Halsey
Aidan
Mon premier instinct au réveil est de la chercher dans le lit, mais la place qu'occupait Hal hier soir est douloureusement vide. Un petit mot est posé sur ma table de chevet « appelle-moi ».
Je bondis sur mon portable et compose son numéro. Elle décroche presque immédiatement.
— Tu es partie, l'accusé-je.
— Bonjour à toi aussi.
— Halsey !
— J'ai un rendez-vous pour le travail à New York cet après-midi et je devais finir de me préparer. Aidan, tu m'as donnée matière à réfléchir et je vais le faire, mais j'ai besoin de temps et d'espace pour ça.
— En retournant avec lui ?
— Hier, tu m'as montrée une toute autre attitude et j'ai apprécié cela, est-ce que c'était une de tes manigances pour me manipuler, ou étais-tu décidé à agir en adulte plutôt qu'en ado égoïste et capricieux ?
— Non, je veux être différent pour toi.
— Je vais donc mettre ça sur le compte que tu n'as probablement pas pris ton café. Je suis certaine que tu viens de te réveiller.
— Euh, ouais...
— Aidan Parker, tu m'épuises, mais tu m'as vraiment manqué. J'ai pris les clefs de l'appartement, je voulais m'installer là-bas quelques temps.
— Oh...
— J'ai cru m'être trompée d'adresse.
— J'ai fait quelques travaux.
— C'est très beau. J'adore le bureau.
— C'est pour toi que je l'ai fait.
— Je m'en suis doutée. Ça ne t'embête pas que j'y reste quelques jours.
— Non, c'est chez nous. Ce n'est pas trop dégueu ?
— Non, il y a un peu de ménage à faire. Je m'en occuperai ce soir, car je n'ai pas eu le temps.
— Tu veux que je vienne ?
— Non Aidan. J'ai besoin d'être seule.
— Tu as parlé à Eli ?
— Je lui ai dit que tu étais revenu et il s'est douté que j'étais un peu sonnée. Il comprend que j'éprouve le besoin de m'isoler, enfin je crois...
— Tu lui as dit que tu étais là hier soir ?
— Oui, je lui ai dit que nous avions beaucoup parlé. Il n'était pas tellement ravi d'apprendre que nous avions dormi ensemble, mais je ne voulais pas lui mentir.
— On ne l'a pas vraiment fait exprès. On s'est endormi comme ça.
— Oui, je le sais.
— Je ne voulais pas créer de problème.
— Non, tu veux juste que je le quitte pour vivre avec toi...
— Ouais, en fait, je veux foutre la merde !
Elle rit doucement.
— Je t'aime Hal et je sais que si on veut être heureux, il n'y a qu'ensemble que l'on y arrivera.
— Je vais tenir compte de tout ce que tu m'as dit.
— Je peux prendre de tes nouvelles ?
—Tant que ça ne frise pas le harcèlement...
—Promis.
—Je dois te laisser, appelle-moi plus tard.
—Sans faute ! Eh Hal...
—Quoi ?
—Franchement ma puce, il n’y a pas de quoi se faire des nœuds au cerveau.
—Ah non !
—Bah, tu m'as vu à poil, le choix est plus qu'évident, non ?
Elle éclate de rire.
—Tu as l'air bien sûr de toi, mais tu ne sais rien de l'anatomie d'Eli ou j'ai loupé un épisode.
—Pas besoin ! Je suis certain qu'il est ridicule à côté de moi.
—Et quand bien même ce serait le cas, c'est l'usage qu'il en fait qui est important.
—Ma pauvre Hal, il faut vraiment que je fasse un truc pour toi parce qu'avec les losers que tu t'es tapés, tu ne dois rien connaître au sexe.
—Bon ! Tu as fini ?
—Ma puce, je vais te faire jouir à t'en faire péter les neurones.
—Bon salut...
—Tu vas devenir une putain de toxico à la baise.
—Aidan !
—Tu vois, tu commences déjà à crier mon nom...
— À plus.
Et elle raccroche. Je me rallonge en rigolant. Il faut vraiment que ça marche parce que, pour l'instant, je me trimballe une monstrueuse érection avec mes conneries et, si elle ne cède pas, mes ardeurs se joueront avec ma main droite. On est devenu très intime ces derniers mois et je ne serai pas contre un peu de changement.
La soirée d'hier a été incroyable. Après notre discussion, nous sommes descendus à la cuisine pour manger un morceau. Mes parents et Devon étaient heureux de revoir Halsey. Après notre repas, nous sommes remontés à l'étage et nous avons parlé longuement de sujets plus ou moins légers. Je lui ai raconté mon périple à travers le pays et elle me parlait des mariages qu'elle organise en ce moment. C'était super de nous retrouver ainsi. Le temps, la distance, et notre conversation précédente, n'ont en rien altéré notre entente et c'était rassurant. Nous étions à l'aise l'un avec l'autre, malgré que nous ayons été francs sur nos sentiments respectifs. Nous avons discuté jusqu'à nous endormir sur mon lit.
Je fais une halte par la salle de bains pour prendre une douche avant de rejoindre ma famille au rez-de-chaussée. Il est plus de 11h00 et ma mère est partie en ville, quant à mon père, il est au travail. Il n'y a que Devon à la maison. Je me serre une tasse de café alors qu'il me rejoint.
— Tu m'en fais un.
— Bien sûr.
Je m'installe face à lui en lui tendant sa tasse.
— J'ai vu Hal avant qu'elle s’en aille.
— Je viens de l'appeler.
— Et comment ça va entre vous ?
— Je lui ai dit ce que je ressentais et elle va y penser avant de dire « oui » à l'autre.
— C'est une bonne nouvelle.
— Elle semble bien décidée à y réfléchir, car elle est même retournée à l'appart, pour prendre le temps de la réflexion.
— Hal est une fille intelligente Aidan.
— Je sais. Mais si elle aimait vraiment ce gars-là…
— Je pense qu'elle l'aime d'une certaine façon, mais je doute que ce soit suffisant pour bâtir un avenir commun.
— Si j'avais su qu’on en arriverait à cette situation, que j’étais à deux doigts de la perdre, je lui aurai avoué mes sentiments bien plus tôt. J'ai été con.
— Très souvent d'ailleurs.
— J’ai peut-être foutu ma vie en l’air juste pour des plans culs. Je me fichais bien de toutes ces filles, il n'y avait qu'elle qui comptait vraiment.
— Il y a bien longtemps que tu aurais dû lui dire que tu l’aimais.
— Je le sais bien. J'ai honte de ce que j'ai fait. J'ai viré Bobby et Wyatt parce que ça me rendait dingue de les voir avec elle.
— T'as foutu la merde avec Bobby, mais Wyatt, il l'a trompée, non ?
— En fait, j’avais demandé à cette nana de le chauffer un peu.
Mon frère se redresse et me lance un regard furibond.
— Tu es un sale enfoiré !
— Je ne me doutais pas qu'il irait jusqu'à coucher avec cette pauvre fille. Je pensais qu'elle lui taperait dans l'œil et qu'il lâcherait Hal, pas qu'il la sauterait à l'arrière de sa caisse ce fils de pute.
— C'est un abruti ce mec.
— Je l'ai chopé après, crois-moi, il a regretté.
— Comme avec Bobby !
— Ce petit connard a couché avec elle.
— La faute à qui ?
— Pardon ?
— Cette fille n'attendait que toi et tu te tapais nana après nana. Bobby était cool avec elle et tu le sais parfaitement. Il l'aimait vraiment, c'est pour ça qu'elle s'est offerte à lui plutôt qu'à toi. Tu as créé ton propre enfer Aidan. Ce que tu as fait hier, c'est bien. Maintenant, respecte son besoin de solitude et fais lui confiance.
— Oui, tu as raison.
— Tu viens avec nous boire un verre chez Wes vendredi soir ?
— Oui, pourquoi pas. J'ai envie de voir les autres. Et puis, rien ne sert de rester là à me morfondre.
— Tu veux qu'on aille pêcher ?
— Il fait un peu froid, non ?
— Il faut simplement bien se couvrir.
— OK ! Allons-y.
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