Halsey
Aidan
Cette baie est vraiment très agréable. Il y a peu de monde et l'eau est bonne. Nous faisons quelques brasses avant de revenir sur la plage. À l'heure du déjeuner, je décide d’emmener Hal manger du homard, je sais qu'elle adore ça. Je la regarde, elle est enroulée dans sa serviette et fixe le sable. Je vois bien que mon attitude la bouleverse, mais je dois lui faire comprendre mes sentiments et pour cela, je suis bien obligé de la bousculer un peu. Mais sa réaction me prouve à quel point je l'ai éloignée de moi. J'avais bêtement cru qu'elle serait plus facile à apprivoiser, mais elle est extrêmement méfiante vis-à-vis de moi. J'ai intérêt à lui montrer qu'elle n'a plus aucune raison de l'être, que ma seule priorité, c'est elle !
Je m'approche prudemment avant de la prendre dans mes bras pour la frictionner. Elle se tend contre moi. Ce contact la gêne et ça me rend malade que nous en soyons là. Cela dit, si elle réagit de la sorte, c’est qu’elle commence à comprendre.
Cependant, je ne la lâche pas. Je veux qu'elle cesse de lutter.
Nous restons ainsi quelques minutes avant qu'elle passe timidement ses bras autour de ma taille.
— Je suis désolé Hal.
Elle lève sa jolie bouille vers moi et ancre son regard en moi. Je peux y lire un profond désarroi et une multitude d’interrogations.
— Pourquoi ?
— Pour tout...
Elle m'abandonne brusquement avant de repartir vers la voiture.
— Dépêche-toi, j'ai faim moi, dit-elle joyeusement.
Je ris en courant derrière elle.
— Du homard ? Demandé-je, en la faisant basculer dans mes bras.
Elle s'accroche à mon cou en riant.
— Bien évidemment.
Après nous être changés, nous partons vers le centre-ville de New Haven. Je me gare et sors précipitamment de la voiture pour lui ouvrir la portière.
Je glisse ma main dans la sienne et la guide dans la rue à la recherche du restaurant parfait pour nous.
J'arrête mon choix sur un établissement assez petit, mais avec une décoration très sympathique et romantique. Je vois que j'ai fait naître le doute en elle concernant mes sentiments envers elle, et j'ai bien l'intention de ne pas m'arrêter en si bon chemin. Je ne veux plus qu'elle s'interroge, mais qu'elle sache. Je demande au serveur de nous placer près de la devanture afin que nous bénéficions de la vue sur la rue. Là aussi, l'endroit n'est pas bondé, ce qui nous laisse de l'intimité.
La salle de restaurant est vraiment jolie avec ses murs de couleur pêche et les doubles rideaux beige. Les tables en acajou sont recouvertes d'une belle nappe blanche et élégamment dressées.
— C'est sympa ici.
— Oui, j'aime beaucoup.
— Tu veux que l'on retourne se baigner cet après-midi ?
— Je ferais bien un peu de bronzette.
— Ça marche.
La serveuse nous sert deux verres de vin blanc avant de prendre notre commande.
— Nous pourrions rentrer à la maison ce soir, ce n'est qu'à une heure et demi de route.
— Non, je ne veux pas que nous nous prenions la tête avec le trajet du retour. Et puis, j'ai déjà réservé la chambre.
— La chambre ! S'exclame-t-elle.
— Hal, je ne vais pas te toucher, arrête ta parano. On a déjà dormi ensemble.
Elle replonge son nez dans son verre et en boit une bonne rasade.
— Attention ma puce ! On sait tous les deux quel effet l'alcool a sur toi.
— Aidan.
— Je n'ai jamais rien fait de débile quand j'avais trop bu ?
— Tu n'as pas besoin d'être ivre pour faire des trucs débiles.
— C'est vrai, j'ai fait quelques conneries.
— C'est un euphémisme.
— Mais on a bien rit.
— La course en vélo avec Travis n'avait rien de drôle. Tu as fini à l'hôpital !
— Ça c'était très con.
— Et me faire fumer un joint cinq minutes avant de me ramener chez moi ?
Je fais une légère grimace en me remémorant cette soirée.
— Mes parents m'ont pris la tête pendant des semaines.
— Je ne t'ai pas forcé à fumer.
— Tu t'es bien gardé de me dire que c'était de l'herbe.
— Tu étais complètement défoncée, c'était trop marrant, dis-je, en riant.
— Tu es trop con.
— Fais pas la tête.
— Aidan, cite-moi une seule chose que j'ai faite et qui t'a portée préjudice ?
— Aucune, avoué-je d'un air coupable.
— J'ai été une meilleure amie que toi.
Sa remarque me blesse profondément.
— Tu me fais quoi là Hal ? Tu veux régler un compte avec moi ?
— Non...
La serveuse nous apporte nos homards ce qui coupe court à notre discussion et c'est une bonne chose. Je n'ai pas envie de me prendre la tête avec elle. Ce n'est pas le but de notre week-end. Je veux la séduire, pas la faire fuir.
**
Après notre délicieux déjeuner, nous nous rendons dans la baie pour prendre du bon temps. Malheureusement, il y a plus de monde que ce matin. Nous trouvons un endroit au calme et nous installons sur nos serviettes.
— Tu veux que je te mette de la crème ?
— OK ! répond-elle avec hésitation.
Je m'accroupis près d'elle et entreprend d'appliquer la protection solaire alors qu'elle est sur le ventre.
Je laisse courir mes doigts sur sa peau délicate et mon corps réagit immédiatement. Heureusement pour moi, j'ai gardé mon short. Je m'occupe de la partie haute de son dos avant de descendre lentement vers ses fesses. Je reste dans la zone autorisée tout en frôlant dangereusement avec la limite.
Je me focalise ensuite sur ses jambes fines et, là aussi, la tentation de titiller son entrejambe est énorme. Je monte à chaque fois un peu plus haut. Elle ne dit rien pourtant, je la sens se cambrer sous mes mains.
— Tourne-toi.
Elle s'exécute sans broncher. Je recommence à parcourir sa peau avec un peu plus d'insistance. Elle garde les yeux clos, ce qui m'empêche de voir la moindre expression sur son visage. Cependant, je pense remarquer qu'elle se mord l'intérieur de la joue.
Je continue un long moment et elle ne me stoppe pas. Mes caresses ne la dérangent pas plus que cela apparemment.
Le ballon d'un petit garçon atterrit près de nous ce qui interrompt cet instant particulier.
— Pardon, s'excuse la petite tête blonde qui s'approche le récupérer.
— Il n’y a pas de mal bonhomme, lui dis-je, en lui rendant son bien.
Il s'éloigne en courant et manque de trébucher par deux fois.
Je ris en me tournant vers Hal.
— Il est trop mignon.
— Oui, c'est vrai.
Je m'allonge perpendiculairement à elle, de façon à ce que ma tête repose sur son ventre.
— J'aimerais trop avoir un petit mec. Je pourrais lui apprendre à jouer au base-ball.
— Tu as vingt-trois ans, tu es un peu jeune pour penser à devenir père non ?
— Je ne dis pas que j'y pense pour demain, mais je veux des enfants.
— J'étais loin d'imaginer que tu avais pensé à ce genre de chose.
— Pas toi ?
— Il y a très longtemps, oui.
— Et plus maintenant ?
— J'aimerais faire démarrer ma société avant de me projeter aussi loin.
—Je ne dis pas le contraire et je n'ai pas l'intention de rester top pendant des années. Avoir des enfants, c'est un projet sur le long terme. Comment tu voyais les choses ?
— J'avais treize ou quatorze ans, on a aucun sens des réalités à cet âge, c'était absurde.
— Mais dis-moi.
— Non, c'était stupide. J'ai très vite compris que ça relevait de la science-fiction.
Je reste un moment silencieux avant de la regarder dans les yeux.
— J'ai vraiment tout fichu en l'air, hein ?
Elle se redresse subitement, me forçant à me lever au passage.
— Je vais me baigner, m'annonce-t-elle d'une petite voix.
Je la laisse s'éloigner. Je devine qu’elle a besoin de respirer.
Je reste sur la plage à la regarder nager. Quand je pense à tous ces rêves qu'elle faisait pour nous. Qui peut dire que sa vie était tracée dans les grandes lignes, que son destin était scellé dès l'âge de dix ans ? C'était mon cas et je n'ai pas su saisir ma chance. Et me voilà aujourd'hui à essayer de récupérer mon rêve.
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