Halsey

Elma Hilde · Chapitre 10 sur 48

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Halsey

Halsey

 

 

Le lendemain est le jour où Aidan et moi-même sommes invités chez Jefferson et son ami Hunter. Je suis très heureuse de cette rencontre car, de prime abord, ils sont adorables. Après avoir passé une jolie robe d’été bleue et une paire de ballerines beige, je rejoins mon ami au salon.

Ce soir encore, il est sublime ! Comment ne pas être sous le charme d’un tel spécimen ? Il est l’équilibre aussi parfait qu’étonnant entre une beauté angélique et un tempérament diabolique ! Comment ne pas se brûler en flirtant avec les flammes de cet enfer ?

—On peut y aller ! Lancé-je, en récupérant les clefs de l’appartement dans mon sac à main.

—C’est quoi cette robe ?

—Tu ne l’aimes pas ?

—Tu n’as pas encore plus décolleté ?

—Tu es ridicule Aidan ! Et puis, je m’habille comme je le souhaite. Ça ne te suffit pas de régenter ma vie amoureuse, il faut maintenant que tu t’occupes de ma garde-robe ?

—Tu fais ce que tu veux ! Si ça te plaît que les gens pensent que tu es une allumeuse, c’est toi que ça regarde.

—Oh, tu m’agaces ! m’emporté-je, en me précipitant dans ma chambre pour me changer.

—Mets-la de côté, je vais avoir besoin de chiffon quand je vais repeindre la cuisine, lance-t-il à travers la porte.

Après avoir enfilé un jean et un chemisier blanc, je sors de la pièce en boudant.

—Ça fait tout de suite plus sérieuse, tu ne trouves pas ?

—Lâche-moi ! J’en ai assez de toi et de tes remarques acerbes.

—Mais alors pourquoi tu as changé de tenue Hal ?

—Allons-y ! Nous sommes en retard par ta faute.

Je sors précipitamment sur le palier sans me soucier de lui. Je remonte le couloir jusqu’à la porte de nos hôtes. Aidan me rejoint en quelques pas.

—Tu es très belle Hal, me chuchote-t-il à l’oreille alors que je toque à la porte.

Je le regarde en biais. Un merveilleux sourire illumine son visage.

—Et ton petit cul dans ce jean… torride !

—Ce que tu peux être bête !

Quelques instants plus tard, Jefferson apparaît.

— Bonsoir, nous accueille-t-il joyeusement.

— Bonsoir.

Je m'approche pour lui faire la bise puis, il serre la main d'Aidan avant de nous inviter à entrer. L'intérieur de leur appartement est très semblable au nôtre. La décoration de style contemporain est en revanche bien plus recherchée. De très belles peintures sont accrochées au mur et de nombreuses œuvres d’Art ornent les lieux. Hunter nous rejoint avec un sourire aimable. Nous nous saluons amicalement.

— Installez-vous au salon, nous invite poliment Hunter.

— Halsey, j'aurais besoin de ton avis. J'ai fait des amuse-bouche aux crevettes, mais Hunter ne peut pas en manger.

— Avec plaisir. J'adore les crevettes.

Je le suis dans la cuisine pendant qu'Aidan se dirige vers le canapé en compagnie d’Hunter.

Une fois face au plan de travail, Jefferson me présente les fameux amuse-bouche. J'en prends un que j'avale.

— Pour être tout à fait honnête, je voulais un petit moment en aparté avec toi, car Eli m'a parlé de votre rencontre.

Je l’observe stupéfaite par ce qu’il vient de me dire.

— Oh...

— Il m'a demandé de te transmettre son numéro.

Après la stupéfaction, voici l’heure de l’euphorie. Je n’arrive pas à croire qu’Eli veuille me revoir.

— Vraiment ?

— Oui, je crois qu'il avait très envie de le faire hier soir, mais c'est un garçon un peu timide.

— Alors, il t'a demandé de le faire à sa place ? Plaisanté-je.

— Disons qu'il a réalisé d’avoir manqué une belle occasion et comme il savait que tu venais ce soir, c’était l’opportunité de rattraper son erreur. Je lui ai proposé de se joindre à nous, mais il est de garde à l'hôpital.

Il me tend un bout de papier. Je le saisis avant d’y jeter un petit coup d’œil comme pour m’assurer que je ne rêve pas.

— Je vais l'appeler, dis-je, en reportant mon attention sur mon voisin qui semble s’amuser de ma réaction.

— C'est bien. Eli est gentil garçon. Je suis très content que vous vous soyez rencontrés.

Je lui réponds d’un sourire timide.

— D'ailleurs, il m’a parlé de ta cheville. Comment va-t-elle ?

— Bien mieux.

— Je suis ravi de l'apprendre. En tout cas, cette chute est arrivée au bon moment.

—Je dois t’avouer que je me suis tordue le pied en me retournant pour regarder ton frère.

Il éclate de rire.

— J'ai le pressentiment que vous vous êtes bien trouvés tous les deux. Alors, dis-moi, que penses-tu de mes crevettes ?

— C'est très bon.

— Super ! Allons les rejoindre au salon ma chère Halsey.

Nous passons un très agréable moment avec nos deux nouveaux amis. Ils sont plein d'entrain et très drôles. C'est extrêmement facile de parler avec eux et notre différence d'âge n'est aucunement une barrière à notre entente. Au cours de la soirée, nous apprenons qu'Hunter est professeur de boxe dans une salle de la ville. Jefferson, pour sa part, travaille dans une galerie d’Art située dans Manhattan.

Je passe une magnifique soirée. Cela dit, je ne cesse de penser au numéro que j'ai dans ma poche, mais surtout à son propriétaire.

Je suis encore sous l’effet de la surprise. Je n’arrive pas à croire qu’Eli avait envie de me donner son numéro lors de notre rencontre. Je ne m'en serais jamais doutée et je suis très flattée de l’attention qu’il me porte. D’ailleurs, je vais m'empresser de lui envoyer un message dès notre retour à la maison.

— C'était sympa, me dit Aidan lorsque nous sommes de retour chez nous.

— Oui, ils sont vraiment gentils.

— J'avais un peu peur vu notre différence d’âge, mais ce n’était pas gênant.

— Mais ils sont assez jeunes finalement.

— Je suis d'accord.

— Je vais aller me coucher, l’informé-je, en prenant la direction de ma chambre.

— Déjà !

— Je suis un peu fatiguée et puis nous partons de bonne heure demain.

— Tu ne veux rien manger ?

— Tous les hors-d’œuvre de Jefferson ont eu raison de mon petit appétit.

— Comme tu voudras.

Je m'approche de lui pour l'embrasser.

— Bonne nuit Aidan.

— Bonne nuit Halsey.

À peine ai-je passé une tenue pour dormir que je me glisse sous mes draps et m'empare de mon téléphone portable ainsi que du bout de papier sur lequel est inscrit le numéro d'Eli.

« Bonsoir Eli, c'est Halsey. Jefferson m'a donné ton numéro. J'ai appris que tu étais de garde à l'hôpital. Je te souhaite bon courage. H. »

Je m'allonge sans trop attendre de réponse. Il est à l’hôpital, je suppose qu’il a mieux à faire que de répondre à mon message. Pourtant une notification m’annonçant l’arrivée d’un texto arrive quelques minutes plus tard.

« C'est très gentil. Je suis content que tu m'aies contacté. Je peux t'appeler ? »

Eh bien ! Pour un garçon timide, il se montre entreprenant et j'apprécie cela.

« Oui, avec plaisir. »

L'instant suivant son numéro apparaît à l'écran. C'est le cœur battant que je décroche.

— Salut, dis-je un peu maladroitement.

— Bonsoir Halsey. Comment vas-tu ?

— Très bien, merci.

— Et ta cheville ?

— J'ai suivi tes conseils et tout va bien.

— Parfait.

— J'espère ne pas t’avoir dérangé dans ton travail.

— Pas du tout, le service est assez calme ce soir. Mes petits patients dorment à cette heure-là.

— J'imagine.

— Halsey, je me rends compte que ce n'était pas très poli de te transmettre mon numéro par le biais de Jefferson, je suis confus.

— En fait, j'ai trouvé ça assez drôle...

— Il faut que tu saches que je viens de passer les cinq dernières années en internat de pédiatrie et j'ai mis ma vie sentimentale de côté. Autant te dire que je suis un peu rouillé et je tiens à m'excuser par avance des innombrables erreurs que je vais commettre.

Je glousse.

— Tu es pardonné.

— Ouf… je suis soulagé. Est-ce que tu serais d'accord pour dîner avec moi ?

— J'aimerais beaucoup.

— Malheureusement, j’ai de nombreuses gardes à venir et une obligation familiale à laquelle je ne peux pas échapper, alors je n'aurais pas de soirée de libre avant quinze jours.

— Ce n'est pas grave. Je comprends. Tu as un travail prenant.

— En attendant, nous pourrions nous téléphoner.

— Avec plaisir.

— Très bien. Halsey, je dois te laisser.

— Bien sûr. Bon courage pour ton travail.

— Merci. Bonsoir.

— Au revoir Eli.

Je raccroche avant de fixer mon téléphone en souriant comme une gamine.

Je me trémousse sur mon lit comme une folle un moment avant de m'allonger et de m'endormir en pensant à lui.

**

Le lendemain matin, Aidan me réveille très tôt et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a eu du mal à m’extirper du lit. Je me suis empressée d’aller prendre une douche que j’espérais vivifiante, mais je suis toujours aussi lasse en montant dans la voiture de mon ami.

—Tu parlais à qui hier ? se renseigne Aidan, alors que nous traversons New York pour nous rendre à Woodbury.

—Tu écoutes aux portes maintenant ?

—Disons que j'ai pu constater que les cloisons ne sont pas épaisses effectivement.

—C'est bien que tu t'en rendes compte.

—C'était qui ?

Je me sens un peu coincée, car je n'ai toujours pas envie de lui parler d'Eli.

—C'était mon père.

Je me sens vraiment nulle de mentir à Aidan, surtout que je ne l’ai jamais fait auparavant. J’ai toujours été franche avec lui, mais je ne sais pas pourquoi cette fois j’ai si peur de lui parler de cette nouvelle rencontre.

—Ton père ?

—Oui, il voulait me demander si je venais toujours ce week-end. Comme une idiote, j'ai oublié de le lui confirmer.

—D'accord.

—Tu as vu avec les autres ? Tout le monde sera chez Wes ce soir ?

—Oui, ils seront tous présents.

—Super !

C'est alors que mon portable vibre dans ma poche.

« Je viens de finir ma garde. Je vais enfin pouvoir me coucher. Je voulais te souhaiter une bonne journée. E »

« Merci beaucoup. Je suis en route pour le Connecticut, je rentre dans ma famille pour le week-end. La nuit a dû te paraître interminable. »

« C'est une question d'habitude. Passe un bon week-end auprès des tiens.

« Merci. Repose-toi bien Eli. « 

« À plus tard Halsey. »

Sur le chemin qui nous ramène dans notre village d’enfance, Aidan et moi bavardons des différents travaux que nous voudrions réaliser chez nous. Mais ce n’est pas une mince affaire de nous mettre d'accord, car nous avons des goûts très différents en matière d'aménagement intérieur. Quand nous passons le panneau Woodbury, le seul point sur lequel nous nous sommes entendus c’est que nous nous y mettrons après son retour du Brésil.

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