Egomaniac

Vi Keeland · Chapitre 24 sur 46

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Egomaniac

24 - Emerie

24

 

 

Emerie

 

Je n’ai rien de sexy à mettre, alors je fais avec les moyens du bord. Je repousse mes appels professionnels, le temps de recoiffer d’abord mes cheveux ébouriffés et de retoucher mon maquillage. Coup de chance, je porte un joli soutien-gorge en dentelle noire et un string assorti. J’ôte donc ma jupe et choisis d’attendre Drew seulement dans sa chemise, que je déboutonne un peu pour révéler la dentelle de mon dessous. Satisfaite du résultat, je me rends au salon pour ouvrir mon agenda sur mon ordinateur et j’entreprends d’annuler mes patients de l’après-midi.

Je suis devant la fenêtre, au milieu de mon dernier appel, quand j’entends du bruit à la porte d’entrée. Le calme dans lequel j’ai réussi à me glisser pendant que je travaillais à reprogrammer mes patients disparaît aussitôt, avec l’arrivée d’une nuée de papillons au creux de mon ventre.

Tess McArdle est en train de me relater son récent rendez-vous médical, sans rapport avec notre thérapie, et je juge préférable de ne pas me tourner vers Drew. J’ai déjà bien assez de mal à prendre ma part dans l’échange, maintenant que la serrure a tourné.

En revanche, je n’arrive pas à détacher le regard du reflet de Drew dans la vitre. Il dépose ses clés sur la console, vide ses poches, sort ce que je soupçonne être un préservatif de son portefeuille et vient se poster derrière moi. Sans jamais lâcher la vitre des yeux pendant tout ce temps.

Je bataille pour me débarrasser de madame McArdle, mais elle ne saisit pas mes insinuations. Drew est assez proche maintenant pour que je sente dans mon dos la chaleur émanant de son corps, pourtant il ne me touche pas. Au lieu de quoi, il commence à se déshabiller.

D’abord la chemise. Son torse sculpté est magnifique. Je vois chaque ligne ciselée de ses abdominaux. S’il est si beau dans le reflet de la vitre, je n’ose même pas imaginer comme il doit être follement sexy quand on le regarde en direct.

C’est ensuite le tour des chaussures et des chaussettes. Et puis… le pantalon. Mes yeux sont rivés aux mouvements de ses doigts tandis qu’il baisse rapidement la braguette. Son pantalon fluide tombe au sol. Il fait un pas de côté et s’en débarrasse d’un coup de pied. Je retiens mon souffle quand il porte les mains à la ceinture de son boxer et je lâche un halètement audible lorsqu’il le descend d’un geste sec.

– Emerie ? Vous êtes là ? Tout va bien ?

Merde. Merde. Ça fait une bonne minute que je n’ai pas écouté un mot de ce que me raconte madame McArdle, et elle m’a entendue hoqueter.

– Oui, pardon madame McArdle, je lui réponds, au comble du trouble. Une… une araignée géante vient de grimper sur mon bureau et m’a fait sursauter.

Drew sourit, narquois, dans le reflet. Il s’amuse comme un petit fou. Peut-être même un peu trop. Il prend son érection dans son poing et commence à se caresser tout en me fixant des yeux.

– Madame McArdle, je suis navrée. Je dois vraiment filer. J’attends quelqu’un d’un instant à l’autre.

Drew se penche pour m’embrasser dans le cou, tout en chuchotant dans mon oreille, celle qui n’est pas déjà collée à l’appareil :

– Ah oui ? Tu m’attends ?

Il passe une main sous ma chemise et me serre les fesses à pleines mains.

– Je vais te prendre là, contre cette fenêtre.

Je serre les cuisses, ce qui ne change en rien les pulsations entre mes jambes. Quand la main qu’il a sur mes fesses se déplace vers mon entrejambe et qu’il recueille mon humidité pour la déposer entre mes fesses, mes jambes se mettent à trembler. Il ne prévoit quand même pas d’enfoncer ce truc à cet endroit ? Je n’ai jamais fait ça et ne suis pas certaine d’avoir envie de commencer avec lui, tant son érection est impressionnante.

Il continue son massage et à étaler mon suc partout. Quand enfin je réussis à raccrocher d’avec madame McArdle, je suis plus lubrifiée que lorsque je me caresse moi-même et que j’utilise du vrai lubrifiant.

Je lâche mon portable au sol, peu m’importe s’il se casse, et m’appuie contre Drew tandis qu’il insinue deux doigts en moi.

– Tellement mouillée, tellement prête.

Sa voix est rauque, gutturale, si sexy qu’elle pourrait suffire à me faire jouir. Ses mots. Le ton. Sa manière de ne pas demander, mais de m’annoncer ce qu’il va me faire.

– J’adore ton corps.

J’adore les sensations qu’il me donne.

– Les gens… les gens peuvent voir à l’intérieur ?

Mes paroles sont à peine cohérentes, mais quand je me force à rouvrir les yeux, je vois des passants dans la rue. OK, ils sont loin, mais n’empêche.

Drew continue le va-et-vient de ses doigts en moi.

– C’est important ? S’il y avait la moindre chance qu’on nous voie, est-ce que tu me demanderais d’arrêter sur-le-champ ?

La réponse que je lui fais est honnête.

– Non.

Non, je ne lui demanderais pas d’arrêter si nous avions un public entier pour nous observer, prêt à lever le carton sur lequel il aurait affiché la note de notre prestation. Je suis beaucoup trop excitée pour ça.

– Bien.

Ses doigts quittent momentanément mon intimité et, avant que j’aie compris ce qui m’arrive, il m’arrache ma chemise. Enfin, pour être exacte, ce sont les boutons de sa chemise qui cognent contre la vitre.

– Tu as quelque chose contre les boutons ?

– J’ai quelque chose contre le fait que tu portes des vêtements.

Je ne sais comment, il parvient à me retirer sa chemise, mon soutien-gorge et ma culotte en un temps record. Et soudain mon corps chaud se retrouve collé contre le verre froid.

– Il se peut qu’on te voie, d’en bas. (Il glisse une main entre mes seins et la vitre et me pince un téton.) Il y a peut-être un homme, dans ces immeubles, là-bas. (Du menton, il désigne les bâtiments en bord de parc, qui sont légèrement de biais.) Il nous observe aux jumelles tout en se caressant, il s’imagine qu’il est devant toi pendant que moi, je te prends par-derrière.

– Oh…

La fenêtre est si froide, et mon corps est en feu.

Drew me lèche l’épaule, remonte vers mon cou, pour atteindre mon oreille.

– Écarte les jambes pour moi, Em.

À ce stade, j’aurais sauté par la fenêtre s’il m’en avait donné l’ordre. J’écarte donc les jambes et Drew me passe un bras autour de la taille, cambre mes fesses vers lui en m’obligeant à arquer le dos tandis que mes seins restent collés au verre. Puis il saisit son sexe, enfile le préservatif et plie légèrement les jambes afin de s’insinuer doucement en moi.

Il entre et sort à quelques reprises, chaque assaut allant un peu plus loin, jusqu’à ce qu’il soit entièrement fiché en moi. Jamais je n’ai été avec un homme aussi solidement constitué, chacun de ses passages caresse mes parois internes, force mon corps à l’envelopper comme un gant.

– Oh putain, c’est si bon d’être en toi. Tu es très étroite, tu me serres si fort. Tu veux que je te remplisse, hein ? Tu veux aspirer tout mon sperme.

Oh, là, là, j’adore quand il me parle comme ça. Dans un gémissement, je me pousse contre lui pour le prendre plus profondément encore.

– Oui, Drew. Oui, encore.

L’appartement est plongé dans le silence, à l’exception du son de nos peaux humides qui entrent en contact. Les claquements semblent tourner tels des échos tout autour de nous. Ce son exquis doit l’exciter autant que moi, car Drew se met à m’assaillir de plus belle. Plus fort, plus profond. Chacun des grognements qu’il émet avec ses coups de boutoir m’envoie plus près du précipice. J’avais fermé les yeux pour mieux me perdre dans le plaisir de mon corps, mais quand je les rouvre, ils sont aussitôt happés par ceux de Drew dans le reflet. Ce lien me fait basculer. Je jouis longuement et intensément, sans jamais rompre le contact visuel avec lui malgré mes gémissements.

– Putain ce que tu es belle.

Et dans un dernier assaut, tout au fond de moi, je sens une pulsation chaude, tandis qu’il me répète encore et encore combien je suis belle.

Après quoi il ralentit jusqu’à une cadence alanguie, avant de se retirer pour se débarrasser du préservatif. Quand il revient, je suis toujours collée à la fenêtre et il me surprend en me soulevant dans ses bras.

– Qu’est-ce que tu fais ?

– Je t’emmène au lit.

Je pose la tête contre son épaule.

– Je suis épuisée.

Il m’adresse un sourire canaille.

– Je ne parle pas de dormir. Je parle de te prendre avec la manière, la prochaine fois.

– Avec la manière ? je croasse.

– Oui. J’ai besoin d’une dizaine de minutes, mais j’ai hâte de prendre tout mon temps et de contempler ton visage quand tu jouiras dans mon lit.

– Dix minutes ?

Pour ma part, j’aurais plutôt besoin de quelques heures.

Drew s’esclaffe et me dépose un baiser sur le front.

– On prendra un bain après le deuxième round. Ça te dit ?

Et comment.

– Tu vas me priver de bain, si je suis trop fatiguée pour le deuxième round ?

– Ne t’inquiète pas. Je ferai tout le travail. Tu n’auras qu’à rester allongée à profiter de ma langue, en rêvant à la baignoire.

– Et à penser que j’avais dit « non » à tout ça, pas plus tard qu’hier.

– C’était la dernière fois que tu me disais « non ».

– Ah oui ?

– Oh que oui. Maintenant que je sais comme c’est bon, toi et moi, tu pourras toujours dire « non », je ne te croirai pas.

 

*

* *

 

– Je t’ai laissé une marque.

Drew prend de l’eau chaude dans ses paumes et la laisse tomber en grosses gouttes sur mon téton érectile. Je suis bien installée entre ses jambes et nous trempons tous les deux dans le bain.

– Où ?

– Là.

Il désigne une trace rouge sur mon sein que je n’avais pas remarquée.

– Pas grave. Il y a peu de chances que quelqu’un la voie.

Il se raidit.

– Peu de chances ?

– J’entends par là qu’elle sera couverte par mon soutien-gorge, donc même si je me déshabille devant quelqu’un, genre dans une cabine d’essayage ou chez le docteur, elle ne se verra probablement pas.

– Tu ne prévois donc pas de coucher avec quelqu’un d’autre avant qu’elle disparaisse ?

J’incline la tête pour lever les yeux vers lui.

– C’est plus qu’une histoire d’une nuit ?

Il fouille mon regard.

– Oui.

– OK, alors non, personne ne verra ma peau marquée. Pas besoin de te tracasser pour ça.

Sa mâchoire se détend.

– Bien. Parce que ce n’est pas la seule marque que j’ai laissée.

– Quoi ? Où encore ?

– Ici. (Il touche ma clavicule.) Ici. (Il montre un point juste sous mon oreille.) Et je suis à peu près sûr que tu vas en trouver quelques-unes à l’intérieur de tes cuisses.

J’éclate de rire.

– Celles-là, elles ne me dérangent pas du tout. Mais tu ne peux pas me faire des suçons dans le cou, où mes patients risquent de les voir. La plupart d’entre eux traversent une période difficile dans leur relation, je n’ai pas envie de leur infliger la preuve que moi, je passe du bon temps la nuit.

– Promis. Je limiterai mon marquage à tes seins, tes cuisses, ta chatte et ton joli cul.

– Tu sais que tu es un grossier personnage ?

Il me pince un téton.

– Tu ne semblais pas t’en offusquer quand j’étais en toi.

– Oui, eh bien…

Je n’ai rien à répondre, vu qu’il a raison. Je sens mes joues s’échauffer. Drew ricane.

– Tu t’es assise sur mon visage, et le fait que je dise « chatte » et « cul » te fait rougir ?

– La ferme.

Je l’éclabousse.

Il actionne les jets et je me détends dans ses bras, profitant du massage de l’eau. Le bruit des tourbillons est sourd, il a sur moi un effet calmant. Pourtant, j’ai quelque chose en tête depuis une heure et je n’arrive pas à m’en défaire.

Au bout d’un moment, les jets s’apaisent et je finis par rassembler mon courage.

– Je peux te demander quelque chose ?

– Tes fesses sont collées contre mes testicules. Je suppose que ce n’est pas une question à laquelle je vais avoir envie de répondre, si tu as attendu jusqu’à maintenant pour la poser.

Gros malin. Je ne me démonte pas pour autant.

– Qu’est-ce qui s’est passé pendant ton mariage pour que tu finisses par divorcer ?

Il lâche un soupir.

– Tu as déjà la peau toute fripée. Tu es sûre de vouloir entendre la réponse ? Tu risques de faire quatre-vingt-dix ans, le temps que je finisse de déverser toutes les merdes qui se sont passées avec Alexa.

Alexa. Je la hais déjà, rien que pour son prénom.

– Fais-moi la version courte.

– Je l’ai rencontrée pendant ma dernière année de fac. Elle est tombée enceinte au bout de trois mois.

Il a un enfant ?!

– Waouh. Donc vous vous êtes mariés ?

– Ouais. Pas la meilleure décision de ma vie, avec le recul. Mais elle m’avait l’air gentille et elle portait mon enfant. En plus, elle n’avait pas eu le style de vie dont j’avais bénéficié quand j’étais gosse, alors je voulais les mettre à l’abri du besoin, elle et mon fils.

– C’est très noble.

– Je pense que tu confonds noble et naïf.

– Pas du tout. Je trouve incroyable que tu aies tenu à t’assurer qu’ils aient une belle vie.

– Ouais… pour te la faire courte, elle n’était pas la gentille fille qu’elle avait montrée au départ. Pourtant, j’ai continué à faire des efforts longtemps.

– Qu’est-ce qui a fini par te pousser à y mettre un terme ?

Drew reste silencieux un long moment. Quand il reprend la parole, sa voix est rauque.

– Ça s’est terminé la nuit où elle a eu un accident de voiture avec mon fils.

 

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