Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements

Impact et séquelles des enlèvements

 

Les enlèvements extraterrestres affectent considérablement et en profondeur l’existence des victimes. Ces effets, essentiellement désastreux et dévastateurs, peuvent toutefois exercer sur l’individu une influence réformatrice, le conduisant peu à peu à évoluer en procédant à des changements significatifs à la fois personnels et spirituels. Dans ce livre nous essaierons d’étudier et de définir si cet élément transformateur est intrinsèque au phénomène d’enlèvement, et dépendant en partie du travail thérapeutique qui s’ensuit avec des gens comme moi, ou bien si c’est le produit d’un « arrangement » forcé que la victime doit effectuer étant donné le caractère traumatisant de l’expérience qu’elle a vécue.

L’aspect traumatique d’un enlèvement extraterrestre possède quatre dimensions. La première concerne les péripéties de l’expérience elle-même : se retrouver paralysé et entraîné de force par des créatures étranges vers un endroit inconnu où l’on procède sur vous sans ménagement à des auscultations des plus indiscrètes apparentées à un viol, dont certaines se révèlent être particulièrement humiliantes pour la dignité de l’individu, voilà de quoi faire s’effondrer les plus belles certitudes. Il est même surprenant que les kidnappés dans leur ensemble ne soient pas plus perturbés !

La seconde dimension est que les kidnappés éprouvent tout au long de leur existence un sentiment persistant de solitude, d’isolement et de marginalisation par rapport aux autres membres de leur communauté. Qu’ils puissent ou non ranimer consciemment certains souvenirs se rapportant à ces expériences pénibles, les kidnappés ont toujours la sensation d’être un peu différents ou « autres », qu’ils n’appartiennent pas tout à fait à cette société même si, en surface du moins, ils semblent vivre comme tout le monde. Lorsqu’ils étaient enfants, on leur a tellement dit et répété que les événements qu’ils racontaient, et qui décrivaient leur kidnapping, n’étaient que des imageries oniriques, ou même des mensonges, que ces personnes ont fini par se refermer sur elles-mêmes, se taire et se sentir particulièrement seules avec leurs angoisses. Un jeune garçon de huit ans particulièrement futé me considéra avec incrédulité lorsque je lui demandai s’il avait jamais parlé avec ses copains de ces « rencontres » qu’il était parfaitement capable de distinguer de rêves proprement dits, même lorsqu’ils mettaient en scène des ovnis. « Non, je n’en ai parlé à personne qui ne soit déjà bien au courant », répondit-il. « Je ne veux pas que les autres sachent que je fais des rencontres. Je pense que beaucoup de gens que je connais auraient la trouille d’entendre des histoires effrayantes... Je crois que les gens en général réagissent en hurlant, “Oh ! non, c’est trop bizarre ! ” » Ce petit garçon est très populaire auprès de ses camarades et de ses professeurs et, en fait, personne ne lui trouve quoi que ce soit d’étrange. Une fois devenus adultes, les kidnappés apprennent à se taire sur tout ce qui touche à ces expériences dramatiques, sauf dans le cas où ils seraient mis particulièrement en confiance, sachant pertinemment à l’avance qu’ils ne susciteraient que des réactions de scepticisme, de fausses interprétations et parfois même très ouvertement de la dérision.

La troisième dimension est que les kidnappés subissent un choc que j’ai appelé ontologique « » et qui est pour eux la preuve même de la rencontre extraterrestre. Comme tout le monde, ces personnes ont été élevées dans la croyance que la Terre est unique dans l’univers et qu’il ne serait pas possible à des êtres intelligents venant d’ailleurs de pénétrer dans notre monde sans utiliser une forme extrêmement avancée de technologie, tout en obéissant aux lois physiques qui nous régissent ici-bas. Aussi les kidnappés ont-ils tendance à solliciter longtemps une explication purement psychologique à leur drame, même lorsqu’ils me soutiennent que ce qui leur est arrivé est aussi réel que la conversation que nous avons ensemble dans mon cabinet.

La quatrième dimension est que les traumatismes liés à une expérience d’enlèvement ont ceci d’inhabituel qu’ils peuvent se reproduire à n’importe quel moment. La plupart des traumatismes comme la guerre, le viol ou les abus sexuels dans l’enfance se présentent comme des séquences « finies » (dans le sens qu’ils ne durent pas éternellement) ; ils se produisent et puis ils connaissent une fin, même s’ils ont été plus ou moins étalés dans le temps. Mais les enlèvements, eux, sont imprévisibles et leur répétition dans le cours de l’existence d’un individu n’obéit à aucun schéma préétabli. Des parents ayant subi un ou plusieurs kidnappings s’inquiètent d’abord de faire des recherches dans leur passé lorsqu’ils découvrent tout à coup avec horreur que le cas s’applique également à un ou plusieurs de leurs enfants. S’apercevoir alors qu’ils ne peuvent pas remplir leur devoir de protection en tant que parents suffit généralement à leur dessiller les yeux et à les motiver pour se confronter avec une ardeur accrue à ces souvenirs enfouis dans leur mémoire, de sorte qu’ils puissent mieux, par la suite, venir en aide à leur progéniture.

À côté de ces effets traumatiques spécifiques et à long terme, les kidnappés peuvent aussi souffrir d’un certain nombre de symptômes chroniques qui, bien que subtils, révèlent leur origine extraterrestre : des peurs variées dont nous avons déjà débattu, relatives aux hôpitaux et aux seringues ; des céphalées, des sinusites, des douleurs dans les membres, des symptômes gastro-intestinaux, urologiques ou gynécologiques, des troubles sexuels (voir Jerry au chap. 6). Il est par ailleurs assez ironique que, parallèlement à toutes ces séquelles, de nombreux kidnappés aient été témoins ou aient eu l’opportunité de bénéficier de guérisons, que ce soit pour des blessures bénignes, des pneumonies, des leucémies infantiles ou même une atrophie musculaire de la jambe causée par une poliomyélite, comme cela m’a été rapporté de première main.

Il est intéressant de remarquer que tous les kidnappés ne subissent pas systématiquement les procédures d’auscultation extrêmement pénibles qui semblent être principalement au programme des phénomènes d’enlèvement (voir l’exemple d’Arthur au chap. 15). Je ne crois pas qu’il ne s’agit là que d’une question de résistance ou de refus. Certains individus semblent être dûment « sélectionnés » pour d’abord être instruits, et même « éclairés » par une espèce de « reprogrammation », comme le dira une femme, par des êtres qui sont généralement d’une catégorie plus subtile et plus lumineuse. Peut-être que ces individus sélectionnés, qui semblent posséder les qualités spirituelles du commandement, sont dotés du même coup d’une conscience d’autant plus différente qu’ils sont moins sujets à la crainte que les autres kidnappés - ou bien qu’ils ont la volonté d’échapper à tout contrôle intempestif et que malgré leur terreur ils parviennent encore à réagir. Cette question mériterait d’être analysée de plus près.

Comme on le verra à plusieurs reprises au cours de ce livre, une histoire d’enlèvement peut énormément perturber une vie conjugale ou toute autre relation affective et intime. Cela vaut surtout lorsqu’un seul élément du couple est kidnappé et que l’autre ne peut accepter cette réalité pour son conjoint. Leurs relations deviennent alors tendues comme chaque fois que, dans un couple, un seul élément se développe et se transforme intérieurement, que les causes en soient directement ou indirectement les expériences d’enlèvement (voir le cas d’Eva, chap. 11).

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