Halsey

Elma Hilde · Chapitre 23 sur 48

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Halsey

Aidan

 

 

Après notre discussion, Halsey s’est éclipsée pour rejoindre son médecin. J’aurais tellement voulu qu’elle reste avec moi, surtout après notre dispute, mais je ne pouvais le lui demander. Je n'ai plus qu'à attendre qu'elle m'accorde du temps et en profiter pour la séduire. Qu'importe le temps que cela prendra, mais elle sera à moi.

En attendant, je me retrouve seul comme un con dans notre appartement. Elle m’a prévenu en partant qu’elle ne rentrerait pas de la nuit et le mieux est que je n’y accorde pas trop d’importance. Si je commence à penser à ce qu’elle peut être en train de faire avec l’autre abruti, je vais péter un câble, je vais les retrouver et le bon docteur va finir invalide. Alors pour éviter de disjoncter, j’ai commencé à faire les travaux que nous avions prévus pour notre intérieur. Tout le matériel que nous avions acheté était là, dans le salon. Autant mettre mon temps libre au profit de notre appartement, cela calmera mes envies de meurtres. Pour le moment, le rendu est vraiment bien, même si j’ai foutu le bordel partout. Ma petite chose va gueuler, c’est clair. Il me reste encore du boulot, ce qui n’est pas plus mal, ça me permettra de m’évader. Je peins jusque tard dans la nuit et je me couche lorsque je suis totalement vidé.

C’est sa présence dans la pièce qui me réveille le lendemain matin. J’ouvre doucement les yeux et je la vois appuyée au chambranle de la porte.

— Ma puce.

— Je ne voulais pas te réveiller.

Je lui tends la main pour l’inviter à me rejoindre. Elle monte sur mon lit et s’allonge à mes côtés. Je la prends dans mes bras et plonge mon visage dans ses cheveux. Je la respire et une douce senteur de vanille me chatouille le nez.

— Tu viens de rentrer ?

— Oui, à l’instant.

— Il est tôt, non ?

— Oui, il est encore tôt.

— Alors, rendors-toi.

— Tu as mis le bazar partout.

— C’est vrai. Tu aimes ce que je fais ?

— C’est très beau. Merci Aidan.

— De rien. Allez, dors. Après, je t’offre un petit déj dehors.

— OK !

Elle se tourne de sorte de finir en chien de fusil. Je me colle à elle avant de déposer un baiser sur son épaule dénudée.

— Tu n’es plus fâché ?

— Mais non, rassure-toi. Mais je t’en prie, ne me mens plus. Ce n’est pas comme ça entre nous. Il n’y a pas de mensonge ou de secret. Je ne peux pas le supporter, tu es trop importante.

Je commence à faire glisser mes doigts le long de son avant-bras et ce contact est une vraie torture pour moi. J’ai tellement envie d’elle. J’aimerais la posséder totalement, de toutes les façons possibles.

— Alors, tu me le dirais si tu n’allais pas bien ?

— Oui, qu’est-ce qui t’inquiète ?

— Je te trouve étrange en ce moment. J’ai peur que tu ne partes encore en vrille.

— Pourquoi penses-tu que je suis étrange ?

— Je ne sais pas. Il y a ce besoin soudain de faire abstinence.

— J’ai envie d’être tranquille, c’est tout.

— Oui, mais je sais, par habitude, que lorsque tu réfléchis à ta vie, que tu te remets trop en question, tu as tendance à faire n’importe quoi. Je ne comprends pas vraiment pourquoi d’ailleurs. Tu as une famille qui t’aime, des amis qui t’adorent, un boulot qui te permet de te faire de l’argent…

— Et je t’ai toi !

— Aidan, pourquoi n’es-tu pas fier de ce que tu as fait de ta vie ?

— Je suis très heureux comme ça, je te jure. Il y a des moments où je me demande ce que je suis censé faire ici. Je ne trouve pas ma place pour l’instant, mais ça viendra. Un jour, tout sera enfin comme il le faut.

Elle pivote dans le lit pour me faire face.

— Je serai toujours là pour toi, dit-elle, en appuyant son front contre mon torse.

— Moi aussi. Dors, ma puce. Tout va bien.

Elle pose son petit bras fin autour de ma taille et s’endort paisiblement.

Elle ne se réveille que deux heures plus tard. Pour ma part, je me suis contenté de l’admirer dans son sommeil. Elle est si belle. Comment j'ai pu être aussi con ? Je viens de passer treize années auprès de la fille la plus merveilleuse qui soit et je n'ai pas su saisir ma chance. J'ai pris tout ce qu'elle m'offrait, mais je ne lui ai rien donné en retour. Elle a toujours fait de moi sa priorité et je ne me souciais que de ma petite personne. Pourtant, je suis dingue d'elle et depuis très longtemps. Hal a toujours fait ce que j'attendais d'elle et aujourd'hui, je suis largué. Comment lui faire comprendre en douceur que ses sentiments pour ce connard ne sont rien en comparaison de ceux qui nous lient l'un à l'autre ?

Je dois lui montrer que les autres filles sont de l’histoire ancienne, que je suis prêt à m’investir dans une relation durable et à construire mon avenir à ses côtés. Elle est la clef de mon bonheur et je dois le lui démontrer. Si elle m'aimait, comme Devon le prétend, son amour est forcément là, quelque part, enfoui sous un nombre incalculable de déceptions que je lui ai infligées.

Soudain, je la sens remuer dans mes bras.

— Tu n'as pas dormi ? Me demande-t-elle d'une voix douce et chargée de sommeil.

— Non, pas vraiment.

Elle s’étire lentement avant de se tourner sur le dos. Je la vois scruter la pièce d'un œil inquisiteur.

— Tu pourrais ranger ta chambre Aidan. C'est incroyable d'être aussi bordélique.

— C'est mon espace vital alors, fiche-moi la paix. Je respecte le reste de l'appartement.

— Tu as vu l'état du salon.

— Attends, je suis en train de faire de la peinture. Mais si tu veux, je peux arrêter et tu te démerderas avec ton vert anis, et bon courage pour faire ce genre de travaux sans déposer un putain de grain de poussière dans la pièce.

— Monsieur Grincheux m'avait manqué, dit-elle, en souriant.

— J'essaie simplement d'être plus gentil.

— C'est nouveau !

— Ça te pose un problème ?

— Pas vraiment ! Mais ne le sois pas trop quand même. J'aime mon Satan, avec ses ailes d'anges et sa belle auréole. C'est un équilibre parfait ! S'exclame-t-elle, en se levant.

— Non, reviens, murmuré-je, en essayant de la retenir.

— J'ai faim Aidan et tu m'as promis un petit déj.

— On pourrait rester au lit et se faire des films.

— Dans ta porcherie ?

— Oui, allez, viens.

— Je vais me changer, prépare-toi ou je sors seule...

— Putain, t'es chiante !

— Après, on rentre et on regarde la télé, lance-t-elle, en sortant de ma chambre.

Je me lève en grognant avant de prendre des affaires propres et de partir à la salle de bains.

**

Depuis la terrasse du café, j'ai une belle vue sur Liberty Island et sur sa Dame de fer qui fixe l'horizon. J'attends Hal qui est partie aux toilettes quand une jeune femme, qui est assise quelques tables plus loin, se lève et vient à ma rencontre.

— Salut, dit-elle poliment.

— Salut.

Avant, elle aurait été parfaitement à mon goût avec ses grandes jambes fines, sa poitrine généreuse et son regard charmeur, mais aujourd'hui, elle me laisse de marbre.

— Je peux m'asseoir ?

— Je suis désolé, mais ma copine va revenir.

— Oh... je vois. Désolée de t'avoir dérangé.

— Ce n'est rien.

— Elle a beaucoup de chance.

— C'est moi le veinard.

Je la regarde s'éloigner en souriant. Elles n’ont pas froid aux yeux !

— Elle voulait quoi Blondie ?

Je pivote sur ma chaise. Ma petite beauté vient de sortir du café.

— Goûter le beau mâle que je suis, lancé-je avec un clin d'œil.

— Tu lui as donné ton numéro ? Demande-t-elle, en s'asseyant en face de moi.

— Non.

— Elle semblait jolie, pourtant.

— Oui, elle était canon.

Elle me regarde avec perplexité.

— Toute cette histoire de « j'arrête le sexe », ce n'était pas des bêtises ?

— Mais non ! C’est si difficile à croire ! J'ai seulement envie de passer un peu de temps seul.

— Crois-moi, c'est bien d'être seul avec Aidan, je t'assure.

Je lui fais un sourire discret.

— Des voyages se profilent à l'horizon ?

— Je vais partir deux jours à Miami dans deux semaines.

— D'accord.

— Et toi, tu avances avec ton projet ?

— Non, dit-elle tristement.

— Tu as besoin de quelque chose ?

— Non, c'est bon pour le moment.

— Hal, tu me le dirais si tu as besoin de quoi que ce soit ?

— Oui, promis.

Nous sommes interrompus par le serveur qui nous apporte notre commande.

— Après-midi ciné alors !

— Ouais. Il bosse l'autre ?

— Aidan, tu ne peux pas parler de lui de cette façon, tu ne le connais même pas.

— Et c'est très bien comme ça !

— Ce n'est pas juste pour Eli. Je t'ai blessé, mais lui, il n'y est pour rien.

— NON !!!

— De quoi l'accuses-tu ?

De m'avoir volé ma femme.

— Tu m'as menti à son sujet, tu m'as caché son existence, tu m'as laissé tomber pour aller le voir.

— Je rêve ou tu es jaloux ?

À en crever !

— Quelle sera ma place dans ta vie, si monsieur le docteur prend tout l'espace ?

— Ah oui, c'est la grosse crise de jalousie...

— Hal !

— Comment peux-tu douter de ta place dans ma vie Aidan ? On se connaît depuis treize ans.

— Je sais, mais j'ai peur de te perdre.

Elle secoue lentement la tête dans un geste de désespoir.

— Tu es très bête, mais tu es aussi très mignon quand tu fais ton jaloux. Je t'aime.

— Je t'aime aussi.

Si seulement tu savais à quel point.

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