Halsey
Aidan
Quand je me gare en bas de chez moi, la maison est plongée dans l'obscurité. Nous remontons la petite allée avant d'entrer à l'intérieur.
— Monte, je vais te chercher à boire et un truc pour la douleur.
— D'accord.
Elle tourne et emprunte l'escalier. J'avance jusqu’à la cuisine. Là, je m'empare d'une petite bouteille d'eau et de deux comprimés puis, je monte à l'étage. Un filet lumineux s’échappe par la porte de ma chambre qui est légèrement entrouverte. Je traverse le couloir à pas feutrés afin de ne pas réveiller ma famille. À travers l’entrebâillement, je l’aperçois debout face à ma commode, elle est en sous-vêtements. Je devine un joli ensemble en dentelle de couleur bleu foncé. Ce qu'elle est belle ! Elle a des formes absolument divines ; la courbe de ses fesses est légèrement rebondie, ce qui est extrêmement sexy, ses jambes sont fines et sa poitrine est parfaitement proportionnée au reste de son corps. Je l'observe sortir un de mes tee-shirts de base-ball et le passer pour couvrir son joli corps dénudé. Elle s'empare de ses cheveux qui sont coincés dans le col du maillot avant de les faire tomber en cascade dans son dos. Pour la seconde fois en treize années, mon entrejambe devient fou devant Hal. Elle se tourne vers la porte, je me ressaisis et entre dans la pièce le plus naturellement du monde. Halsey est la seule fille au monde capable de m’intimider. La première fois, nous avions tous les deux picolés et j’avais mis ça sur le compte de l’alcool. Mais ce soir, elle me prouve qu’elle n’a aucune difficulté à me charmer. Pourtant Hal est venue dormir ici à maintes reprises, mais ce soir, sa présence me fait un tout autre effet. C'est déroutant, étonnant et incroyablement agréable.
— Tu en fais une tête, me dit-elle inquiète.
— Je crois que je suis un peu sonné.
— Moi aussi.
Elle s'assied sur mon lit.
— Montre-moi ta main, m'ordonne-t-elle gentiment.
Je la rejoins et m'installe face à elle.
— Merci, dit-elle avant d'avaler les cachets et de boire une gorgée d'eau que je lui tends.
Sur ma table de chevet repose la trousse de premiers soins qui se trouve habituellement dans la salle de bains. Elle s'en empare avant de glisser sa main dans la mienne. Elle passe doucement ses doigts sur mes écorchures. Mon corps est parcouru de frissons en sentant sa peau délicate sur la mienne.
— Tu as mal ?
— Non, ça va.
— Je vais nettoyer.
Elle fouille dans la sacoche rouge et en sort du coton et une bouteille de désinfectant.
— Ça va piquer, me prévient-elle.
Je la regarde faire sans broncher. Tout ce que je sens c'est sa cuisse au contact de ma paume.
— Tu ne souffres pas trop ?
Je secoue la tête lentement.
— Merci de m'avoir défendue.
Je pose ma main libre sur sa joue, ce qui semble la surprendre.
— Je ne laisserai jamais personne te faire du mal Hal.
Elle se laisse aller dans le creux de ma main.
— Qu'est-ce que je ferai sans toi ?
— Et moi alors ?
— Tu ferais n'importe quoi, c'est évident, dit-elle, en me faisant un magnifique sourire.
— J'ai eu peur pour toi ce soir, avoué-je timidement.
Elle se précipite dans mes bras et me serre fort.
— Moi aussi, j'ai eu peur, dit-elle, en sanglotant.
— Je suis tellement désolé que tu aies enduré ça Hal.
Je la garde contre moi un long moment. Elle pleure pendant je la câline tendrement. La tenir ainsi est un pur plaisir. Je profite de sentir son petit corps encore tremblotant dans mes bras, et la torture que cette proximité me procure me rend dingue, pourtant je n’ai pas envie de rompre notre étreinte. Je suis totalement envouté par cette intimité entre nous et sentir sa peau sous mes doigts me met dans un état d’excitation inattendu. Je me sens de plus en plus à l’étroit dans mon pantalon et la situation va vite devenir gênante si je ne l’éloigne pas de moi rapidement.
— Tu as besoin de repos, lui dis-je mal à l’aise.
— Oui, tu as raison.
Elle se redresse, je tire sur les draps pour l’inviter à s’allonger. Je me déshabille à la hâte et me glisse à ses côtés. Sa présence dans mon lit me rend soudainement très nerveux.
— Aidan, prends-moi dans tes bras, demande-t-elle d’un ton mal assuré.
Je m'approche d'elle et me presse contre elle en espérant que mon pénis se tienne tranquille.
— Je t'aime, Aidan.
Je dépose un baiser sur le haut de sa tête.
— Je t'aime aussi, Hal.
Je l’étreins avec tendresse en l’écoutant respirer. Je suis soulagé quand je comprends qu’elle s’est endormie. Elle va pouvoir se reposer malgré l’épouvantable expérience qu’elle vient de vivre.
**
Le lendemain matin, je me réveille avec le bras élancé de Hal posé sur mon torse. Elle dort paisiblement. Je profite de cet instant pour l’observer avec attention. Hier soir, je me suis senti très bizarre face à ma meilleure amie. La seule et unique fois où elle avait éveillé des sensations aussi sensuelles en moi remonte à son vingt-et-unième anniversaire. Cependant, aujourd’hui, c’est très différent. À l’époque, il s’agissait d’une fin de soirée trop arrosée où nous avions flirter avec les limites, mais dans ce cas précis, Halsey semble s’imposer avec le plus grand naturel. Les évènements d’hier y sont sûrement pour beaucoup. Entendre la terreur dans sa voix, quand ce connard a voulu s’en prendre à elle, m’a fait tellement peur que je n’étais plus vraiment moi-même. Je saisis alors doucement son poignet et constate que deux grosses ecchymoses ont fait leur apparition. Je sens cette rage immense s’emparer de moi de nouveau. Je ne me serais jamais arrêté à temps de le battre si Hal n’avait pas été là, elle est la seule personne qui pouvait me stopper. De quel droit ce fils de pute a posé la main sur elle ?
Elle est si douce, si pure. Je crains que cette mésaventure ne l’affecte dans les prochains jours. Elle est bien trop sensible, je dois absolument la surveiller et m’assurer que la situation ne l’ébranle pas plus que ça.
Je reporte mon attention sur ma jolie blonde, qui ne porte qu'un de mes tee-shirts de base-ball, quand je la sens remuer à mes côtés. Elle pose sa tête sur mon épaule.
— Coucou.
— Tu as bien dormi ?
— Hum, pas trop mal. J'ai fait un cauchemar.
Je la serre dans mes bras en plongeant mon nez dans ses cheveux.
— Tu aurais dû me réveiller.
— Tu dormais profondément. Et puis, je n'ai pas eu trop de difficulté à me rendormir.
— Ça va aller ?
Elle hoche timidement la tête.
— Ne te prends pas la tête avec cette histoire. Il ne faut plus que tu y penses. Je sais que tu as eu peur et moi aussi, mais ne le laisse plus t’atteindre.
— J’imagine que tu as raison.
— J’ai toujours raison petite chose. Ça te dit un petit déj ?
— Hum… Je ne dis pas non. Ta maman fait des pancakes à tomber.
— Elle va être très heureuse de te voir.
— Moi aussi je suis contente.
Nous nous levons et nous habillons rapidement avant de descendre à la cuisine. Sans surprise, ma mère est en pleine préparation du repas. Elle porte son habituel tablier. C’est une petite femme ma mère. Ses cheveux commencent à grisonner et son tempérament naturel fait qu’elle les laisse en l’état, ça lui va très bien d’ailleurs. Nous avons le même regard vert, d’une grande intensité.
— Ma chérie, s'exclame ma mère, en nous voyant entrer dans la pièce.
— Bonjour Sarah.
— Tu as dormi là ?
— Euh... oui.
— Un sale enfoiré lui a fait une peur bleue hier quand nous avons quitté le bar de Wes, il s’est montré un peu trop pressant.
— Ma pauvre enfant. Il ne t'a pas fait de mal ?
— Non, j'ai eu très peur surtout.
— Mon Dieu, murmure ma mère, en voyant le poignet d'Hal. C'est lui qui t'a fait ça ?
— Je me suis débattue.
— Mais il est fou ce type !
— Crois-moi, je lui ai fait regretter son geste.
— Aidan Parker ! Tu t'es encore battu ?
— Attends maman ! Tu as vu ce qu'il lui a fait ?
— C'est sûr que vu comme ça… Cependant, je n'aime pas que tu en viennes aux mains.
— Désolé, mais là, ça s'imposait, rétorqué-je, en prenant place autour de la table de la cuisine.
— Va t'asseoir Halsey, je vais te servir à manger.
— Merci Sarah.
Ma meilleure amie me rejoint en me faisant un sourire confus. Je sais qu'elle n'aime pas que je m'attire d'ennuis et la culpabilité se lit sur son visage. Je dépose un baiser sur le bout de son nez.
— Ne fais pas cette tête ! Tout va bien.
— Je ne veux pas que tu aies de problème.
— Hal, je n'aurai pas d'ennuis et je défoncerai la tronche de tous les mecs qui poseront la main sur toi sans aucune hésitation.
— Aidan, gronde sa mère.
— Tu devrais avoir l'habitude depuis le temps, dit-il, en haussant les épaules.
— Et c'est aussi mon rôle de tenter de te tempérer.
— C'est peine perdue quand il s'agit de ma petite chose.
— Ça aussi j'ai l'habitude, rigole ma mère, en déposant nos assiettes devant nous.
Nous commençons à déjeuner tranquillement quand mon frère fait irruption dans la pièce.
— Bonjour tout le monde, lance-t-il joyeusement.
Il embrasse ma mère avant de s'approcher d'Halsey.
— Salut petite blondinette, tu as dormi là ?
— Oui.
Mon frère me jette un regard complice.
— Il était temps !
Mais quel abruti !
— De quoi tu parles ? lui demande ma meilleure amie.
— Hal a été agressée sur le parking de Wes, m'empressé-je de lui apprendre.
— Merde !
Il se tourne immédiatement vers Halsey, visiblement très inquiet.
— Ça va ma jolie ?
— Oui, Aidan est arrivé à temps.
— Tu lui as fait regretter son geste au moins ?
— Oh oui !
Ma mère se lève en râlant après Devon. Il prend la place qu'elle occupait et me tend son poing.
— Bien joué frangin, dit-il alors que nous les entrechoquant. C'était qui ?
— Je ne le connaissais pas.
— Moi non plus, ajoute Hal.
— Lui non plus à mon avis, sinon, il aurait su que tu étais la nana d'Aidan.
Je lui lance un regard furieux. À quoi est-ce qu’il joue ?
— Pardon « la meilleure amie » d'Aidan, ajoute-t-il.
Hal qui garde le nez dans son assiette ne semble pas s'intéresser à l'attitude de mon frère. Il me provoque suite à notre conversation d'hier. Je sais qu'il m'en veut de mon comportement à l'égard d'Halsey.
— Et sinon, ça va la vie de couple Hal ?
Je le toise sévèrement, mais il fait bien attention de m’ignorer.
— J'ai l'impression de vivre avec Porcinet.
— Mais quelle surprise !
— Franchement, tu abuses parce que je ne fous le bordel que dans ma piaule.
— Et la cuisine...
— Alors moi, je casse le cul à te faire des bons petits plats et c’est comme ça que tu me remercies
— Merde ! Aidan, tu cuisines ? se moque mon frère.
Je sens la colère me monter.
— Ouais, et alors ?
— Putain Halsey, qu'est-ce que tu as fait à mon frangin ?
— Il a compris que s’il voulait se nourrir convenablement, il valait mieux ne pas compter sur moi.
— Bien joué.
— En plus, il est très doué. Je me régale, je te jure, rigole-t-elle.
Je pousse gentiment ma meilleure amie.
— Allez, bouge, je te ramène chez toi.
— Tu me vires ?
— Tu déjeunes ici à midi, je te rappelle. Tu veux peut-être prendre une douche et te changer ?
— Tu boudes frangin ? lance Devon en souriant.
— Toi lâche-moi !
Ma réflexion n'a pour effet que de le faire rire.
— À plus, les tourtereaux...
Je prends Hal par la main et la tire à l'extérieur de la maison.
— C’est quoi le problème ? me demande-t-elle, quand nous arrivons près de ma voiture.
— Devon me gonfle.
— Il te taquine, c'est tout.
— Allez, monte, lui ordonné-je, en ouvrant la portière.
— J'aime vivre avec toi Aidan, tu es un colocataire vraiment adorable.
— Ah bon !?!
Elle me fait un magnifique sourire.
— Oui, oui, murmure-t-elle, avant de déposer un baiser sur ma joue. Mon petit Satan.
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