Halsey

Elma Hilde · Chapitre 16 sur 48

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Halsey

Halsey

 

L’attention d’Aidan de me conduire à Woodbury pour le week-end afin que je profite de mes amis était adorable. Cependant, notre escapade s'est avérée plus éprouvante que prévu. J'ai eu une telle frayeur quand ce type au physique antipathique s'est approché de moi pour me draguer. Il m'a dit m'avoir vue à l'intérieur et m'a demandée mon numéro. Bien entendu, j'ai refusé de façon catégorique et cela l’a rendu furieux. C'est à cet instant qu'il m'a collée contre la voiture d'Aidan, avant d'essayer de passer sa main sous mon haut ; je me suis débattue comme une furie, d'où ma douleur au poignet. Ma tentative de me défendre n’a pas été vaine puisqu’il n’est pas arrivé à ses fins.

Quand la voix d’Aidan est arrivée jusqu’à moi, j’ai éprouvé un tel soulagement. Je savais que j'étais en sécurité avec lui qui arrivait à ma rescousse. Mais rapidement, j’ai eu très peur pour mon meilleur ami. Ce sale type n’avait aucune chance contre la masse de muscles qu’est Aidan. Je le voyais le frapper encore et encore et j’ai craint qu’il ne commette l’irréparable. Je l’ai vu en venir aux mains auparavant, mais cette fois, il était totalement enragé. L’homme s’est mis à gémir et j’étais heureuse de constater qu’il respirait encore. Il s’est relevé et s’est enfui sans demander son reste. Ensuite, nous avons retrouvé l’intérieur rassurant de sa maison d’enfance. Aidan a regardé mon avant-bras sur lequel j'ai deux belles ecchymoses, puis nous nous sommes couchés. Sur l’instant, je ne voyais pas vraiment l’intérêt que je me rende chez lui et que nous dormions ensemble, mais une fois dans son lit, avec ses bras rassurants qui m’entouraient précieusement, j’ai compris que c’était ce dont j’avais besoin. Me coucher à ses côtés m’a paru assez insolite. Ce n'est pas comme si nous l'avions jamais fait, mais nous n’avions pas le même âge.

Finalement, dimanche, nous sommes partis de Woodbury après le déjeuner chez ses parents. Je crois que nous avions tous les deux envie de rentrer chez nous. Nous avons passé le reste de notre journée à nous reposer. J'étais épuisée et encore un peu secouée par les évènements de la veille. Quand je me suis réveillée, Aidan nous avait commandé un repas chinois. Après dîner, je me suis mise au lit directement. J’ai bien remarqué qu’il me lançait des œillades inquiètes au cours du repas. J’ai fait bonne figure pour le rassurer. Je ne veux pas qu’il porte la moindre culpabilité de ce qui s’est passé. Je le connais assez pour savoir qu’il doit se reprocher de m’avoir laissé me rendre sur le parking sans lui. Aidan a toujours pris ma sécurité très à cœur.

Et me voilà, en ce lundi matin, à errer dans mon appartement tel un fantôme. Je me balade en pyjama, je n'ai pas le moral et je n'ai envie de rien, pourtant j'ai un boulot monstre sur mon projet, mais mon agression de samedi semble me hanter plus que je ne le pensais. Je me recroqueville sur le canapé avant de tirer le plaid sur moi. La perspective de passer la journée ainsi est la seule chose qui paraisse me convenir. Je reste ainsi un moment quand mon téléphone sonne. Je m'étire afin de m'en emparer. C'est Eli. Je me redresse subitement.

— Salut.

— Bonjour Halsey. Comment vas-tu ?

— Bien, et toi ?

— Pas trop mal. Dis-moi, tu es occupée ?

— Euh... non, pas vraiment.

— Alors, pourrais-tu m'accorder un peu de temps à l'heure du déjeuner ?

— Oh... oui, avec plaisir.

— Super !

— Tu ne travailles pas ?

— Je commence à 14 h 00 et j'enchaîne une très grosse semaine.

— Dans ce cas, je me dois de profiter de ces quelques heures.

— Tu as tout compris. Je passe te chercher dans une heure ?

— Je serais prête.

— Je te devrais toujours un vrai dîner.

— Mais j'y compte bien.

Il rit.

— À tout de suite, Halsey.

— Ça marche.

Je raccroche avant de bondir du canapé. Je regarde autour de moi, ne sachant plus vraiment par où commencer. La panique s’empare subitement de moi. Je vais déjeuner avec Eli. Il faut que je sois absolument parfaite.

Je me précipite dans ma chambre et me rue vers mon placard à la recherche d'une tenue correcte. J'arrête mon choix sur une robe blanche courte en dentelle et sur une très élégante veste en jean. Je choisis une petite paire de ballerines blanches assorties. Je cours à la salle de bains et saute dans la baignoire pour me doucher. Une fois ma tâche accomplie, je me sèche les cheveux et les lisse avec empressement. Je ne veux pas être en retard. Quand le résultat avec mes cheveux me satisfait, je me lance dans un léger maquillage puis je cours dans ma chambre pour m'habiller.

Je viens de passer ma première ballerine quand on sonne à l'interphone. Mon cœur bondit douloureusement dans ma poitrine. Je suis tellement hésitante. Je n'ai rencontré Eli qu'une seule fois et pendant quelques minutes. Depuis, nous avons beaucoup parlé par SMS, ou au téléphone, et nos contacts étaient vraiment très agréables, mais les choses sont plus évidentes cachée derrière un écran.

— Oui.

— Hal, c'est moi.

D'habitude, je n'aime pas que l'on me surnomme ainsi, ne tolérant cela que de la part d'Aidan, mais aujourd'hui, cela ne me dérange pas.

— Je descends tout de suite.

— Ne tombe pas s'il te plaît, plaisante-t-il.

Je rougis derrière l'appareil.

— Oui, oui, réponds-je, un peu gênée.

Je prends mon sac, quitte l'appartement et descends prudemment les marches. Je pousse un petit soupir dans le but de me donner du courage et passe la porte battante. Eli m’attend, appuyé contre sa voiture. Il se redresse en me voyant apparaître face à lui. Il est toujours aussi élégant dans son pantalon marron clair et sa chemise bleue. Jusqu'à maintenant, je me demandais si je n'avais pas fantasmé la beauté de cet homme que j’ai vu de façon si brève, et j'ai le grand plaisir de m'apercevoir que non. Il est renversant !

— Coucou, me dit-il, les yeux remplis de tendresse.

— Coucou.

Il m’observe, un air amusé sur le visage.

— Je suis content de constater que tu es entière.

— Heureusement, je ne suis pas aussi maladroite en permanence, rigolé-je.

Je fixe mes pieds un instant.

— En fait, je me suis retournée pour pouvoir t'admirer, c'est pour cette raison que j’ai trébuché.

Il rit gentiment avant de me prendre par la taille et de m'attirer à lui.

— Je voudrais régler un détail avant que nous allions déjeuner.

— Lequel.

Ses lèvres se posent doucement sur les miennes. Ce baiser est chaste, mais le plaisir qu'il me procure me donne de l'audace. Je passe un bras autour de son cou avant d'accentuer notre échange. Mon geste lui donne de l'assurance. Sa langue s'invite dans ma bouche. Je le laisse me découvrir un instant avant d'en faire de même, et c'est absolument divin. Je le devine, le goûte avec désir. J’en oublierais presque que nous sommes au milieu de la rue, nous donnant en spectacle aux passants curieux. Quand il m'abandonne, je suis totalement chamboulée par cet échange, fait de tendresse et de plaisir mutuel.

— On devrait aller déjeuner, murmure-t-il, en passant lentement ses doigts dans ma chevelure lâchée.

— Hum... gémis-je, en pinçant les lèvres.

**

Eli a choisi un restaurant très sympathique pour notre déjeuner. L'établissement propose une cuisine traditionnelle. La salle de restaurant est très lumineuse et la décoration est moderne et claire. Nous décidons de manger sur la terrasse afin de profiter de la jolie vue sur Liberty Island où règne magistralement la statue de Liberté. Je prends place autour de la table alors qu'Eli s'empare de sa chaise et vient la placer au plus près de la mienne. Cette proximité entre nous est un pur bonheur. Je hume le parfum de son eau de toilette d’une senteur forte agréable. Nos corps s’effleurent et ce simple contact me fait frémir de part en part.

— Alors, comment progresse ta société ?

— Je dois dire que j'ai beaucoup de mal à me motiver aujourd'hui.

— Cela arrive parfois. Cependant, je te trouve soucieuse. Tu es certaine que tout va bien ?

— Oui, oui.

Ses doigts caressent doucement mon bras qu'il prend délicatement dans ses mains. Son regard se fige sur mes bleus.

— Mince, Hal que t’est-il arrivé ? Me demande-t-il visiblement inquiet.

— Ce n'est rien de bien méchant...

— Je ne suis pas de ton avis. Ce sont des marques importantes !

— J'ai dû me défendre contre un homme qui se montrait un peu trop pressant.

— Au point de te faire de telles d'ecchymoses ?

— Il était vraiment fort, murmuré-je tristement.

— Mon Dieu Hal, il a essayé de t'agresser ?

Je hoche lentement la tête en luttant contre une irrésistible envie de fondre en larmes. Ce souvenir est tellement vif à mon esprit. J’ai l’impression de revivre cette scène horrible encore et encore.

— Rassure-moi, il ne t'a pas touchée ?

— Non, Aidan est arrivé à temps.

Je laisse échapper un sanglot et, immédiatement, ses bras se referment sur moi.

— Eli, je suis désolée, je suis totalement ridicule...

— Chut, chuchote-t-il à mon oreille, en me cajolant. Ne dis pas de bêtises. Tu as dû avoir une telle frayeur. Ta réaction n'a rien de ridicule. C'est parfaitement sensé au contraire.

Ses quelques mots ont pour effet de me faire lâcher prise. Je me laisse submerger par mon chagrin alors qu’il me tient précieusement contre lui. Il se contente de me réconforter tendrement, respectant mon besoin d’exprimer mon désarroi et ma peine.

Après quelques instants, je me redresse sur ma chaise en lissant de façon compulsive le bas de ma robe. Je me sens tellement honteuse. 

— Lors de notre première rencontre, je me suis tordue la cheville. Aujourd'hui, je ne fais que pleurer. Tu dois regretter de m'avoir rencontrée...

Il soulève légèrement mon menton et me force à le regarder puis, délicatement, il essuie mon visage humide.

— Comment pourrais-je regretter d'avoir rencontré une fille aussi jolie et authentique que toi Hal ? J'ai moi-même été assez nul avec toi. Je me suis sauvé comme un voleur de ton appartement parce que je n'ai pas eu le courage de te dire que j'avais envie de te revoir, et je t'ai donné mon numéro par le biais de mon grand frère...

— C'est vrai, dis-je, en souriant.

— Disons que nous sommes tous les deux un peu nuls.

— Il semblerait que nous nous soyons bien trouvés alors.

— Mais j'en suis convaincu. Maintenant, essaie de ne plus penser à toute cette histoire. Tu vas bien. Ton ami est arrivé à temps, et c'est tout ce qui importe.

— Tu as raison. Je n'ai pas envie de laisser cet homme me faire davantage souffrir.

— Hal, tu es incroyablement belle. J’ai beaucoup de chance que tu m’aies rappelé.

Je souris timidement.

— Tu as faim ?

— Oui.

— Je t’ai amenée ici, car ils servent des hamburgers fabuleux, j’espère que ça te convient ?

— C’est parfait. 

Il dépose un baiser sur ma joue avant d'appeler le serveur pour passer notre commande.

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