ! Puis il retourne vers le tout et le tout se remet à croître et vous, vous revenez... Les souvenirs sont là, mais il vous faut refaire apparition et reprendre forme... Vous avez le sentiment d’être indépendant parce que vous êtes concentré sur une seule direction, un seul objectif : retrouver une structure moléculaire et vous arracher de chaque chose, vous arracher de tout cause de ce à quoi vous êtes connecté... Les voies à
que vous devez suivre et dont vous procédez véritablement sont toutes-puissantes. C’est considérable ! Mais tandis que vous allez de l’avant, vous oubliez ce que vous quittez. C’est ce qui me retenait, je crois. Je pense que ce sont ces fils qu’en un sens je sens dans mon dos, enfin peut-être. Je ne suis pas très sûr. »
Je demandai à Paul quelle « forme » il avait durant cet épisode. Avait-il l’apparence d’un petit garçon de neuf ans, ou n’était-il qu’une conscience ? Il répondit : « Je me sentais totalement moi-même, puis quelque chose changea autour de moi pour me montrer un exemple de ce qui était arrivé, pour m’aider à comprendre, vous voyez ça ? Aussi étais-je très conscient de qui j’étais, mais tout changeait si radicalement que l’information passa spontanément. » Paul avait eu l’impression que son corps s’était trouvé, au sens littéral, à bord du vaisseau durant l’incident. « J’ai la sensation d’avoir été présent. Et je ressentis cela comme quelque chose de réel. »
En repassant sur certains détails de la séance, Paul remarqua que « cette chose gluante et brisée » représentait l’extériorisation de sa propre peur de l’inconnu. L’image qu’il avait de notre séance renvoyait à une de celles du film L’Exorciste qui lui avait fait une peur bleue étant enfant. « Lorsque je les ai rencontrés (les extraterrestres) et que je les ai touchés, ça ressemblait à... oh ! c’est gluant ! Et puis glacial et un tas de trucs du même genre et c’est ça qui m’effrayait le plus. » Les extraterrestres semblaient résister, et même faire opposition, à toute confusion d’identité ou fausse attribution qui se produisit alors. Par exemple, quand ils emmenèrent Paul à travers les bois jusqu’au vaisseau, il reçut des communications de leur part qui disaient notamment qu’ils « avaient tendu la main » et se demandaient « ce qui n’allait pas ». « Comme s’ils m’avaient dit : “ Allez... Vous êtes ce que vous êtes et nous ce que nous sommes... Où est le problème ? ” Et ils essaient alors de vous communiquer leurs pensées. Ils ne veulent pas vous dominer. » Paul eut le sentiment que les extraterrestres le regardaient d’un air de dire : « Pourquoi ne pas communiquer avec moi ? Comment en êtes-vous arrivé à ne pas accepter ce que vous êtes ? »
Je discutai ensuite avec Paul de la difficulté qu’ont les humains à accepter et à reconnaître la source de puissance dont nous venons. Il répondit : « Accepter qu’un autre être humain soit une source d’information est déjà assez difficile comme ça. Alors, imaginez, accepter que des non-humains soient pour vous une source d’information, des gourous, des enseignants je veux dire par là que c’est incroyable tout ce-
qu’ils ont pu m’apprendre à présent que je l’accepte de plus en plus. Il se pourrait bien qu’ils m’aient montré où se situait la force créatrice. Ce sont eux qui ont pris la peine de faire en sorte que j’y sois relié et de manière magistrale. » Paul émit quelques réflexions sur le fait d’avoir connu les affres du « doute total » à propos de la réalité de ces rencontres extraterrestres, ce qu’il attribua à sa « définition limitative de Dieu » acquise durant son enfance, tandis que ses parents « papillonnaient » d’une religion à une autre ». Malgré cela, Paul grandit en développant le sentiment qu’il « comprenait la connexion à une source. La terminologie et tout ce qui se trouve entre sont alors immatériels ». Il s’émerveilla également de la technologie « incroyable » à laquelle il avait eu accès grâce à ces rencontres extraterrestres, surtout le « flot d’informations » qu’il avait reçu à propos de la guérison. « J’en ai des cahiers remplis et c’est du sérieux. »
À la fin de la séance, je dus m’absenter quelques instants pour régler des affaires domestiques. Paul, se sentant tout à coup vulnérable, demanda à Pam si j’étais « déçu ». Puis il ajouta : « John en sait plus qu’il ne veut en dire. » C’était une sorte de projection que Paul exprima spontanément en disant : « On aurait pu aller beaucoup plus loin... On aurait pu continuer. Je ne devrais pas m’arrêter là. » Pam dut le rassurer en lui affirmant que le travail avait été fait très en profondeur, que je n’étais pas du tout déçu des résultats et que mon absence momentanée n’avait rien à voir ; je lui confirmai bien sûr tout cela dès que je le rejoignis.
Quelques jours plus tard, une autre kidnappée, Julia, une jeune femme avec qui j’avais travaillé pendant presque trois ans, m’appela pour me parler de Paul qu’elle avait rencontré au cours d’une de nos réunions de groupe. Bien qu’ils ne se fussent pas connus « sur Terre », elle sentait qu’elle le connaissait très bien grâce à des rencontres sur des vaisseaux (il est très fréquent que des kidnappés affirment avoir connu d’autres victimes comme eux à bord des vaisseaux). Elle fit des commentaires élogieux sur la personnalité extrêmement « puissante » de Paul qui « exsudait l’amour ». C’était un « roc solide et très centré ». Au sein du vaisseau, elle avait perçu que Paul avait une « présence » d’une puissance similaire en qualité à celle de « son docteur » - c’est-à-dire l’extraterrestre principal qui préside à tout le processus d’un enlèvement de personne humaine - ou à celle de n’importe quel autre extraterrestre. Elle ajouta que Paul bénéficiait en particulier de dons remarquables de guérisseur et qu’il enseignait à des gens comme elle comment « extraire le désespoir et la douleur des gens ». Paul lui apparaîtrait, ainsi qu’à d’autres personnes, comme quelqu’un qui posséderait des dons certains pour soigner les souffrances et les dissoudre, notamment en se servant de ses mains. Julia n’avait jamais eu l’occasion de lui parler directement et ignorait donc tout de ce qui s’était révélé au cours de nos séances.
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Commentaire
Le cas de Paul illustre bien ce que j’observe de plus en plus fréquemment chez beaucoup de kidnappés qui ne se focalisent pas exclusivement sur les aspects traumatiques de leurs expériences mais qui, au contraire, cherchent à communiquer les informations qu’ils pensent avoir reçues au cours de leurs rencontres avec les êtres extraterrestres. Les deux régressions que nous avons menées ensemble incluaient des incidents traumatiques, et plus particulièrement le choc de se sentir impuissant devant l’opération à la jambe à laquelle il avait été soumis, mais tout cela paraissait aux yeux de Paul d’une importance moindre que le fait d’accéder à la connaissance qu’il avait reçue pendant ces enlèvements. Cette information concerne des sujets tels que la peur et l’esprit de destruction, notre résistance au changement, la nécessité d’ouvrir son cœur et la puissance de transformation de l’amour, les moyens de transport spatial, les techniques de guérison que les extraterrestres lui avaient enseignées ; la nature même de la conscience (conçue essentiellement comme la source primale de toute création), et enfin la double identité à la fois humaine et extraterrestre de Paul et son rôle comme guérisseur et comme pont entre deux mondes. Un des thèmes centraux de tout ce matériel est la qualité extrême et sans rémission de l’esprit de destruction qui caractérise la race humaine, ce qui, même fondé sur la peur, demeure tout de même assez incompréhensible pour les extraterrestres eux-mêmes. Il semblerait qu’aux yeux des extraterrestres nous ayons délibérément opté pour la mort plutôt que la vie, et leurs expérimentations seraient en partie un effort pour tenter d’en savoir plus sur cette attitude butée et perverse, et en partie une intervention de leur part pour nous obliger à gravir les degrés qui nous mèneraient de la destruction vers la création.
Il est difficile de décider d’un mode d’évaluation de telles données. En premier lieu, comme le dit Paul lui-même, ce n’est pas très aisé d’accepter la puissance et la connaissance de créatures gourous qui ont une allure aussi étrange et qui bousculent si profondément notre sens des réalités. Dans la mesure où chacun de nous peut être demain exposé directement ou indirectement à de tels phénomènes, Paul estime que notre premier devoir est d’accepter le fait de sa propre expérience. De plus, ses comptes rendus défient parfois également notre sens habituel de l’espace-temps, comme dans cette faculté d’être « présent » comme petit garçon de neuf ans à Roswell en 1947, c’est-à-dire dix-neuf ans avant d’être officiellement né. Ces voyages dans le temps et l’espace ne peuvent avoir de sens que si l’on conçoit la conscience comme une sorte d’hologramme de la source universelle qui peut créer la matière et la forme et à laquelle Paul, comme en vérité nous tous, peut avoir accès s’il s’ouvre et « se laisse porter » vers cette information primaire ou texture en continu. En fait, bon nombre des enseignements accumulés au cours de ces deux séances de régression concernaient principalement la forme et la puissance de la conscience créatrice de l’identité, ainsi que la nécessité absolue de nous ouvrir à ses qualités infinies.
Ce qui rendit les communications de Paul si étonnantes et persuasives, ce fut l’intensité des émotions et des mouvements corporels, ainsi que la sensation qui accompagnait chaque nouvelle vision. Travailler avec Paul revint à donner au thérapeute le rôle d’accompagnateur qui facilite le cheminement du patient pour accéder à la connaissance engrangée en lui et qui affectait puissamment son corps quand elle se frayait un passage jusqu’à la conscience et la communication avec le monde extérieur. L’idée que la conscience est comparable à une infinie source d’énergie et de forme à laquelle chacun peut avoir accès rend peut-être caduque celle de considérer chaque communication de Paul - comme par exemple sa présence à Roswell - en termes de : « Y était-il d’une manière factuelle ou bien était-ce concrètement un événement repérable dans notre espace-temps linéaire ? » Je prévois que cela ne satisfera pas tous les gens qui souhaitent s’en tenir à une vision de la réalité quadridimensionnelle. D’un autre côté, il n’est pas sans intérêt de mettre au défi nos limites épistémologiques et d’étendre nos critères pour appréhender des informations qui incluent la puissance ou l’intensité avec laquelle quelque chose est ressenti et communiqué, et l’utilité potentielle que la connaissance peut avoir dans tous ces problèmes de dilemme que connaissent nos contemporains.
Selon ces critères, il fait peu de doute que Paul a su trouver aux informations qu’il avait révélées au cours de notre travail commun une importance considérable, comme ce fut d’ailleurs le cas pour nous (Pam et moi-même) qui les avons reçues. En outre, les messages permanents et insistants sur la nécessité pour l’homme de changer, d’ouvrir son esprit et son cœur et sur les conséquences catastrophiques de cette « coquille » défensive qui recouvre l’identité humaine dans sa totalité - messages qui renferment l’essence des informations que Paul a reçues et communiquées - sont autant de communications à valeur pratique si l’on considère la situation actuelle et l’état de crise du globe.
En fin de parcours fut soulevée la question de mon rôle dans le développement et l’ouverture personnelle de Paul. Les personnes qui connaissent Paul en dehors de mon cabinet, c’est-à-dire Pam, Julia et quelques autres kidnappés, attestent tous des capacités intuitives extraordinaires et de ses dons de guérisseur. Paul est venu me trouver pour libérer en lui tous ces pouvoirs des limites de la répression (terme qu’il utilise aussi bien pour décrire les réactions de sa mère face à son intelligence et ses talents que pour commenter l’inaptitude de sa thérapeute précédente devant un tel cas), répression qui était elle-même le résultat de plusieurs ensembles de forces. Cela concernait notamment la répression des idées et des souvenirs enfermés à l’intérieur de lui-même (réponse adaptive si l’on considère leur intensité, le besoin qu’avait Paul de fonctionner normalement dans la vie de tous les jours et l’absence de soutien dans un entourage à qui il lui était impossible de révéler des informations aussi inhabituelles), la nature ontologiquement subversive des informations elles-mêmes, et la puissance fulgurante des énergies en jeu ; autant d’éléments qui exigeaient la création d’un environnement de soutien extrêmement dynamique qui mettrait Paul suffisamment en confiance pour qu’il en vienne à sortir ce qui restait bloqué en lui.
Paul a la sensation d’être un pont entre deux mondes. Il ressent très profondément qu’il possède une identité à la fois humaine et extraterrestre. Il conçoit comme formidable ce devoir qu’il a d’intégrer ces deux dimensions primordiales de lui-même - un défi commun à beaucoup de kidnappés qui font l’expérience de cette espèce de double existence. Paul estime que cette aventure est au centre même de son travail. Pour lui, comme pour d’autres kidnappés qui sentent qu’ils ont accédé à la source de l’énergie créatrice dans le cosmos, son identité humaine et sa participation aux affaires de ce monde sont devenues extrêmement pénibles, surtout face aux institutions destructrices ou aux systèmes vitaux que nous avons créés. Également comme pour nombre de kidnappés, son « chez lui » se trouve à bord des vaisseaux ou avec « eux ». Pourtant, dans le même temps, Paul pense avec grande conviction qu’on lui a donné, ou choisi, un rôle à tenir sur la planète Terre, comme s’il devait donner l’exemple d’un être d’ouverture et d’amour, afin de contribuer à faire évoluer et changer la conscience humaine. Quant à moi, comme Paul me l’a démontré, mon rôle consiste à faciliter son acceptation et à mettre en lumière la terrible responsabilité dont lui et ses semblables ont été investis face à une culture qui s’oppose à chaque instant à ce qu’ils sont et à ce qu’ils tentent d’accomplir.
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