Halsey

Elma Hilde · Chapitre 4 sur 48

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Halsey

Halsey

 

Enfin… Après des heures de dur labeur, nous sommes parfaitement installés dans notre logement ! Je jette un dernier coup d'œil dans la pièce principale pour m’assurer de ne rien avoir oublié. Le premier constat est que je suis très fière du résultat.

J'ai profité qu'Aidan soit parti à l’agence de mannequins remplir quelques papiers dans le but de finaliser son embauche pour achever notre emménagement. Comme nous venons de passer les deux derniers jours à sortir pour visiter New York, nous n’avions pas tellement progressé.

Il ne me reste plus que deux sacs poubelles à descendre aux ordures et je serai tranquille. Je m'empare de mon trousseau de clefs et sors sur le palier. En remontant jusqu’à notre étage, je croise le chemin d’un homme de grande taille. Il doit faire une tête de plus qu'Aidan, qui est déjà d’une stature généreuse. Ses cheveux sont d'un blond doré que bon nombre de filles lui envieraient. Ils sont assez courts et coiffés en brosse, mais avec une certaine nonchalance, nous sommes loin de la rigueur des coupes de l'armée. Il porte des lunettes rondes genre « Harry Potter ». J’estimerais son âge dans la quarantaine.

— Bonjour, dit une voix masculine, bien que fluette.

— Bonjour.

— Je suis Jefferson, j'habite juste là, m'apprend-t-il, en m'indiquant la porte qui se trouve à l'autre bout du couloir.

— Oh ! Enchantée. Je m'appelle Halsey.

— Ravi de vous connaître.

— Moi de même.

— C'est agréable d'avoir des nouveaux voisins, car votre appartement est resté inoccupé pendant plusieurs mois.

— Pourtant c'est un logement vraiment sympathique.

— Je crois que le propriétaire a attendu avant de le remettre en location.

— D'accord.

— Êtes-vous bien installés ?

— Oui, je dois dire que nous sommes bien ici.

— C'est votre premier appartement ?

— Tout à fait.

— C'est une étape importante dans la vie d’un couple.

— Aidan et moi sommes seulement amis. Nous vivons en colocation.

— Pardon, j'ai cru que vous étiez ensemble tous les deux.

— Ce n'est pas grave, ça nous arrive souvent.

— Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Je vous souhaite la bienvenue dans notre immeuble.

— Merci beaucoup.

— Bonne journée, Halsey.

— Vous de même.

Je pousse la porte de mon appartement, enchantée de cette rencontre. C'est une très bonne chose de connaître son voisinage.

Ayant un moment de libre, je décide d’en profiter pour me détendre et pour me faire couler un bain chaud.Je barbotte dans l'eau parfumée à l'essence de vanille quand la porte d'entrée claque soudainement.

— Halsey, m'appelle Aidan depuis le salon.

— Je prends un bain. Fiche-moi la paix !

Mon avertissement semble le laisser de marbre puisqu'il pénètre dans la pièce en trombe à peine quelques secondes plus tard.

— Mais merde ! C'est quoi ton problème sale pervers ?

— Ta matinée s’est bien passée ?

— Je rêve, ou tu me fais la causette alors que je suis nue dans mon bain ?

— Je rêve, ou tu crois que je m'intéresse à ce qui se cache sous toute cette mousse ?

— Je vais finir par me poser la question.

— Ce n'est pas le cas et je ne me fiche pas mal de te voir à poil.

— Eh bien, pas moi !

Il s'approche et dépose un baiser sur mon nez.

— Merci d'avoir fini de déballer nos affaires.

Après avoir rempli ma main d’une bonne couche de mousse, je l‘étale sur le visage.

— Putain ! T'es vraiment une gamine Hal !

— Sors de là !

C'est alors qu'il appuie fortement sur le haut ma tête pour m'immerger. Je me débats vigoureusement, mais il est doté d’une telle force que je dois compter sur sa bonne volonté pour revenir à la surface de l’eau.

— Tu es con franchement ! râlé-je, en essuyant mon visage.

— C'est toi qui as commencé, lâche-t-il, en se dirigeant vers la sortie. Si tu ne veux plus que j'entre, verrouille ta porte !

**

Je sors de mon bain quelques minutes plus tard. Je passe mon peignoir en coton blanc avant de le rejoindre au salon. Mon ami est installé devant la télévision.

— Tout s'est bien passé à l’agence ?

— Nickel ! Je serai amené à voyager de temps à autre.

— C’est super ! Tu vas certainement voir des beaux endroits.

— Ça ira pour toi quand je m’absenterai ?

— Mais oui, ne t'inquiète pas ! De mon côté, j'ai fait une agréable rencontre.

— Qui ?

Je m'assieds à ses côtés et pose ma tête sur son épaule.

— Jefferson, notre nouveau voisin. Il est très sympathique.

— Il t'a draguée ?

— Mais non ! Il a genre quarante ans.

— OK ! J'ai acheté de quoi dîner ce soir.

— D'accord.

— J'ai eu mes parents au téléphone, ils t'embrassent.

— Comment vont-ils ?

— Bien.

Je reporte mon attention vers le poste de télévision et constate qu'il regarde un match de basket-ball. Il aime beaucoup ce sport.

— C'est quoi ce match ?

— Les Knicks contre les Nets, mais c'est un match de gala, il n'y a pas vraiment d'enjeu.

— On pourra aller en voir plus souvent, si tu veux.

— Oui, j’aimerais bien.

— Il faudra aussi que nous assistions à des concerts.

— Pas de problème.

Je m'allonge sur le canapé de sorte que ma tête repose sur ses genoux.

— On va être bien ici, affirmé-je, avant d’être rapidement gagnée par le sommeil.

**

À mon réveil, je ne suis plus sur le canapé, mais étendue sur mon lit. Je prends mon téléphone portable pour vérifier l'heure. 19 H 45. J'ai dormi pendant près de trois heures. Je ne vais jamais pouvoir me rendormir ce soir, mais cette sieste m’a fait le plus grand bien. J’enfile le premier pantalon que je trouve et un débardeur avant de rejoindre Aidan au salon. Il est en pleine préparation de notre dîner.

— Tu as bien dormi ?

— Oui.

Je m'approche et dépose un baiser sur sa joue.

— Que fais-tu de bon ?

— Des spaghettis au pesto et du poulet.

— Hum... je suis une petite veinarde !

— Je ne te le fais pas dire. Tu veux que l'on aille boire un verre au bar que l'on avait repéré l'autre jour ?

— Houlà ! Tu viens me mater dans mon bain, tu me files un rencard, tu es en train de tomber amoureux Aidan.

Il éclate de rire avant de me saisir par la main pour m'attirer à lui et de me tenir dans ses bras.

— Disons que tu es le seul être humain qui ne me tape pas sur les nerfs.

— C'est ce que je dis, tu es amoureux de moi.

— Je n'aime pas Hal, je tolère !

— Ce que tu peux être méchant.

Il me lâche et me sert un verre de vin avant de prendre une bière.

— À notre emménagement, dit-il, en levant son verre. Que nos carrières respectives soient un succès, que je trouve plein de nanas à sauter et que tu rencontres un mec qui sache voir à quel point tu es unique.

Je souris gentiment.

— Gros nul, rétorqué-je avec amusement, tout en entrechoquant mon verre avec sa bouteille.

Je grimpe sur le plan de travail et regarde mon ami continuer sa préparation.

— Tu auras sûrement des beaux collègues à me présenter d'ici quelques semaines.

Il se redresse brusquement en me toisant durement.

— Oublie ce plan tout de suite !

— Et pourquoi ? Tu as peur que je ne tombe sur homme plus beau que toi ?

— Aucun risque ! Par contre, c'est un milieu gangréné de queutards, tu ne trouveras jamais un mec valable parmi les mecs de mon agence.

— Je ne vais pas me marier Aidan ! S'il est beau comme un Dieu et doué pour ce qu'il a à faire, j’aurai tort de m’en priver.

— C'est non Hal ! Je ne ramènerai jamais un top ici et ne t'avise pas d'essayer de pointer ta bouille à l'agence.

— Tu es vraiment insupportable !

— Je ne fais que de te protéger et tu me remercierais si tu savais de quoi un mec en rut est capable pour s’envoyer une petite demoiselle comme toi. Tu vas finir dans le mauvais plumard avec un type qui se fichera éperdument de toi.

— Tu n’es pas juste, protesté-je. Tu me pourris ma jeunesse, alors que de ton côté tu t'en donnes à cœur joie.

— Pour la simple et bonne raison que je suis un mec. Si tu agis ainsi, tu vas finir avec une vilaine réputation qui va te coller à la peau pendant très longtemps et, crois-moi sur parole Halsey, tu vaux mieux que ça. Je fais la moue.

— Même Andy est moins pénible !

— Ton frère ne voit rien de ta vulnérabilité et de ta grande naïveté.

— Eh !

Il se plante face à moi avant de poser ses mains sur le plan de travail de chaque côté de mon corps.

— Tu n'es pas prête, tu es trop immature.

Je le regarde en fronçant les sourcils.

— J'ai six mois de moins que toi.

— Mais tu es bien trop romantique. Si tu te laisses aller dans les bras d'un gros enfoiré, tu vas te retrouver avec le cœur brisé.

— Alors, selon toi, mon romantisme est un handicap.

— Non. À dire vrai, c'est ce que je préfère chez toi. Ça te rend absolument adorable et je cherche seulement à préserver ce trait de caractère si précieux.

— Tu es un être à part Aidan Parker et je t'aime follement.

— Je le sais bien. 

— Merci de ne pas m'avoir laissée derrière toi.

— Tu plaisantes ! Pour que je revienne à Woodbury dans six mois, que tes parents t'aient retourné le cerveau, que tu te sois fiancée avec ce gros connard de Travis par dépit et que tu deviennes une femme au foyer qui pond un monstrueux petit Travis tous les neuf mois, c'est mort !

Je fais une grimace de dégoût.

— Travis ? Je préfère rentrer au couvent et offrir ma vie à Jésus.

— Tu ne crois même pas en Dieu !

— Je sais, mais c'est toujours mieux que lui.

— Je te l'accorde. Fais attention à toi Halsey.

— D'accord.

 

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