Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements
3. Vous vous souviendrez quand cela deviendra nécessaire
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Vous vous souviendrez quand
cela deviendra nécessaire
Ed a environ quarante-cinq ans et travaille comme technicien dans une entreprise d’électronique du Massachusetts ; il est marié à Lynn qui est écrivain et partage avec elle un intérêt pour les sciences et les techniques modernes. Un jour de l’été 1989, Ed et Lynn se promenaient dans les environs d’Ogunquit, dans l’État du Maine, et plus particulièrement le long de Marginal Way, un sentier à flanc de coteau qui borde le rivage déchiqueté sur plusieurs kilomètres. Soudain, Ed se sentit tendu, maussade, avec l’envie de s’isoler. Il se mit ensuite à transpirer et, inquiet, saisit vigoureusement la main de Lynn. Il ne comprenait pas pourquoi cette bouffée d’angoisse lui fondait dessus. C’était un adepte de la méditation et, à ce titre d’ailleurs, Ed est persuadé que cela l’a beaucoup aidé par la suite à faire remonter d’importants souvenirs. Ed avait aussi vécu dans l’enfance quelques frayeurs qui sont probablement à relier avec des phénomènes d’enlèvement. On abordera ces problèmes un peu plus loin, au moment où il sera question des séances d’hypnose. Depuis sa prime jeunesse, Ed a toujours eu très peur des cabinets médicaux et des opérations- « et tout ce qui s’y rapporte » - même avant d’être opéré des amygdales, vers l’âge de neuf ans.
Un autre jour, en bordure de mer, peut-être une semaine après sa promenade à Ogunquit et à la suite d’une journée de repos, raconte-t-il, « ça m’est revenu ». Ed commença à se souvenir d’une expérience au cours de l’été 1961 alors qu’il était au collège. Pendant les mois qui suivirent, beaucoup de détails lui revinrent en mémoire à travers ce qu’il appelait des « flash-back » (littéralement, des « retours en arrière »). Ed s’intéressait déjà à ce qu’il nomme « l’intelligence extraterrestre ». Le résultat de ces rappels de souvenirs fut qu’il se plongea dans l’étude des phénomènes ovnis et assista à une conférence donnée dans le New Hampshire par le MUFON (Mutual UFO Network = Réseau mutuel sur l’étude des ovnis, où des citoyens ordinaires rassemblent leurs observations). Plusieurs personnes qu’il rencontra à cette occasion lui suggérèrent de prendre contact avec moi, et c’est ainsi qu’il téléphona à mon bureau en juillet 1992. Depuis lors, j’ai eu l’opportunité d’interroger longuement Ed et Lynn et d’hypnotiser Ed dans le but d’obtenir davantage de détails sur son expérience du temps du collège. Lui et sa femme ont également participé à mes réunions de groupe.
Le cas d’Ed est important pour deux raisons principales. La première est que la période où son expérience, ainsi que sa remémorisation, a eu lieu, indique un processus extrêmement puissant et structuré d’information d’abord reçue, puis stockée, ensuite ramenée à la mémoire consciente et enfin intégrée. La deuxième raison est que le récit que Ed a pu faire en étant plongé dans une sorte de transe semble être, comparativement à ce que l’on sait des phénomènes d’enlèvement, beaucoup plus plausible que le compte rendu qu’il pouvait fournir d’après ses souvenirs conscients. Cela plaide bien sûr en faveur de l’hypnose qui serait ainsi un moyen véritablement efficace pour faire revenir à la surface des souvenirs signifiants de kidnapping et collant à la réalité (quelle que soit la source de ces expériences qu’il nous sera donné par la suite de définir), et suggère l’idée que l’hypnose, du moins dans les cas d’enlèvement extraterrestre, se révèle être un outil plus clarifiant qu’embrouillant.
Venons-en l’histoire du jeune Ed et de son enlèvement tel à
qu’il s’en est souvenu lors de notre première entrevue, le 23 juillet 1992. Cet exposé sera suivi d’informations complémentaires riches et détaillées qu’il aura livrées sous hypnose le 8 octobre, ce qui ajoute du sens et de la cohérence à son premier récit comme au reste de son existence. Ed a également quelques souvenirs, un peu moins clairs, de ses premières rencontres durant l’enfance.
En juillet 1961, il partit avec son ami Bob Baxter et les parents de ce dernier faire une excursion le long de la côte du Maine. Une nuit où il était tombé un épais brouillard, ils s’arrêtèrent sur la côte sauvage ; Ed ne se souvient pas de l’endroit exact, si ce n’est qu’il se trouvait au nord de Portland. Les Baxter s’installèrent dans une cabane tandis que les garçons dormaient dans la voiture garée non loin, les deux sièges avant ayant été baissés pour former une couchette. Le véhicule se trouvait une centaine de mètres de à la mer. Ed et Bos trouvaient cela « hyper excitant » et « spéculaient sur les grandes rencontres qu’ils allaient faire sur la plage ». Ed pense qu’il était déjà endormi lorsque, dit-il, la « première chose dont je me souvienne est que je me trouvais au-dessus d’un précipice » dans une espèce de « cosse » retenue au-dessus par quelque chose « qui ressemblait à une bulle de verre ». Il était tout nu dans ce petit habitacle aux murs incurvés et translucides. À l’intérieur, il faisait chaud et on se sentait en sécurité, mais Ed pouvait voir les embardées que son esquif faisait et « entendre au-dehors le vent souffler par rafales ». Il croit même avoir perçu des bribes de musique classique légère et mélodieuse provenant probablement des maisons alentour. Il ne fait aucun doute pour Ed que tout cela est réellement arrivé, même s’il qualifie son expérience d’aventure « au-delà du langage ».
Dans la bulle se trouvait un autre personnage : une créature féminine toute menue avec de longs cheveux fins et raides d’un blond argenté. Même en ne parvenant pas à se souvenir d’expériences d’enlèvement antérieur, la créature « avait des traits qui lui étaient familiers », et Ed retrouva de vagues réminiscences « extrêmement sinistres » concernant « quelque chose à ce moment-là » qui lui venait de l’enfance. L’entité femelle possédait une toute petite bouche et un nez minuscule, d’immenses yeux sombres à l’éclat intense, et « une espèce de tête de forme triangulaire » pourvue d’un front « qui n’en finissait plus ». « J’étais mal à l’aise chaque fois qu’elle me regardait parce que je sentais qu’elle lisait tout dans mes pensées. » Il la jugea « étrange au point d’en devenir séduisante » et eut la sensation d’être « un peu conscient ». L’entité, qui devait probablement recevoir tous ces messages, « lui tendit une sorte de couverture ou de grande sortie de bain ou quelque chose du même genre ». Elle semblait deviner toutes ses pensées sans qu’il ait besoin de prononcer la moindre parole, prenant soin, par exemple, de rassurer Ed, en lui faisant comprendre qu’ils étaient en sécurité et qu’ils n’allaient pas s’écraser sur les rochers au-dessous d’eux. Ed éprouva une excitation sexuelle, et la créature était « réceptive » à son excitation. Bien que son esprit restât flou quant à ce qui se passa ensuite, Ed affirma : « Nous fîmes l’amour. » Selon Ed, cet acte était comparable à celui des humains entre eux avec « mille caresses au niveau de la poitrine », pénétration et participation active des deux partenaires. Il est intéressant de noter que, bien que Ed fût alors puceau, il ne se souvint pas de cet épisode et arriva toujours comme un puceau quelque temps après à sa première expérience sexuelle.
Après l’acte sexuel, que Ed qualifia de « formidable » et de « génial », il sentit que l’entité féminine voulait en arriver au fait en sortant « un gros agenda » : « Vous savez cela, on s’occupe d’abord des besoins les plus urgents, et puis on passe à la leçon. » Son attitude d’ailleurs correspondait tout à fait à : « Eh bien maintenant, passons aux choses sérieuses... exactement comme un prof. Vous accaparez d’entrée de jeu l’attention de vos élèves en leur racontant une bonne blague, juste pour les faire taire, exciter leur curiosité ; c’est une façon de les amener à [...]. C’est alors qu’elle commença à m’expliquer des choses. » Ed voulut prendre des notes afin de s’en souvenir plus tard, mais elle l’en empêcha et : « [...] Elle se contenta de me rendre réceptif à ce qu’elle disait, comme si l’information passait directement de son esprit au mien. » En constatant qu’il se sentait quelque peu frustré, elle le rassura : « Vous vous en souviendrez quand cela deviendra nécessaire. »
Au cours de notre entrevue, Ed arriva à se rappeler que le contenu du message que l’entité femelle lui avait communiqué était assez rudimentaire, mais il se souvint très bien d’être resté « abasourdi » et « bouche bée ». Il avait été élevé dans la tradition catholique romaine, avait assidûment suivi le catéchisme, et rien ne l’avait préparé à recevoir des messages d’une telle portée spirituelle et cosmique. D’une certaine manière, les extraterrestres lui avaient ouvert la conscience. « Elle me ficela dans mes émotions et à un moment donné de notre rencontre, peut-être celui des caresses, ou bien de l’acte sexuel, ou encore à l’instant de l’orgasme, pour procéder en quelque sorte soit à une évaluation de ma typographie émotionnelle et mentale, soit à une acceptation de ma part de continuer et de passer à la phase deux, elle me regarda et dit : “ Alors, vous vous sentez prêt pour passer à l’étape suivante ? ” »
Certaines informations concernaient « la façon dont l’humanité se conduit en termes de politique internationale, d’écologie, de violence, de ressources alimentaires, etc. Et elle continua à m’expliquer que les lois de l’univers fonctionnaient comme ça, en laissant planer la probabilité qu’en perdurant dans la mauvaise voie, l’humanité sait ce qu’elle encourt inévitablement. Les lois sont ainsi et les humains ne font que des bêtises, alors forcément, bang ! Vous savez, c’est inévitable ». Le père de Ed était mécanicien dans une grosse entreprise commerciale de la Nouvelle-Angleterre et l’idée de Ed, inculquée par les « valeurs familiales », était de devenir technicien à son tour ; aussi étudia-t-il l’électronique et aida-t-il ainsi son pays à « damer le pion à ces sacrés communistes... Fallait développer la technologie en prenant de vitesse les cocos avant qu’ils puissent en faire autant et nous anéantir ».
Bien que l’information dispensée par l’entité fût pour une bonne part nouvelle pour Ed, « cela avait un sens » malgré tout. En effet, Ed posait « un regard scientifique sur les choses », et cette entité « expliquait les choses en termes logiques, scientifiques... employant et détaillant une série de concepts reliés les uns aux autres qui exprimaient les lois de l’univers. Et vous le savez parfaitement, vous, les petits génies de cette planète, que c’est ainsi que les choses se déroulent lorsque vous faites ceci ou cela, et que vous n’hésitez pas à risquer de rompre finalement l’équilibre et l’harmonie, ce qui arrivera fatalement tôt ou tard. Et moi, je me trouvais là, oh ! mon Dieu ! On aurait dit qu’elle m’offrait cette chance, ce mécanisme de sauvegarde qui consistait à bien ancrer cela au plus profond de moi-même... Et j’étais assis là, voyez-vous, comme, oh ! Seigneur, comme si le ciel m’était tombé sur la tête... avec cette angoisse terrible à propos de l’humanité et de la voie qu’elle suivait vers... une catastrophe mondiale ».
Ed fut informé de la nature hautement destructrice de la voie que nous suivions, et qui menaçait tout autant la « planète des humanoïdes ». Ed sent bien à présent que sa psyché est désormais et pour toujours transformée par cette rencontre. « De quelle manière ? Elle me dit que si j’y consentais, mes émotions, mes connaissances et l’ensemble de mes perceptions seraient peu à peu modifiés, et que mon mode de fonctionnement intérieur deviendrait légèrement différent. L’analogie la plus juste que je puisse faire serait de dire que dans un ordinateur, quelques éléments du disque dur et quelques autres du logiciel vont être changés ; aussi, lorsque vous commencez à travailler dessus, vous ne vous apercevez pas tout de suite de ces transformations, mais tout à coup, à la faveur de telle ou telle opération, vous vous dites : “ Tiens, ça ne donne pas la même chose que d’habitude... En tout cas, les opérations s’effectuent plus rapidement. Mon ordinateur semble avoir de meilleures capacités. ” » L’entité assura également Ed qu’il ne serait plus importuné par des incursions extraterrestres traumatisantes. « Elle sentait que j’étais conscient d’avoir vécu antérieurement d’autres expériences de ce genre mais avec un type d’extraterrestre négatif et c’est alors qu’elle me dit : “ Oui, oui, oui, mais c’est maintenant du passé. Ça ne se reproduira plus. Ils ne pourront plus venir vous ennuyer. ” » Elle « fit référence à... son propre peuple, celui des extraterrestres positifs, et parla d’eux comme d’un groupe qui venait d’ailleurs » et « expliqua que l’équipe qui travaillait avec elle était là pour la “ soutenir ” ».
Après cette rencontre, Ed s’étonna de s’aventurer à faire des déclarations sur des sujets sociaux, politiques et scientifiques d’une manière tout intuitive et quelque peu impulsive ; aussi « les copains n’en revenaient pas et disaient : “ Il est un peu bizarre » Tout en n’ayant pas suivi de grandes écoles au sens académique et conventionnel du terme, Ed constata qu’il avait désormais un sens plus développé des sciences physiques et de la chimie modernes : la relativité selon Einstein, la micro et la macro-physique, la courbure de l’espace et les paradoxes au sein des lois scientifiques n’avaient plus de secrets pour iui. Il découvrit aussi qu’il pouvait faire de véritables conférences sur toutes ces questions auprès des plus jeunes dans son collège et on disait de lui : « Ouais, il est doué. » Ces changements devenant de plus en plus flagrants, ses professeurs commencèrent à s’interroger.
Ed avait l’intention de devenir un super-technicien à la gloire de son pays, mais une fois arrivé dans l’école d’ingénieurs, il se retrouva « glacé jusqu’à la moelle » émotionnellement parlant, « irrité, frustré et désespéré ». Au bout d’à peine un semestre, il bifurqua vers un petit collège littéraire où il essaya « de comprendre ce qui crée une civilisation et de quoi se composent la nature ainsi que la structure de la civilisation humaine en particulier ». Il s’intéressa aux « grands mouvements de l’histoire, à Rome, à la Grèce antique, etc. » et à tout ce qu’il nomme « la quête supérieure ».
Même s’il sait qu’il ne fera plus de rencontres, ses expériences du temps de son adolescence lui reviennent en mémoire et il lui arrive souvent d’avoir des flash-back ou des images subites de la crique ou tout autre lieu géographique où ce type d’incident s’était déroulé. Depuis l’âge de vingt ans jusque bien après la trentaine, il fut essentiellement un solitaire. Il était obnubilé par l’image de femmes blondes et lorsqu’il faisait de la bicyclette, chaque fois qu’il apercevait de loin une femme de taille menue avec de longs cheveux blonds, il se mettait à pédaler comme un dingue pour s’approcher d’elle et la regarder et il pensait : « Bon Dieu, serait-ce elle ? » Mais il était toujours déçu que « ce ne fût pas elle ». Ed tout comme son épouse Lynn avaient des ancêtres nordiques. Ils s’étaient rencontrés au sein d’un organisme culturel où ils étudiaient tous deux la littérature et l’histoire de l’Europe du Nord. Lynn, en le voyant, eut le sentiment « de l’avoir déjà connu ». En plus de leur intérêt commun pour les sciences et la technologie, la nature et les activités de plein air, Lynn possédait de beaux cheveux blonds. Ils vécurent ensemble durant cinq années puis se marièrent vers la fin des années 1970. Le couple, malgré tous ses efforts dans ce sens, n’a pas d’enfant. Ils sont en butte à toutes sortes de problèmes de fertilité, problèmes peut-être liés aux phénomènes d’enlèvement ; toujours est-il que Lynn fit plusieurs fausses couches. Notons que Lynn elle-même connut un épisode de « temps manquant » ainsi que d’autres expériences qui nous font suspecter qu’elle aussi a effectué des rencontres.
Quand j’ai rencontré Ed, il avait des difficultés à trouver sa propre « niche », il se sentait « paumé dans le désert », et se « tapant la tête contre les murs ». Lynn estime que cela a dû contribuer à ce qu’ils n’aient pu à ce jour avoir d’enfants, car « notre énergie était comme suspendue, attendant qu’on lui redonne le courant ».
Ed s’est toujours senti extrêmement proche de la nature, des bois, des arbres et des plantes, et il a même l’impression de pouvoir « parler aux plantes ». Il a le sentiment d’être un « canal relié à la Terre » et éprouve le besoin désespéré de rassembler les bribes éparses de ce qu’il sait, « tel un bâtisseur » : c’est le défi qu’il s’est lancé à lui-même. Il s’est adonné à la méditation et a étudié la philosophie orientale dans cette lutte acharnée pour trouver sa voie. Lui et sa femme ont le sentiment que cette « traversée du désert », pour Ed, aura été utile et que grâce à toutes ces épreuves il va pouvoir découvrir comment concilier ses engagements écologiques et spirituels et ses aptitudes technologiques et scientifiques.
À la fin de notre première séance de travail, nous discutâmes sur le fait que les expériences de Ed à l’adolescence se produisirent deux mois avant que Betty et Barney vécussent leur fameuse aventure de kidnapping, et Ed exprima, non sans conflit intérieur, son désir de pousser plus avant les recherches dans son passé grâce à l’hypnose, surtout en ce qui concernait les informations données par l’entité femelle dans la capsule suspendue.
Après ce premier rendez-vous dans mon cabinet, Ed sentit monter en lui une certaine inquiétude « au sujet de l’avenir », de l’« éco-instabilité et des menaces qui planent sur notre planète ». Il aspirait à être guidé pour savoir quoi faire et manifestait une grande impatience à poursuivre l’analyse et découvrir « ce qu’elle lui avait révélé ». Il se sentit pénétré d’un grand sens des responsabilités dans le style : « Je ne suis pas comme le neveu de JFK (John Fitzgerald Kennedy) ou un type du même genre... J’ai la terrible intuition que ce qu’elle m’a dit est de la plus haute importance, important pour mon développement personnel - et, j’en ai bien peur, pour celui de la planète elle-même. Ça ne veut pas dire que je joue les messies et que je vais haranguer les foules pour qu’elles me suivent. » Il était déterminé à pousser l’expérience jusqu’au bout pour mettre au jour tout ce qui concernait cette fameuse nuit sur les rivages du Maine, et une autre séance d’hypnose fut décidée pour le 8 octobre, c’est-à-dire onze semaines plus tard.
Avant d’attaquer la régression proprement dite, Ed et moi avons tenté d’en savoir plus sur cette mystérieuse nuit de juillet, l’emplacement de la voiture par rapport au bord de mer (une centaine de mètres environ et de l’autre côté de la route), la cabane où les parents de Bob s’étaient installés, l’aspect joliment escarpé de la nature environnante où ils allèrent tous passer la nuit (ceci comparé au terrain nettement plus accidenté et vertigineux du promontoire au-dessus duquel s’était tenue l’espèce de capsule extraterrestre.) Je lui ai fait raconter en détail comment les sièges de la voiture avaient été rabattus vers l’arrière pour former deux couchettes pour les garçons ; je le questionnai à nouveau à ce sujet lorsqu’il fut mis sous hypnose. Alors qu’il en était aux préparatifs des deux enfants pour s’endormir cette nuit-là, Ed fit référence aux cauchemars nocturnes qui l’assaillent depuis l’âge de quatre ans et qui le font se réveiller en sursaut, la terreur au ventre, hurlant jusqu’à ce que ses parents interviennent : il est généralement question d’un sentier qu’il doit descendre « vers une prairie sur une sorte de voie de chemin de fer, et c’est alors que les traces de cette voie se perdent dans une nuit profonde éclairée par les seules étoiles ». Durant toute la période où il eut ce type de rêve, il éprouva une « profonde angoisse à la perspective d’aller au lit » et avait une peur panique de rester seul dans sa chambre, sans lumière.
Après un travail de relaxation, j’explorai avec Ed plus précisément les détails des préparatifs de coucher. Il décrivit Mme Baxter s’assurant que les deux enfants étaient confortablement installés et n’auraient pas froid et il se souvint que tandis que lui-même s’était glissé dans un duvet, Bob s’était enroulé dans des couvertures. Il se rappela également qu’ils avaient discuté de filles (« on est encore puceaux »). Il entend encore le bruit des voitures qui passaient sur la route, revoit le brouillard qui « pénétrait partout », et se souvient qu’il se sentait « un peu mal à l’aise à propos de problèmes ou je ne sais quoi ». Puis il parla d’« une sorte de fourmillement » qui « progressait et pénétrait jusque dans mon cerveau en commençant par la base du cou ». En me racontant ces faits il commença à « sentir la peur lui monter dans les boyaux ».
Ces picotements augmentèrent et Ed dit alors : « Je sens qu’il y a quelque chose autour de la voiture. » Il pense qu’il était déjà endormi mais il n’en est pas tout à fait certain, rêvant peut-être qu’il était « en train de s’ébattre » avec une jolie fille quelque part sur une plage. Mais c’est à ce moment-là qu’il aperçut une ou deux silhouettes à travers la vitre, un « couple de choses d’apparence vaguement humaine mais bigre ! comme ils ont de gros yeux ! En tout cas, ce n’étaient pas des araignées, et pour moi, ce n’était certainement pas un rêve ». Les silhouettes « n’avaient pas l’air d’humains normaux ». Elles avaient d’énormes yeux gris-noir, ou tout noirs, et tellement intenses, et de toutes petites bouches. Et puis des « petits machins à la place des oreilles... À cause de ce satané brouillard, je n’arrive pas à distinguer à quoi vous ressemblez exactement, les mecs, en tout cas, vous êtes des petits malins. Vous connaissez l’art du camouflage ». Ces êtres étaient d’« un type légèrement différent » de ce que Ed avait vu auparavant. La trouille montait en lui au fur et à mesure que notre séance se prolongeait et Ed se souvint d’avoir éprouvé une grande « mortification, comme si quelqu’un allait me sauter sur le paletot sans que je puisse seulement rien foutre pour défendre ma peau ».
Tandis que la sensation de picotement continuait « à la base du crâne », Ed comprit qu’on l’extrayait de la voiture. Il émit un grognement de colère, puis se détendit de nouveau et devint même « heureux », ce qui ne manqua pas de le surprendre. Deux ou trois de ces êtres étaient en train de le regarder et Ed éprouva une sensation de flottement : «Tout mon corps s’est mis à flotter. Je suis en train de voler ! Je vole ! Mais oui, je vole ! Mais pourquoi est-ce que je peux voler ?» À ce stade de la séance, Ed devint plus confus et tenta « de garder le contrôle des événements ». Je l’encourageai à poursuivre sur cette expérience. Il vit alors un brouillard gris tout autour de lui, « la sensation de picotement s’étendant à tout mon crâne », puis il s’aperçut « vaguement que le décor changeait... Et bien au-delà de ce qu’on peut voir à la télévision dans Cosmos 2000 », remarqua-t-il. « Je garde le contrôle, mais j’essaie de ne pas contrôler les choses. Moi, mon mental, on ne veut pas y aller et en revenir ». Puis il dit : « C’est comme si je me baladais à travers cette structure cellulaire de type atomique, et je la vois, et je la pénètre. C’est ça, j’y pénètre. Je m’enfonce, encore et encore. »
Puis Ed visualisa qu’il « suivait le tunnel du temps » et qu’il « voyageait » littéralement « sans plus aucune référence... » « Je sens qu’il y a un processus qui vous permet de vous transporter - je ressens bien que ça bouge. » Il continua de lutter (« les lois de la rue, c’est de se débattre comme un beau diable ») mais se rendit compte que les lois auxquelles il obéissait ne pouvaient pas s’appliquer, qu’« elles le dépassaient d’une manière ou d’une autre », de sorte qu’il n’avait pas « d’autre choix que de laisser faire les choses » et « les choses se sont produites ».
Et puis Ed a éprouvé une « grande raideur » et s’est senti « perdu quelque part le long du rivage, quelque part en train de flotter. ». se souvient d’avoir entendu le « bruit du ressac » et Il
d’avoir été perplexe quant au fait qu’il « survolait la mer », quelque part le long de la côte, avec de toute évidence à sa disposition « aucun moyen de propulsion », bien qu’il eût « un sentiment amusé de les savoir là » autour de lui. Il savait que les êtres étaient « très gentils », ne se livrant pas à des « manœuvres d’intimidation mentale » ou à des « sévices physiques » sur sa personne, mais : « Finalement, nous gardons le contrôle, merci. » Ed avait l’impression qu’il se déplaçait aussi vite qu’une automobile, peut-être quatre-vingts ou quatre-vingt-dix kilomètres à l’heure, et il pouvait parfaitement voir en dessous de lui les maisons et les lampadaires, parfois un véhicule circulant ici ou là, la lanterne d’une véranda, ou encore une télévision allumée. Il était embarrassé à l’idée que quelqu’un pourrait le voir. « Bon sang ! Si quelqu’un lève le nez en l’air et aperçoit un type en pyjama en train de planer dans le ciel, j’imagine le tableau !... Pour ça, il y a de quoi être plutôt embêté si jamais ma mère l’apprend. Qu’est-ce qu’elle m’engueulerait ! Seigneur ! “Tu n’as donc pas honte” et patati et patata.»
Ed estima que ces souvenirs revenus à la surface étaient tellement extraordinaires qu’il s’en inquiéta tout haut : « Mais enfin, pensez-vous que je suis en train de raconter des bobards ?
Je ne sais pas. Et vous, qu’en pensez-vous ? répondis-je. Non, je ne crois pas, parce que ça continue d’affluer tout
seul et je sens bien, moi, dans mon for intérieur, que je suis
sincère, que ce n’est pas moi qui fabrique tout ça. Mais ça
ne correspond à rien de connu... C’est plutôt le genre de
scénario qu’on propose pour un épisode de Twilight Zone
(série télévisée de science-fiction connue en France sous le
titre La Quatrième Dimension)... Je ne vois rien de commun
avec tout ce que j’aurais pu regarder à la télé ou au théâtre.
»
Ed vit qu’il s’approchait « du rivage, des vagues qui y déferlaient, et tout ça » et qu’il « voyait une espèce de capsule luminescente en forme de dôme ». Puis : « Je suis attiré en perdant tout contrôle sur mon corps... jusqu’à la base de... quelque part en bas et je sens que j’entre, et j’ignore comment on a fait pour y entrer, mais je me retrouve là. » Évidemment, la chose était physiquement possible puisque l’engin semblait être comme « suspendu là », juste après le précipice au-dessus de la mer. « Je me trouvais en partie près de la roche, et le reste, oui, on dirait que je suis juste au-dessus du gouffre. »
À l’intérieur de la capsule, Ed remarqua que la lumière était d’un bleu argenté. Il sentit dans le même temps que sa vision était limitée et en éprouva de l’irritation. « Je déteste être dans cette situation où je ne contrôle plus rien. Je ne peux pas supporter cela. Je déteste cela, saloperie ! Je hais cette saloperie ! C’est tellement stupide, tellement con, nom de Dieu ! Comment vais-je pouvoir expliquer ça à quelqu’un, hein ? » Il avait mal à la tête, juste au milieu du front, et se troublait, désorienté mentalement et physiquement... « Mon portefeuille est resté à la maison. Je n’ai plus d’idées en ce qui me concerne. » Il eut également une érection et cela le gêna beaucoup : « Cela n’a rien à voir avec mon éducation. »
Il y avait « au moins une demi-douzaine » d’êtres dans la salle qu’il appelait « un amphithéâtre » et « une espèce de théâtre chirurgical » ou encore « une salle d’opération » et « il y avait des lumières blanches tout autour ». Un des êtres semblait se présenter comme le « médecin-chef, le grand patron en place ». Celui-ci « émet d’ailleurs toutes les vibrations qui indiquent que ce serait un être femelle ». Les autres qu’il désigne comme des « abeilles » ou des « éléments du personnel s’agitent autour pour accomplir les tâches qu’on leur demande ». L’entité femelle avait de longs cheveux argentés et de grands yeux noirs sans pupille ni iris. Elle regardait Ed « avec ces immenses yeux aimants et sensuels qui exsudaient une terrible sexualité, comme une femme mûre et très sage lui envoyant télépathiquement ce message : “ Je contrôle la situation. ” » Elle portait une longue blouse qui faisait office de vêtement, « ouverte au niveau du cou mais couvrant ses épaules et ses bras ». Il remarqua qu’elle avait une poitrine... « Peut-être qu’un pendentif ou un médaillon pendait à son cou au bout d’une chaîne ou d’un cordon, je ne saurais trop dire. »
L’être femelle « l’appela par la pensée » par son nom et Ed lui demanda : « Comment savez-vous comment je m’appelle ? » ajoutant au passage, «Vous êtes très sexy. » Tandis qu’elle commençait les opérations avec Ed (« elle me fixa intensément »), il comprit qu’elle évitait que lui la regarde. Il essaya de proférer un son mais « rien ne sortit » de sa gorge, et il sentit de nouveau qu’il était « complètement réduit à l’impuissance », exactement comme l’avait déjà éprouvé tout au début. Puis il
il « plongea dans un brouillard gris », comme s’il en était tout « enveloppé ». L’être dit à Ed : « Tout va bien, ne vous débattez pas, laissez-vous faire, ne luttez pas. » Il sentait bien qu’il avait très peur : « Elle lisait à livre ouvert dans mon esprit. » Elle dit alors : « Je sais ce qui vous est arrivé lorsque vous étiez plus jeune » et assura Ed « que ces choses ne se reproduiraient plus ». Sa peur régressa un peu et il répondit : « D’une certaine manière, ça ne doit pas être facile pour vous de me persuader que vous êtes là pour mon bien, que je ne suis pas pour vous simplement un rat de laboratoire, un cobaye. » (comme il sentait bien qu’il l’avait été par le passé).
Ed se souvient qu’il a subi une excitation forcée. « Elle investissait mon mental avec toutes sortes d’images érotiques... Elle me plongeait dans un état d’excitation intense ; je ne sais pas comment elle s’y est pris, mais le résultat était là, et fallait voir. » L’être femelle savait que Ed désirait faire l’amour avec elle : « Elle lit dans mes pensées comme à livre ouvert. Il lui suffit de tourner les pages selon son bon plaisir. » Mais avec une « expression joyeuse », elle dit alors à Ed quelque chose comme : « Oui, n’est-ce pas, tu aimerais bien ça, mais ce n’est pas ainsi que cela va se passer. » Elle expliqua en effet qu’ils avaient besoin de son sperme « pour... créer des bébés à part » et « pour travailler à aider les gens de notre planète ». Ed continua à lutter désespérément, bien sûr sans succès, puis il se laissa fléchir et persuader qu’il allait servir à quelque chose qui en valait la peine.
Une espèce de « tube » ou d’« éprouvette » fut placé sur son pénis et il se laissa aller à être « à ce moment-là tout à fait détendu ». Il éprouva presque aussitôt une sensation de frottement ou de friction qui allait en augmentant d’intensité. « C’était très subtil, comme une caresse manuelle. Je suppose que c’était sa main à elle. » Après avoir éjaculé, « l’être femelle me fit savoir : “ C’était bon. C’était formidable ” », tout cela pour signifier qu’ils en avaient eu « un bon échantillon ». Il avait très chaud et dégoulinait de sueur. Ceci terminait la première phase de l’expérience. Bien qu’il pensât : « Ils m’ont d’abord manipulé pour me mettre en situation d’entendre ce qu’ils attendaient de moi », bientôt lui passa par l’esprit : « D’accord, vous m’avez convaincu que ce que vous faisiez était pour une grande cause que je ne comprends pas tout à fait. » Puis il s’adressa à l’être femelle : « C’est curieux comme on se sent bien avec vous, on sent que vous êtes attentive, aimante, aidante. » Puis il ajouta, impressionné : « Je n’ai encore jamais vécu un truc pareil de toute mon existence. »
À ce moment-là, le décor commença à changer et Ed dit : « C’était comme si je me trouvais dans un autre espace. Avant, ça ressemblait à un amphi de faculté, mais maintenant, tout d’un coup, je me retrouvais dans la capsule aux murs translucides », dont il avait gardé un souvenir conscient avant la séance d’hypnose. Il ne se souvenait pas comment « il avait fait pour parvenir de là-bas à ici ». L’être femelle « veut lui parler » et Ed a des craintes quant à la suite des événements. « Une atmosphère grave régnait. C’est comme lorsqu’un médecin ou un professeur entre et vous annonce qu’il va déclarer des choses importantes... que les choses sérieuses vont commencer... À présent nous pensons que nous pouvons vous révéler certaines choses. » Il remarqua que l’être femelle, « le porte-parole », portait « une tunique argentée qu’on aurait dite faite de métal. Une sorte de matière tricotée ou tissée à la surface chatoyante, et je peux deviner ses seins exquis pointant dessous ». Elle avait un « gentil sourire » et elle « le regardait avec beaucoup d’amour ». Ed sentit que ses yeux et l’intérieur de sa tête « brûlaient et s’affolaient » tandis qu’elle commençait à lui parler et à lui montrer des choses différentes.
Les quarante ou quarante-cinq dernières minutes de notre séance d’hypnose furent consacrées aux remontées de souvenirs concernant l’information qu’il reçut au cours de son enlèvement. Notre dialogue ne rendra pas compte avec une extrême exactitude de la chronologie des pensées et des images.
Le récit d’Ed était parsemé d’images apocalyptiques. L’être lui communiqua par des moyens télépathiques en « termes allégoriques » un message sur « l’instabilité de notre planète tant au niveau écologique que spirituel et émotionnel... Les éruptions volcaniques que l’on constate actuellement en seraient le symptôme... Cela correspondrait allégoriquement parlant aux incandescences extérieures d’une rage éruptive. Non pas des éjaculations extatiques, mais des éruptions d’angoisse. Soyez prudents. Les vagues de fond de futures éruptions se préparent à tout submerger et à tout engloutir autour de vous ». Ed protesta : « Pourquoi me parlez-vous sous forme allégorique ? Je ne suis pas un poète. »
Mais elle continuÀ son discours implacable : « Des vagues énormes, comme un raz de marée qui déséquilibrerait tout et rendrait instable la Terre plongée dans l’angoisse, pleurante et gémissante devant la stupidité humaine, cause de cette perte de contact avec l’âme profonde de l’existence. » Elle ajouta : « Vous avez une chance, Ed. Vous possédez une sensibilité intérieure. » Il protesta de nouveau : « Mais mes professeurs m’ont toujours fait des reproches sur ma grammaire et mon orthographe. » Mais elle insista : « Vous avez de la sensibilité, Ed. Vous comprenez vite les choses. Vous pouvez très bien parler à la Terre. Et la Terre vous parle. » Il m’affirma qu’en effet, quand il était petit garçon, il se chamaillait souvent avec sa mère parce qu’il adorait aller dans la forêt (ce dont elle le punissait parfois en l’envoyant au lit sans souper et avec une bonne fessée). « Les choses me parlaient, me dit-il, les animaux, les esprits... Je sentais vibrer la Terre. Les courants vitaux de la nature. » Les bagarres avec sa mère se poursuivirent (« Il n’y a que les vauriens qui traînent ainsi dans les bois », avait-elle coutume de lui dire), mais Ed était inflexible.
L’être femelle, dont le nom ressemblait à quelque chose comme « Ohgeeka » ou « Ageeka », se souvint-il, lui rappela toutes les qualités qu’il avait en lui et souligna la responsabilité qui incombait à Ed quant à ses dons et à ses pouvoirs individuels. «Ecoutez la Terre. Ecoutez la Terre, Ed. Vous pouvez l’entendre. Vous pouvez percevoir l’angoisse des esprits. Vous pouvez entendre les tristes gémissements désespérés des déséquilibres. Cela vous sauvera. Cela vous sauvera... Les choses vont se produire », dit-elle, mais il doit absolument « écouter les esprits », même si on se moque de lui car il ne doit pas se sentir pour autant accablé. « Elle m’envoya un aperçu... elle se brancha sur le bon canal, augmenta le volume. J’entendis des esprits qui criaient ; certains émettaient des sons joyeux. Elle me plongea dans ce bain sonore pas plus de deux secondes : “Tout ça, vous pouvez le voir, l’entendre et le sentir. Les autres pourront penser que vous êtes fou. ”» La Terre elle-même, poursuivit l’être, est furieuse de notre stupidité, et « la croûte terrestre va elle-même écraser sa propre vermine » qui ignore comment « travailler avec elle en symbiose harmonieuse ».
Ed demanda à en savoir plus sur la façon dont la Terre allait se débarrasser de ses parasites. « Des convulsions de la Terre, dit-il, comme pour nous virer, nous dégobiller... Ils vont se débarrasser de beaucoup d’entre nous. » Pendant ce temps, l’être ne cessait de dire à Ed qu’il a « un programme plus important », et qu’il doit « écouter la musique de la nature, les sons exquis émis par la nature : “ Cette musique vous parlera, offrant l’harmonie à vos émotions, vos intuitions, vos pressentiments. Vous avez le don de pressentiment, d’intuition et d’émotion. ” » Ed avait été élevé selon la doctrine catholique romaine et hiérarchique qui dit que « Dieu parle au pape, le pape à ses cardinaux et ses prêtres qui, eux, parlent à son père et à sa mère », aussi réagit-il avec un certain cynisme : « Oui, c’est ça, je vais ouvrir un salon de thé. Me mettre un turban sur la tête. Dix dollars la limonade. » Mais l’être l’arrêta dans ses sarcasmes et insista pour qu’il développe les dons qu’il a reçus au départ.
À ce stade de la séance, Ed se souvint qu’il put effectivement voir les esprits sous la forme de « joyeuses petites créatures qui semblaient jouer et sautiller dans tous les sens ». Je le priai de me les décrire. « On dirait des formes d’énergie... mais d’un genre différent. Ils prennent des aspects et des couleurs variés (il se mit à glousser). » Il trouva « désopilantes » les « contorsions » et toutes les « autres choses amusantes » auxquelles ils se livraient. Je demandai un exemple. « Ils peuvent voleter dans les airs et changer les lois de la nature », ce qui voulait probablement dire qu’ils pouvaient se transformer à vue en ce qui concernait leurs formes. Un des esprits « lui parle ». Il a de longs cheveux argentés et une tête démesurée, bien qu’il n’ait que trente ou cinquante centimètres de haut, comme un « nain minuscule ». L’esprit dit alors : « Tiens, regarde, je vais t’apparaître comme ça pour que tu puisses mieux me voir et communiquer avec moi. Mais sache que je peux très bien ne pas faire ça si je n’en ai pas envie et que je peux prendre une multitude de formes. J’ai adopté cet aspect un peu rigolo pour te rassurer et te donner l’envie de parler avec moi, parce que je connais les types de créature qui vous font peur, comme par exemple les araignées ou plus particulièrement les serpents. C’est pourquoi je me suis transformé comme tu me vois ! »
Puis Ed se rendit compte qu’en un sens lui, comme tous les autres humains, « possédait le pouvoir de transformer les lois de la nature à condition d’atteindre certaines parties intérieures de l’être profond, qui l’effrayaient ». Je lui demandai ce qui l’effrayait tellement : « Oh ! doux Jésus, c’est le fait d’avoir ce pouvoir entre les mains et de l’utiliser à mauvais escient... »
« Vous avez raison, Ed. Vous avez parfaitement raison, Ed », répliqua l’être femelle. Ed relate encore ce message de l’être : «Vous avez appris comment l’utiliser, quand l’utiliser et où l’utiliser, et c’est cela ou bien être balayé ! Et ils vous étiquetteront et se débarrasseront de vous, comme ça, sans hésiter. Et ils diront à vos parents : “ Pauvre Ed, il promettait tellement mais voilà... et Mme M. (sa mère) aura beaucoup de chagrin. ” » « Elle m’ancrait cela dans la tête. Et les autorités diront : “ On a dû s’en défaire... ” » L’être parla encore à Ed de son devoir de cultiver son esprit, l’avertissant, par exemple, du danger qu’il y avait à poursuivre des études scientifiques dans le style académique et orthodoxe qui avait cours à notre époque, et ce aux dépens de ses propres ressources intuitives : « Le fait de cultiver votre esprit de manière rationnelle et traditionnelle finira par étouffer toutes ces autres choses que vous avez perçues et qui représentent vos possibilités infinies », dit-elle.
Je demandai à Ed de me préciser ce qu’on lui avait dit et montré à propos justement de ces possibilités. Il parla de « comprendre de quoi sont faites les lois de l’univers » et « d’un quelque chose concernant la naissance de l’univers ». Encore une fois, elle le mit en garde contre tout mauvais usage de ses facultés de compréhension : « Désormais, vous pouvez voir le danger que court la planète », lui dit-elle. À ce stade de notre séance, Ed « se trouva bloqué et ne vit plus rien ». Je lui demandai ce qu’il avait perçu de la naissance de l’univers.
« Une incroyable lumière blanche et aveuglante qui brûle tout.
C’est ce qu’elle vous a montré ?
Oui.
Selon vous, cela ressemblait à quoi ?
C’était trop. Comment dire, un sacré merdier. Il y a un
passage dans la dixième symphonie de Mahler. C’est un peu
ça, ça démarre et voilà. Comme la naissance d’une galaxie.
Oui, c’est ça, c’est vraiment ça, pas de doute. Mais elle m’a
dit : “ Je ne veux pas que vous en voyiez trop. Vous devez
savoir. Vous devez proférer des paroles de sagesse lorsque
vous vous exprimerez à ce sujet, et savoir où et quand il est
à propos d’en parler. Il y aura des gens qui chercheront à
utiliser votre cerveau pour des buts idiots. ” »
Je le ramenai tout doucement vers ses visions concernant l’angoisse des esprits. En dehors du « jeu innocent avec la nature auquel nous sommes supposés nous livrer », Ed se souvint d’avoir perçu « des formes tordues d’entités et d’esprits à cause des méfaits des hommes qui atteignent aussi bien lui-même, que tout un chacun et que Mère Nature ». Il vit « des formes grotesques... Horribles. Il y avait des formes sombres, grises, méchantes qu’ils tentaient de soigner et de rééquilibrer. (Pour ces esprits guérisseurs), il fallait faire beaucoup d’efforts pour empêcher les autres esprits malins et malades de proliférer quantitativement et de grandir en perversité ». L’entité femelle continua : « Vous êtes tous tordus, et vous augmentez en méchanceté en essayant de [...]. Nous essayons de les garder sous contrôle et de réajuster les choses. Vous voyez combien vous pouvez être mauvais et déformés, Ed. Ces masses sont grises, elles sont horribles. Vous voyez, Ed, comme ces formes énergétiques sont belles et joyeuses, et comme elles sont saines, eh bien, elles existent elles aussi ici. »
Ed parla encore de la communication qu’il reçut à propos des conséquences de notre « pillage en règle de notre planète ». Les formes malignes et destructrices ont été créées par le déséquilibre de « la psyché humaine collective... Ces choses gris sombre qui s’infiltrent partout et détruisent tout sur leur passage, elles foutent tout en l’air, écrasant tout, ramenant tout à leurs propres dimensions ». Je lui demandai ce qui, finalement, en résulterait. « Ces formes suivent leur course jusqu’à ce qu’elles aient craché toute leur énergie négative et retournent à leur état normal et heureux. Il faut qu’elles éjectent ça de leur système, comme on enlève du pus d’une plaie. Sinon ça ne guérit pas. »
Je lui demandai ce qu’il fallait faire, ce qu’on lui avait demandé de faire. Il répondit personnellement, selon ce qu’on lui avait dit à propos de sa propre survie face aux « changements cataclysmiques de la Terre » qui allaient se produire : « Elle me dit, en me montrant que j’ai entre les mains les outils de ma survie, que je possède cette autre dimension ; j’ai le choix d’écouter ou de ne pas écouter... Je dois écouter mon moi profond, quelque chose qui se trouve au plus profond de moi-même, et écouter la Terre. » Ed se rendit compte que sa conjointe, Lynn, a tout de suite su intuitivement ce que l’être lui communiquait et que cela « ne la troublait pas le moins du monde ». Je demandai si l’entité femelle de la capsule savait que Lynn entrerait dans sa vie. « Oui, elle le savait », répondit-il. « Elle me rendit sensible à la vibration émise par certaines choses non dites », et elle lui fit comprendre que sa tâche ainsi que celle de Lynn seraient « d’enseigner aux êtres humains qui voulaient bien écouter... Il y a ceux qui veulent écouter avant que les choses n’arrivent afin de s’y préparer ».
Je lui demandai s’il avait reçu une quelconque information sur ce qu’il était encore possible de faire pour éviter la catastrophe. « Non, non, non, dit-il. Nous ne sommes pas assez nombreux. Trop peu de gens veulent écouter, mais ceux qui le veulent bien et qui sauront travailler selon les lois de la nature, survivront pour enseigner aux autres de l’autre côté qui alors écouteront et diront : “ Oh, mince alors, si on avait su. ” » Je lui demandai de m’éclairer sur la signification qu’il mettait sur le mot « cataclysme », et s’il l’entendait dans un sens littéral, physique ou bien métaphorique. Il répondit qu’il y aurait « une série de convulsions géologiques et météorologiques». Trouvant cela un peu déprimant, je lui demandai comment cette information à propos des esprits pourrait l’aider lui, ou toute autre personne, à survivre. Sans hésiter il répondit que « les esprits de la Terre » organiseraient « des havres de sauvegarde » pour ceux qui devront survivre. Je lui fis remarquer que j’ignorais si cela était bien utile dans la mesure où tout serait détruit. Il répondit qu’il s’agissait d’une reconstruction - et pas uniquement d’une destruction -, un réajustement de l’équilibre, et il répéta que « les humains doivent apprendre comment travailler sur cette planète en accord avec les lois de la nature et non plus en pillant cette Terre », comment « utiliser les ressources terrestres de la manière qui convient ». Alors seulement, « la Terre retrouvera d’elle-même son harmonie ».
Je demeurai perplexe quant à l’interprétation littérale qu’il fallait donner à toutes ces informations et notamment en ce qui concernait la nature (spirituelle ou physique ?) de la catastrophe en question. Ed éprouvait des difficultés à saisir pourquoi j’étais dans une certaine confusion et il me dit : « Une personne doit se rééquilibrer spirituellement. Je dois moi-même me rééquilibrer spirituellement si je veux recevoir ces messages. Lorsque j’entends ces messages, j’apprends d’une manière physique où je dois aller travailler, dans ces lieux de la planète qui demeurent sacrés et accessibles. » À ce point de notre séance, nous éprouvâmes tous deux de la fatigue et convînmes de nous en tenir là pour cette fois.
Après son retour à l’état conscient éveillé, Ed fit remarquer que cette information a toujours été devant ses yeux « comme sur une page », mais qu’il dut « se l’imprimer dans la tête... » : « Elle la gardait avec elle à mon intention et ce en permanence », mais « j’avais la trouille d’y jeter un œil ». Ed fut très troublé par ce qu’il m’avait révélé et exprima son inquiétude devant la traduction de cette « incursion dans leur dimension », c’est-à-dire de ses connaissances et de son anxiété devant l’écroulement imminent des systèmes de vie de la planète, en termes compréhensibles pour un public plus vaste. Il s’estime lui-même quelqu’un de « très ordinaire » mais bénéficiant d’une information extraordinaire. « C’est comme essayer de devenir Superman ou Clark Kent. Il vous est impossible de vous balader tout le temps avec votre cape et vos collants. Vous devez devenir une sorte de Clark Kent. »
« L’amour, voilà la clé, dira Ed, amour et compassion pour la Terre ou les êtres de la Terre, qu’ils soient incarnés corporellement ou qu’ils demeurent invisibles à nos yeux -mais pas l’amour au sens trivial, non, un amour au sens le plus profond du terme. » Ed et Lynn comprennent à présent pourquoi l’être femelle « mit la pédale douce » sur la résurgence de ses souvenirs et sur ses velléités de parler de ses expériences. « S’il était revenu et... avait commencé à raconter » tout ce qu’il savait des lois de la nature, « il aurait fait figure de bombe de l’an 2000 et aurait été éliminé ». Il se demande cependant encore comment se rendre utile. « Qui va bien pouvoir croire un... technicien tranquille... ? »
Ed n’a pas vécu d’une manière trop traumatique ses expériences de rencontre extraterrestre et ses remémorisations les concernant. « Je ne ressens pas ce qui m’est arrivé comme quelque chose de tellement traumatisant, comme c’est souvent le cas pour d’autres gens de mon groupe de kidnappés (il avait assisté à mes réunions de groupe avec d’autres kidnappés quelques semaines auparavant) qui avaient servi de souris de laboratoire. » Il éprouvait plutôt la sensation qu’ « un gros nuage, un rideau s’était immiscé entre lui et sa conscience ». Nous devisâmes encore longuement sur ce qu’il serait bon de faire pour « passer à l’action de manière responsable », selon l’expression de Lynn. Une autre étape importante que nous convînmes de franchir ensemble était d’avoir de fructueux échanges avec d’autres kidnappés afin de partager l’information et de définir les constantes qui s’appliquaient à leurs cas, dont le nombre augmentait régulièrement.
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Commentaire
Même si cela est assez courant pour un kidnappé en travail avec moi de ramener au jour le récit d’une seule expérience majeure, il est intéressant de noter que celle de Ed se produisit alors qu’il était adolescent et qu’il ne s’en souvint qu’aux alentours de la quarantaine. Les forces qui président à l’engrangement de l’information, son stockage puis sa remémorisation demeurent un des mystères principaux du phénomène d’enlèvement extraterrestre. Comme nous venons de le voir, l’enlèvement de l’adolescent Ed semble avoir influencé sa psyché avec une grande subtilité tout au long de son existence, le transformant quelque peu, le rendant peut-être davantage intuitif et en harmonie avec la nature que la majorité de ses contemporains. Pourtant, nous ignorons où est la cause et où est l’effet, autrement dit si son ouverture de conscience l’avait prédisposé à être choisi comme victime d’un rapt, quelles qu’en furent les modalités, ou si c’est l’inverse. Nous ne comprenons pas non plus très bien pourquoi tout à coup les souvenirs de cette période passée devraient rejaillir à la surface. Malgré tout, il semblerait qu’en tant qu’homme mûr, il soit en meilleure position pour mettre à profit ses connaissances concernant les besoins de la Terre et pour intégrer ces informations (reliées à un phénomène d’enlèvement) à ses ressources psychologiques et à ses talents professionnels. En tout cas, il n’est pas évident que Ed et Lynn sachent quoi faire de tout cela.
Le prélèvement forcé de sperme en vue d’un programme de fécondation dont on ne saisit pas encore très bien les données est caractéristique du processus d’enlèvement lorsque celui-ci s’exerce à l’encontre d’un humain de sexe mâle. L’information sur une catastrophe écologique accompagnée de puissantes images apocalyptiques est également un facteur commun aux messages transmis par les extraterrestres à leurs sujets humains. Ce qu’il y a de moins ordinaire dans l’histoire de Ed est l’abondance de détails qu’il a donnée pour une seule de ces expériences, et le fait qu’il reçut cette information pour la première fois en 1961, c’est-à-dire deux mois avant l’affaire Barney et Betty Hill, qui eut lieu en septembre de la même année. Beaucoup d’éléments parmi ceux que Ed nous a apportés concernant ce qu’il a vu ou entendu sur l’écroulement des systèmes vitaux planétaires et des violations des lois de la nature par les humains sont en fait bien connus, du moins d’un point de vue écologique. Des ouvrages célèbres comme celui de Donella Meadow, Beyond the Limits of Growth (Au-delà des limites de la croissance) (Meadows 1992) expriment clairement les conséquences, sinon les causes, de notre destruction progressive et permanente de l’environnement. Ce qu’il y a de remarquable ici est cette puissance de l’information pour quelqu’un comme Ed. Son enseignement n’a pas été seulement intellectuel. Les réalités auxquelles il a eu accès grâce à cette entité féminine, à savoir le danger de catastrophe écologique et spirituelle comme résultat du déséquilibre entre la nature et les agissements des humains, furent ressenties au cœur même de ses fibres les plus profondes. Comme il le dit lui-même, tout son être, tous ses « sens de perception » furent transformés par cette rencontre.
J’ignore également de quelle manière prendre en considération (dois-je le faire de manière littérale ?) les visions apocalyptiques qu’Ed a reçues. Elles possèdent, en effet, les qualités des visions prophétiques traditionnelles et, comme elles, avertissent d’un désastre possible et de la nécessité de procéder à des changements fondamentaux. Il m’est difficile de dire si ces prédictions sont concrètes ou de simples appels à l’action et à l’évolution. Que Ed ait pris ces informations suffisamment au sérieux pour changer sa propre existence et oser communiquer à ceux qui veulent bien écouter ce qu’il avait lui-même appris, voilà en revanche ce qui est sûr.
Les rencontres directes que fit Ed, au cours de son enlèvement, avec des esprits aux formes mouvantes mais qui finissent par se stabiliser sont en elles-mêmes intéressantes comme le sont les créations, ou actualisations, de forces émotionnelles négatives sous la forme d’esprits malins ou démoniaques. Le monde occidental et sa philosophie ne laissent pas de place à de telles entités, ayant plutôt tendance à les considérer comme des produits de l’imagination ou des projections du psychisme, bien qu’elles participent de la croyance de beaucoup d’autres cultures du globe qui leur reconnaissent une existence. Par exemple, au cours d’un congrès en Inde en avril 1992 auquel j’assistais en compagnie d’un petit groupe de professionnels invités à discuter avec des personnalités tibétaines de phénomènes d’enlèvement, les lamas parlèrent des extraterrestres comme d’esprits qui étaient très ennuyés des invasions et des destructions que nous faisions subir à notre environnement parce qu’ils l’habitent eux aussi. Un physicien tibétain expliqua que le résultat de notre ignorance, de notre attachement à la matérialité et de nos agressions permanentes, visibles dans la désacralisation de la planète, est que ces esprits se trouvent dérangés et irrités et qu’ils causent de ce fait « des troubles négatifs ». Une personnalité spirituelle de la délégation tibétaine voyait aussi les extraterrestres comme des esprits qui sont tellement perturbés par les destructions commises par les humains dans les royaumes qu’ils habitent qu’ils ont été obligés de venir parmi nous pour réclamer notre compassion et notre évolution.
Disons un dernier mot sur l’utilisation de l’hypnose dans le cas d’Ed. Avant ma première entrevue avec lui, Ed s’était spontanément souvenu d’un grand nombre de faits concernant son enlèvement lorsqu’il était adolescent. Mais avant la régression hypnotique, sa mémoire consciente avait tendance à simplifier les données de son expérience et, de manière plus significative encore, à arranger le récit pour qu’il réponde davantage aux idéaux, aux désirs et à l’image que se faisait de lui-même un jeune garçon, ce qui était moins le cas lors de nos séances dans ce qu’il parvenait péniblement à faire revenir à la surface. Beaucoup de détails embarrassants à propos de son impuissance à lutter, de son manque total de contrôle, ne pouvaient lui revenir que sous hypnose. En particulier, cet épisode où il fut prélevé sur lui, par la force et de façon humiliante (parce que l’entité ne le quittait pas du regard), un échantillon de sperme après qu’il eut connu l’extase avec cette même entité féminine tellement experte et coopérative. Ce second scénario, nettement plus troublant, est d’ailleurs plus typique des enlèvements d’humains mâles et donc beaucoup plus crédible.
Toute cette étude suggère l’idée, du moins dans le cas de Ed, que l’information retrouvée aussi laborieusement sous hypnose est plus crédible et plus sûre que le compte rendu spontané et conscient, ce dernier semblant avoir été quelque peu ajusté (inconsciemment) aux désirs et à l’estime de soi du Ed de cette époque-là. Il existe d’autres détails obtenus durant la séance d’hypnose et qui ont trait soit au « voyage » vers le vaisseau spatial, soit au nombre d’êtres à bord (il est davantage question d’un chef femelle et son « équipe » que d’une seule « femme » extraterrestre), soit aux deux salles (un genre de salle d’opération et la capsule où a eu lieu le « cours ») et non pas uniquement à la capsule de la rencontre ; ces détails ajoutés à la grande quantité d’informations transmise par l’entité féminine rendent en effet le récit obtenu sous hypnose beaucoup plus crédible, ou du moins plus en accord avec ceux des autres kidnappés.
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