Halsey

Elma Hilde · Chapitre 7 sur 48

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Halsey

Aidan

 

 

Comme prévu, je suis resté avec Halsey avant de la ramener à notre appartement puis, je suis retournée pour voir si la jolie blondinette était toujours avec ses copines et, heureusement, ce fût le cas. Je me suis installé au bar pour prendre une bière. Je reste là quelques minutes quand elle se lève et vient vers moi pour passer commande auprès du barman. Elle s'approche et effleure mon bras au passage.

— Oh, pardon !

Je suis un peu déçu que ce soit si facile.

— Il n'y a pas de mal. Tu ne veux pas me tenir compagnie quelques secondes ?

— Non, pas vraiment...

— Et pourquoi ça ?

— Je t'ai vu avec ta copine tout à l'heure !

— Oh... c'est Halsey, ce n'est pas ma copine, mais ma meilleure amie.

— Oui, c'est ça...

— Non, je te le jure. Si tu viens chez moi, je peux te la présenter.

— Tu n'es pas en train de me baratiner pour m'attirer dans ton lit.

Je me tourne pour lui faire complètement face.

— Comment tu t'appelles ?

— Lacy.

— Lacy, je vais être très honnête avec toi. J'ai très envie que tu finisses dans mon lit. Je suis même revenu dans ce seul but. Halsey est ma coloc. Tu n'as rien à craindre à ce niveau-là. Tu veux bien venir avec moi ?

— Offre-moi un verre à boire et on verra si je te laisse m'amener chez toi.

— Qu'est-ce que tu veux boire ? lui demandé-je, en lui montrant le tabouret voisin.

Nous commençons à bavarder. Vers une heure du matin, nous rentrons à l'appartement.

**

Le lendemain matin, je me réveille tard. Je constate immédiatement que je suis seul dans le lit. Tant mieux ! Cette fille était gentille, mais elle ne m'a pas fait rêver. Je me lève péniblement avant d'enfiler un pantalon ample et un débardeur.

Quand je sors dans le salon, je trouve Halsey qui bosse sur son ordinateur portable sur le canapé.

— Salut.

— Salut, bougonne-t-elle.

Bon, je sais par expérience que ce n'est jamais bon signe quand son humeur joviale a disparu.

— Quoi ?

— « Oh oui, Aidan, c'est bon ! Continue... plus fort »

Je fais la grimace en allant jusqu'à la cafetière qui est vide. Elle va me faire la misère.

— Tu aurais pu me faire couler du café !

J'entends son ordinateur claquer violemment. Je sais que je suis con, mais c'est le seul moyen d'éviter un sermon version « Halsey ».

— Pour ton information, j'avais fait couler du café, mais le temps que je prenne ma douche, ton plan cul s'était servi alors, vois ça avec elle et fiche-moi la paix ! Tu es vraiment con parfois.

Elle part comme une furie dans sa chambre. Je ne suis pas fier de la méthode, mais au moins elle ne me prend pas la tête. Elle va bouder pendant une heure ou deux, je retournerai vers elle avec une tasse de chocolat et de la guimauve, je lui ferai une blague et ça sera fini ! Croyez-moi, j'ai pas mal d’expérience dans le domaine, je sais qu'il faut toujours avoir du chocolat et de la guimauve avec Halsey.

**

Après avoir pris un petit déjeuner et une bonne douche, je me lance dans la préparation de ma potion magique avant de toquer à sa porte.

— Je me suis dit que tu aimerais une tasse de chocolat, dis-je doucement, en entrant dans sa chambre.

Elle est allongée sur son lit avec un livre dans la main.

— Je suis toujours en colère, alors toi et ta guimauve, vous pouvez disparaître.

— Je te jure que je lui ai demandé d'être discrète.

— Eh bien, tu aurais pu lui expliquer de façon plus précise ce que « discrétion » veut dire.

— Je crois que j'ai été tellement bon qu'elle n'était plus en mesure de comprendre quoi que ce soit la pauvre fille.

— Je suis en colère après toi, n'essaie pas de me faire rire avec tes blagues salaces.

— J'ai mis tout plein de guimauves, comme tu aimes.

— Tu crois que je n'ai pas saisi ton manège.

— Si, bien sûr que si.

Je viens m'asseoir près d'elle et lui tends sa tasse.

— Je ferai plus attention la prochaine fois, promis.

— Il vaut mieux pour toi, ou les plans cul à la maison, c'est fini ! C'était vraiment dégueu...

— Ouais, c'était un peu crade.

Je vois son petit rictus alors qu'elle porte le mug à sa bouche.

— Elle est restée longtemps.

— Juste le temps de boire mon café et de bouffer mon muffin.

— Je suis désolé Hal.

— Tu n'attires que les filles mal élevées.

— Je m'en serais bien passé de celle-ci finalement, dis-je, en m'allongeant à côté d'elle.

— C'était nul ?

— Rien d'extraordinaire.

— Ce n'est pas la première fois.

— Malheureusement.

Je me tourne vers elle et vois alors son petit air triste, qu'elle essaie de dissimuler en plongeant son nez dans sa tasse de chocolat.

— Hal, qu'est-ce qu'il y a ?

Elle me regarde tristement.

— Si je te demande quelque chose, tu me promets de répondre avec honnêteté sans te moquer de moi ?

— Mince ! C'est grave...

— Aidan, s'il te plaît.

— Je te le promets.

Elle pose sa boisson chaude sur sa table de chevet avant de s'asseoir en tailleur dans ma direction.

— Bon ! Tu es un mec...

— Il semblerait, rigolé-je.

— Et tu es beau...

— Sans aucun doute.

Elle me lance un regard noir qui a pour seul effet de me faire rire.

— Alors, réponds-moi franchement sans me ménager parce que nous sommes amis.

— Mais oui, pose-moi ta fichue question !

Les yeux rivés sur l’édredon qui recouvre son lit, elle est soudainement très timide.

— Est-ce que je suis jolie ?

Je ne peux pas me contenir, c'est trop risible. Je suis pris d'un violent fou rire. Ma réaction la vexe immédiatement, elle s'empare de son oreiller et me frappe avec.

— Je te hais gros nul, je savais que je ne devais pas te parler à toi.

Elle s'apprête à se lever, mais je la rattrape par la taille et la rassieds sur le lit. Elle est tellement fine et légère que ce n'est pas difficile de la manipuler à ma guise.

— C'est quoi le problème Hal ?

— Les mecs ne s'intéressent pas à moi. J'ai vingt-trois ans et je n'ai eu que trois copains et je n'ai pas couché depuis un très long moment.

— Alors, premièrement trois, tu te fous de moi ! C'est qui le troisième ?

À sa mine défaite, je vois tout de suite qu'elle se rend compte qu'elle a dit une connerie.

— Je me suis trompée, se rattrape-t-elle d'une façon pas très adroite.

— Halsey, depuis quand je ne suis pas au courant d'un mec avec qui tu aurais couché.

— Mais non...

— Ne te fiche pas de moi ! La seule raison qui aurait fait que tu te taises est que tu saches pertinemment que ça ne m'aurait pas plus.

Mon sang ne fait qu’un tour.

—Pas Travis, craché-je, la mâchoire serrée.

—Mais pour qui tu me prends !

—Putain ! Tu m’as fait peur !

—Ce n’est pas de ma faute si tu es si bête. Comment peux-tu imaginer que je puisse avoir laissé ce type me toucher ?

—J’ai pensé au pire parce que tu me caches des choses ! Avec qui tu as couché ?

— Avec Blake, avoue-t-elle craintive.

— Mon cousin Blake !

Elle hoche la tête en me toisant apeurée. Je vois bien qu'elle est mal et j'ai horreur de la voir ainsi. Je ne veux pas l'accabler, mais quand même Blake ! J'aime bien mon cousin, c'est un brave type, mais il n'est pas assez bien pour Halsey !

— C'était quand ?

— Il y a deux ans, quand il est venu passé quelques jours chez toi pendant l'été.

— Putain Hal !

— Il était gentil, se défend-t-elle.

— Oui, mais ce n'est pas un mec pour toi, parce que tu es très belle Halsey et ta beauté n'est pas que physique, c'est pour cette raison que je veille sur toi. Je ne veux pas qu'un mec brise ce que je préfère chez toi.

— Mais alors pourquoi je n'arrive pas à trouver quelqu'un de bien ?

— Parce que ce n'est pas le bon moment, rien de plus. Ça n'a rien à voir avec qui tu es. C'est juste une question de timing.

Elle s'allonge et vient poser sa tête sur mon torse.

—Je ne comprends pas pourquoi c'est soudainement si important pour toi.

—Je commence à vieillir...

—Hal !

—Je ne sais pas. Je me sens un peu seule.

—Et je sers à quoi moi ?

—J'ai besoin de toi, mais tu es mon ami. J'ai envie de plus.

—Es-tu en train de me dire que tu as grandi ?

—Je me sens prête à vivre une belle histoire d'amour.

—Il faut que tu sois prudente.

—Oui, je sais. Je dois trouver un homme bien, qui prenne bien soin de moi, qui me respecte et qui m'aime vraiment.

—Ne change jamais pour un mec. Tu es parfaite Hal. Reste tel que tu es.

—Qu'est-ce que je ferais sans toi ?

—Tu te ferais avoir comme une débutante, c'est certain. Que veux-tu faire aujourd'hui ?

Elle se redresse pour me regarder.

—Ça te dit une journée cinéma ?

—Ça me va.

Elle reprend place contre moi. Je la serre plus fort contre moi. Ma petite chose... il va bien falloir que je lâche un peu la bride avec elle. À Woodbury, ma réputation me précédait et les habitants savaient qu'il ne fallait pas me chercher et ce n'était un secret pour personne que Halsey et moi étions très proches. C'est, à mes yeux, la seule et unique raison qui fait qu'elle n'a pas eu beaucoup de prétendant jusque-là. Mais aujourd'hui, nous vivons à New York et les choses vont forcément changer. Je ne voulais pas la laisser à Woodbury, mais j'espère que je ne vais pas le regretter. Je ne voudrais pas que ma décision lui cause le moindre tort.

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