Dossier extraterrestres: l'affaire des enlèvements
Les transformations ou les altérations de la conscience
Les transformations ou les altérations
de la conscience
Je souhaite développer dans ce livre un aspect essentiel des séquelles des enlèvements extraterrestres et je crois qu’aucun ouvrage à ce jour n’a abordé cette question avec autant d’attention : il s’agit des transformations de la conscience des kidnappés, de leur évolution spirituelle à la lumière de leurs étranges expériences dans (disons) l’espace. À cela, je donnerai plusieurs raisons. La première est que je crois fermement que cet aspect du phénomène a été soit très négligé, soit perçu comme incompatible avec les dimensions traumatiques de l’enlèvement tel qu’il a été le plus souvent décrit. Deuxièmement, parce que j’ai l’intuition que cette sphère encore largement inexplorée recèle une signification considérable. Et enfin, parce que je possède ma propre expérience en tant que psychiatre auprès des kidnappés et je pense que cela m’est extrêmement précieux : on dirait que je reçois de la part de mes patients beaucoup plus d’informations que mes collègues dans ce domaine. J’ignore pourquoi, mais c’est ainsi. Peut-être ai-je sans le savoir présélectionné mes dossiers dans la direction des individus qui, tout en recherchant l’aide d’un psychiatre, souhaitaient approfondir leur compréhension des expériences qu’ils avaient vécues par l’exploration de leur conscience. Il est possible aussi que les kidnappés sentent instinctivement que je suis quelqu’un d’ouvert aux expériences particulières et aux informations qui pourraient être considérées par ailleurs comme trop « décalées » ou farfelues, et ma propre évolution, en fait, m’a probablement permis d’être plus curieux du type d’information qu’ils cherchent à véhiculer. Dans tous les cas, mon souci est de demeurer aussi scrupuleux qu’il est possible afin de ne pas influencer un patient dans une direction particulière, de sorte que si des informations, relevant de cet aspect du phénomène d’enlèvement qui induirait des changements de conscience ou des évolutions spirituelles, viennent à émerger au cours de nos séances de travail, je suis tout prêt à les recevoir, avec ouverture d’esprit et spontanéité, et non pas comme le résultat d’une inquisition spécifique de ma part.
Étant donné que cet aspect transformateur du phénomène de l’enlèvement est abondamment débattu tout au long de mon livre, je résumerai ici brièvement les types d’expérience que l’on peut classer dans cette catégorie. Je considère avant toute chose comme primordiale la modification qui doit nécessairement avoir lieu dans les rapports qui lient le kidnappé et les extraterrestres avant que la moindre information transformatrice de conscience puisse être reçue par le sujet. Même si cette relation a été amusante, voire intime, surtout pour un kidnappé dans la petite enfance, elle a tendance à changer et à devenir plus perturbante et traumatisante au fur et à mesure que la puberté du sujet se rapproche et que le « projet » ou « plan » de reproduction d’hybride se met en place. Les expérimentations physiques et biologiques choquantes se succédant, le kidnappé ressent de plus en plus sa situation comme celle d’une victime aux mains d’êtres hostiles qui le regardent froidement, ou bien comme celle d’un spécimen de laboratoire qui ne fait que servir les desseins des extraterrestres. Il se sent en quelque sorte trahi parce que la nature de leurs rapports a changé.
Tandis que notre travail d’analyse avance, et surtout lorsque la réalité d’une intelligence extraterrestre est reconnue par le kidnappé qui finit aussi par accepter qu’il n’a aucun contrôle sur tout le processus d’enlèvement, le sentiment de terreur et la qualité extrêmement négative de la relation avec ces êtres cèdent la place à un rapport de réciprocité dans lequel une certaine communication entre humains et extraterrestres devient possible avec, éventuellement, un bénéfice commun.
Les kidnappés peuvent même parfois éprouver un amour profond pour les êtres extraterrestres - plus intense même, d’une certaine manière, que ce qu’ils peuvent connaître dans une relation affective humaine - avec le sentiment qu’ils sont payés de retour. L’échange et le contact, par ces regards fixes et appuyés que beaucoup de kidnappés ont décrits, semblent jouer un grand rôle dans l’évolution du processus affectif. C’est pourquoi, par exemple, les kidnappés, ressentant d’abord une grande amertume lorsque les extraterrestres procèdent sur eux à des prélèvements de sperme ou d’ovules pour mener à bien leurs projets d’hybridation, finissent par éprouver la sensation gratifiante de participer à une mission de grande envergure qui a pour but de créer la vie et de la faire évoluer.
On objectera qu’en l’occurrence de telles transformations dans la conscience des kidnappés, parfaitement impuissants devant le déroulement des expérimentations auxquelles ils sont soumis, ne seraient que des réactions de défense et de survie. Ce serait une tentative désespérée de l’ego de conserver l’illusion qu’il exerce encore quelque contrôle sur lui-même en donnant soi-disant volontairement ce qu’on lui extorquerait de force de toute façon, ou bien encore de résister à ces nouvelles connaissances déstabilisantes en se persuadant que le prix émotionnel payé pour de telles expériences peut être contrebalancé par ce que ces mêmes expériences peuvent apporter de bon et de positif au reste de l’univers. D’un autre côté, il est tout aussi possible que traverser ce type d’épreuve donne aux kidnappés accès à d’autres expériences, notamment celles d’une signification transpersonnelle, de l’amour universel et de la véritable communion qui seuls peuvent engendrer la véritable compassion.
Comme cela est vrai également pour de multiples aspects du phénomène d’enlèvement, il est difficile dans le domaine des transformations de la conscience de séparer la cause et l’effet, ou même de penser en terme de causalité. Doit-on dire, par exemple, qu’un kidnappé reçoit (ou communique) une information sur une expérience de vie antérieure parce que sa conscience est ouverte à l’éventualité de cette expérience ? Ou bien l’émergence d’une expérience de vie antérieure dans la conscience et la mémoire, émergence facilitée par notre travail en commun, apporte-t-elle au sujet un élargissement de son horizon psychologique et de son sens du moi en relation avec une conception plus vaste d’une conscience universelle ?
Le fait que la relation entre kidnappés et extraterrestres puisse progressivement évoluer dans un sens aussi spectaculaire me fait m’interroger sur une différenciation entre les extraterrestres : il y aurait des catégories constructives, bonnes et charitables, et d’autres décevantes, hostiles, ne visant qu’à faire main basse sur notre planète -avec cette idée que les êtres lumineux seraient les bons et les compatissants, par exemple, les gris étant, tels des hommes d’affaires, des créatures indifférentes à la souffrance. Ce genre de taxonomie résonne dangereusement, comme ces polarisations dont la race humaine a le secret pour définir ses approches ethnologiques, et je doute que cette façon de penser puisse s’appliquer à des relations interespèces et interdimensionnelles qui se tiendraient en dehors du contexte terrien. De plus, il n’est pas rare que les kidnappés rencontrent à la fois des êtres lumineux et des petits gris (voir le cas d’Arthur au chap. 15), ou encore des créatures reptiliennes et toutes sortes d’autres êtres (Carlos, chap. 14) au cours d’un même kidnapping. Il est probable que nous ayons affaire à des réseaux de relations réciproques évolutives au sein de la nature mais difficilement accessibles à notre compréhension dans la mesure où nous suivons des schémas linéaires et traditionnels de polarités qui n’ont plus cours à ces niveaux.
Voici la liste des expériences qui, lors d’un enlèvement, semblent être reliées une à évolution ou à une transformation de l’individu :
1. « L’acceptation se produit, » c’est-à-dire la terreur et la rage associées à l’impuissance et aux expérimentations subies à bord du vaisseau. C’est le moment où le kidnappé reconnaît et accepte l’idée que des êtres extraterrestres peuvent exister et où une relation d’échange peut s’établir, ouvrant la voie à une évolution personnelle et à un enseignement. Après la « mort de l’ego » peuvent naître d’autres niveaux de transformation. 2. Les extraterrestres sont reconnus comme étant des sortes d’intermédiaires ou d’entités, à mi-chemin entre les êtres humains entièrement incarnés et la source primale de la création ou Dieu (dans le sens de conscience cosmique plutôt qu’être personnifié). À cet égard, les kidnappés comparent parfois les extraterrestres à des anges, ou tout autre être « de lumière » (y compris les « gris »).
3. Les kidnappés peuvent croire qu’ils retournent eux-mêmes vers la source cosmique ou home (foyer), un royaume d’une indescriptible beauté au-delà de (et non pas dans) cet espace-temps que nous connaissons.
Lorsque, au cours d’une séance d’hypnose, ces impressions reviennent à la surface, le patient éprouve un sentiment de joie intense, indicible, proche de l’orgasme. Il arrive aussi que certains kidnappés fondent en larmes et soient pris d’une immense tristesse lorsqu’il leur faut quitter ce paradis cosmique, revenir sur Terre et réintégrer leur corps.
4. Les vies antérieures qui remontent à la conscience lors des séances d’hypnose sont accompagnées d’émotions violentes en accord avec la nature et les qualités de ces souvenirs. Cela se produit d’une manière d’autant plus remarquable que le thérapeute touche un point sensible, notamment celui concernant des rencontres alors que le sujet était encore enfant ou même bébé. J’entends alors des regrets, des plaintes ou simplement des expressions qui tournent autour du fait que le sujet est « encore une fois » sur Terre, ou bien qu’il y est de « retour » (généralement, à ce moment-là, je pousse l’investigation). Les souvenirs des vies antérieures qui remontent semblent avoir trait au développement personnel du sujet, à son évolution, comme cela a été le cas pour Dave et Joe. 5. Les expériences de vies antérieures offrent au sujet comme au thérapeute une perspective différente sur la notion de temps et sur la nature de l’identité humaine. Des cycles de mort et de renaissance étalés dans le temps peuvent ainsi être poursuivis, donnant un sens différent, et moins dirigé vers l’ego, de la continuité de la vie comme de l’insignifiance de l’individu dans ce grand tout cosmique. La conscience n’est plus ressentie comme indissolublement liée à la destinée corporelle ; la notion d’âme, dont l’existence serait séparée du corps, devient enfin pertinente.
6. Une fois l’idée de la séparation de la conscience d’avec le corps acceptée, toutes sortes d’expériences « transpersonnelles » deviennent possibles ; l’identification de la conscience avec une infinité d’êtres et d’entités à travers l’espace-temps, et bien au-delà, peut se produire. Paul (chap. 10), un cas parmi mes patients, s’identifia, au cours d’une séance d’hypnose, à des dinosaures ou des reptiliens d’une autre ère et assista à l’écrasement au sol d’un ovni, quelques dizaines d’années avant notre époque, alors que les extraterrestres subissaient une agression due à la peur de la part des humains. Un autre kidnappé, un jeune Brésilien, découvrit que les rencontres qu’il faisait l’aidaient à s’identifier à des mythes et à des entités spirituelles de son propre folklore d’où il avait été coupé par le travail intellectuel et scientifique de style occidental auquel il s’était soumis.
7. Un aspect très important de cette espèce d’expérience transpersonnelle est le sentiment qu’ont les kidnappés de posséder une double identité, à la fois humaine et extraterrestre. Grâce à leur nature extraterrestre, ils se découvrent en train de faire des choses que les « autres » extraterrestres leur avaient faites, à eux et à d’autres êtres humains, comme scruter le mental ou même procéder à des expérimentations de reproduction. L’identité extraterrestre semble être reliée à l’âme de l’être humain, et une des tâches auxquelles le kidnappé se voit confronté est de parvenir à intégrer ces deux faces de son identité, intégration qui peut prendre le caractère d’une « ré-humanisation ».
8. Revivre une expérience d’enlèvement conduit toujours les kidnappés à s’ouvrir à d’autres réalités dépassant le seuil de notre espace-temps pour atteindre des royaumes
dont les descriptions varient mais où l’on entend souvent le mot « voile » ou tout autre terme signifiant la barrière qui les avait retenus enfermés dans une « boîte », ou dans une conscience limitée au monde purement physique. Lorsqu’on les questionne sur ces expériences, les kidnappés ont du mal à trouver les mots exacts pour exprimer ce qui est arrivé et décrire l’« effondrement » de notre espace-temps, l’inadéquation de cette notion même et la possibilité de se trouver dans de multiples temps et de multiples endroits au même moment.
Comme résultat de toutes ces expériences, les kidnappés font la découverte d’une signification nouvelle et différente de leur place dans la grande structure cosmique, place généralement plus modeste, mais en harmonie avec la Terre et tous ses systèmes vivants. Des sentiments de crainte, de respect pour les mystères de la nature, et un sens plus élevé du sacré devant le monde et le merveilleux se partagent alors le cœur et l’esprit du kidnappé en même temps qu’une infinie tristesse devant la crise écologique planétaire, apparemment sans espoir. Un des cas analysés par John Carpenter réfère à une femme qui parlait d’elle-même comme d’une « enfant de l’univers » après avoir ranimé des souvenirs d’enlèvement. La signification et les implications de telles transformations de la conscience pour un possible avenir de l’humain seront discutées plus en détail dans les exemples qui vont suivre ainsi que dans le chapitre de conclusion.
Les treize cas présentés dans ce livre - huit hommes et cinq femmes - ont été sélectionnés à partir de soixante-seize patients que j’ai interrogés sur la base des critères suivants :
1. Leurs récits, bien que parfois complexes, me semblaient suffisamment clairs pour autoriser une narration cohérente.
2. Chaque cas illustre assez bien un ou plusieurs aspects importants du phénomène d’enlèvement. 3. Chaque personne a émis le souhait que son histoire soit publiée, parfois de façon anonyme. 4. J’ai très bien connu ces personnes. Mais il y a des kidnappés que j’ai connus sur une plus longue période et de manière beaucoup plus approfondie. Si j’ai préféré ne pas parler de leurs cas ici, c’est parce que je ne serais guère parvenu à rendre justice à la richesse de leurs expériences avec mes pauvres moyens littéraires.
La partie où le lecteur trouvera l’analyse des cas annoncés reflète généralement un souci de progression depuis le plus simple récit jusqu’à la narration complexe et multidimensionnelle. Le dernier cas met l’accent sur ce que les phénomènes d’enlèvement peuvent offrir comme implications dans le domaine d’un changement possible de nos institutions et de nos existences en tant qu’êtres humains.
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