Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements

L’impact laissé par les expériences d’enlèvement

L’impact laissé par les expériences

d’enlèvement

 

La plupart des individus dont il a été question dans ce livre ont souffert de traumatismes à ramifications directement associés à leurs mésaventures extraterrestres - un sentiment de solitude et d’abandon provenant de la terreur éprouvée lors des effrayantes procédures infligées à leur corps, l’isolement au sein même des familles et de la vie sociale, le choix inévitable au niveau de l’intellect et des convictions profondes, enfin la prise de conscience horrible que ces drames peuvent arriver n’importe quand désormais ainsi qu’à leurs propres enfants. « Nous ne sommes pas délivrés de notre mélodrame. Ça continue », écrivit Jerry dont les trois enfants semblent avoir aussi reçu des « visites ».

Et malgré tout, le phénomène d’enlèvement semble ne pas devoir être uniquement traumatisant. L’expérience ne doit pas être conçue comme un ensemble de peurs, de cauchemars et autres séquelles de traumatisme, de lésions corporelles, de migraines, de sinusites, de symptômes gastro-intestinaux, de névropathies légères et de dysfonctionnements sexuels. À force de collecter les témoignages, il m’apparaît que les enlèvements sont aussi l’occasion de guérisons insolites (de pneumonies, leucémies, paralysies par poliomyélite). De plus, beaucoup de kidnappés semblent avoir eux-mêmes acquis des pouvoirs de thérapeute ou de guérisseur. Même s’ils redoutent toujours autant ces kidnappings, beaucoup de sujets sentent que, d’une manière ou d’une autre, ils participent à un phénomène de création de la vie ou de changement du processus vital qui aurait une grande importance ou valeur.

En outre, beaucoup de kidnappés, dont les cas exposés ici, connaissent une évolution personnelle et une transformation qu’ils jugent remarquables. D’abord tous deviennent davantage conscients du destin de la Terre, de la race humaine et des autres formes de vie. En principe tous les kidnappés avec lesquels j’ai collaboré ont montré qu’ils avaient radicalement changé leur rapport au monde et qu’ils faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour vivre davantage en harmonie et en meilleur intelligence avec toutes les autres créatures vivant sur le globe. Tous font des efforts pour améliorer leurs relations avec leur entourage, exprimer davantage leur amour ou leur amitié et transcender leurs impulsions agressives. Certains, comme Eva, Peter, Carlos et Arthur, souhaitent même mettre à profit cette évolution personnelle pour faire avancer les autres et ils n’ont pas hésité à dispenser un enseignement dans ce sens. Enfin, on observe qu’en intégrant progressivement toutes ces expériences, les kidnappés acquièrent une plus grande intuition : ils développent alors certains pouvoirs psychiques comme la clairvoyance ou la vision à distance. Des recherches dans ce domaine seraient certainement très intéressantes.

Il est un fait que tout chercheur attelé à explorer les arcanes du phénomène d’enlèvement extraterrestre est amené à se poser cette question : est-ce que ces expressions d’un développement personnel sont la conséquence du traumatisme - la confrontation brutale avec des forces inconnues - ou bien cet aspect des choses est-il inhérent au phénomène lui-même ? Après tout il est facile de prétendre que les victimes de guerre, de viol, d’agression et autres violences peuvent aussi évoluer émotionnellement et spirituellement simplement parce que leurs expériences les ont obligées à découvrir en elles de nouvelles ressources de sauvegarde personnelle.

Des comparaisons avec le « syndrome de Stockholm » (les victimes de violence s’identifient aux buts poursuivis par l’agresseur) n’ont pas de raison d’être dans une affaire de rencontre extraterrestre. Le docteur Judith Herman, spécialiste des effets chroniques des traumatismes subis par des femmes battues, des prisonniers politiques et des victimes de tortures (Herman 1992), note l’inaptitude de ces sujets à se souvenir du détail des événements, en quoi il faut voir une réaction contre un contrôle coercitif. Herman remarque que lorsqu’une victime est menacée de violence ou de douleur, on lui dénie tout contrôle sur ses fonctions corporelles, on renforce autour d’elle et de manière imprévisible les codes auxquels elle doit obéir, et on lui concède ici ou là de petites récompenses ; la victime perd ainsi tout sens du pouvoir personnel et se sent réduite à l’impuissance. Ces victimes s’identifient souvent très intensément à leurs tortionnaires, choisissant « volontairement » de rester avec eux si aucune contrainte physique n’intervient.

Il est vrai que les kidnappés peuvent éprouver de la terreur et de la douleur, notamment au cours des procédures qu’on leur fait subir. Les actes des extraterrestres sont dans une large mesure assez imprévisibles, parfois effrayants et parfois gratifiants. Pourtant, en contraste avec les objectifs égoïstes et limités des tortionnaires humains ou des kidnappeurs politiques, les êtres semblent vouloir faire partager les mêmes buts et offrir la possibilité d’ouvertures vers une vision des choses plus large et englobant la totalité de l’univers, expérience ressentie intérieurement par nombre de kidnappés.

Mon opinion personnelle, d’après ce que m’ont rapporté mes sujets victimes d’enlèvement, est que l’élargissement de la conscience et la transformation personnelle forment le substrat de base du phénomène d’enlèvement. J’en suis arrivé à cette conclusion après avoir noté, cas par cas, combien les informations dispensées par les extraterrestres auprès des kidnappés concernaient justement cette nécessité de changer, que ce soit au niveau de notre conscience ou à celui de nos rapports avec les autres et la planète elle-même. Même le désespoir, l’impuissance, la perte ou l’abandon du contrôle qui sont au début une épreuve obligatoire pour tous les kidnappés - et un des aspects les plus traumatisants de ces expériences - semblent « faits pour » provoquer une sorte de mort de notre ego d’où émergeront ensuite l’évolution spirituelle et l’expansion de la conscience.

Mais ne doit-on pas penser que ce sont là des obsessions personnelles ? Les personnes qui viennent me trouver peuvent parfaitement savoir quel intérêt je porte à toutes ces questions et dans quelle mesure je considère mon travail avec les kidnappés comme une collaboration co-créative. Dans certains cas, cependant (Arthur, par exemple), l’engagement pour les causes écologiques et le travail spirituel précédaient de beaucoup le premier contact avec mon cabinet.

Disons également quelques mots des problèmes que ces expériences font naître au sein des foyers, et des conflits que cela peut entraîner avec les conjoints, les parents et les proches. Ce type d’expérience peut, en effet, dominer l’existence tout entière d’un sujet et il n’est pas rare (Peter et Jerry) que les kidnappés aient besoin d’un énorme soutien de la part de leurs compagnons de route, des autres membres de la famille ou des amis qui peuvent alors estimer, à juste titre, que leurs propres besoins affectifs demeurent du même coup extrêmement négligés et qui peuvent en prendre ombrage. Car il est évident que le kidnappé n’est alors le plus souvent occupé que de lui-même et de ce qui lui est arrivé. De plus, si les proches d’un kidnappés ne sont pas eux-mêmes des victimes d’enlèvement ou de phénomènes ovnis, ils peuvent très bien penser que tout cela n’est que de la blague, car il est certain que leur sens des réalités habituel ne sera pas épargné. Ils sont donc tentés de refuser en bloc ces problèmes malgré toutes les preuves qui pourraient leur être données que quelque chose d’important est arrivé à un être cher.

Ou bien encore des parents, eux-mêmes des kidnappés, peuvent se détacher de leurs enfants quand ils se rendent compte qu’ils ne peuvent pas empêcher ces incidents d’affecter leur propre progéniture ; il arrive même que le phénomène soit encore plus douloureux pour des parents -j’ai l’exemple d’enfants qui considèrent désormais les êtres extraterrestres comme leurs « vrais » parents. Dans d’autres cas (Eva, par exemple), le conflit surgit entre époux lorsque le conjoint se sent incapable ou guère disposé à suivre le ou la kidnappé(e) dans le royaume étrange qu’il ou elle décrit. Il reste beaucoup de travail à effectuer notamment auprès des familles de kidnappés qui ont, bien évidemment, besoin de comprendre ce qui se passe et de participer aux expériences d’un être cher en difficulté.

OceanofPDF.com