Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements
12. La montagne magique
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La montagne magique
Dave était infirmier dans une localité isolée au sud de la Pennsylvanie centrale. C’était un garçon de trente-huit ans assez puéril. Il me téléphona en juin 1992 sur les conseils de son maître coréen de karaté et de tai kwan do (chi) qui connaissait bien mes travaux avec les kidnappés et qui pensait que les problèmes de son élève pourraient bien avoir un rapport avec les phénomènes que j’étudiais. Comme je n’étais pas disponible au moment de son coup de fil, mon assistante le mit en contact avec Julia, une kidnappée avec qui j’avais travaillé pendant deux ans. Julia et Dave conversèrent à plusieurs reprises et convinrent qu’il serait bien pour Dave de me coucher par écrit le récit de ses expériences.
Dans ce courrier, rédigé en juillet, juste avant une puissante expérience au cours de laquelle il avait vu un être le regarder fixement au travers d’une vitre, Dave estimait que ses expériences d’enlèvement devaient remonter à la période où il n’avait que trois ans ; il y témoigne également d’une cicatrice inexplicable en forme de croissant qui serait apparue un jour sur son corps, de plusieurs trous temporels (temps manquant) et d’une observation époustouflante d’ovnis lorsqu’il avait dix-neuf ans. Il exposait en outre l’intérêt qu’il portait à son entraînement au karaté et à ses efforts assidus pour contrôler son chi (énergie) aussi bien dans les cours avec son professeur, le maître Joe, que dans le privé. À la fin de cette lettre, il avait ajouté, sans autre commentaire : « J’aimerais être hypnotisé. »
Le 23 juillet, Dave et moi eûmes une conversation téléphonique où il me confia d’autres souvenirs conscients concernant une expérience d’enlèvement qui avait eu lieu deux semaines plus tôt et qui s’accompagnait de la sensation que quelque chose avait été placé dans son anus ; il me décrivit aussi combien étaient irrésistibles et envoûtants les yeux de la créature aperçue à la fenêtre et qui lui paraissait être familière et du genre femelle ; enfin, il me raconta comment il s’était retrouvé, au lit, pelotonné contre son épouse, après l’expérience.
Les expériences de Dave se composent des éléments traumatiques bien connus des rapts ovnis. Mais ce cas a un intérêt particulier à cause des liens que ces événements peuvent avoir eu avec un entraînement spécifique destiné à ouvrir et à maîtriser le chi, énergie que Dave qualifie de « force qui anime l’univers d’où procède la réalité ». Avec l’éveil de cette énergie en lui, Dave avait été très étonné du nombre de synchronicités ou coïncidences qui s’étaient produites dans sa vie et qui semblaient avoir un sens. Comme il nourrissait depuis l’enfance un vif intérêt pour les choses de la nature, les rencontres, les enlèvements et les expériences d’énergie primale ne firent qu’amplifier son émerveillement devant la puissance de la nature.
Dave avait été très attiré, notamment, par la montagne de Pemsit, haut lieu des traditions et de la magie fondatrices de l’Amérique, et qui se trouve près de chez lui. C’est là que beaucoup de ses expériences se déroulèrent. L’univers était devenu pour Dave un endroit imprégné de mystère et d’étrange intelligence. En assumant la réalité et le choc de telles expériences, y compris ceux de deux vies antérieures que nous découvrirons dans sa dernière régression, Dave est devenu un maître au sein de sa communauté dans l’exploration des expériences qui échappent à la normalité. Un certain nombre d’autres kidnappés cherchent à le contacter, au point que Dave songe sérieusement à changer d’orientation pour se consacrer à l’hypnose et au travail de soutien auprès de groupes de kidnappés. Il adore la nature et la photographie (il m’a envoyé, ainsi qu’à ma femme, plusieurs clichés de fleurs sauvages très réussis). Dave et moi nous rencontrâmes le 13 août 1992 lorsqu’il vint à Boston dans le but d’explorer ses expériences.
Dave a grandi dans une petite communauté très soudée d’une vingtaine de foyers accrochée à flanc de colline près d’une crique de la vallée de la Susquehanna (Pennsylvanie) - « C’est là qu’est la faille de Pennsylvanie. On peut d’ailleurs voir de longues crêtes parallèles et des brèches dans la montagne à travers lesquelles la rivière s’engouffre. J’imagine que la rivière était déjà là quand la montagne s’est formée, et ça a créé des effondrements. » Sa petite ville était située au pied de cette montagne. Les amis de Dave étaient ses voisins, et les mères « étaient comme toutes les mères ». Il pouvait aller et venir comme bon lui semblait et entrer chez tout le monde sans frapper à la porte. « Ma grand-mère vivait au bas de la rue, mon oncle dans la maison d’à côté... C’était mon clan qui était là. »
Dave est l’aîné de quatre garçons. Ses frères sont de trois, six et neuf ans plus jeunes que lui. Le grand-père avait une entreprise de plomberie, chauffage et fourniture de fuel et le père, quant à lui, se chargeait de vendre le fuel aux clients. Dave fut toujours très proche de sa mère. Ses trois frères semblent eux aussi avoir eu des expériences d’enlèvement, ainsi que le fils de l’un d’eux qui ne souhaite pas se faire connaître.
La grand-mère de Dave avait du goût pour l’ornithologie ; elle adorait observer les oiseaux et apprit à Dave à les identifier. Par conséquent, tout enfant déjà, il développa un profond amour pour le monde de la nature et dès qu’il eut neuf ou dix ans, il partit souvent pour explorer les bois et les montagnes des environs. Sa première partie de pêche en compagnie de son père se déroula alors qu’il n’avait guère plus de cinq ans et, plus tard, il se mit à chasser et à piéger. Adolescent, il passa « un temps considérable dans la montagne ou au bord de l’eau ». Il grandit avec le sentiment d’être très proche des Indiens originaires de ce pays. « Les Indiens, m’écrivit-il, accordent une signification spirituelle toute particulière au daim blanc. Vous savez, je suis spirituellement relié à ce daim blanc. C’est en quelque sorte mon animal totémique. »
À sept ans, Dave perdit l’œil droit à la suite d’un « duel » avec des bouts de bois contre un garçon du voisinage. Selon le témoignage de Dave, les gosses se battaient ainsi à l’épée en utilisant des branches mortes. La mère de Dave avait protesté et demandé que ces jeux cessent ; Dave avait laissé tomber son bâton et s’était assis au pied d’un arbre avec ses copains. Mais un autre garçon avait saisi le bâton et en avait frappé l’arbre contre lequel il s’était brisé. Un des morceaux en biseau a alors sauté à la figure de Dave, lui atteignant l’œil et lui lacérant le visage sous la paupière inférieure. Le sang se mit à couler de l’œil endommagé et il fut emmené d’urgence chez le médecin puis à l’hôpital.
Il fut opéré sous anesthésie générale à l’éther. Le chirurgien ne put rien faire pour sauver son œil qui dut être énucléé. Dave n’avait rien su du risque qu’il encourait et il ne savait toujours rien lorsqu’il se réveilla, un pansement sur la tête. Il ne se souvient pas d’avoir posé de questions sur le déroulement de l’opération elle-même, mais il se rappelle parfaitement avoir fait « d’horribles cauchemars » durant plusieurs nuits consécutives où il se mettait à hurler au point d’ameuter tout le personnel de garde et d’empêcher de dormir tous les autres enfants de la chambrée qui lui lançaient des « chut ! » exaspérés. Le père de Dave ne lui parla de sa nouvelle situation que plusieurs jours après l’opération. Il apprit ainsi qu’il allait devoir « porter un œil de verre ». Plus tard, on saura que le père de Dave avait été tellement bouleversé de faire part de cette éprouvante nouvelle à son fils qu’au sortir de l’hôpital il s’était « écroulé en larmes ». « Il m’a dit, commenta Dave en parlant de son père, que j’avais pris la chose mieux qu’il ne l’avait fait lui-même. » C’était bien là une attitude de ce père que celle de ne pas montrer ses émotions jusqu’à ce qu’il ait une attaque, il y a de cela dix ans. « Car depuis lors il a des difficultés à contrôler ses émotions et il lui arrive parfois de pleurer. » Dave, quant à lui, n’a jamais déprimé sur la perte de son œil jusqu’au jour où il put partager cette peine avec sa femme.
Dave se souvient d’avoir eu la volonté de ne pas laisser ce handicap affecter son existence. « Je peux continuer à voir très bien, et cela ne me fait pas mal », se dit-il à lui-même. Au cours de sa scolarité, où ils n’étaient que six élèves dans sa classe et environ soixante-quinze dans tout l’établissement, personne ne lui fit de « remarques désobligeantes à ce propos. Tout le monde était au courant de ce qui s’était passé et puis tout le monde se connaissait très bien ». Mais plus tard, dans les plus hautes classes où ils étaient plus nombreux, on ne manqua pas de le traiter de « bigleux », même sachant qu’il n’avait plus qu’un œil.
Dave fréquenta le Penn State College durant un semestre lorsqu’il eut dix-sept ans et termina ses études dans un autre collège de la ville. C’est à cette époque qu’il commença à suivre une formation d’infirmier sur le tas puisqu’il n’existait pas alors de formation officielle. À vingt-cinq ans, il sentit que le temps était venu de se marier et d’avoir des enfants : « Mais je n’ai pas rencontré la personne adéquate avant mes trente-deux ans. » La femme de Dave, Caroline, est l’aînée d’une famille de quatre enfants. Ils espéraient avoir des enfants très vite après leur mariage mais le logement ne possédait « pas suffisamment d’espace ».
Le couple emprunta de l’argent afin de se faire construire une maison plus spacieuse, mais finalement le coût dépassa largement leurs estimations. Dave se mit donc lui-même à l’ouvrage et se retrouva avec une hernie discale qui l’immobilisa plusieurs mois. Ils emménagèrent dans leur nouveau logis en juin 1992 : « Nous avions tous les deux quatre ans de plus sur les épaules et nous ne savions plus très bien si nous désirions toujours avoir des enfants. » Dave ne pense pas que ses expériences d’enlèvement et d’ovni aient pu interférer dans sa vie sexuelle ou aient pu influencer sa décision concernant le fait d’avoir ou non des enfants. Il affirme que, d’une manière générale, lui et sa femme « s’entendent très bien ».
La première expérience que Dave rattache à des phénomènes de kidnapping se déroula lorsqu’il n’avait que trois ans. Dans sa toute première lettre, Dave avait signalé qu’il se souvenait de « trois motocyclistes qui descendaient la rue dans sa direction, mais à une vitesse telle que cela n’était pas normal ». Quand ils passèrent près de lui, il eut la « sensation qu’il y avait comme un vide, puis les motocyclistes remontèrent un sentier en direction de la maison d’un ami ». « Je m’y rendis, mais ils n’étaient pas là. » Au cours de notre premier entretien du mois d’août 1992, Dave ajouta que les motocyclistes paraissaient arriver sur lui « trop vite », qu’il avait pris peur, et que ces personnages étaient « noirs ». Il se souvient également de s’être « étonné » de voir que les motocyclistes parvenaient à grimper le sentier boueux et glissant à une telle allure, d’autant que la voie était sans issue et débouchait sur la cour pavée de la maison de son ami. Il se remémore très bien aussi avoir alors éprouvé les mêmes sensations, « une sorte de vibration, de picotement », qu’il ressentit plus tard à l’occasion d’autres enlèvements. Dave et moi allions explorer en détail cette expérience au cours de la seconde séance de régression hypnotique.
Les autres souvenirs qui revinrent ensuite à la mémoire de Dave réfèrent à la période de ses douze ans. Il se baladait dans les bois et les montagnes des environs comme il aimait souvent à le faire. Il se souvient d’avoir suivi un sentier menant à un croisement de deux autres chemins : le sol était couvert de mousse et un arbre surplombait le passage. « C’était un endroit splendide. Je contemplais avec émerveillement un tel décor et je me disais : “ Dieu, que c’est beau ! ” Je levai les yeux pour admirer les branches de l’arbre, et puis c’est tout ce dont je me souviens. » Ici, il y eut un trou dans le temps et la première chose dont Dave a pu se souvenir ensuite fut : « Je marchais dans la cour qui est en contrebas de notre maison. » Au cours de la semaine ou de la quinzaine suivante, Dave était retourné à plusieurs reprises dans le même coin, sans trouver aucune trace qu’il aurait pu rattacher à son expérience. Rétrospectivement, Dave se souvient d’avoir eu cette impression que « l’état de conscience » dans lequel il se trouvait avant ce trou temporel était quelque peu « différent », plus fort, « plus incisif » que l’état normal.
Un autre épisode de nature comparable se produisit à la même époque alors que Dave se trouvait dans la cabane d’été de son oncle. Il se souvient qu’il marchait le long d’un chemin qui suivait une ancienne voie ferrée en bordure d’un lac. Cette fois encore, levant les yeux pour admirer les ramures des arbres, il refit le même plongeon dans l’inconnu : « La seule chose dont je me souvienne ensuite est que je marchais pour revenir vers la clairière où se trouvait la cabane. » Ce qui d’habitude aurait demandé quelques minutes avait été remplacé par un trou temporel de quarante-cinq minutes et ses oncle, tante et cousins étaient « très inquiets ». Ses cousins lui dirent qu’ils étaient partis à sa recherche et qu’après son retour, ils se sont demandé où il avait bien pu passer. Mais Dave ne sut que répondre, ne se souvenant strictement de rien.
Dave se souvient que lorsqu’il était enfant, il s’intéressait déjà aux « soucoupes volantes », ce qui, selon lui, peut avoir eu quelque influence sur ses premières expériences à l’âge de trois ans. En outre : « Mon père avait raconté quelque chose à propos de gens qui voyaient des soucoupes volantes et moi, depuis ce temps-là, j’ai toujours été émerveillé par cette idée. » Dans son collège, lorsqu’il avait quatorze ans, il décrocha tous les prix. Pour entrer dans une grande école, il dut rédiger un exposé et il choisit de traiter un sujet se rapportant aux ovnis, mais il ne parvient pas à se rappeler ce qu’il avait pu dire à cette occasion. Il parla de cet exposé à son ancienne maîtresse de catéchisme qui lui dit qu’elle avait déjà vu un ovni en train de décoller d’un point de la montagne qui se trouve près de chez elle.
Bien d’autres choses du même genre se produisirent durant l’adolescence de Dave et qui lui paraissent pour le moins bizarres. À quinze ans, lui et un de ses petits voisins découvrirent une caverne dont l’entrée mesurait bien trois mètres cinquante de large et qui se situait « au pied de la montagne, là où elle plonge dans la rivière ». Son camarade aurait voulu y pénétrer et l’explorer, mais Dave eut peur et dit : « Non, non, moi je n’y vais pas. »
« Pourtant la région n’est pas immense », commenta Dave, mais il ne put jamais retrouver cette caverne. Environ une année plus tard, il roulait la nuit en voiture avec des amis, à une vitesse approximative de cent kilomètres à l’heure et sous un violent orage, lorsqu’un autocar « nous dépassa » à au moins cent trente à l’heure. Dave dormait à l’arrière de la voiture et ce sont les exclamations de ses amis qui le réveillèrent en sursaut : « “ Nom de Dieu ! ” Ils ont dit quelque chose comme ça. » En effet, le petit groupe venait de se rendre compte qu’« il leur manquait au compteur cent trente-cinq kilomètres... Tout ce dont ils se souvenaient c’était qu’ils se trouvaient à cent trente-cinq kilomètres en arrière » par rapport à ce qu’ils auraient dû logiquement avoir parcouru. Aucun des garçons n’était capable de rendre compte du temps manquant, mais ils entendirent ensuite parler d’un terrible accident d’autocar dans lequel soixante-cinq personnes avaient été tuées.
Trois semaines après, Dave, ayant obtenu tous ses diplômes, rejoignit le collège de Penn State ; c’est alors qu’il fit l’expérience ainsi que son camarade de chambre d’un trou temporel de plus d’une journée et pour lequel ils ne pouvaient donner aucune explication. Ils s’étaient couchés un samedi soir et s’était réveillés en pensant, en toute logique, qu’il était dimanche. Mais les camarades qui logeaient au même étage qu’eux vinrent leur secouer les puces en riant : « Eh ! Les copains ! Vous êtes en train de sécher le cours de chimie ou quoi ? » Inutile d’insister sur la surprise des deux garçons se retrouvant non pas le dimanche matin, mais le lundi, la journée déjà bien entamée.
À dix-neuf ans, Dave eut l’occasion d’observer de près un ovni, ce qui l’affecta très profondément. Il se trouvait avec son frère Ralph et un ami, Jerry. Ses parents avaient déménagé dans un endroit, un peu en dehors de la vallée, qui se situait à flanc de coteau. La nuit était claire et les garçons s’étaient allongés dans la cour, « appuyés sur les coudes », et dominaient une vaste étendue de terrain. « C’est alors que cette lumière s’est élevée au-dessus de la montagne », à l’horizon : « Elle suivit immédiatement une trajectoire à angle droit et commença à se diriger vers la rivière ; elle s’arrêta et prit la direction de la vallée ; puis elle s’arrêta de nouveau et obliqua vers nous. Elle mit du temps pour se diriger vers nous, et personne ne pipait mot ; quand je me tournai vers les autres, ils étaient comme moi en train d’observer la “ chose Les garçons ont d’abord pensé qu’il s’agissait d’un avion de taille énorme, mais très vite ils comprirent que l’engin rasait de trop près le sol et qu’il était bien trop silencieux pour que cela fût un avion. »
L’engin s’immobilisa juste au-dessus d’eux, un peu sur la droite. À l’arrêt, il sembla se mettre à pivoter : « De sorte qu’on voyait tout l’arrière. Une lumière blanc bleuté commença à émaner d’un anneau de sources lumineuses juste à l’arrière de l’engin. Elles clignotaient et se rapprochaient de nous (Dave émit alors une sorte de sifflement chuinté) puis ça s’est arrêté. C’est alors que la lumière blanc bleuté est sortie de l’arrière de l’engin en devenant extrêmement brillante... On aurait dit ensuite que l’engin avait été catapulté avec un lance-pierre. Il est reparti. Il s’est éloigné à une vitesse folle. Et il allait de plus en plus vite et sa trajectoire a tracé comme un arc dans le ciel. Ça n’allait pas tout droit comme un avion. L’angle qu’il suivait augmentait de manière vertigineuse et quand on l’a perdu de vue, il était à quarante-cinq degrés, et malgré cela il a disparu à l’horizon en moins de dix secondes. »
Après que l’ovni eut disparu, Dave se souvient d’avoir dit : « Eh ben ! Je serais curieux de savoir où ce truc peut bien être à présent ! Et Jerry de proposer ; “ En Chine peut-être ! ” Et moi j’ai répondu : “ Ouais, et peut-être bien même sur la lune. ” » Puis les trois garçons se sont « rués à l’intérieur de la maison pour prévenir les parents et les frères et leur demander de venir voir. Ils s’écrièrent : «On a vu quelque chose !» et tout le monde a couru dehors. « Mais il n’y avait plus rien à leur montrer. » Au cours de cette observation, Dave eut l’impression suivante : « Quelque chose est peut-être passé entre moi et cet engin... Je sentais comme un vide à ce niveau-là, mais tout restait très confus... Je me demande si cette lumière bleutée avait quelque effet sur nous. C’était une lumière d’un blanc bleuté, très intense. » Quelques semaines plus tard, Dave se rappelle avoir lu des documents sur les observations d’ovnis qui se seraient produites dans le même secteur et durant la période où lui-même a pu voir cet engin.
Jerry, qui d’habitude est un garçon tranquille, était devenu un véritable moulin à paroles. Il ne tarissait pas : « Ben alors ! Ah là là ! » Dave pense que Jerry, qui admet les rencontres mais dénie toute éventualité d’enlèvement, est lui-même une victime de rapt ovni. Ralph aussi fut très impressionné par cette aventure. Dave repense à l’étonnement et à l’émerveillement dont il fut saisi. Il eut cette pensée : « Je ne croyais pas que ce qui pouvait se trouver à l’intérieur pouvait être de l’ordre de l’humain. » Il pense aussi avoir aperçu un visage à l’intérieur de l’engin « en train de le regarder », et quand plus tard il vit sur la couverture du livre Communion une illustration représentant un extraterrestre, il reçut un grand choc : « Car c’est ce que j’ai cru voir et qui me regardait lorsque j’avais dix-neuf ans. » Une tête large et des yeux noirs en amande : voilà qui rappelait étrangement quelque chose à Dave !...
Dans sa première lettre, Dave avait signalé qu’« il considérait cet engin comme un miracle très impressionnant de la technologie », et qu’il n’en avait jamais vu de semblable. Il commença à se documenter et dévorait tout ce qui lui tombait sous la main concernant ce domaine de l’inconnu, « espérant trouver un indice quelconque » qui l’aurait mis sur la piste de ce qui habitait ces engins. Il lut notamment les ouvrages de Castaneda et réfléchit à « ces pouvoirs magiques que l’individu peut acquérir ». Il s’intéressa également au bouddhisme tibétain et découvrit que « les bouddhistes tibétains se présentaient comme des gens connaissant tout sur les ovnis ».
À vingt-cinq ans, Dave s’était construit une cabane dans un endroit isolé. Il n’avait pas terminé ses travaux qu’il s’y installait déjà. Il vécut là deux semaines consécutives avant d’avoir seulement fini d’installer sa chambre. Il avait laissé dehors devant la porte un sac de papier kraft rempli de canettes de bière vides et se préparait à aller dormir. Il entendit soudain un bruit qui ressemblait à celui que ferait un animal qui s’approche de sa cabane, puis un brouhaha qui indiquait que l’animal avait renversé le sac poubelle et son contenu. Puis il y eut d’autres bruits, comme si cette fois l’animal s’éloignait en donnant des coups de patte dans les canettes. Agacé par cette sérénade, Dave se saisit d’une lampe torche et la braqua à travers les carreaux de la fenêtre sur le fameux sac et c’est là qu’il eut la surprise de constater que le sac était toujours debout et que rien n’avait été renversé ou dispersé. Nous notâmes tous les deux l’aspect incongru de l’incident. Dave se demanda à l’époque s’il n’avait pas eu affaire « à un esprit ou quelque chose du même genre », sans pour autant ramener cela à une histoire d’ovni.
En 1988, peu de temps après avoir lu Communion, Dave fit un rêve qui pour lui exprimait la puissance de son chi. Dans ce rêve, un Espagnol tenait en laisse un dogue qui montrait férocement les crocs à Dave. L’homme fit entrer le chien dans une cage et Dave, rassuré, pensa qu’il pouvait s’approcher. Puis l’homme, avec seulement deux doigts de sa main droite appuyant sur l’épaule droite de Dave, plaqua ce dernier au sol comme si le poids avait été d’une tonne. C’est alors que l’homme libéra le chien : « Je me résignai à mourir, dans ce rêve, et je ressentis cela comme une réalité. Il n’y avait rien qui pouvait me faire me raccrocher à l’idée que ce n’était qu’un rêve. » Dans sa première lettre, Dave m’écrivait : « Tout à coup, je me sentis envahi par un sentiment de rage qui prit sa source dans la poitrine, descendant ensuite jusqu’à l’ombilic. De là, cela a quitté mon corps sous forme d’énergie. Comme une fusée qui part. C’était incroyable. J’ai été catapulté en arrière une vitesse vertigineuse. J’ai senti que l’homme et le à
chien étaient projetés loin de moi comme des grains de poussière. » Dave se retrouva sur le côté du lit opposé à celui où il s’était installé pour dormir. Il aurait pu d’ailleurs venir écraser son épouse mais, heureusement, elle était partie au travail.
Au cours de ces dernières années, Dave ainsi que ses voisins et ses amis ont eu un certain nombre d’expériences ou d’étranges « coïncidences » rattachables à des phénomènes ovnis. Par exemple, Rob, un voisin, a été tué dans un accident de voiture en février 1990, neuf jours après qu’il eut aidé les pompiers à éteindre un incendie qui avait pris dans la cheminée de Dave. Plusieurs années auparavant, Rob avait vu une énorme boule de lumière dans les bois au bout du chemin qui mène chez Dave, puis son emploi du temps fit l’objet d’un trou temporel de quarante-cinq minutes alors qu’il se rendait chez Dave pour mieux observer cette boule insolite. Rob avait eu six fois l’occasion de voir des ovnis au-dessus des terrains de l’autre côté de la route et ce depuis le chemin menant chez Dave. Dave se souvient de certaines révélations de Rob : « Il a vu un ovni tandis que nous assistions au travail des pompiers ; prit un drôle d’air tout à coup, puis il s’est précipité pour il
aller les aider. »
En octobre 1990, le maître Joe, le professeur de karaté de Dave, obtint un travail à mi-temps là où Dave travaillait. Dave apprit qu’il était septième dan de karaté et qu’il connaissait « la science secrète du chi » grâce à son maître instructeur, « un Coréen, qui lui-même détenait son savoir de bouddhistes vivant dans un monastère en Corée ». On affirme que le maître Joe a supporté un jour sur le ventre le poids d’un camion de trois tonnes et demi, tandis que son dos reposait sur un lit de verre pilé. Dave commença à parler de l’énergie chi avec ce maître à l’automne et au cours de l’hiver 1990-1991 ; il lui fit part de ses expériences de prémonition et commença à prendre des cours.
Dave et son maître s’attachèrent tout d’abord à ouvrir les méridiens par où passe l’énergie, ce qui provoque toujours des sensations de picotement. Cette énergie est censée provenir d’une région que les Coréens nomment « Dungan », qui se situe un peu sous le nombril et qui serait reliée à la volonté. Selon le maître Joe, vous « créez la puissance » dans les doigts et autres parties du corps, et vous « contrôlez le chi avec les yeux et l’esprit. » Dave déclara : « Mon seul objectif dans le karaté, c’est d’apprendre à contrôler mon chi. » Dans la première lettre qu’il m’avait envoyée, Dave écrivait que tandis qu’il progressait dans ses cours, il eut quatre expériences de chi. Dans ces moments-là, il pouvait réaliser des performances physiques tout à fait inhabituelles. Un matin, en émergeant d’un rêve, il se sentit « prêt à extérioriser » son chi en face de lui. Il demeura complètement éberlué par le fait qu’il poussa sa femme hors du lit sans même avoir eu la sensation de la toucher. Cette simple expérience encouragea Dave à s’atteler à la tâche pour parvenir à maîtriser les énergies du chi.
En septembre 1991, il fit cette fois l’expérience d’une étonnante synchronicité que son maître pense être reliée à l’énergie du chi. Avant de se rendre pour les vacances avec sa femme dans un parc national en Caroline du Nord, Dave rêva d’une fille qui lui rappelait quelqu’un avec qui il avait failli se marier autrefois. Leur relation avait dû être interrompue parce que la jeune fille avait quitté la région pour le Massachusetts.
Une fois arrivé sur place, Dave rencontra une jeune employée du parc, Charlotte Hampton, avec qui il se sentit d’étranges affinités. Elle travaillait plus particulièrement dans la librairie du parc ; d’abord distante, elle commença très vite à lui faire du charme. Dave se rendit compte de son côté qu’à travers leurs regards passait un étrange et très intense contact énergétique, ce qui persuada Dave de se tenir coi. Il comparait cette sensation à celles que provoqueraient les « manœuvres » de sorciers ou de chamans afin de se garantir les faveurs d’une personne. En fait, il s’avéra que cette fille était bien celle qu’il avait vue en rêve quelque temps auparavant, et qu’elle avait elle-même eu diverses expériences d’ordre psychique ayant des rapports avec les propres expériences d’enlèvement de Dave.
Dave arriva pour la première séance de régression hypnotique le 14 août 1992, c’est-à-dire dans la matinée suivant notre premier entretien. Julia était présente. Nous décidâmes d’explorer plus particulièrement l’expérience d’enlèvement de la nuit du 8 juillet qui eut lieu juste après qu’il m’écrivit sa première lettre. Avant de commencer la séance, nous fîmes le compte de ce qu’il pouvait se remémorer consciemment de cette expérience.
Il venait de passer une soirée assez ennuyeuse au domicile de ses parents, à une quarantaine de kilomètres de chez lui, où il avait tapé sa lettre sur leur traitement de texte. Il quitta sa famille aux environs d’une heure moins le quart du matin et arriva chez lui à une heure trente. Sa femme dormait dans leur immense lit et ne s’éveilla pas lorsqu’il alla se coucher vers deux heures ou deux heures et demie. À peine s’était-il allongé qu’il entendit du bruit dans la maison, « comme un grincement », et il se dit : « Oh ! cette nuit, ils vont venir. » Dès qu’il fut endormi, « dans la trame d’un rêve » (expression elle-même ambiguë qu’emploiera Dave à plusieurs reprises) : « Je me retrouvai dans notre salle à manger. Mais ce n’était pas tout à fait pareil que chez nous. La fenêtre était située sur une autre cloison, et tout comme ça. » Il y avait une grosse dame avec lui dans la pièce et Dave ressentit « leur présence ». Il fut alors envahi d’un sentiment « qui, à présent il s’en rendait compte, lui était familier, comme lorsque les motocyclistes avaient dévalé la rue dans sa direction et tout ce qui avait suivi ». « La vibration partit alors du nombril pour remonter dans ma poitrine et là, ça fourmillait en moi. Des picotements partout. »
La femme le fit se jeter par terre comme s’il devait se cacher des extraterrestres, Dave sentant bien encore à ce moment-là qu’il pouvait garder quelque contrôle, lever la tête et regarder les bois à travers une fenêtre. C’est alors qu’il vit une créature femelle braquer son regard droit sur lui depuis l’autre côté de la vitre. Dave se souvint qu’un autre kidnappé, son ami Randy, lui avait dit : « Ce sont les yeux. Ils vous hypnotisent avec leur regard. » « Je ne me rappelai pas les paroles de Randy jusqu’au moment où je tombai moi-même sur ce regard dont je ne suis pas parvenu à me détourner. J’étais curieux et je fixai à mon tour la créature dans les yeux. » Dave ne pouvait apercevoir que « l’angle supérieur droit de la tête » de la créature et qui paraissait démesurée. Il y avait comme un écran qui empêchait de voir le reste. « La peau paraissait très douce et d’un gris clair. » Je demandai à Dave quelle sensation lui avait procurée ce contact avec le regard de la créature. « J’ai tout de suite su qui c’était, répondit-il. C’était une créature femelle qui m’était proche et je savais que je la connaissais très bien, et que je l’aimais beaucoup et c’est pourquoi je la regardais de manière aussi directe. »
Puis Dave déclara : « Ce fut alors le noir, j’ai dû perdre connaissance, ou quelque chose comme ça... La première chose dont je me souvienne ensuite fut que j’étais couché de côté sur mon lit, recroquevillé dans la position du fœtus. J’étais coincé comme ça, tout pelotonné contre mon épouse, vraiment tout contre elle, et je ne formais plus, en quelque sorte, qu’une petite boule toute ronde. » Dave se rendit compte alors que ce « n’était pas un rêve ». Caroline l’enserra dans ses bras. Dave avait cette sensation : « On aurait dit qu’il y avait un être qui se tenait juste derrière moi, et j’avais peur de me retourner et de le voir. Au bout d’une minute, cette crainte s’estompa, je me ressaisis et jetai un coup d’œil au réveil sur la table de nuit du côté de ma femme : il était quatre heures du matin. » Ensuite, pour Dave, tout est devenu très confus. « J’ai pensé que je venais d’être enlevé », dit-il mais avec également l’impression que la grosse dame du salon « n’était autre que son épouse au lit avec lui ».
Dans la régression proprement dite, Dave commença à parler de la maison de ses parents, de sa frustration à taper cette lettre, et combien il en avait eu « les cheveux qui se dressaient sur la tête à revivre pour des besoins épistolaires toutes ces aventures » qu’il avait connues au cours des années précédentes. Il sentit monter en lui « des sentiments belliqueux quant à toute cette affaire ». Et tandis qu’il était dans son lit et qu’il écoutait les bruits étranges qui se produisaient dans la maison, il pensait : « Oh ! cette nuit, ils vont venir. » Puis Dave devint plus angoissé alors qu’il décrivait comment il s’était tourné sur le côté droit, vers sa femme, et avait sombré dans le sommeil, sur quoi il se retrouva dans une pièce de la dimension de sa salle à manger mais avec une table différente, plus longue, que celle qu’il possédait effectivement. Une luminosité provenant d’une source extérieure éclairait toute la pièce. Il décrivit à nouveau la grosse dame (cette fois vêtue de noir) et la grande fenêtre (« juste une feuille de verre, alors que chez nous les fenêtres s’ouvrent ») avec la forêt derrière. Cette fois encore, il sentit « leur présence, avec le sentiment qu’ils sont arrivés... C’est comme une impression extrêmement puissante qui vous étreint des pieds à la tête. Vous ne pouvez résister à cela. Quand ils sont là, ils contrôlent tout et vous ne pouvez pas lutter contre cela. Je me rends compte que j’y suis habitué. Pour je ne sais quelle raison, j’y suis préparé, encore une fois ».
Dave décrivit à nouveau la scène où la grosse dame le plaque au sol puis où il reprend ses esprits et aperçoit une partie du visage de la « visiteuse » qui le fixe de son regard à travers la vitre. La peau semble douce, comme un cuir, et d’un gris clair. « Mon regard remonte vers les yeux, et je sais que c’est elle et je sais qu’elle est en train de me regarder. Son regard (celui de la créature) est simplement et totalement là. Les yeux paraissent immenses, noirs, avec un aspect un peu liquide. » Dave parut ensuite se livrer un combat intérieur, comme s’il cherchait à résister à ce qu’il était « censé faire, à ce qu’ils attendaient » de lui. J’évoquai ce besoin que Dave devait avoir de conserver un certain contrôle comme manifestation de sa force. Il rattacha ce « trouble » ou cette « sensation de danger » à quoi il se sentait à présent confronté à ses expériences du chi et d’une réalité différente, comme cela lui était déjà arrivé au cours de ses exercices de karaté. Par exemple, même lorsqu’il effectue certains mouvements et découvre dans le même temps qu’il ne se « trouve plus tout à fait dans la réalité ordinaire », il doit tout de même « continuer et faire comme si de rien n’était » ; et cela il ne pouvait pas l’expliquer aux autres étudiants car ils n’auraient pas compris ce dont il était question. « C’est à ce caractère extrêmement étrange des expériences de ce type que je me suis habitué. C’est mon esprit qui s’accroche malgré moi à ce qu’il connaît, par habitude de la réalité telle qu’elle s’est toujours présentée à lui jusqu’à maintenant, du moins je le suppose. »
Le conflit, et ce que Dave appela « l’entêtement », commença à déborder sur notre relation. « Cette chose anormale était encore trop difficile à digérer, dit-il, et une partie de moi-même refusait de céder, de renoncer au concept de réalité qui m’avait été inculqué. » Je ramenai Dave à la fenêtre, à la créature et à son fameux regard dans lequel il plongeait, et enfin au moment où « tout est devenu noir », et je lui demandai de décrire ces yeux. « Ils sont énormes, et ils sont noirs, et ils sont en amande, et on dirait qu’ils sont liquides... étirés à chaque extrémité... Je reconnais l’être. C’est elle. Je sais qui c’est. Comme si elle était mienne, et moi à elle. Je ressens cela comme quelque chose de très réel. Je l’aime vraiment... Je sens qu’elle a quelque chose d’à part, même parmi eux... Et elle me fait sentir que moi aussi je suis à part mais que je ne vis pas en fonction. » Dave et moi-même évoquâmes alors l’inconvénient de porter un « œil de verre », de la honte qu’il en ressentait et du chagrin de recevoir des quolibets à ce propos.
L’être femelle, qui porte le nom de Velia, l’aime et l’accepte de manière inconditionnelle, déclara Dave, même avec son œil unique et ses manies de fumer de la marijuana, et ce contrairement, par exemple, à la fiancée qu’il avait eue lorsqu’il avait vingt ans et qui avait tendance à toujours le critiquer, le rabrouer et l’empêcher de faire ce qu’il voulait. De façon répétée, je demandai à Dave de se recentrer en se concentrant sur une respiration ample et profonde. Je l’assurai également qu’il n’avait pas à avoir honte de ne pas garder un contrôle intégral. Dave n’en continuait pas moins à lutter contre les blocages qu’il sentait se former en lui tandis qu’il fixait les yeux de la créature. « Il suffit de les regarder un bref instant et ils, ou elles, augmentent leur puissance de contrôle sur vous, ou bien ils vous annihilent complètement... Je me demande où est-ce qu’ils vont m’emmener. » J’encourageai Dave à se laisser aller. « Je pense qu’ils sont plus d’un. » Il se mit à pleurer dans un mélange de peur et de soulagement. « On a quitté la maison à présent. Ils sont nombreux, mais je n’arrive pas à les voir. J’ignore où nous sommes. Je pense qu’on se dirige vers un vaisseau, qui doit se trouver quelque part dans la clairière que j’ai tracée cinq ans auparavant. » Dave expliqua qu’avant même de bâtir sa cabane, ils avait déboisé un secteur pour en faire une clairière à environ cinquante mètres de chez lui, et, qui sait, peut-être inconsciemment une invitation lancée aux engins ovnis...
Voici la description que Dave fit du vaisseau : « Énorme et rond. Ça a près de vingt mètres de diamètre. Je crois qu’il est surmonté d’un dôme. » Perdant cette fois tout contrôle, Dave déclara qu’il fut emmené dans l’appareil par l’arrière. Il exprimait une peur grandissante car il racontait qu’on l’avait obligé à s’étendre sur une table au sein d’une pièce ronde et grise où planait une odeur « de terre ». Plusieurs êtres s’affairèrent autour de lui pour lui « faire quelque chose ». Dave se sentit alors paralysé, ne pouvant plus bouger que les yeux ; il ressentit une espèce d’« encouragement sévère », sous forme télépathique, que les êtres lui communiquèrent concernant une mission qu’il allait devoir remplir.
La créature femelle était présente, « m’apportant son aide, ajouta-t-il. Mais je pense que c’est plutôt ce type qui menait l’affaire ». La femelle lui faisait télépathiquement parvenir ce message : «Tout ira bien», qui avait le pouvoir de considérablement diminuer ses angoisses. « Je crois qu’ils m’ont fichu quelque chose dans le cul, et ça me met hors de moi... Je sens qu’ils me relèvent les jambes et les écartent. » Dave devint honteux et embarrassé comme quelqu’un qui a subi des procédures humiliantes ; je lui parlai longuement de forces inconnues dans cet univers sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle ainsi que des possibilités nouvelles que peut procurer la reconnaissance d’être justement impuissant ; enfin, j’abordai la question et l’inadaptation de nos concepts habituels de la masculinité dans des circonstances pareilles. Dave parla alors d’un instrument flexible, d’un mètre vingt de long, « avec une petite cage grillagée » au bout de laquelle il y avait un petit objet sphérique. Sur environ la moitié de sa longueur, l’instrument fut introduit dans son anus tandis que la créature femelle continuait de le rassurer.
Dave exprima tous les sentiments de quelqu’un qui a été violé ainsi que sa résignation devant l’inévitable et
insurmontable procédure ; il évoqua également les sensations de « picotement » qui l’accompagnaient. « Ça se glisse en moi. Ça grimpe dans mes boyaux bien au-delà de l’anus. » J’encourageai Dave à exprimer totalement son angoisse et sa colère, ce qu’il ne put faire que dans une certaine mesure.
Il apparaîtrait que ce type d’expérimentation sur lui remonte déjà à d’autres incidents lorsqu’il avait douze ans, et même probablement trois ans. Au bout de deux minutes, l’instrument était retiré. Dave pense que cela devait être une sorte de « test d’information pour savoir comment vous vous portez physiquement, dans quelle condition physique vous vous trouvez, comment vous supportez les choses, qu’est-ce qui peut vous atteindre et vous affaiblir, si vous êtes en bonne ou mauvaise santé ».
Ensuite, Dave sentit qu’un instrument pointu, manipulé par un autre être, plus grand, lui touchait le milieu de la tempe droite et, contre toute attente, cela ne piqua « qu’un petit peu ». La créature femelle « qui se trouvait alors sur sa droite », continuait à lui communiquer : « Tout va bien. Aucun souci. » « Elle ne me quitte pas des yeux et réagit exactement comme moi... Je me sens en totale confiance avec cet être. » Puis une espèce d’appareil de succion fut placé à l’extrémité du pénis de Dave. Dave eut des difficultés à aborder cet aspect du processus bien qu’il ne le trouvât pas aussi humiliant que « la chose qu’on lui » avait « placée dans le cul ». « Cela m’a fait éjaculer, et d’une manière plaisante que je n’avais jamais connue auparavant. C’est que les circonstances étaient complètement en dehors du contexte de plaisir que je pouvais connaître. » Et enfin, Dave pense qu’ils lui ont « placé quelque chose dans le ventre, un petit appareil sensoriel circulaire d’une vingtaine de centimètres de diamètre pour vérifier des choses à l’intérieur... Ça faisait comme de petites vibrations. Ce n’était pas désagréable ».
Ceci termina « les examens physiques », déclara Dave, puis : « Alors, elle s’entretint avec moi un moment, me disant par exemple que j’allais très bien. » Cet « échange » eut lieu alors que Dave se tenait assis au bord de la table, les bras pendants, « les jambes se balançant ». Il reçut aussi quelques instructions concernant une sorte de mission que Dave allait devoir accomplir : « Nous ne disposons pas d’un temps illimité sur Terre. Nous y sommes pour une période définie, et nous devons bien remplir ce temps qui nous est imparti, et c’est pourquoi probablement, depuis ce moment, j’ai acquis un tel sentiment de ce qui est mortel. Je ne resterai pas toujours ici. » La créature femelle acquiesçait au fait que Dave se soit choisi un maître (maître Joe) pour guide : « Je sais que je ne fais que commencer à faire ce que le maître me demande de faire. »
Après ces procédures et les communications qui s’ensuivirent, ils l’aidèrent à « descendre de la table et à quitter le vaisseau ». « Les êtres m’ont fait léviter ou quelque chose du même genre », pour l’accompagner tout au long du chemin qui le ramenait à sa maison, y compris en passant à travers la porte fermée et verrouillée ; sur la voie du retour, Dave était conscient « que quelque chose luisait, là-bas derrière », une lueur émanant du vaisseau posé dans la clairière. Les êtres lui firent monter les marches en volant et jouer les passe-muraille pour regagner son lit ; ils le « remirent dans ses draps » près de sa femme qui dormait à poings fermés. Dave se coula vers Caroline et « se pelotonna » tandis que les êtres repartaient en passant à travers le toit mansardé de la chambre. « À cause de ce qui venait de m’arriver, je cherchai du réconfort. Je voulais être tout contre elle lorsque je me réveillerais. »
Après la séance, nous tentâmes de tout repasser en revue pour analyse. « Quel enfer ! » commenta-t-il. Quand je remarquai qu’il voulait éluder les plages délicates, il demanda astucieusement : « Pensez-vous que je pourrais découvrir autre chose ? » Il se sentait plutôt « lessivé, vidé », mais étonné de la quantité d’informations qu’il avait fournie. « Ce n’était pas comme si je m’étais véritablement trouvé là, mais je me souviens d’avoir été là », dit-il. L’ovni, à présent, il se le rappelait, s’était trouvé à environ trois mètres ou trois mètres cinquante au-dessus du sol de la clairière et il était convaincu de ceci : « Je leur avais préparé cet endroit pour atterrir. » A peu près deux semaines après son kidnapping, Caroline révéla à Dave qu’une semaine seulement après l’incident elle avait aperçu dans la chambre ce qui pouvait être interprété comme un visage d’extraterrestre et qu’elle s’était dit : « Oh ! c’est là qu’ils sont entrés, ou c’est là qu’ils entrent. »
Désireuse d’apporter son aide, Julia évoqua la courte période de dépression qui suivait généralement les séances d’hypnose : «Mais ça passe et on continue quand même... Tout n’est pas rose et pourtant, en ce qui me concerne, j’ai aimé retrouver la mémoire de tous ces événements. C’est libérateur. C’est merveilleux. » Elle était frappée par le fait qu’elle aussi avait eu des moments où elle avait pu communiquer avec les êtres tandis qu’elle était assise, jambes pendantes, les pieds se balançant, au bord de la table d’auscultation. « Après ce qu’ils avaient fait », cela paraissait plutôt insignifiant, frivole ou même « incongru comme détail... décalé ». Julia se souvient, elle aussi, d’un instrument flexible comparable à un tuyau surmonté d’une « cage » (voir les croquis en début de chapitre). Puis Dave voulut nous quitter, alléguant qu’il ne tenait pas à rentrer de nuit en Pennsylvanie : « Les phares des voitures me gênent pour conduire. Je ne supporte pas ces violentes lumières. »
Dave arriva à bon port. Je conversai avec lui par téléphone dès le lendemain. Il déclara qu’il se sentait « ragaillardi » grâce à ce travail que nous avions effectué ensemble et qu’il avait raconté ses expériences à son ami Jerry et à sa femme Caroline qui avait manifesté son trouble devant tout ce que Dave avait dû apprendre sur toutes ces choses qui lui étaient arrivées. Dave avait relativement quitté son attitude de défense et, du coup, ses expériences lui paraissaient « beaucoup plus réelles ». Deux jours plus tard, en parlant avec Julia, il sembla qu’il avait retrouvé sa joie de vivre, qu’il avait développé en lui « une nouvelle approche de l’existence » et qu’il essayait de répondre au « déluge de questions » que lui posaient tous ses amis. Julia lui conseilla cependant de garder le silence sur les détails des séances d’hypnose. Dave ajouta qu’il comptait nettoyer la clairière qui se trouvait derrière sa maison et Julia faillit ne pas résister à la tentation de lui demander si c’était pour mieux permettre aux ovnis d’atterrir. Dix jours plus tard, Julia le rappela pour savoir comment il allait. Il avait en effet éprouvé une sorte de dépression passagère après son travail avec moi, mais son travail d’infirmier était aussi en cause : « maintenir des mourants en vie coûte que coûte » ne lui paraissait plus aussi « pertinent ». Il affirma enfin ne pas craindre les extraterrestres et avoir nettoyé sa clairière « pour leur donner un bel endroit où atterrir ».
Le 9 septembre, Dave écrivit à Julia une lettre qui fut la première d’une longue correspondance qui s’étala sur l’automne et l’hiver de cette année-là. On y trouve toutes sortes de renseignements concernant les expériences d’enlèvement, des exemples de coïncidences apparemment signifiantes et mille autres descriptions d’incidents qui s’adressaient aussi bien à ses frères qu’à d’autres personnes de la petite communauté où Dave habitait. Dans une longue lettre manuscrite qu’il m’avait envoyée, il fournissait une foule de détails sur des expériences semblables vécues par des collègues ou des amis. Il écrivait notamment : « Je connais au moins quinze kidnappés dans ce seul secteur, dont mes trois frères. » D’autre part, dans le domaine professionnel, assister des personnes en phase terminale et avec qui il n’avait plus de communication lui paraissait désormais plus difficile à assumer et il avait demandé à ne plus travailler qu’à mi-temps. Il pensait, en effet, que son vrai travail concernait à présent davantage le chi mais il hésitait encore à prendre « de lourdes responsabilités ». En karaté, il était maintenant ceinture bleue, « à mi-chemin de la ceinture noire ». En octobre, il me confia, lors d’un entretien téléphonique, que sa femme avait vu un extraterrestre au pied de son lit.
Dans un autre courrier daté de janvier 1993, Dave racontait en détail des phénomènes de synchronicité dont nous avions déjà débattu par téléphone. Il y joignit la photo d’un daim très rare, en partie albinos, avec quelques taches sombres sur l’arrière des oreilles et de la queue (comparable à un cheval pie) et qu’il avait tiré à la chasse en décembre. « Si j’avais pu voir combien cet animal était beau, je ne crois pas que je l’aurais abattu. » Lorsqu’il emmena la dépouille chez un taxidermiste, il admit qu’il n’avait encore jamais rien vu de pareil. Lorsqu’il appela Charlotte Hampton, quelques jours plus tard, pour parler de cette histoire, celle-ci affirma qu’elle aussi avait aperçu un daim pie au sein d’une harde et « qui fréquentait l’endroit où elle travaillait ». Le daim pie était le seul qui ne se sauvât pas lorsqu’elle s’approchait d’eux.
Dans cette même lettre, il évoquait aussi son projet de revoir Charlotte Hampton à Gettysburg en pensant que ce désir était rattaché à une vie antérieure : « Des sentiments que j’ai éprouvés il y a plusieurs années de cela selon lesquels j’aurais vécu la guerre civile. » Il ajoutait que Julia lui avait dit ceci : « La première fois que je vous ai vu dans le salon, je vous ai vu en uniforme de confédéré. » En ce qui concerne sa conviction d’avoir été kidnappé entre deux heures et demie et trois heures du matin dans la nuit du 18 au 19 décembre, il me confia : « J’y suis arrivé avec une formidable sensation de paix. Je pense que c’est parce que vous m’avez hypnotisé et que j’ai résolu le conflit en moi-même. »
Au début du mois de février, Dave raconta à Julia que « six êtres étaient apparus dans la chambre de Caroline » vers une heure du matin, tandis que lui-même était sorti poster justement cette lettre qu’il venait de m’écrire. Elle se réveilla en sursaut, se redressa sur son séant en serrant ses bras croisés contre sa poitrine et découvrant des êtres tout autour de son lit. D’après les notes de Julia, quatre d’entre eux « s’échappèrent en traversant le mur situé derrière le placard de Dave (en direction de la clairière). Les deux autres se cachèrent derrière le store ». Si l’on en croit Dave, cela avait mis Caroline très en colère et cela lui a demandé au moins vingt-quatre heures avant qu’elle ne se décide à raconter sa mésaventure à Dave. Dave dit aussi qu’il avait l’intention de se soumettre à des séances d’hypnose afin d’aider d’autres kidnappés.
En mars, Dave revint à Boston pour que l’on procède à d’autres séances de travail. Il souhaitait cette fois que l’on s’attache plus particulièrement aux expériences d’enlèvement de l’enfance, celles qui semblent avoir des liens avec la montagne Pemsit. Deux séances eurent donc lieu les 11 et 12 mars, séances auxquelles assistaient Julia et Kishwar Shirali, psychologue clinicienne indienne passionnée par les phénomènes transpersonnels et véritable puits de science en ce qui concerne la mythologie hindoue.
Au début de la première séance, nous repassâmes en revue les expériences dont nous venons de parler et que Dave avait vécues depuis sa visite du mois d’août. Nous ne manquâmes pas de remarquer combien il pouvait être effrayant et impressionnant de faire l’expérience dans notre propre existence de schémas ou de structures de synchronicité. Dave m’exposa ce qu’il avait appris concernant le chi et ses relations avec l’évolution spirituelle humaine, les chaînons supérieurs, les sources primales d’énergie dans l’univers, le rôle des aigles dans les émanations spirituelles, la capacité des bébés à percevoir d’autres réalités et les clés que nous donnent les rêves. Il ajouta encore qu’il était en train d’apprendre à ouvrir son chi et à le contrôler avec ses mains qui deviennent alors brûlantes. Le docteur Shirali fit allusion à des processus similaires que l’on rencontre souvent au cours des méditations des yogis et des bouddhistes. Dave déclara aussi qu’il avait discuté avec son maître Joe de la possibilité qu’auraient eue les extraterrestres de maîtriser cette faculté de communiquer télépathiquement en se servant justement de l’énergie chi et rien ne disait, en effet, qu’ils ne portaient pas un intérêt tout particulier aux humains qui étaient parvenus à réguler cette énergie en eux, à changer « leur point d’ancrage ».
Quand je demandai à Dave ce qu’il souhaitait faire au cours de cette régression, il me répondit : « Je veux tout savoir sur la montagne Pemsit, car on dirait bien que tout cela, c’est lié au chi. Moi, en tout cas, je sens que le chi a partie liée avec cette expérience, quelle qu’en soit la raison. Ce qui me turlupine le plus, ce sont ces trois motocyclistes qui dévalaient la rue dans ma direction, moi n’ayant que trois ans. » Dave nota que toutes ses expériences précoces de « visiteurs » se sont déroulées dans la montagne, ce qui n’était pas pour le rassurer, étant donné les mythes et la puissance spirituelle que les Indiens autochtones y rattachaient. Beaucoup de gens qui ont eux-mêmes vécu dans ce lieu où l’horizon est barré par la montagne pensent qu’il y a là « une base ovni ».
Dès le début de la régression, les pensées de Dave s’envolèrent vers Sober’s Hollow, un plan d’eau où il allait régulièrement pêcher avec Rob, dont nous avions déjà évoqué en août les rencontres ovnis et la mort tragique, et avec un autre ami dont le fils avait été également tué dans un accident de la route. Cet ami est un kidnappé et Dave a pu voir son fils au cours d’une expérience d’enlèvement deux jours après qu’il avait été tué et avant même que Dave ait eu connaissance du drame. Dave se mit alors à pleurer et se souvint d’avoir regardé son petit chien beagle, Spotty, écrasé par un camion alors que lui-même, tout gosse, se tenait sur le seuil de sa maison. Il exprima sa crainte d’« être avec eux... Je descends les marches et commence à traverser la rue. Il y a à peine quatre pas à faire. Jusqu’au pylône télégraphique. Et voilà qu’arrivent les trois motocyclistes vrombissant depuis le haut de la côte. Ils devaient être à environ trois cents mètres et ils me visaient ».
Dave ressentit à nouveau ce conflit en lui-même pour tenter de garder un certain contrôle et ça lui vrillait le ventre. Comme je lui demandais ce que cela avait de si effrayant, il se trouva que les motocyclettes (à présent au nombre de deux) chevauchées par toujours trois motocyclistes tout de noir vêtus « se transformèrent en extraterrestres ». Ils l’emmenèrent en le « faisant voler » derrière un buisson sur la prairie de Shaeffer (endroit proche, en haut de la colline) et le laissèrent sur l’herbe. Les êtres étaient grands et « squelettiques » avec de grands yeux noirs relevés en amande sur les côtés. Dave était paralysé et terrorisé. Un être femelle pressait quelque chose de pointu contre sa tête et, avec ses mains, « trifouillait quelque chose » dans ses cheveux, tandis que les deux autres, des mâles, restaient là penchés sur lui à le regarder. Dave n’avait sur le dos qu’une chemise et pense qu’ils lui ont ôté le short qu’il portait quand il est sorti de chez lui. Un message communiqué par le seul mental eut le pouvoir d’apaiser sa peur. L’être femelle appliqua également ses mains sur le bas-ventre de Dave pour le « tester ».
Dave pleurait à chaudes larmes dans la transe tandis qu’il se remémorait que l’être femelle lui disait que « tout cela recouvrait quelque chose d’important ». C’étaient des larmes de soulagement : « J’imagine que c’est parce que j’ai toujours gardé tout cela enfermé en moi et que ce qui est arrivé exactement m’a toujours tracassé. » Un an ou deux plus tard, lorsqu’il questionna son père sur ces fameux motocyclistes, celui-ci lui répondit : « Tu as dû rêver ça... » « Mais je savais que ce n’était pas un rêve. » L’être femelle lui dit encore qu’il lui « manquait »... puisqu’il avait été « ici (sur Terre) » depuis qu’il était né. « J’ai été envoyé ici pour accomplir quelque chose », dit Dave. « Des vagues de peur » continuaient d’envahir par moment Dave, mais sans excès, tandis qu’il décrivait combien lui et l’être femelle manquaient l’un à l’autre, quelle fut sa « promesse » (celle de l’être femelle) de l’emmener « sur la montagne » et à quel point il était conscient qu’« il existe plus de choses pour nous que ce que nous connaissons ici-bas». L’être femelle lui dit aussi qu’il aurait « de grandes difficultés avec ses congénères », mais qu’il s’en « sortirait victorieux » à la fin ; elle lui expliqua qu’il vivait là sur cette montagne parce qu’ils y avaient un « endroit privilégié... qu’il aimerait de plus en plus cette montagne et qu’arrivera le moment où il saura tout à leur sujet ».
Quand ils en eurent « fini » avec Dave, les êtres redevinrent des motocyclistes qui disparurent en haut d’un raidillon qu’en toute logique il était impossible de grimper comme ils l’avaient fait et qui s’achevait brutalement dans la cour de la maison d’un ami. Dave chercha après eux, mais il n’y avait plus personne nulle part. L’être femelle avait dit à Dave : « Ce sera dur pour nous d’être séparés, mais ils ont du travail à faire avec les êtres humains et je risque de leur être très utile, alors il faut que nous nous quittions. » Dave éclata en sanglots en répétant ces mots d’adieu et je le questionnai sur le degré de familiarité qu’il semblait entretenir avec cet être, même à cet âge tendre (trois ans, souvenons-nous). Il me rétorqua : « Je crois que je l’ai toujours connue », ce qui voulait dire « avant cette vie-ci » ou quelque chose d’approchant.
Nous étions parvenus à un stade de la régression où il nous fallait choisir entre « avant cette vie-ci » ou bien explorer l’autre expérience associée à la montagne. « Je préfère la montagne, décida-t-il. Le sommet de la montagne, là où les strates rocheuses sont apparentes, est un lieu très puissant, dit-il. C’est pourquoi ils ont choisi cet endroit... Ils y trouvent une certaine énergie. » Dave éprouva alors comme une énergie qui le picotait depuis le bas-ventre et qui irradiait dans tout le reste du corps et même hors de son corps, un peu comme cela s’était déjà produit en évoquant des expériences qui avaient eu lieu alors qu’il avait trois et douze ans.
Dave se souvenait comment il procédait pour atteindre le sommet de la montagne quand il avait douze ans. «Je pense que les Indiens avaient coutume de s’y rendre. Je suis en quelque sorte un Indien des temps modernes... Tous ces souvenirs ne demandent qu’à refaire surface... Je me revois au sommet de la montagne », au-dessus de Spangler’s Hollow, sur le chemin « qui monte au-dessus de chez Matt... Puis tout à coup, je m’aplatis sous l’arbre », dit-il tandis qu’il sent les picotements le parcourir de la tête aux pieds. Des choses « flottant dans les airs se rapprochent en suivant la courbe » d’un sentier qui d’habitude ne se trouvait pas à cet endroit, comme s’il avait été créé de toute pièce en pleine côte, à flanc de montagne. Dave exprimait à présent une peur grandissante. Il se rappelait ce sentiment « de choc et de surprise » lorsqu’il se mit lui-même à voler, soutenu par les êtres, les pieds en avant, tout le long du chemin. « Entre le moment où ils ont commencé à me faire flotter, que nous avons tourné en suivant le chemin et la seconde où j’ai aperçu le vaisseau, il fallait bien compter soixante-quinze mètres. » Il se trouvait dans une trouée, suspendu dans les airs. « C’est incroyable, commenta-t-il, même si je me suis déjà trouvé à bord avec eux », auparavant.
Il faisait jour et pourtant l’engin sphérique semblait luire avec une intensité remarquable et Dave se sentit pris d’une « terreur et d’un émerveillement devant cette puissance ». (Il se souvenait de ses leçons de catéchisme lorsqu’il avait quatorze ans et qu’il avait questionné son professeur sur les ovnis ; celle-ci lui avait répondu qu’elle avait vu quelque chose d’aussi brillant que le soleil et qui avait à plusieurs reprises décollé depuis le haut de la montagne.) Ensuite, toujours par la voie des airs, les êtres firent entrer Dave dans l’appareil en passant par le dessous ; ils l’installèrent sur une table « comme jaillie du sol et tenue par un piédestal de couleur claire fait d’un seul morceau ». La pièce et son plafond étaient très lumineux et Dave aperçut sur sa droite un genre de tableau de bord. Il était terrifié, s’attendant à quelque « examen » barbare. Il vit une demi-douzaine d’êtres, plus la femelle qu’il connaissait bien, et quelques autres plus petits ; un être mâle dirigeait les opérations. Il ressemblait à la femelle, à l’exception de ses yeux qui étaient de forme plus ronde.
C’est à ce moment-là que Dave revécut les sensations de peur, de paralysie, de désespoir et de solitude qu’il avait alors éprouvées. Il pense qu’il devait avoir treize ans, « en pleine puberté ». Le moment le plus pénible de « cet examen-là », dit-il, fut lorsqu’ils lui « introduisirent quelque chose dans l’anus... Ils m’avaient déjà fait ça quand j’avais douze ans ». Dave était déterminé à « ne pas lâcher » et à se remémorer tout ce qui était possible concernant cette expérience. La femelle était à côté de lui, faisant tout pour le rassurer. Un des mâles lui écarta les jambes et « introduisit cette chose d’une bonne soixantaine de centimètres, qui ressemblait à ces trucs avec quoi on débouche les lavabos. Ça a un embout plus large, comme un petit grillage, une structure grillagée - un machin comme ça tout au bout... Ils l’ont fait pénétrer à une profondeur que l’on n’aurait pas crue possible. C’est pour tester quelque chose en moi... Pour savoir comment je vais ». Dave manifesta gêne et humiliation mais peu de douleur, « comme un animal dans un zoo ». La peur et l’angoisse « recouvrirent » toute colère. « Vous ne pouvez rien faire, leur pouvoir est total. » Après avoir manipulé cette sonde pendant environ deux minutes, les êtres la retirèrent et lui firent part de leur contentement devant son bon état de santé.
Dans une certaine mesure, Dave partagea cette satisfaction car « il se sentait un peu des leurs ». « Je les connaissais... J’admire leur puissance... Je me sens autant sinon davantage des leurs qu’appartenant à la race humaine. » Je lui demandai de préciser ce « des leurs » et ce « davantage ». Il me répondit : « C’est mieux d’être avec eux qu’avec les humains. » Il se souvenait notamment de cette école où les autres élèves, en voyant débarquer ce nouveau venu, n’avaient pas eu pitié et l’avaient méchamment plaisanté sur son œil de verre ; il s’était alors retrouvé isolé comme on isole les « monstres ». L’être femelle l’avait averti qu’il allait en baver à cause de cet œil, mais « plus tard, dans la vie, ça n’aurait plus d’importance ». Il avait également appris qu’il avait perdu cet œil pour que dans cette vie-ci il sache « comment vivre avec ça », parce qu’il lui faudrait « aussi apprendre à vivre avec beaucoup d’autres choses ». Cela impliquait une préparation quasi guerrière, y compris ce travail avec le maître Joe sur la maîtrise du chi. Dave répéta alors que le maître Joe était persuadé que les extraterrestres sont attirés par un personnage comme Dave à cause de la puissance de son chi.
Dave se demanda à nouveau si les extraterrestres « nous ont connus avant cela, dans d’autres vies antérieures » et s’il les y avait rencontrés. Peut-être était-ce après tout « une relation qui s’étalait dans le temps », suggéra-t-il. « Peut-être interviennent- ils pour recycler les âmes ou quelque chose comme ça, et qu’ils ne sont pas uniquement concernés par notre existence individuelle du moment mais par toutes nos réincarnations successives et par le développement de notre âme, l’évolution de la Terre. » Peut-être que s’il était né avec « une énergie plus haute » il aurait hérité de la responsabilité de devenir un enseignant et d’« en profiter pour servir d’exemple et de montrer au monde qu’il existe plus de choses autour de nous que ce que notre œil perçoit, que le spirituel en nous est la partie la plus importante de notre être... Si seulement les gens pouvaient se rendre compte combien cette spiritualité est importante, nous n’aurions pas sur le dos tous les problèmes que nous connaissons... Le chi n’a de limites que celles de l’imagination », conclut-il.
La séance se terminait. Le docteur Shirali était très impressionnée par la puissance d’évocation de Dave et l’impact que de telles expériences pourraient avoir sur notre façon d’envisager les choses. Elle éprouva elle aussi des fourmillements au niveau des mains et des pieds au cours de cette régression. Elle émit l’idée que peut-être nous avions besoin de faire des expériences de ce genre (« d’un autre monde ») pour nous éveiller à la réalité d’autres dimensions. Elle fut plus particulièrement frappée par la façon dont l’utilisation consciente de la respiration pouvait créer dans la transe un fil conducteur entre « mon être intérieur » et celui de Dave. Julia fut elle aussi très secouée par cette séance. « On touche à une foule de choses auxquelles j’ai pensé il n’y a pas longtemps », dit-elle à Dave. Cette fois encore, elle fit remarquer combien l’instrument qu’évoquait Dave était comparable à celui qu’elle avait dessiné deux ans auparavant. « Ces instruments ne ressemblent en rien à ceux que l’on connaît actuellement et qu’on utilise couramment », fit-elle observer. Elle révéla que sa fille âgée de huit ans avait également vu un vaisseau de forme sphérique.
Nous convînmes d’un rendez-vous dès le lendemain matin afin d’examiner plus en détail les questions que Dave avait soulevées en fin de séance, à savoir si les extraterrestres nous avaient connus dans des vies antérieures. Julia et le docteur Shirali étaient fidèles au poste, mais Pam Kasey n’avait pu se libérer. Avant de provoquer la transe proprement dite, j’encourageai Dave à laisser les associations se former dans son esprit et plus particulièrement en ce qui concernait cette familiarité qu’il disait avoir avec l’être femelle lorsqu’il n’avait que trois ans et qu’ils manquaient beaucoup l’un à l’autre.
La première image qui lui traversa l’esprit fut, après un long silence, qu’il était un Indien originaire de cette même Amérique où il vivait et qu’il s’appelait Panthère-près-de-la-crique ; il appartenait à la tribu de Susquehannock vivant près de la montagne Pemsit et il étudiait pour devenir sorcier-guérisseur de sa tribu. C’était à l’époque où « les Indiens n’avaient seulement jamais entendu parler de l’Homme blanc », dira Dave plus tard. Le jeune garçon vivait dans les falaises rocheuses près de la rivière. « L’aigle est vraiment un être à part. La montagne aussi est un endroit tout à fait spécial. Les sorciers de la tribu la gravissent pour s’isoler et avoir de visions. » Quand il fut prêt, il grimpa lui aussi au sommet de la montagne pour avoir des visions, et c’est là qu’il rencontra Velia (l’être femelle), son « amie et protectrice ». Il se sentit triste parce qu’il aurait voulu être davantage avec elle et aussi parce que quelque chose allait briser sa vie. Dave pleura un peu en se remémorant les guerres territoriales avec les Iroquois et « cette grande bataille près de Hollowman’s Island ». Il portait une peau de daim, un arc et des flèches, une massue et se préparait à partir au combat.
La bataille faisait rage dans la plus grande confusion. On entendait de toutes parts des cris de douleur ; il reçut une flèche en plein cœur. « Ça brûlait, puis je ne sentis plus rien. C’était complètement insensible. » Il se mit à cracher un sang noir qui lui remplissait la bouche et l’étouffait. Puis il sombra et mourut. « La chose dont je me souviens ensuite est que j’étais en dehors de mon corps. » Il vit son corps gisant à terre sur le dos et un des Iroquois se pencher au-dessus de lui pour le scalper. Puis il se sentit « flotter dans les airs, se dissipant peu à peu, en s’étalant tel un brouillard fait de gouttes de cristal »... «Je me suis répandu partout. Je m’infiltrais partout. C’était une sensation de paix... Je sentis confusément que Velia devait être là après que j’eus quitté mon corps, après être mort. » Je lui demandai à quel moment il l’aperçut. En fait, il ne l’avait pas encore vue : « Je sentais sa présence. » Après qu’il se fut mis à flotter dans les airs, « il sut qu’elle était là ». « Je pense que je la connaissais bien avant, ajouta-t-il. Je pense que pour les Indiens, c’est plus facile de mourir. C’est quelque chose de naturel pour eux, c’est le retour à la quiétude. C’est tranquille. La mort fait partie de la vie, alors ce n’était pas trop difficile à accepter, pas autant que pour nous, en tout cas. » Dave fut assez surpris de découvrir cette vie antérieure particulière. « Je n’aurais jamais, jamais cru que cela aurait pu faire partie d’une de mes vies passées. » Quand nous avions évoqué cet incident au cours de la régression, Dave n’avait pas pu se souvenir du nom de ce garçon.
Je questionnai alors Dave sur la nature de la relation qu’il entretenait avec Velia après qu’il fut mort. Il me répondit : « Quand je suis sorti de mon corps, avant que je ne me dissipe comme un brouillard, elle m’a dit qu’elle serait avec moi quand je reviendrais. » Avec un nouveau sentiment de tristesse, il dit : « Alors je suis né, une nouvelle fois, en Virginie. » Il pleurait doucement et je lui demandai pourquoi tant de tristesse. « Je pense que je vivais là quelque part et que j’y étais vraiment heureux... mais je dus quitter cet endroit. » Je le priai de revenir en arrière et de me dire comment s’était effectué le passage de l’état de « brouillard se dissipant » à celui de nouveau-né quelque part en Virginie. « Je me suis en quelque sorte rassemblé et j’ai à nouveau émergé dans ce monde. » Je le pressai de me dire comment cela s’était fait. Devait-il s’incarner d’une manière ou d’une autre ? « Je devais intégrer l’utérus d’une femme », dit-il. Le nom de cette femme était Mary Peg et elle avait de longs cheveux noirs. « Le nom de mon père était John » et c’était un homme corpulent à la chevelure blond clair. Ils habitaient dans une petite cabane et possédaient une petite ferme grâce à laquelle ils survivaient.
Je demandai à Dave pourquoi ce fut cette Mary qui fut choisie et comment il se retrouva dans son ventre. « Je me suis installé en elle une nuit d’hiver, dit-il, tout le monde dormait et il restait quelques braises dans la cheminée. Je suis entré dans son ventre. Je savais que c’était là que je voulais aller. Alors elle devint enceinte. Elle était couchée et elle dormait et moi je me suis blotti en elle. » J’interrompis Dave pour lui faire observer que pour qu’une femme tombe enceinte, ses ovules doivent être fécondés. Il m’expliqua alors que Mary et John venaient de faire l’amour, que « l’ovule était fécondé après qu’ils eurent fait l’amour et ce fut lorsque l’ovule fut fécondé » qu’il s’était immiscé en elle.
Je n’insistai pas sur le fait (discordant) que Mary était déjà endormie lorsqu’il « entra » en elle et lui demandai : « Et alors, qu’est-ce qui s’est passé ? »
C’était « sombre et chaud » à l’intérieur du ventre de Mary, son accouchement fut rapide et il se souvenait d’avoir ressenti « une forte pression » et d’être venu au monde « tête baissée ». Il était son premier enfant, mais plus tard, il eut une petite sœur qui mourut très tôt. Dave se mit à pleurer en se rappelant le chagrin de Mary : « Je ne crois pas qu’elle ait vécu très longtemps. » Cette tristesse avait aussi pour cause la guerre civile et la propre mort de Dave. « Nous vivions là sur cette ferme et c’est là que j’ai grandi. J’étais un grand costaud et je pense que j’ai dû partir à la guerre. » Il était beau, bon cavalier et servait d’éclaireur ou d’espion pour les confédérés. Il fut fait prisonnier par les soldats de l’Union et pendu. Il avait dix-neuf ans.
Dave suggéra que toutes ces morts dans des vies antérieures devaient avoir quelque relation avec le fait qu’il ne fut pas, dans celle-ci, envoyé au Viêt-Nam. « Des types de mon âge y sont allés. Pas moi, cette fois. Je me suis senti frustré pendant toutes ces vies » de n’avoir pu devenir un adulte. « Je n’ai pas reçu d’affectation », m’écrivit plus tard Dave en réponse à mes questions. « Ils tiraient à la loterie selon votre date de naissance afin de déterminer qui serait engagé et dans quel ordre. Ma date à moi est sortie en numéro 353 et ils n’ont jamais envoyé autant de gens. D’autre part, je n’aurais certainement pas été pris cause à de mon œil. »
Je demandai à Dave de revenir sur Velia. « Eux » non plus ne vivent pas pour toujours, dit-il, mais Velia avait été à ses côtés au cours de toutes ces vies passées. Il affirma qu’il l’aimait. « Elle est toujours là. Sa présence est palpable. » Il pense que sa première rencontre avec elle remonte à l’époque où il était un petit Indien d’Amérique. Il avait environ quatorze ans et se trouvait près d’un fleuve lorsqu’il l’aperçut « remontant le fleuve dans les airs en suivant le tracé d’un sentier ». Il fut surpris de la découvrir au point d’en être « transi de peur car il ne savait pas qui elle était ». Je demandai à Dave à quoi elle ressemblait. « Comme elle est toujours, répondit-il. Elle avait la peau grise, une tête volumineuse, de grands yeux noirs et me dit que je ne pouvais pas vraiment savoir quelque chose sur elle... Elle était comparable à un esprit... Elle m’a littéralement mis sur le flanc... Je n’avais pas le choix. Je me suis retrouvé par terre (plus tard il dira qu’elle l’a fait léviter pour mieux le « terrasser »)... Elle me parla un instant puis elle s’en alla... Ensuite je me suis relevé et je me suis senti heureux que cela soit arrivé - c’était un peu comme avoir été choisi. »
Il discuta de cette rencontre avec un sorcier : « Il les appelle les gardiens », dit-il. Le sorcier, lui aussi, « décrivit les mêmes circonstances qui se produisent au cours de telles expériences et ce qui arrive aux élus », et il expliqua que les gardiens « essaient de vous mettre davantage en contact avec la partie spirituelle qui est en vous ». Je demandai à Dave comment ils procèdent. Il me répondit : « Simplement en étant dans les parages, accessibles à votre être intérieur et ce par leur propre puissance. » Je demandai encore s’il se souvenait d’autre chose à propos de la rencontre au bord du fleuve. « Velia a dit que si nous devions perdre le contact avec la Terre, cela serait très mauvais pour nous... comme si ce contact avec la Terre faisait partie de notre spiritualité, de la part de spiritualité en nous... et du monde de la nature, et du Tout. »
Velia lui dit encore (télépathiquement comme toujours) qu’un jour il apprendrait des choses sur les aigles. « Les Indiens savaient que les aigles étaient spirituellement importants, qu’ils symbolisaient quelque chose, qu’ils étaient une partie du Grand Esprit. » Elle lui révéla aussi qu’elle avait « souci de lui » et qu’elle veillerait toujours sur lui. Après la rencontre avec Velia, Dave aperçut une panthère noire ; il pense qu’il reçut ce nom de Panthère-près-de-la-Crique, m’écrivit-il plus tard, « parce qu’une panthère avait été observée près de la crique » le jour où il était né. « Aussi, lorsque je vis cette panthère noire près de la crique après cette rencontre, j’ai interprété cela comme un bon présage. C’était un type de synchronicité similaire à ce que je connais actuellement. »
Je lui demandai s’il en savait plus sur Velia qui semblait exister sous une forme ou une autre que Dave soit ou non incarné dans une vie. C’était difficile pour Dave de répondre : « Je ne pense pas que ce soit la même chose quand vous êtes mort - au même titre que vous ne pouvez pas la poursuivre comme un être corporel. » Cela devait signifier, du moins je le suppose, que même si elle existe sous une forme désincarnée et que vous êtes vous-même humainement mort, il vous est difficile de la trouver. Néanmoins, « elle serait toujours vivante », à ceci près que sa forme désincarnée « n’a pas autant d’importance que son être. Ce sont des êtres beaucoup, beaucoup plus spirituels... Ils veulent que nous sachions, ajouta-t-il, que ce n’est pas la matière qui en nous est l’essentiel, et que c’est cette même matière qui nous crée tous ces problèmes ». Je demandai à Dave d’être plus précis. « En tant qu’indien près de la Terre, vous êtes vraiment un être spirituel, dit-il, et quand vous vous en éloignez pour vous ancrer davantage dans la matière, c’est alors à votre détriment. »
Nous arrivions à la fin de cette séance et Dave éprouvait une grande tristesse au souvenir de ce passé de petit garçon dans la montagne et il tentait d’imaginer comment les choses avaient été avant l’arrivée de l’homme blanc. « C’est ce qui a déclenché en moi cet intérêt pour le spirituel dans cette vie-ci, et je ne cesse d’y penser... Je regrette cette époque où les arbres étaient immenses et où tout était pur... » Voilà pourquoi, expliqua-t-il, après avoir vu un ovni à l’âge de dix-neuf ans, il commença à lire les ouvrages de Don Juan. Il cherchait à retrouver les connaissances des anciens Indiens et admirait la façon dont ceux-ci savaient rester proches de la Terre.
Après la régression, Dave établit un lien entre le fait qu’il ne voulut jamais quitter la maison tout le temps que ses frères grandirent, alors que parfois il aurait bien aimé voler de ses « propres ailes », et sa mort prématurée dans les deux vies antérieures que nous avions explorées. « Je ne voulais pas quitter mes frères cadets parce que c’étaient des enfants, vous savez. Je voulais les voir grandir, je voulais vraiment les voir grandir... Et cela est devenu très important pour moi quand j’eus atteint mes dix-neuf ans... À ce moment-là je pensais qu’ils allaient bientôt avoir cet âge-là, eux aussi, et la différence est grande quand vous passez de quatorze ans à dix-neuf ans. Je voulais, pour chacun de mes frères, assister à cette transition. »
La veille de la dernière régression que nous avions projetée, Dave découvrit qu’il avait eu un jour une vision, plusieurs années avant d’avoir été un espion capturé pendant la guerre civile. Il révéla également que Mary, sa mère vivant dans cette petite ferme de Virginie, était en fait Charlotte Hampton : « Mais j’avais peur d’une telle révélation. » Cela nous conduisit à discuter de la réalité des expériences de vies antérieures. Je suggérai l’idée que la conscience pourrait être une sorte « de substrat perpétuel » et que cela nous rendrait potentiellement identifiables à n’importe quel objet du cosmos ne dépendant plus que de telle ou telle tâche à accomplir dans le domaine de l'évolution. Le docteur Shirali cita ce point de vue hindouiste qui veut que « le tout divin se trouve également à l’intérieur de nous-mêmes. Le brahma est la totalité, et la partie est le reflet du tout et le tout se reflète dans chaque partie... Le temps ne peut être linéaire ». Dave répondit à ces propos en affirmant que « seulement une partie » de lui-même s’était trouvée en compagnie de Velia auparavant.
Julia, qui avait elle-même fait l’expérience de remonter des vies antérieures, fut très émue par cette régression. Elle commença à pleurer au fur et à mesure que, sollicités par ce qui se produisait dans mon cabinet, de nouveaux détails lui parvenaient de son propre lointain passé. « Je trouve mes propres réponses », dit-elle. Elle remarqua que plus d’une personne « pouvait potentiellement accéder à une même vie antérieure ». Elle avait aussi apporté un croquis qu’elle avait fait d’une sonde anale, qui correspondait très exactement à ce qu’avait dessiné Dave de son côté, à ceci près que l’appareil de Julia était « ouvert » et celui de Dave « fermé ». « La seule raison qui me l’a fait percevoir ouvert, dit-elle, c’est parce que le docteur me l’a montré. »
Dave appelé cette séance « la a pierre de faîte » parce qu’elle étayait tout un ensemble d’informations. Je lui demandai quel rapport établissait entre son caractère il infantile actuel et ses morts adolescentes successives dans ses vies antérieures. « J’ai aujourd’hui trente-neuf ans, bientôt quarante, et je ne me comporte pas du tout comme on le fait normalement cet âge, à dit-il. À présent, je comprends pourquoi... Je suis un gosse pseudo-homme. » Dix-neuf ans, fit-il en fin de séance, aura toujours été « l’âge le plus difficile ». Lorsqu’il atteignit cet âge, ainsi que ses frères ensuite, il avait craint que ceux-ci « n’y parviennent pas ».
Je conversai avec Dave quelques jours après qu’il fut rentré chez lui en Pennsylvanie. Ses expériences l’avaient profondément secoué et il lui fallait du temps pour les assimiler. Il se sentait un peu seul dans cette épreuve et il marchait beaucoup, essayant de « faire le point ». Sa femme, disait-il, « ne peut pas me suivre trop loin », et le maître Joe était très occupé, même s’il admettait la validité des expériences de vies antérieures comme cela était enseigné dans le bouddhisme. Au début du mois d’avril, Dave m’envoya un courrier où je compris qu’une meilleure intégration de tout le matériel mis au jour au cours de nos séances de travail s’opérait. « Cela donne du sens à toute chose dans cette vie-ci. Ce qui se trouve au sommet de la montagne n’est plus un mystère pour moi. »
Dave résolut le problème soulevé par ses contacts avec Charlotte Hampton, qui était en fait sa mère durant la guerre civile, en les reliant à la nécessité d’« ouvrir les voies du chi ». Le 25 mars, il dîna avec elle à Philadelphie : « Nous nous sentions tellement bien ensemble que c’en était surnaturel. » Julia lui révéla aussi qu’elle avait été cette petite sœur morte en bas âge dans cette même famille de Virginie, ce qui expliquait cette connexion qu’ils avaient maintenant. « Votre travail nous a tous réunis dans cette vie présente », m’écrivit-il.
Au début juin, nous eûmes une longue conversation au téléphone. Dave se sentait beaucoup mieux et faisait d’énormes progrès auprès du maître Joe. Il avait « trouvé ses mains », comme il disait, au cours d’un rêve, ce qui, lui avait-on enseigné, représentait une étape importante dans la maîtrise du chi et lui permettait désormais de voler dans ses rêves. Des gens commencèrent à le solliciter pour des conseils, dont un jeune et excellent karatéka de dix-sept ans (recommandé par le maître Joe en personne) qui avait eu des expériences d’enlèvement depuis l’âge de cinq ans. Quelques jours plus tard, Dave révéla à Pam qu’une jeune fille lui avait spontanément déclaré que « les êtres ont un endroit à eux au sommet de la montagne », ce qui le sonna littéralement. Il lisait à ce moment-là un ouvrage qui mettait en scène une femme qui devenait chaman et qui avait des expériences d’enlèvement : il eut alors l’idée de tisser des liens entre le chamanisme et les kidnappings.
Fin juin, Dave m’adressa une autre longue lettre bourrée d’« étranges coïncidences » et de nouveaux rapprochements pertinents entre les gens qu’il connaissait dans cette vie-là et dans les autres qui ont précédé. La spiritualité rattachée aux anciens Indiens d’Amérique, le chamanisme, les mystérieux pouvoirs de la nature, les autres réalités, le chi, le karaté, la maîtrise des rêves, les enlèvements ovnis, les vies antérieures et la multiplicité des phénomènes de synchronicité semblent donc se présenter comme les pièces d’un puzzle complexe que Dave, selon les termes du maître Joe, va devoir apprendre à rassembler.
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Commentaire
Le cas de Dave illustre à la perfection le fait que les phénomènes d’enlèvement ne doivent en aucun cas être étudiés isolément. En effet, les expériences d’enlèvement de Dave sont reliées à toute une série d’autres forces et énergies naturelles avec lesquelles il a toujours été en contact depuis son enfance. Notons le respect profond de Dave pour la nature et ses mystères, son intimité avec les valeurs et le chamanisme traditionnels des anciens Indiens, son sens particulier de la signification spirituelle de certains animaux (notamment l’aigle et le daim) et une détermination à réussir à maîtriser le « chi » qu’il définit comme « la force qui anime l’univers d’où procède la réalité ». Au fur et à mesure que Dave s’ouvrait à ces réalités ainsi qu’à d’autres phénomènes naturels ou à des enseignements spirituels, le monde devenait un lieu d’émerveillement et de crainte sacrée, la terre elle-même se sacralisant tous les jours davantage. Cette évolution chez Dave s’accompagnait de « coïncidences » apparemment signifiantes et en nombre remarquable (les synchronicités) qui, rassemblées, donnaient à penser à un schéma, une trame de connexions, une sorte de projet dans ce cosmos que Dave habitait.
La montagne Pemsit, près de laquelle Dave avait grandi, est un haut lieu de traditions indiennes, un endroit extrêmement « chargé », souvent associé, par les populations locales, à des histoires d’ovnis. Une observation extrêmement spectaculaire s’était produite d’ailleurs aux alentours de cette montagne lorsque Dave avait dix-neuf ans, avec pour autres témoins un ami et un de ses frères, sans que ceux-ci se soient trouvés ensemble. La presse avait confirmé les faits. Ce fut un moment décisif dans la vie de Dave. Au cours de cette vision, où il crut apercevoir les yeux noirs d’un extraterrestre qui plongeaient droit sur lui depuis le vaisseau, il se décida à lire tout ce qui lui tombait sous la main sur le sujet. Il voulait savoir ce qui se cachait à l’intérieur d’un ovni. Il découvrit même des textes bouddhistes tibétains qui semblaient parler des ovnis comme de réalités allant de soi.
Les expériences d’enlèvement elles-mêmes qu’a connues Dave n’ont pas échappé au caractère traumatique et humiliant qui est le lot commun de tous les kidnappés. Comme les autres, il a su ce que c’était d’être emmené de force hors de son foyer ; il a subi des prélèvements de sperme et l’horreur de l’introduction de sondes anales, bien que les extraterrestres ne cessassent de le rassurer en prétextant qu’ils se livraient à des tests de bonne santé. Mais comme nos explorations communes se sont effectuées alors que la personnalité de Dave était en pleine évolution accélérée, Dave a pu mieux gérer sa détresse et sa rage en développant parallèlement un sens de la curiosité, de l’émerveillement devant tout ce qui se révélait à lui, et un renoncement progressif à maintenir un contrôle là où un processus d’une puissance impensable ne laissait à cet égard aucun espoir. Dans ce contexte, il prit conscience qu’un lien d’amour spécial le rattachait à un être femelle protecteur qu’il appelle Velia et qu’il connaît depuis qu’il a trois ans. Notre travail nous a révélé par ailleurs qu’il la connaîtrait en fait depuis bien plus longtemps que cela, notamment dans des vies antérieures.
Velia semble être l’agent principal présidant à l’évolution de conscience de Dave. Nos investigations ont précisé qu’elle communiquait avec lui télépathiquement et qu’elle lui a transmis des messages concernant les dangers que courent notre survie et celle de la planète tout entière, ou ceux qu’entraînerait fatalement la rupture du lien émotionnel et spirituel avec la nature. Grâce à Velia, cette identification que Dave entretient avec le respect de la nature, typique des anciens Indiens, peut être rattachée au rôle contemporain qu’il s’est choisi en cherchant à militer pour le retour à ces valeurs. À ce propos, il est intéressant de noter qu’au cours de notre dernière régression, Dave mit le doigt sur le fait que les sorciers des anciennes tribus connaissaient déjà les extraterrestres, les considérant comme des « gardiens » ou des protecteurs de la nature.
Inutile de préciser que tout ce que nous venons d’exposer ici n’a strictement aucune résonance dans les systèmes de pensée ou les paradigmes ontologiques qui font autorité actuellement dans le monde occidental. Les forces invisibles de la nature, des intelligences cosmiques qui veillent sur notre destinée, des êtres qui pénètrent dans notre monde sous des formes physiques mais qui ne sont pas eux-mêmes des êtres physiques, des histoires de vies antérieures et mêmes des ovnis ! Pensez donc ! Et pourtant, Dave n’est pas le genre de personnalité qui prête aisément le flanc à des expériences de ce type qui donc expliqueraient (pathologiquement, j’entends) les phénomènes dont il a été l’objet. En effet, c’est un garçon pratique, travaillant dans le bâtiment et proche des réalités matérielles. C’est un être très respecté de son entourage et qui exerce la même activité depuis quinze ans. Rien en lui ne donne à penser qu’il est atteint de troubles pathologiques. Il n’a rien d’un rêveur, d’un fantasmeur ou d’un mythomane. Comme la plupart des kidnappés, il aura même résisté avec une constance remarquable avant d’accepter la réalité de ses expériences d’enlèvement. Dans la première régression, il n’a pas hésité à traiter d’« anormales » les informations qu’il avait glanées, même ayant eu des souvenirs conscients de rencontres extraterrestres avant notre entretien. Certains pourraient prétendre que Dave aura été influencé par ses lectures, mais, nous l’avons vu, le processus s’est effectué en sens inverse : ce n’est qu'après avoir vécu des expériences qu’il a cherché à s’informer dans des ouvrages traitant de ces sujets parce qu’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait.
Le cas de Dave nous oblige malheureusement à nous poser encore une fois la même question, celle que tous les autres kidnappés soulèvent systématiquement : comment devons-nous considérer la conscience elle-même en tant qu’instrument de connaissance ? Nous nous trouvons devant un échantillonnage de preuves physiques qui corroborerait les expériences de Dave - observations d’ovnis en même temps que d’autres nombreux témoins, une cicatrice inexplicable en forme de croissant apparue après un kidnapping, un réseau d’événements trop complexes, trop étendus et trop imbriqués les uns dans les autres pour être attribués au seul hasard. Malgré cela, la preuve de l’existence d’un autre monde, invisible et pourtant puissant dans son influence, repose largement, dans le cas de Dave, sur les rapports de ses expériences, l’intensité des émotions avec laquelle il relate les faits et le jugement de l’enquêteur quant à la sincérité et à la véracité des communications ainsi obtenues. Sur ce dernier point, pour moi, cela ne fait aucun doute. Finalement, Dave nous a quittés avec le choix soit de rejeter en bloc toute cette aventure considérée alors comme le produit d’une sorte d’aberration mentale ou de névrose collective, soit de considérer que la conscience peut être conçue comme un instrument de connaissance possible et que la réalité envisagée par les méthodes empiriques occidentales est réduite à des limites inacceptables.
Les expériences de vies antérieures de Dave appellent quelques commentaires car elles fournissent une explication alternative à certains aspects de sa vie et de sa personnalité qui autrement ne seraient fondés que sur sa biographie actuelle. Je n’ai, en effet, rien trouvé dans sa famille ou son histoire personnelle qui justifiât ce caractère d’éternel adolescent qui me paraît assez inhabituel chez un homme de trente-neuf ans. Par exemple, n’entretenant pas de « dépendance » envers le foyer parental, on s’explique mal ce qui l’obligeait à demeurer coûte que coûte au sein de la maison familiale tant que ses frères cadets n’avaient pas atteint l’âge de dix-neuf ans. Or au cours de deux précédentes vies antérieures, il mourut, adolescent, de mort violente (expériences revécues avec beaucoup d’émotion dans la troisième régression), ce qui rendrait compte de son angoisse et de ses propres craintes à devenir complètement adulte. Certains encore argumenteront, comme on le fait traditionnellement, en disant que ses expériences de vies antérieures ont été suscitées par une imagination exaltée en relation avec les valeurs indiennes et les histoires de guerre civile. Mais le contraire est tout aussi probable, c’est-à-dire que les expériences de vies antérieures de Dave, qui continuent à imprégner sa conscience, sont de formidables sources d’inspiration pour son imagination.
Le cas de Dave met également en lumière un des plus passionnants mystères dans lesquels baignent les phénomènes d’enlèvement : la création ou la mise en scène, on suppose par les extraterrestres eux-mêmes ou les intelligences qui les gouvernent, d’autres réalités physiques (voir à cet égard les cas de Catherine et de Carlo, aux chap. 7 et 14). Son épopée abonde en pièces ou salles de toutes sortes, comme cette salle à manger dans la première régression, qui ne sont pas tout à fait les mêmes que dans le quotidien connu ; et puis on découvre des paysages avec des grottes ou des chemins qu’on ne retrouve plus sur le terrain par la suite. Ce qui n’est pas pour nous rassurer, loin de là. Car nous voilà du même coup confrontés à une réalité physique que nous pensions stable et sûre et qui devient soudainement affreusement arbitraire, fluctuante et inconnue... Or c’est là que nous habitons ! Et tout ce qui semble suffisant et nécessaire en l’occurrence pour qu’un de ces changements insolites et dangereux s’opère à notre grand désarroi, c’est le choix pur et simple de quelque intelligence inconnue dont la puissance nous demeure inconcevable. Les phénomènes dont il est question ici ne peuvent que nous répéter ce même message : contrairement à ce que nous pourrions croire, nous n’avons vraiment que très peu de contrôle sur la pseudo-réalité qui nous entoure.
En conclusion, le cas de Dave nous parle essentiellement de la puissance, de la formidable énergie du spirituel comme du matériel qui résident dans la nature. Grâce à son travail de karatéka sur le chi, Dave essaie de parvenir à la maîtrise des expressions de cette même énergie qui vibre en lui ; et en cela il est la démonstration que dans cette vie une maîtrise constructive est possible. Peut-être est-ce même la leçon principale à tirer de ce cas. Dans la lettre du 8 avril qu’il m’a fait parvenir, Dave m’écrivait que la montagne Pemsit était « un lieu de haute puissance. C’est pourquoi les visiteurs s’y rendent... La puissance est un mystère qui nous demeurera toujours incompréhensible. Tout ce que l’on peut apprendre, c’est à la maîtriser. Peut-être est-ce de cela que l’humanité a besoin, apprendre à maîtriser sa propre puissance ».
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