Halsey
Halsey
Aidan m’a entraînée dans les rues désertes de Woodbury qui ne bénéficient que du faible éclairage de quelques lampadaires. Je cours en tenant d'une main le voilage de ma robe et de l'autre la main d'Aidan. Il rit comme un gamin en m’attirant à sa suite.
— Mais tu nous emmènes où comme ça ?
— Tu verras...
Nous remontons la rue de la mairie jusqu’au croisement qui conduit au domicile de mes parents. Je vois alors au loin des lumières au pied de ma maison d’enfance. Visiblement ce sont des dizaines de petites bougies posées à même le sol.
— Aidan, qu’est-ce que c’est que ça ?
— Tu le sauras très vite !
Quand nous arrivons à proximité, je découvre un sublime parterre composé de bouquets de pivoines, ma fleur préférée, et de pétales de roses. Une couverture a été installée sur la pelouse, un seau avec des glaçons contient une bouteille de champagne et deux coupes.
— Aidan…
— Surprise !
Je me tourne dans sa direction et le regarde, stupéfaite par sa petite mise en scène.
— Mais à quoi tu joues ? Qu’est-ce que tout cela veut dire ?
Ses mains se ferment sur mes hanches afin de m’attirer à lui.
— Depuis quelques jours, je me suis laissé aller à remémorer la première fois où j’ai posé les yeux sur toi. Mon Dieu Hal, tu étais si belle. Cette image ne m’a jamais quitté. Je m’en souviens comme si c’était hier, pourtant ça remonte déjà à treize ans.
— Ce souvenir est bien moins agréable pour moi. J’avais les fesses par terre, rigolé-je.
— Je ne te parle pas de notre première rencontre, mais du jour où tu es apparue dans ma vie.
— Ce n’était pas au parc ?
— Non, c’était ici même, quelques semaines avant. Tu attendais sagement sur le trottoir. Ce jour-là, tu portais une très jolie robe blanche. La jupe était en voilage et elle était recouverte de paillettes. Tu avais tes cheveux lâchés et ondulés et un joli bandeau dedans. Je me souviens avoir cligné plusieurs fois des yeux en pensant voir un ange. Je n’avais jamais rien vu de plus beau sur terre, et c’est toujours le cas aujourd’hui.
— Mon amour…
— Je suis tombé très amoureux de toi à cet instant et, pendant plusieurs jours, j’ai pensé que je t’avais rêvée, jusqu’à cet entraînement de base-ball où je t’ai aperçue au bord du terrain. Je t’ai observée un moment et j’ai compris que tu étais venue pour voir Andy. Il m’a appris que tu étais sa petite sœur et que tu te nommais Halsey.
— Voilà pourquoi tu connaissais mon prénom quand je suis tombée de vélo.
— Je suis devenu fou quand j’ai vu ce connard de Travis s’en prendre à toi comme il l’a fait.
Je passe mes bras autour de sa taille avant de faire courir mes mains le long de son dos.
— Tu as toujours veillé sur moi Aidan.
— Et je ne désire qu’une chose, c’est de continuer à le faire tout le reste de notre vie. Je dois t’avouer quelque chose...
— Et de quoi s’agit-il ?
— Hal, j’ai menti au sujet du mariage. Je rêve de te revoir dans une jolie robe blanche depuis de très longues années. Je veux faire de toi mon épouse.
Je le vois enfoncer sa main dans la poche de sa veste et en sortir un petit écrin de couleur ivoire.
— Je le désire depuis toujours. J’avais seulement besoin de devenir un homme digne de ta grandeur.
— Aidan, bégayé-je, la voix tremblante d’émotion.
— J’ai conscience de te demander beaucoup, mais j’ai besoin de toi pour faire de ma vie un rêve alors, sois mon Unique, je t’en prie.
— Je le suis déjà et depuis un long moment. Je serai heureuse de devenir madame Parker, et partager cette vie de bonheur avec toi.
Je l’observe ouvrir l’écrin et en sortir un diamant de toute beauté.
— C’était la bague de fiançailles de ma grand-mère. Ma mère la gardait précieusement, et quand je lui ai dit que je voulais faire de toi ma femme, elle a tenu à ce que je te l’offre.
— C’est tellement adorable.
Il la glisse à mon doigt avec délicatesse.
— Elle est magnifique, murmuré-je, en pleurant.
— Je t’aime mon Unique.
— Je t’aime aussi.
Il me prend par la main et m’invite à m’asseoir sur la couverture. Il s’empare de la bouteille de champagne et nous sert deux verres. Le mien ne contient qu’un fond du liquide doré.
— Juste pour trinquer. Il faut prendre soin de notre perfection.
Nous entrechoquons nos verres avant d’en boire une gorgée.
— Aidan, tu es content pour le bébé ?
— Bien sûr, voyons !
Il dépose alors son front sur mon ventre.
— Hal, je sais enfin où est ma place, grâce à vous deux.
Il m'enlace avec douceur en me serrant contre lui.
— Mon bébé, tu vas rendre ce monde bien plus beau. On va bien veiller sur toi, je te le promets. Je vous aime tellement toi et ta jolie maman, dit-il, en pleurant contre moi.
— Aidan, mon amour.
— J’ai tellement besoin de vous.
— Et nous n’irons nulle part. Nous sommes avec toi et tout finira par rentrer dans l’ordre, je te le promets.
— Tu as tellement fait pour moi depuis le début. Je te dois tout.
— Je n’ai rien fait Aidan. Tu es devenu cet homme merveilleux tout seul. Je t’ai seulement fait voir le monde avec nos yeux et tu as suivi notre chemin.
— Merci d’avoir été aussi patiente.
— Tu étais ma destinée, je me suis égarée, mais tu m’as ramenée à la raison.
— Je ne peux pas t’en tenir rigueur.
— Aidan, tout ceci est derrière nous. Il n’y a qu’un avenir radieux qui s’impose à nous.
— Oui. Nous allons nous marier, avoir ce bébé et je vais tout faire pour te rendre fier de moi avec ce stage.
— Je le suis déjà, et je suis certaine que tu vas exceller. Et moi, je vais me régaler.
— Nous devrions aller nous mettre au lit, dit-il, en commençant à ranger nos affaires.
— Je n’ai pas sommeil !
— Moi non plus, me répond-il avec un clin d’œil.
— On reste là ?
— Ton père ne va pas venir me faire la peau pendant la nuit.
— Mais non ! Je trouve qu’ils l’ont très bien pris.
— Oui, je dois dire que j’ai été surpris, surtout venant de ta mère.
Je lui prends la main et le guide à l’intérieur de la maison.
— Il faut que nous le disions à tes parents. Cette nouvelle leur fera le plus grand bien.
— Ils seront fous de joie, c’est certain.
— Nous leur dirons demain au déjeuner.
Au pied de l’escalier, Aidan me stoppe avant de me faire basculer dans ses bras. Je m’accroche à son cou en riant.
— Je t’aime ma petite chose.
— Moi aussi je t’aime mon petit Satan.
Fin
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Elma Hilde